Archives par étiquette : Académie royale de Belgique

Les six premières autrices de l’Académie royale

Quand il est question de femmes et d’Académie, l’exemple qui surgit le plus souvent (dans le monde francophone du moins) est celui de Marguerite Yourcenar, première autrice admise à l’Académie française. C’était en 1980 ; l’Académie avait été fondée en 1634. Quelque trois siècles après sa voisine hexagonale, en 1920, la Belgique s’est dotée d’une Académie royale de langue et de littérature françaises (Arllfb), composée comme l’Académie française de 40 membres. Différence notable : l’Académie belge a été mixte dès sa naissance. 60 ans, donc, avant que Yourcenar ne fasse son entrée sous la Coupole. Une Yourcenar qui était d’ailleurs membre de l’Académie belge depuis 10 ans (1970) lorsqu’elle est devenue immortelle

L’Académie belge est créée sur proposition de Jules Destrée, alors ministre des Sciences et des Arts. Il s’était d’emblée montré explicite dans sa volonté d’inclure des femmes dans l’Académie. Il notait ainsi, dans son Rapport au roi : «Dans ces dernières années les femmes de lettres ont donné trop d’incontestables preuves de talent pour que l’on songe à les écarter d’une Compagnie littéraire». Nuance de taille : mixte ne veut pas dire paritaire. Loin s’en faut. Parmi les 30 membres belges (20 littéraires et 10 philologues) et 10 membres étrangers (6 littéraires et 4 philologues), élus à vie par cooptation (c’est-à-dire sans dépôt de candidature), les académiciennes restent largement minoritaires. Leur présence progresse toutefois : elles sont aujourd’hui 10, alors qu’elles étaient… une seule à la création de l’institution.

Présentation, par ordre chronologique de leur entrée, des 6 premières membres de l’Académie royale. Continuer la lecture

Amélie Nothomb : voyages en littérature

Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Discours de réception d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Belgique. Accueillie par Jacques De Decker, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €

nothomb_riquetUn nouveau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’aucuns haussent déjà les épaules : évidemment, l’auteure n’a pas manqué une rentrée littéraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécriture d’un conte de Perrault ? Rien de bien nouveau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit récit précieux semble taillé sur mesure pour la geisha gothique des Lettres belges, lui qui met aux prises les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séductions de la conversation. Alors, circulez, y a rien à voir ? Continuer la lecture

Décès de Françoise Mallet-Joris

malletjoris.jpgLa romancière Françoise Mallet-Joris, née le 6 juillet 1930, est décédée ce samedi 13 août à Bry-sur-Marne. Féministe engagée, elle laisse une oeuvre romanesque riche et subtile, qui lui a valu un beau succès public et critique.  Continuer la lecture

Décès de Philippe Roberts-Jones

JonesPhilippe Roberts-Jones, né le 8 novembre 1924, est décédé ce 9 août 2016. Historien de l’art, il a été conservateur en chef des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Il laisse aussi une oeuvre littéraire riche de nombreux recueils de poèmes et de nouvelles, publiés sous le nom de Philippe Jones. Il était membre de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.  Continuer la lecture

Des insurgés, des rebelles, des « fantastiqueurs »

Jean-Baptiste BARONIAN, La Littérature fantastique belge. Une affaire d’insurgés, Académie Royale de Belgique, coll. « L’Académie en poche », 70 p.

baronianQui d’autre que Jean-Baptiste Baronian pouvait relever le défi d’explorer en moins de soixante pages un domaine entier de nos Lettres, celui du fantastique ? Si le tour d’horizon est exhaustif, il ne vise bien entendu qu’à la synthèse. L’on trouvera peu de détails biographiques ou d’études fouillées au sujet des nombreux auteurs cités dans cette plaquette. Par contre, quelle mise en appétit littéraire, dès qu’un érudit de cette envergure, au lieu de cultiver jalousement le plaisir de ses connaissances, ouvre ainsi les portes de sa bibliothèque intime ! Continuer la lecture