Archives par étiquette : librairie

Habiter parmi les livres

Serge MEURANT et Frédérique BIANCHI, Dans l’odeur des livres et le parfum du papier d’Arménie. Entretiens avec Jean-Pierre Canon, libraire de La borgne agasse, photographies de Daniel Locus, Carnets du Dessert de Lune, 2018, 48 p., 6 €, ISBN : 9782930607948

Vivre au milieu des livres, quel amoureux de la littérature, quel fervent lecteur n’en a rêvé ? Une vision romantique de la vie de libraire, née à l’adolescence, et que le passage des années, le sens des réalités ont tempérée sans l’altérer. Une librairie demeure un royaume, un monde où palpitent des histoires, des pensées, des émotions, des songes… Et rencontrer un libraire de vocation, de passion, de conviction nous ouvre des horizons, des vibrations… Singulièrement un libraire bouquiniste, si l’on en croit l’ode exaltée de John Cowper Powys : « Ah ! le splendide conservatoire de toutes les folies humaines qu’une boutique de livres d’occasion ». Continuer la lecture

Libraire : une passion pour la vie

La Borgne Agasse. La Pie borgne. Un nom insolite pour une librairie-bouquinerie qui ne l’était pas moins, et que Jean-Pierre Canon avait ouverte en 1970, au cœur de Bruxelles.

Elle enchaînerait les chapitres à mesure qu’étaient vendues les maisons où se posait son enseigne : rue Saint-Jean d’abord, puis à Ixelles rue de l’Athénée, rue de la Tulipe, enfin rue Anoul, voici une vingtaine d’années. En gardant toujours son style, son atmosphère, ses avalanches de livres, ses champs d’élection : la littérature prolétarienne, l’anarchie, le monde des Tziganes… Continuer la lecture

La chasse et l’amour

Caroline LAMARCHE, Dans la maison un grand cerf, Gallimard, 2017, 131 p., 12,50 €/ePub : 8.99 €, ISBN 978-2-07-270024-8

lamarcheIl est difficile de s’arracher au ton mineur qui prélude au dernier récit de Caroline Lamarche, Dans la maison un grand cerf. Dès le départ, le battement irrité du sang, le sifflement dans les oreilles vient oblitérer l’écoute. Pourtant elle a lieu l’écoute tout intime et si particulière du père qui, en contraste avec le bruit de la conversation à la table familiale, poursuit son marmonnement discret. Déjà cet environnement envahissant et le brouhaha général font comme une censure et évoquent la violence, que ce soit celle de la meute, des chasseurs, de l’amour même qui lui aussi peut forcer. Mais Lamarche dira tout de l’amour éternel des filles pour leur père, quoi qu’il en aille de ses aléas. Il aurait été et serait encore un antidote aux complications de l’amour. Le charme est donc bien réel. Continuer la lecture