Archives par étiquette : M.E.O.

Intemporelle Passion du Christ

Gérard ADAM, La Passion selon Saint-Mars, M.E.O., 2018, 199 p., 18 €, ISBN : 978-2-8070-0171-8

Gérard Adam, à côté de son œuvre de nouvelliste, de direction des éditions M.E .O, qu’il a cofondées, ou de traducteur de poésie et romans bosniaques ou croates (aux éditions M.E.O.), propose en cette rentrée littéraire son dixième roman. Gérard Adam qui, comme le mentionne la quatrième de couverture de La Passion selon Saint-Mars, continue de piocher dans les interrogations qui sous-tendent son œuvre d’agnostique imprégnée de religion chrétienne. Continuer la lecture

Le pervers guette

Élodie WILBAUX, Le voisin de la cité Villène, M.E.O., 2018, 170 p., 16 €, ISBN : 978-2-8070-0168-8

Suffit-il d’une mention sur la couverture et d’un avertissement pour faire d’un témoignage un roman ?

Cette histoire est basée sur des faits réels. Par souci de confidentialité, les noms des personnes, lieux et dates ont été changés.

L’écriture attentive d’Élodie Wilbaux, entre reportage et procès-verbal, fait nettement pencher la balance vers le témoignage. À la fois celui des victimes, une bande de garçons de sept-huit ans pris dans la sordide confusion des sentiments orchestrés par un adulescent pédophile, et sa propre expérience : Continuer la lecture

Comme un bonnet sur la mer

Claude DONNAY, Un été immobile, M.E.O., 2018, 300 p., 20 €, ISBN : 978-2807001657

Écrivain belge dans la trentaine, Jésus-Noël cherche l’inspiration à Ambleteuse, sur la Côte d’Opale. Il y fait la connaissance d’Amelle, une nageuse coiffée d’un bonnet blanc qu’il a observée avec gourmandise tous les matins depuis la dune et qui était elle-même attirée par ce guetteur immobile. S’ensuit une complicité amicale qui va déboucher sur un rapport plus intime dont la disparition brusque d’Amelle, apparemment enlevée par un bellâtre à cabriolet, déjoue l’heureuse conclusion. Grande frustration pour Jésus qui n’a plus pour la retrouver que le fil d’Ariane qu’elle semble avoir laissé à dessein chez elle : le journal de Maria, sa mère, espagnole d’origine, victime d’un mariage calamiteux avec un fils-à-maman et torturée par le mépris très actif que lui voue sa belle-famille du Brabant Wallon, bourgeoise et cul-serré. Récit poignant dont Jésus envisage de faire un livre tout en y cherchant un élément qui le mettrait sur la piste de la disparue. Ainsi commence le second roman de Claude Donnay où affleure la fibre poétique qui a nourri ses nombreux recueils. Et où le sexe s’exprime aussi avec franchise, qu’il s’agisse de saphisme ou d’une partouze où personne ne laisse sa part aux chiens. Continuer la lecture

Meurtres au chœur de Venise…

Claude RAUCY, Le maître de San Marco, MEO, 2018, 80 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978-2-8070-0162-6

Pouvait-on trouver meilleur romancier que Claude Raucy pour redonner vie littéraire au compositeur flamand Adriaan Willaert ? Le récit qu’il nous en donne avec Le maître de San Marco s’inscrit dans la lignée des romans qui, sans crier gare, nous enseignent en nous divertissant. Au gré des péripéties d’une enquête  permettant de tirer au clair des morts suspectes parmi le chœur dont il est le chef à San Marco, nous apprendrons du musicien flamand la place privilégiée qu’il occupe dans la Sérénissime, mais aussi dans l’histoire de la musique de la Renaissance. Le roman commence tambour battant au Palais du Doge, Andrea Gritti. Ce dernier a convoqué le Flamand. Il s’inquiète de ces meurtres en série – les musiciens sont étranglés à l’aide d’une écharpe blanche, abandonnée sur les lieux du crime. Il s’indigne aussi que les enquêtes n’aboutissent pas avec assez de célérité à l’arrestation des coupables. Continuer la lecture

La vie en guirlande

Daniel SIMON, Ce n’est pas rien, M.E.O., 2018, 128 p., 15,00 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-8070-0159-6

Poète, dramaturge, nouvelliste, Daniel Simon traverse la littérature en électron libre aussi nourri de rêves éveillés que vigilant observateur des heurs et malheurs d’un monde qu’il aimerait plus juste et plus fraternel. C’est ce qu’il exprime au fil des pages de Ce n’est pas rien – Nouvelles et textes brefs, flânerie signifiante patronnée en exergue par Thomas d’Aquin : « il faut un minimum de confort pour pratiquer la vertu ». Ce qui d’ailleurs pourrait aussi se traduire par : il est plus aisé de se montrer intransigeant quand on vit dans le confort. L’ironie positive pratiquée par Simon, on la retrouve en force dans le texte qui clôt le recueil : une lecture-spectacle interprétée naguère au Château de Seneffe, intitulée  Modeste proposition pour les enfants perdus, directement inspirée de la fameuse provocation de Swift relative à la famine d’Irlande. Il s’agit bien entendu pour l’auteur de destiner la majorité des nourrissons rendus « dodus et gras » à la table de « personnes de bien et de qualité » :

Ils pourront en offrant leurs flancs et leur râble aux plus fines bouches de nos États, faire de leur brève existence un subtil en-cas (…)Bien préparés, ils serviront la nation mieux que vifs et miséreux, promis aux injures de leur condition.

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Les chats savent toujours

Caroline ALEXANDER, Une vie en miniature, M.E.O., 2018, 108 p., 14 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 978-2-8070-0156-5

alexander_une vie en miniature« Quoi ? Moi, l’agnostique, la logique, la sensée, la raisonnable, la raisonneuse, je deviendrais l’espace de quelques heures une Alice qui, au lieu de traverser les miroirs, passerait, qui sait, par des trous de serrure ? »

La narratrice d’Une vie en miniature s’éberlue de sa soudaine capacité à rapetisser. Pas plus grande qu’un doigt, elle se déplace en se mêlant au pelage blanc de Jupiter aux yeux jaunes, la menant entre draps dans la chambre et lit d’herbes au jardin. Il est son chat protecteur qui lui permet de vivre l’impossible. N’a-t-on pas tous rêvé d’être une petite souris pour voir sans être vu ? Notamment l’être aimé ? Continuer la lecture

Se battre, toujours se battre

Isabelle BIELECKI, Les tulipes du Japon, M.E.O., 2018, 238 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-8070-0143-5

bielecki les tulipes du japon.jpgAprès un premier roman Les mots de Russie (éd. E.M.E.), remarqué par le prix des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, plusieurs recueils de poésie ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles, Isabelle Bielecki propose un deuxième roman, Les tulipes du Japon, aux éditions M.E.O. Le roman d’une femme au parcours étonnant à travers lequel le lecteur est en droit de lire des accents autobiographiques, à partir des éléments que lui fournit la quatrième de couverture. Continuer la lecture