Archives par étiquette : Verhaeren

Un voyage littéraire sur l’Escaut

folder Escaut Escaut 3-luik_finaal.inddDès ce 16 septembre et jusqu’au 29 janvier 2017, la Letterenhuis d’Anvers accueille l’exposition Escaut! Escaut!, autour de 5 écrivains flamands d’expression française nés sur les bords de l’Escaut entre 1855 et 1865. Au programme : Georges Eekhoud, Max Elskamp (nés à Anvers), Emile Verhaeren (né à Saint-Amand), Maurice Maeterlinck (né à Gand) et Georges Rodenbach (né à Tournai).  Continuer la lecture

Le rayonnement d’un poète, Européen avant la lettre

Catalogue illustré de l’exposition Verhaeren.Un poète pour l’Europe, 80 p.
Émile VERHAEREN, Les villages illusoires, 2016, Espace Nord, 224 p., 9 €
Émile VERHAEREN, Les Villages illusoiresDorpen van zinsbedrog, traduit par Stefaan Van den Bremt, gravures d’Henri Ramah, 2016, Louvain, éd. P, 80 p.
Émile Verhaeren Veerman, poèmes choisis et traduits par Koen Stassijns, 2016, Lannoo, Tielt, 364 p.

verhaeren europePoète majeur, dramaturge original, critique d’art intuitif et pénétrant, Émile Verhaeren est l’une des grandes figures de notre histoire, de notre culture. L’une des plus chères, qui a marqué notre sensibilité de son souffle, son lyrisme, sa force, sa ferveur.

Chacun de nous garde en mémoire tels vers, telles proses aux accents personnels ; évoque son souvenir en se promenant dans les doux paysages des rives de l’Escaut qu’il a tant chantés.

Mais ce qu’on ne soupçonne pas toujours, c’est le rayonnement de son œuvre et de sa personnalité, célèbres dès la fin des années 1890, et avec plus d’éclat encore entre 1900 et 1910, dans l’Europe entière et jusqu’en Russie. Sa foi dans le vieux continent, son aspiration à une Europe unie, exemplaire (« L’Europe est une forge où se frappe l’idée »). Continuer la lecture

Verhaeren portraituré

Verhaeren – Bernier. Portretten – Portraits, textes de Gil Amand, Els De Smedt et Rik Hemmerijckx, Emile Verhaerenmuseum Sint-Amands et Commune de Honnelles, 2016, 80 p.

verhaeren-bernierPoète internationalement renommé, Émile Verhaeren était aussi grand connaisseur en matière de peinture. En témoignèrent notamment l’exposition « Verhaeren critique d’art » au Musée d’Orsay (Paris) en 1997, puis au Musée Charlier (Bruxelles). Ou, plus récemment, « Émile Verhaeren (1855-1916), Poète et Passeur d’Art », au Musée des Avelines de Saint-Cloud. Or, cette passion de l’écrivain lui a valu un juste retour : plusieurs artistes ont fait des portraits de lui, certains étant considérés comme des chefs-d’œuvre. Continuer la lecture

Emile Verhaeren – Charles Bernier : portraits

verhaeren bernierCharles Bernier (Angre, 1871 – Angre, 1950) a voué sa vie à l’art de la gravure. Ses gravures en couleurs sont particulièrement remarquables. Copiant d’abord les grands maîtres, il commence, dès 1899, à graver des paysages et des scènes pastorales. Son ami Emile Verhaeren devient son modèle préféré. Il a portraituré le poète à plusieurs occasions et quelques portraits sont devenus de vrais classiques. Le Musée Verhaeren leur consacre sa nouvelle expositionContinuer la lecture

Émile Verhaeren, la pensée anarchiste d’un poète

David GULLENTOPS, Émile Verhaeren inédit, Bruxelles, VUBPress, 2015, 215 p., 25,95 €

D. Gullentops, Émile Verhaeren inéditL’abord d’un poète par la description de son imaginaire précipite le risque de sa méconnaissance puisqu’elle facilite la représentation versificatrice, naturaliste et sentimentale du poète et de la poésie. Le refus de cet apriori nous met face à la question : quelle pensée dans la poésie ? Car pensée il y a, d’autant plus forte qu’elle n’est pas conceptuelle, qu’elle donne, comme toutes les approches artistiques, une autre forme de pensée. Autour des années soixante du XXème siècle, le renouveau critique éclatant avait fait de grands pas dans cette recherche de la pensée d’une forme avant que les restaurations traditionnalistes ne la recouvrent de leurs prétentions pseudo-scientifiques et pseudo-littéraires. Le meurtre du questionnement par la biographie monologique est ainsi suivi ou accompagné de la cérémonie funèbre de l’essai stylisé. D’où le retour de l’académisme « humaniste » dont les noms d’Antoine Compagnon ou de Tzvetan Todorov sont aujourd’hui d’autant plus les coupables à désigner qu’ils se paraient des percées de la Nouvelle Critique ou des Formalistes Russes. Le symptôme le plus scandaleux de cette situation apparaît dans la réduction de l’auteur des Essais critiques et des Éléments de sémiologie, Roland Barthes, à la figure d’un « anti-moderne », miniaturisé, à la manière des Jivaros plus que du XVIIIème, dans ses Fragments d’un discours amoureux quand ce n’est pas dans le journal intime du deuil de sa mère… Continuer la lecture