Archives par étiquette : Esperluète éditions

Sur les routes bleues

Un coup de cœur du Car­net

”Lison-Leroy

Haute transhumance

Autrice : Françoise Lison-Leroy

Illus­tra­trice : Francesca Scar­i­to

Mai­son d’édition : Esper­luète

Col­lec­tion : L’es­tran

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 72

Prix : 15 €

Livre numérique : /

EAN : 9782359842081

Né, selon Françoise Lison-Leroy, d’une ren­con­tre furtive avec une famille menée par une petite fille qui chan­tait, ce recueil trans­forme cette vision en une médi­ta­tion sur le déplace­ment, l’exil, la migra­tion, mais aus­si sur ce mou­ve­ment intérieur qui pousse les êtres à chercher plus loin que l’horizon vis­i­ble.

Le titre mérite d’emblée qu’on s’y arrête. La tran­shu­mance désigne le déplace­ment saison­nier des trou­peaux entre dif­férentes ter­res de pâturage. En y ajoutant l’adjectif haute, Françoise Lison-Leroy lui con­fère une dimen­sion plus vaste, presque spir­ituelle. Dans cette « haute tran­shu­mance », il ne s’agit plus de pass­er d’un lieu à un autre, mais de tra­vers­er des paysages humains, mémoriels et sym­bol­iques. Con­tin­uer la lec­ture →

Passer l’écluse

Van Acker Moi la poésie je suis pas trop pour

Moi, la poésie, je suis pas trop pour

Autrice : Chris­tine Van Ack­er

Mai­son d’édition : Esper­luète

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 144

Prix : 19,50 €

Livre numérique : /

EAN :9782359842098

Il est de ces voix lit­téraires belges dis­crètes mais pro­fondé­ment sin­gulières, dont l’écriture ne cherche pas l’impression mais la créa­tion d’une présence. Celle de Chris­tine Van Ack­er compte par­mi celles-ci. Poétesse, roman­cière, nou­vel­liste, dra­maturge et créa­trice radio­phonique, cette autrice con­stru­it depuis près de vingt ans une œuvre mou­vante, sen­si­ble et tra­ver­sée par une même obses­sion : saisir ce qui façonne les êtres, ce qui les enferme, et ce qui leur per­met par­fois de s’échapper. Con­tin­uer la lec­ture →

Valse avec Camille Claudel

Veroni­ka MABARDI, Sous le regard des stat­ues de Camille Claudel, Esper­luète, 2026, 260 p., 20 €, ISBN : 9782359842067

mabardi camille claudelCom­ment abor­der Camille Claudel après les visions romanesques, dra­maturgiques, ciné­matographiques, choré­graphiques offertes par Anne Del­bée, Michèle Des­bor­des, Lau­rence Cre­ton, Bruno Nuyt­ten, Bruno Dumont, Marie-Claude Pietra­gal­la et d’autres ? C’est à par­tir d’un dou­ble geste que Veroni­ka Mabar­di inter­roge l’œuvre et la vie de l’artiste. D’une part, comme le titre l’énonce, le réc­it se tient au plus près du geste créa­teur de Camille Claudel. Veroni­ka Mabar­di écrit depuis un lieu, sous un angle défi­ni : sous le regard des stat­ues, depuis la mise en abyme de l’œil de Camille Claudel dans ses sculp­tures. D’autre part, tail­lé à coups de burin, le bloc textuel décrit le chemin d’une ren­con­tre élec­tive qui s’inscrit dans une tem­po­ral­ité longue. On suit Veroni­ka Mabar­di sur les traces géo­graphiques, esthé­tiques de Camille Claudel, sur les lieux où elle vécut ; elle nous fait entr­er dans le ven­tre des musées qui abri­tent ses œuvres. Con­tin­uer la lec­ture →

« Le travail du conte », déplacement, condensation et voix féminine-iste

Myr­i­am MALLIÉ, Un château, le silence, Esper­luète, 2025, 126 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑35984–204‑3

mallié un chateau le silenceMyr­i­am Mallié, fig­ure impor­tante et pio­nnière du tra­vail du con­te en Bel­gique, pour­suit sa voie lit­téraire en semant sur son chemin édi­to­r­i­al son sep­tième titre, Un château, le silence, paru aux édi­tions Esper­luète.

Avant la mise en place de l’enchantement d’un « il était une fois » ou autre for­mule codée sésame d’un Autre Monde, la con­teuse installe son lecteur. Celui ou celle qui ouvre Un château, le silence, décou­vre un réc­it issu de la mécanique onirique. Il est ques­tion, dans la nais­sance de cette écri­t­ure, d’un « laiss­er faire ce qui creu­sait en moi et fai­sait mal pour l’instant. Et tout autant, [d’un] laiss­er agir ce qui, venu d’ailleurs, y ver­sait de la douceur. Le rêve et le fleuve. », énonce Mallié. L’analogie entre rêve et mythe, rêve et con­te, sou­vent notée par Freud et ses dis­ci­ples, sou­tient le pro­jet d’écriture ; tel le rêve, le con­te se présente avec un con­tenu man­i­feste qui dis­simule un con­tenu latent, le lec­torat en est d’emblée aver­tit, la con­teuse racon­te alors. Con­tin­uer la lec­ture →

Léonce, Herman, Paul et tous les autres

Un coup de cœur du Car­net

Vio­laine LISON, avec les Car­nets de tranchées de Léonce DELAUNOY, Lequel de nous portera l’autre ?, Esper­luète, coll. « En toutes let­tres », 2025, 208 p., 22 €, ISBN : 9782359842029

lison lequel de nous portera l'autreLequel de nous portera l’autre ?, le livre de Vio­laine Lison, pub­lié belle­ment par les édi­tions Esper­luète, nous ramène à l’époque meur­trière de la Pre­mière Guerre mon­di­ale, à ce que la lit­téra­ture peut en dire aujourd’hui. Il nous plonge au cœur de l’inhumanité des con­flits, de l’humanité anni­hilée par toutes les bel­ligérances. Il brode, entremêle, tri­cote les voix, les écri­t­ures et les objets pour dire, au plus près, au plus juste, l’histoire de Léonce Delaunoy, sémi­nar­iste tour­naisien réqui­si­tion­né pour trans­porter les sol­dats au front, et de ses deux amis, Her­man Schiltz et Paul Nackart – ils sont dédi­cataires du réc­it, et leur por­tait, en uni­forme, ouvre le vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture →

En toute humanité

COLLECTIF, Quelqu’un à qui par­ler, Esper­luète, coll. « En toutes let­tres » 2024, 128 p., 19,5 €, ISBN : 9782359841930

collectif quelqu'un à qui parlerLe pre­mier cen­tre de Télé-Accueil belge a été créé à Brux­elles le 9 novem­bre 1959 par le Chanoine Ray­mond Van Schoubroeck. Sor­ti assez rapi­de­ment du giron de l’Église, il a évolué au cours des décen­nies tout en main­tenant son objec­tif pre­mier : accueil­lir par télé­phone, vingt-qua­tre heures sur vingt-qua­tre, dans l’anonymat, toute per­son­ne désir­ant par­ler à quelqu’un et sor­tir de son isole­ment. Avec l’évolution des tech­niques, l’écrit con­ver­sa­tion­nel a aus­si trou­vé sa place, avec le chat. Si on le sait moins, on ne peut que saluer une autre fonc­tion de cette ASBL. Témoin de l’évolution des phénomènes soci­aux, le Télé-Accueil agit en tant qu’Observatoire social. Avec d’autres acteurs, il réper­cute les ten­dances, les ques­tions émer­gentes aux décideurs poli­tiques, au monde asso­ci­atif et au grand pub­lic. Con­tin­uer la lec­ture →

Esperluète fête ses 30 ans

30 ans esperluete

Les édi­tions Esper­luète fêtent leurs 30 ans en 2025. À cette occa­sion, une soirée leur est dédiée, le 3 avril, à la Mai­son Poème.  Con­tin­uer la lec­ture →

« Retiens mon nom : je suis un tupilak »

Carl NORAC (auteur) et Man­dana SADAT (illus­tra­trice), Tupi­laks !, Esper­luète, coll. « Albums », 2025, 80 p., 25 €, ISBN : 9–782359-84–1947

norac tupilaksIni­tiale­ment, les tupi­laks, fig­ures de la mytholo­gie groen­landaise, sont créés par un sor­ci­er inu­it. Pour façon­ner ces créa­tures mi-humaines mi-ani­males, il se sert d’éléments (os, ten­dons, peau, poils, dents, bois, etc.) issus de la faune locale (cervidés, renards, ours, orques, baleines, oiseaux, etc.) ; par­fois aus­si de frag­ments d’hommes (cheveux, ongles, etc.). Con­tin­uer la lec­ture →

« pour tenter et tendre à »

Anne HERBAUTS, Où il est ques­tion de main et de météore, Esper­luète, coll. « Hors-for­mats », 2024, 48 p., 25 €, ISBN : 978–2‑35984–192‑3

herbauts où il est question de main et de meteoreDans une vie d’humain, définir ce qu’est la réal­ité se révèle une tâche ardue, et même vaine. On peut lui don­ner des con­tours, l’appréhender à tra­vers nos prismes (des plus rationnels aux plus émo­tion­nels, des plus cor­porels aux plus men­taux), se la fig­ur­er (en pen­sant la décrire avec objec­tiv­ité). Tout est finale­ment his­toire de per­cep­tions, ce que l’artiste Anne Herbauts ques­tionne, à sa façon, une nou­velle fois dans Où il est ques­tion de main et de météore. Con­tin­uer la lec­ture →

Quand le peuple belge avait faim

Un coup de cœur du Car­net

Frédérique DOLPHIJN, Les oubliés, Esper­luète, 2024, 128 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841916

dolphijn les oubliésQui se sou­vient de la famine qui a frap­pé la jeune Bel­gique à la moitié du 19e siè­cle ? Cet épisode trag­ique s’est pro­duit suite à des récoltes de blé ruinées, puis celles de pommes de terre gâchées par la mal­adie, alors que ces den­rées assur­aient la sécu­rité ali­men­taire de la pop­u­la­tion[1]. Et quand la spécu­la­tion s’en mêle, que les prix grimpent, c’est la survie des plus pau­vres qui est men­acée. En cette année 1847, cer­tains n’hésitent pas à émi­gr­er en quête d’un avenir meilleur, notam­ment aux États-Unis dont les pro­grammes de peu­ple­ment envoient des recru­teurs dans les villes et les cam­pagnes, avec la béné­dic­tion des autorités. Con­tin­uer la lec­ture →

Au premier regard

Chan­tal DELTENRE, Le regard retrou­vé, Esper­luète, 2024, 103 p., 18 €, ISBN : 9782359841817

deltenre le regard retrouvéEn dépit de la météo, la nar­ra­trice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux com­muns, « trou­ve tou­jours quelque chose à voir ». Scène inau­gu­rale du réc­it, cet élan per­cep­tif fait jail­lir un regard, qui par­court, se dérobe, inter­roge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléi­do­scope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment col­lec­tif, l’écrivaine, eth­no­logue et pas­sion­née de pho­togra­phie, Chan­tal Del­tenre se met en quête de celui qui per­met de voir, de se voir, de se redé­cou­vrir quand il s’était oublié ou avait été cen­suré, cet œil réson­nant qui trans­met une rumeur qui ranime. Con­tin­uer la lec­ture →

« j’ai toutes ces bêtes en moi / murmurais-tu »

François EMMANUEL et Chris DELVILLE, Le dit de la renarde, Esper­luète, 2023, 140 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841770

emmanuel le dit de la renardeLe « dit », genre en vogue dans la lit­téra­ture médié­vale, désigne ini­tiale­ment des textes proches des fabli­aux et des lais, pour ensuite évoluer vers une poé­tique lyrique et nar­ra­tive, tout à la fois. Avec Le dit de la renarde, la poésie de François Emmanuel sub­tile­ment liée aux gravures de Chris Delville livre une fig­ure poé­tique qui aboutit à une sorte de « Voir dit » – con­tin­uons la référence aux let­tres du Moyen Âge et à l’incontournable Guil­laume de Machaut –, une aven­ture où ce que la renarde dit rythme l’itinéraire ini­ti­a­tique d’un « je » scan­dé par l’esprit ani­mal, l’adorée, l’être aimé, le corps, l’organique, le ter­ri­toire, la belle ani­male envoû­tante qui inter­pelle. Con­tin­uer la lec­ture →

La Terre tourne

Anne BROUILLARD (images, textes et musiques) et Bertille DE SWARTE (textes, adap­ta­tions français­es et direc­tion artis­tique du disque), Ronde autour de la terre, Esper­luète, coll. « Albums », 2024, 32 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841794

brouillard de swarte ronde autour de la terreAu rec­to de la cou­ver­ture, un ciel de cré­pus­cule jaune lumineux, une nature qui s’apprête à se repos­er, et des gens de tous âges descen­dant le chemin d’une colline, en route joyeuse vers la proche ville où se devine un manège de chevaux. Au ver­so, l’image se pro­longe : un ciel de nuit tombée, une pleine lune légère­ment dis­simulée par de mys­térieux sap­ins, une demeure isolée déjà éclairée au rez-de-chaussée. Une illus­tra­tion dont se dégage un calme inex­plic­a­ble, que l’on ressen­ti­ra page après page dans des paysages délavés, des fenêtres reflé­tant la pluie ou éclairant des natures mortes en pommes et cafetière, une salle-à-manger chaleureuse où la table déjà dressée atten­dant un gâteau tou­jours au four, un car­rousel faisant naître les sourires d’enfants, l’orée d’un bois aux fougères duveteuses et aux four­mis rieuses, des forêts de conifères et de feuil­lus, des maisons à l’atmosphère douil­lette où le bois craque sous les pas des gen­tils fan­tômes et des lutins affairés, des lacs enchanteurs au-dessus desquels miroite l’astre céleste et glis­sent les oiseaux. Tout un univers dess­iné avec élé­gance et « liq­uid­ité » par Anne Brouil­lard, d’où émane un silence pro­fond, offrant un écrin par­ti­c­uli­er à la musique des textes et des chants. Con­tin­uer la lec­ture →

Miettes moineau ribouldingue

aNNe HERBAUTS, Miettes moineau ribouldingue, Esper­luète, 2023, 32 p., 25 €,  ISBN : 9782359841763

herbauts miettes moineau ribouldingueEst-ce un livre ? Est-ce jeu ? Est-ce un con­cen­tré de poésie ? Oui, oui, et oui ! Miettes, moineau, ribouldingue, la dernière pub­li­ca­tion d’aNNe herbauts aux édi­tions Esper­luète, est tout ça à la fois, mais est avant tout le pro­longe­ment d’une expo­si­tion-jeu conçue par l’autrice-illustratrice et son éditrice, Anne Leloup, à l’initiative du Ser­vice général des Let­tres et du Livre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles qui lui a décerné le Grand prix tri­en­nal en lit­téra­ture de jeunesse 2021–2024. aNNe herbauts ne souhai­tant pas d’exposition clas­sique, du type rétro­spec­tive de son œuvre, elle a préféré inviter les vis­i­teurs, prin­ci­pale­ment des enfants, à jouer avec ses livres. Ain­si, un jeu de l’oie géant, tout en bois et en forme de gros chat, trône sur le sol. Les règles tra­di­tion­nelles de ce jeu ont bien enten­du été adap­tées, et les dif­férentes cas­es ren­voient aux livres, réu­nis à deux pas du plateau de jeux. Con­tin­uer la lec­ture →

« Animale humanité »

Un coup de cœur du Car­net

Ludovic FLAMANT (texte) & Hide­ki OKI (image), Le sourire du singe, Esper­luète, coll. « Hors-for­mats », 2023, 24 p., 22 €, ISBN : 9782359841787

flamant oki le sourire du singeHide­ki Oki s’exprime en lignes : au feu­tre, col­orées, ver­ti­cales et hor­i­zon­tales. Ses dessins, essen­tielle­ment des por­traits, tran­spirent ses mou­ve­ments. Ses œuvres inversent les posi­tions : elles nous regar­dent, fix­e­ment, sans ciller, à tra­vers les yeux des ani­maux représen­tés. Ils nous son­dent, nous ques­tion­nent, nous tien­nent en respect. Dans Le sourire du singe, ce sont des chim­panzés, des man­drills, des nasiques, des macaques, des capucins, des bono­bos, des gib­bons, des gorilles, des orangs-out­angs et autres pri­mates qui occu­pent de pleines pages. Con­tin­uer la lec­ture →

Douceur captive entre les draps

Françoise LISON-LEROY, Nid, mono­types de Pas­ca­line WOLLAST, Esper­luète, 2023, 56 p., 15 €, ISBN : 9782359841732

lison leroy nidMon corps est une armoire. Je vis dedans. Quand elles vien­nent, je voudrais me cacher ailleurs. Je pour­rais m’enfuir et elles ne ver­raient rien, je serais tou­jours là. 

Jux­ta­posées dans leur écrin blanc et noir, les phras­es de Françoise Lison-Leroy ric­ochent sur les estam­pes de Pas­ca­line Wol­last, égale­ment mag­né­tiques et sibyllines, à mi-chemin entre l’énigme et l’évidence. Ce bref réc­it poé­tique con­tient deux par­ties : « On a changé de pays » et « L’autre nuit » — deux par­ties qui se présen­tent comme les rives d’un fleuve, entre lesquelles ser­pente une his­toire mil­lé­naire et pour­tant tou­jours neuve. On a changé de pays intro­duit l’idée d’un mou­ve­ment, peut-être une fuite, un départ en tout cas qui bute d’emblée sur les murs d’une étrange mai­son, dont on ne sait s’il s’agit d’une prison ou d’un cen­tre de soin – voire, de tout autre chose. Mais s’agit-il seule­ment d’échapper à quelque chose ou quelqu’un ? Peut-être est-il plutôt ques­tion de se sous­traire aux regards, pour mieux retrou­ver ses sou­venirs et les par­fums tac­tiles du pre­mier nid (ou pre­mier lit) à l’approche du dernier. Con­tin­uer la lec­ture →