Archives par étiquette : exposition

Mario Ramos au Centre d’Art de Rouge-Cloître

DSCF9393Tout le monde connait son loup, ses cochons, ses souris. Nombreux sont les enfants qui ont grandi avec ses livres, les parents et les grands-parents qui se sont régalés en les leur racontant avant de les mettre au lit. Décédé il y a maintenant cinq ans, Mario Ramos, dont vous pouvez lire le portrait dans le numéro 195 du Carnet et les Instants, se voit consacrer une grande exposition sur l’ensemble de son œuvre au Centre d’Art de Rouge-Cloitre. Cette rétrospective est axée sur deux parties de son travail : d’une part ses livres pour enfants et d’autre part son travail d’illustrateur. Avec, comme fil rouge, son humour ravageur et souvent mordant, et les animaux qu’il met en scène pour mieux donner à voir les travers de l’humanité. Continuer la lecture

L’Afrique centrale en toutes lettres, la nouvelle expo des AML

AML expoJusqu’au 27 novembre, les AML présentent leur nouvelle exposition : « L’Afrique centrale en toutes lettres ». 

L’émergence, en Afrique centrale, d’une littérature écrite en français est le fruit d’un processus à la fois rapide et complexe qui, s’agissant du Congo, s’amorce au lendemain de la proclamation de l’Etat Indépendant du Congo en 1885 avec la publication de cette fiction monumentale que sont Les Mystères du Congo (1886-1888) et se poursuit avec la parution d’un ensemble de textes écrits par des auteurs belges, littérature souvent réduite à l’exotisme, au réalisme et au témoignage. Continuer la lecture

Pierre Alechinsky, dans les marges et au cœur de l’imprimé

Pierre Alechinsky, les Palimpsestes, exposition au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, La Louvière, jusqu’au 5 novembre 2017.

alechinsky affiche« Palimpseste : historiquement, parchemin dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte », nous dit Le Robert. Le palimpseste aujourd’hui, c’est ce que nous donne à voir Pierre Alechinsky, dans une remarquable et foisonnante exposition, au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, à La Louvière. Près de trois cents œuvres de l’artiste, créées à partir de papiers oubliés, manuscrits et imprimés d’autrefois.

Depuis plus de six décennies, une grande partie de l’œuvre d’Alechinsky, né à Bruxelles en 1927, a trouvé sa source dans le monde du papier. Passionnément attiré par les documents anciens, lettres commerciales, actes notariés, factures, correspondances, cartes de géographie ou plans de villes, il en a fait la matière de détournements qui laissent le champ libre à l’imagination et composent ainsi très librement des créations nouvelles. Artiste dont le travail n’a jamais cessé de jongler avec les arts plastiques et l’écriture, de (se) jouer des images et des mots, de passer du pinceau à la plume et vice-versa, Pierre Alechinsky a pour habitude de se désigner comme « un peintre qui vient de l’imprimerie » : souvenir de ses années d’études à La Cambre, en typographie et illustration du livre, où cet étudiant « classé cancre » réalisa dès 1948, pour décrocher son diplôme, ses premières estampes, autour du Poète assassiné de Guillaume Apollinaire. Continuer la lecture

Nouvelle exposition au Musée Verhaeren : « Poésie noire »

verhaeren-redonComme poète, Emile Verhaeren a su jouer sur différents registres. Il est connu comme poète des métropoles et d’une tendre poésie d’amour, mais il a également écrit plusieurs recueils avec une poésie noire, tourmentée, typiquement Fin-de-Siècle.

La nouvelle exposition du Musée Verhaeren, « Poésie noire », présente la poésie noire de Verhaeren avec des éditions originales et les œuvres d’Odilon Redon. Plusieurs artistes contemporains – Franklin, Sanne De Wolf, Vigdis De Cauter, Martha Verschaffel, Vladimir Ivaneanu, David Verstraete, Ben Cockelkoren – ont créé, spécialement pour l’exposition, des œuvres qui résonnent avec l’atmosphère de la poésie noire. Continuer la lecture

Quand le X s’invite dans l’univers de la génération Y

WePorn. Le X et la génération Y, sous la direction de Julie VAN DER KAR, François DE CONINCK et Pierre-Yves DESAIVE, La Lettre volée/GSARA, 124 p., 22 €, ISBN : 978-2-87317-478-1

wepornIl y a deux décennies, Amélie Nothomb publiait Attentat (Albin Michel, 1997), son cinquième roman, et, au détour d’une histoire d’amour et des normes à respecter ou non en société, elle livrait cette réflexion : « La pornographie, c’est ce qui parvient à susciter un simulacre de désir chez ceux qui ont eu trop de tout. C’est pourquoi, aujourdhui, l’art dominant est pornographique: il est le seul qui parvient à attirer l’attention. » Ce qui était déjà vrai il y a vingt ans l’est davantage encore aujourd’hui. En choisissant comme titre d’ouvrage un terme qui détourne un site connu de pornographie en ligne, les éditeurs de ce recueil de textes ouvrent d’emblée le champ d’investigation : « La pornographisation (sic) galopante du monde nous regarde désormais tous et toutes. » Assurer la pertinence du constat, et surtout tenter d’en évaluer les contours au sens large, serait-elle une partie de plaisir ? Le point de départ de cet ouvrage collectif est d’abord une exposition d’artistes et plasticiens contemporains, organisée par le GSARA à Bruxelles en novembre dernier[1]. Il s’agissait moins de remettre en débat les arguments, tant de fois présentés, du pour ou contre la pornographie, que de donner à voir des œuvres où l’image pornographique est reprise, citée, détournée, source de questionnement, dans un environnement où sa surabondance devrait bien finir par trouver une (d)ébauche de sens. Continuer la lecture