Katia Lanero Zamora, Chroniques des hémisphères t. 1

Nord — Sud

Katia LANERO ZAMORA, Chroniques des Hémis­phères – Tome 1: Le bal des pous­sières, Les Impres­sions nou­velles, coll. « Imag­i­naires », 2012

lanero zamora chroniques des hemisphères 1Pre­mier roman de la Lié­geoise Katia Lanero Zamo­ra, Le bal des pous­sières est aus­si le pre­mier tome d’une trilo­gie (Chroniques des Hémis­phères), paru dans une col­lec­tion Imag­i­naires qui, en l’oc­cur­rence, ne pour­rait mieux porter son nom. L’ac­tion se situe à la fin du XXIe siè­cle alors qu’une mal­adie « a décimé les pop­u­la­tions du Sud et défer­lé vers le Nord comme une vague de mort ». Pour se garder de la con­t­a­m­i­na­tion, les pays rich­es ont érigé un Mur qui sépare les deux Hémis­phères. Dans le Nord sévit un sys­tème de castes basé sur la for­tune et les villes trop peu rich­es pour entr­er dans la coali­tion devi­en­nent le refuge des Mar­gin­aux. Côté Sud, que divers élé­ments toponymiques assim­i­lent au Burk­i­na Faso (« Pays des Hommes Intè­gres » comme dans le réc­it), les sur­vivants de la mal­adie se tour­nent vers leurs anci­ennes croy­ances faites d’a­n­imisme et de chaman­isme africain. Quand débute l’his­toire, la Prési­dente du Nord a fait rou­vrir le Mur pour piller les richess­es du Sud, alors que Cham, son fils, a fui à Spes, vil­lage d’ado­les­cents où devenu Cara­cal, sa totémi­sa­tion le con­necte à ce félin et par con­séquence à Mang­wa, ani­mal domes­tique d’une jeune Africaine vivant loin de là et vouée par prophétie à délivr­er son pays du joug des Blancs venus du Nord. Si la sym­bol­ique est trans­par­ente, il faut quelque peu s’ac­crocher, mal­gré l’at­ten­tion d’un petit dic­tio­n­naire des noms pro­pres, pour se famil­iaris­er avec les iden­tités, sou­vent dédou­blées par la magie, des nom­breux pro­tag­o­nistes et pour pénétr­er dans les méan­dres d’aven­tures dépaysantes, mais enchan­tées par une créa­tiv­ité à la fois poé­tique, orig­i­nale et sig­nifi­ante. De quoi motiv­er le lecteur à suiv­re jusqu’au bout le fil de la trilo­gie promise.

Ghis­lain Cot­ton


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°176 (2012)