Archives par étiquette : MaelstrÖm

Où l’on suit passionnément pas à pas les premiers pas d’une autrice dans l’écriture

Chantal DELTENRE, Écrire en marchant. Premiers pas, Maelström, 2018, 134 p., 14 €, ISBN : ISBN : 978-2-87505-305-3

deltenre ecrire en marchant

Deux événements minuscules se produisent à ce moment-là. Une mouche, soudain piégée au cordon de glu qui pend du lustre au-dessus de ma tête, se met à vibrionner. Sa lutte désespérée me vrille les oreilles. En même temps, une mésange vient se poser au bord de l’appui de fenêtre extérieur. (…) Ma gorge se serre. (…) Je n’en peux plus de cette immobilité. Si je ne bouge pas, le tourbillon qui emporte le sourire de ma grand-mère (…), l’ordre et le décor figés de la pièce à vivre, (…), je glisserai avec eux dans la mort, l’extinction.

Des fois, tout se décide sur un coup de tête. Irréfléchi. Comme une réponse, pas du tout attendue, aux aléas ou aux impasses de la vie. À la lecture d’Écrire en marchant, on se dit que Chantal Deltenre aurait très bien pu ne jamais écrire, ne jamais publier. Sauf qu’il y a eu cet instant T, événement fabuleux, véritable matrice de sa vie d’écrivain. Continuer la lecture

Où l’on suit joyeusement au gré des vagues des bouteilles jetées à la mer

Laurence VIELLE, Domo de Poezia (Bouteilles à la mer ), livre + CD, PoezieCentrum et MaelstrÖm, 2018, 194 p., 20 €, ISBN : 978-2-87505-300-8

vielle domo de poezia.jpgEnvie de prendre la vie en main ? La vôtre et celle des autres ? Tenté, tentée, depuis longtemps, par les initiatives citoyennes, les rapprochements, les liens sociaux à resserrer ? Marre du déprimant TINA, du gris ambiant dans les têtes ? Envie de positif et de joie ? Désir fou d’être regonflé, de sourire à nouveau ? Pour sûr, il n’y a pas que le film Demain pour faire pétiller. On peut aussi s’immerger dans la poésie résolument positive, amoureuse de la vie et des rencontres, dans la poésie éminemment « sociale » et sociétale de Laurence Vielle. Parce que Laurence Vielle a décidé, une fois pour toutes, de laisser au placard ses petits ou grands problèmes d’ego – ses soucis de gnêgnêtre comme a dit une fois Jean-Pierre Verheggen –, d’être généreuse, de prendre à bras le corps les questions du « vivre ensemble » et du « bien vivre », de considérer la poésie, le fait d’écrire la poésie, comme un acte social, une façon d’accompagner les questions qui traversent ou taraudent bon nombre d’entre nous. Continuer la lecture

De l’absurde inquiétant à l’absurde apaisé

Un coup de cœur du Carnet

Pascal LECLERCQ, Analyse de la menace, Maelström, 2018, 98 p., 13 €, ISBN : 978-2-87505-302-2

Leclercq analyse de la menacePascal Leclercq a du talent. Il le prouve une fois de plus avec Analyse de la menace. Un ton onirique, humoristique et parfois cruel, dans une très belle écriture en prose, parfaitement maîtrisée, ajustée : le poète nous dépeint le monde loufouque et désespéré d’une sorte de cousin contemporain d’un certain Plume, personnage-type de l’inadapté. Cet hétéronyme, dont Leclercq narre les errances liégeoises, ardennaises et wallonnes, répond d’une manière contemporaine à son parent michalien. Écriture de l’absurde, angoisses existentielles, dénonciation d’un état du monde et d’un homme en voie de déclassement… Ce livre en plusieurs chapitres, parfaitement circonscrits dans leurs tonalités, a pour thèmes principaux la douleur de vivre et l’absurde contemporain, dans un monde soumis à l’analyse de la menace : une menace non seulement sociologique mais plus encore spirituelle. Par quel moyen en sortir ? Continuer la lecture

Daniel De Bruycker lauréat du Prix du Parlement de la FWB

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De gauche à droite : Charles Gardier, président du Jury – député ; Daniel De Bruycker, lauréat ; Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; Philippe Knaepen, premier vice-président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le Prix du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2017 a été décerné aujourd’hui à Daniel De Bruycker pour Neuvaines, un recueil en trois volumes paru aux éditions MaelstrÖm. Selon les mots du Président du Jury, le député Charles Gardier, « On ne s’ennuie jamais en lisant ces phrases aux mots justes qui éveillent l’âme, cherchant la transcendance sans jamais l’imposer ».


Lire aussi : Neuvaines 1 à 3 et Neuvaines 4 à 6 dans Le Carnet


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Un prix pour David Giannoni

david giannoniLe Prix Xavier Grall 2018 est attribué à David Giannoni pour l’ensemble de son œuvre de poète ainsi que pour son action en faveur de la poésie. Le jury du prix a particulièrement mis en exergue L’Indien de Breizh publié dans la collection « Bookleg » chez MaelstrÖm. Continuer la lecture

La résistance, un pays en soi

COLLECTIF, Pays dans un pays. Marcheuses et Marcheurs des Temps présents, MaelstrÖm, 2017, 105 p., 8€, ISBN : 978-2-87505-288-9

pays dans un paysIls ont marché et marcheront encore, ils traceront des voies nouvelles, ces Marcheuses et Marcheurs, comme ils l’ont fait le 20 mai 2017, à l’initiative des Acteurs des Temps Présents. Deux marches se sont ainsi déroulées en Wallonie, l’une à partir de Liège, l’autre de Tournai pour aboutir à Bruxelles. Il s’agissait pour la première d’aller à la rencontre de situations singulières et irritantes où les intérêts privés menacent le bien commun. D’où le nom adéquat : « Marche des communs ». La seconde avait pour but de repérer les lieux en péril pour cause de précarisation ou d’abandon afin de proposer des alternatives. C’est pourquoi elle a pris pour nom « Marche des réparations ». Continuer la lecture

Petit tour dans le monde circulaire

Un coup de cœur du Carnet

Otto GANZ, Du fond d’un puits, MaelstrÖm, coll. « 4 1 4 », 2017, 90 p., 18 €, ISBN : 978-2-87505-271-1

ganz.jpgOtto Ganz est un poète rare. Capable en deux lignes de nous entraîner, mine de rien, dans ses abîmes, dans ses délires ou dans ses visions paradoxales. On le sait : ouvrir un livre d’Otto Ganz est à chaque fois une expérience forte, une visite de labyrinthe. Une visite d’un monde circulaire où l’on se cognera trente-six fois à des murs mal éclairés. Où l’on perdrait son temps à chercher un fil d’Ariane. Où il nous faut accepter d’avancer par sauts. Petits bonds de grenouille. Comme si Otto Ganz inventait le chemin au fur et à mesure. De pensées en pensées. De paroles en paroles. C’est que, pour Otto Ganz, il est essentiel d’aller à l’essentiel. D’écrire l’essentiel. Pas question dès lors de prendre du temps – et de perdre notre temps comme lecteur et lectrice – à dérouler patiemment le fil de la pensée. À nous dire comment, par quelle route, petit sentier boueux ou autoroute, il en est venu à telle fulgurance, telle évidence. Lire Otto Ganz, ce serait un peu comme lire quelque chose de très ancien. De la philosophie très ancienne. De la métaphysique très ancienne. De la littérature dont on n’aurait soigneusement conservé que l’utile. Les sentences qui parlent. Résonnent. Nous font vibrer comme des cloches. De la littérature dont on aurait soigneusement fait fondre le gras. Continuer la lecture