Archives par étiquette : Philippe Remy-Wilkin

Orange givrée au Jeu de Balle !

Nadine MONFILS, Crimes dans les Marolles (Nouvelles enquêtes de Nestor Burma), French Pulp, 2019, 176 p., 15€ / ePub : 11.99 €, ISBN : 979-1-0251-0465-1

Le nouveau roman de Nadine Monfils, né d’une commande, s’inscrit dans une collection visant à redonner vie et lustre au célèbre Nestor Burma, né sous la plume de Léo Malet (auteur d’un magnifique Le soleil n’est pas pour nous) dans les années 1940. Ce dernier avait creusé le sillon d’un polar à la langue très directe, dopée par l’humour et la verve sarcastique, parcourue aussi de frémissements poétiques. Il va sans dire que beaucoup d’entre nous ont croisé la route du détective à la française dans ses adaptations en série télé (avec Guy Marchand dans le rôle-titre) et en BD (par Tardi). Continuer la lecture

Matriochka de Philippe Remy-Wilkin

Philippe REMY-WILKIN, Matriochka, Samsa, 2019, 60 p., 9 €, ISBN : 978-2-87593-209-9

Philippe Remy-Wilkin orne la signature de ses courriels et les notices bibliographiques le concernant de la mention « auteur littéraire » qu’il semble affectionner. Sans doute cette formulation embrasse-t-elle davantage la diversité éditoriale des écrits de celui qui est à la fois essayiste, critique littéraire, nouvelliste et romancier. Philologue de formation, Philippe Remy-Wilkin est passionné d’Histoire et nous a donné déjà une remarquable étude consacrée à Christophe Colomb, Christophe Colomb, Le découvreur et la découverte : mythes et réalités. On lit aussi régulièrement ses chroniques sur Karoo et Le Carnet et les Instants, de façon épisodique ses nouvelles dans la revue Marginales, et ses prises de position sur les réseaux sociaux.

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Carnet, mon beau carnet, dis-moi… qui suis-je ?

Un coup de cœur du Carnet

Evelyne WILWERTH, Tignasse étoile, M.E.O., 2019, 164 p., 16€, ISBN : 978-2-8070-0105-3

Le dernier roman d’Evelyne Wilwerth s’apparente au journal intime d’une jeune fille, Jacinthe, en mutation physiologique, en interrogation existentielle, de sept à vingt-cinq ans. À part le titre, qui fait écho à la chevelure sauvage de l’héroïne, tout aimé !

La couverture ! Un Spilliaert[1] (Les Pieux, 1910), en adéquation si complète avec le roman qu’on pourrait en induire une prescience du peintre ou, plus raisonnablement, l’irrigation d’une romancière empassionnée, un récit jaillissant de la contemplation de la toile.

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Pauvre Belgique ! Ou pauvre Charlotte ?

Un coup de cœur du Carnet

Nathalie STALMANS, Si j’avais des ailes, Bruxelles au temps de Charlotte Brontë, Genèse, 2019, 167 p., 19,50€ / ePub : 12,99€, ISBN : 979-10-94689-23-3

Charlotte Brontë ! Jane Eyre ! Lecture de chevet durant l’adolescence, avec Les Hauts-de-Hurlevent de sa sœur Emily. Romantisme exalté, teinté de mystères, de silhouettes gothiques, tourelles ou morts-vivants. Romans, films, séries télé… À coup sûr, des briques du manoir de mon imaginaire intime, modelé par tant et tant de ces grandes dames des Lettres britanniques, d’Ann Radcliffe à l’immense Sarah Waters en passant par Jane Austen, les Brontë, Mary Shelley, Agatha Christie, Daphné du Maurier, Kate Atkinson.

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L’aphorisme est l’À faux rythme de l’écrivain

Michel DELHALLE, Belgique, terre d’aphorismes, Cactus Inébranlable, 2018, 300 p., 17€, ISBN : 978-2-930659-77-0

Belgique, terre d’aphorismes est l’aboutissement d’un travail d’archéologue, d’orpailleur, d’archiviste littéraire. Pendant de nombreuses années, Michel Delhalle a exploré le champ de fouilles des Lettres belges en quête de trésors de l’esprit nommés aphorismes et classé scrupuleusement ces objets littéraires (parfois, souvent ?) non identifiés. Le but ? Double : les réhabiliter en tant que mode d’expression à part entière ; en démocratiser la compréhension et l’accès. Continuer la lecture

Je suis Charlie !

Un coup de cœur du Carnet

Adolphe NYSENHOLC, Charlie Chaplin, Le rêve, M.E.O., 2018, 244 p., 19 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-8070-0177-0

Instant de grâce ! L’auteur, qui a voué une partie de sa riche carrière[1] à Chaplin, au point d’en être considéré de par le monde comme un expert sommital, a réussi l’ultime synthèse, un essai d’une densité louvoyant vers l’art poétique. Qui débute avant les premières lignes officielles, dans un commentaire sur la photo/couverture, au verso de la page de titre :

(…) Chaplin éminence grise de Charlot manipulé par lui, le masque tragique sur un corps comique, Charlot « sentimental puppet », l’empathie distanciée, l’auto-ironie de Chaplin, la chorégraphie comme écriture de songe, le créateur d’images à jamais mémorables, le poète comique, l’auteur en abyme, le rêve dans le rêve… 

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