Archives par étiquette : poésie

Le bruit de fond de la poésie

Maszowez Cosmogonie du gouffre

Cosmogonie du gouffre

Auteur : Xénia Mas­zowez

Mai­son d’édition : Abra­pal­abra

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 108

Prix : 15 €

Livre numérique : /

EAN : 9782931324134

L’écriture de Xénia Mas­zowez creuse le ter­ri­toire du con­tin­u­um, de la lignée con­tin­ue qui embrasse les humains et les non-humains, le fini et l’infini, les mots et les choses. L’expérience sen­sorielle est celle d’une immer­sion dans un tout auquel le corps est intime­ment lié. Les césures, les failles, les crevass­es passent dans d’autres zones, celles de la mémoire col­lec­tive et intime, celles de l’amour, du féminin, celles de la vie qui a côtoyé la mort. Couron­né par le prix Plis­nier avant sa paru­tion, le recueil poé­tique Cos­mogo­nie du gouf­fre entend ne pas faire du gouf­fre une métaphore mais danser au-dessus des abîmes que côtoie un soi poreux au dehors. Dans une langue qui emprunte dif­férents reg­istres d’écriture, tan­tôt abrupte, rêche, tan­tôt lyrique, il est ques­tion d’une cos­mogénèse des galax­ies mais aus­si de soi, de l’univers intime, d’une créa­ture-éboulis-ravisse­ment « née d’un trou noir et d’une mon­tagne ». Les caté­gories men­tales sous lesquels, en Occi­dent, l’esprit humain a car­tographié l’ensemble des choses du monde volent en éclats, la « chair de fruit » est « presque viande », l’être est une mon­tagne, un roc, une pluie, un vol­can. L’animisme con­sone avec un vital­isme qui célèbre l’identité des cheveux et des ronces, des ongles et des pétales, du verbe et du lynx, de la sève, du sang et de l’encre. Con­tin­uer la lec­ture

(…) le périple d’un signe…

Un coup de cœur du Car­net

Jauzion-Graverolles Ciné-Tram

Ciné-Tram

Textes : David Jauzion-Graverolles

Gravures : Nadia Kup­ri­na

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 71

Prix : 20 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–080‑1

Cern­er – dans un lieu, un temps ou un mou­ve­ment – l’écriture poé­tique con­stitue une de ces con­traintes qui, au lieu d’entraver l’inspiration, stim­ule l’invention, l’audace, l’exploration. Ciné-Tram nous en donne une écla­tante démon­stra­tion, annon­cée dès l’entrée par une affir­ma­tion, (ce que nous sommes, ce tram nous en pré­pare la somme) dont l’apparence péremp­toire est instan­ta­né­ment nuancée par la gravure représen­tant la sil­hou­ette d’un pas­sager en équili­bre insta­ble, accroché à la poignée qui le retient de tomber dans le virage du tramway. Con­tin­uer la lec­ture

Poèmes faits pour bondir

Un coup de cœur du Car­net

Loubry Poèmes avec mots et cicatrices

Poèmes avec mots et cicatrices

Auteur : Jean Loubry

Mai­son d’édition : Abra­pal­abra

Col­lec­tion : Abra­pal­abra poche

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 62

Prix : 8 €

Livre numérique : /

EAN : 9782931324172

Dans une pré­face éclairante, les édi­tions Abra­pal­abra présen­tent dans quel état d’esprit Jean Loubry a écrit Poèmes avec mots et cica­tri­ces. Loubry pen­sait ne plus écrire. Avoir tout dit de ce qu’il avait à dire. Oui mais. On ne se débar­rasse pas comme ça des mots. Les baguettes mag­iques n’existent pas. Même si l’on aspire au silence, les mots per­sis­tent. Les mots s’imposent. Gravi­tent autour de nous. Dans les jour­naux ou sur le net. Dans les médias. Dans nos mémoires. Dans les réc­its, les des­tins et les poèmes qui nous ont touchés et tra­ver­sés. Pourquoi donc ne pas puis­er dans ce puis­sant mag­ma une nou­velle source d’inspiration ? Faire de ces mots flot­tants le point de départ d’autres poèmes qui don­neraient la part belle aux mots ? À leur capac­ité d’invention ? L’émotion et le sens venant après, ou grâce à la danse des mots, à leur capac­ité de chanter et de son­ner comme d’eux-mêmes. Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles-Kinshasa

Ndeka Lisapo de Matonge

Lisapo de Matonge

Auteur : Badiban­ga Nde­ka

Mai­son d’édition : Midis de la poésie

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 104

Prix : 14 €

Livre numérique : /

EAN : 9782931054185

Dans Lis­apo de Matonge (L’histoire de Matonge en Lin­gala), Badiban­ga Nde­ka, ou Badi, nous livre son expéri­ence et ses ressen­tis de l’enfance à l’âge adulte en tant que per­son­ne noire dans un pays occi­den­tal, une société blanche pro­fondé­ment dis­crim­i­nante et raciste.  Le recueil est divisé en six par­ties por­tant cha­cune des mes­sages forts. Con­tin­uer la lec­ture

A  O  E  E  É  E  A  O  ON  E  IN  E  U  IN

Un coup de cœur du Car­net

L’ami terrien harmonies sauvages

Harmonies sauvages

Auteur : L’Ami Ter­rien

Mai­son d’édition : Abra­pal­abra

Col­lec­tion : Abra­pal­abra poche

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 62

Prix : 8 €

Livre numérique : /

ISBN : 9782931324165

Voilà vingt ans – ou pas loin, si pas plus – que l’Ami Ter­rien arpente les scènes et défriche les croise­ments et les inépuis­ables inter­ac­tions entre textes, voix et musiques. Toutes ces expéri­ences accu­mulées au fil du temps, toutes les réflex­ions qu’elles ont induites en lui, toute cette masse de savoirs qui l’habitent sur et en dehors de la scène, l’Ami Ter­rien a généreuse­ment décidé de les partager avec nous sous forme de livres hybrides ten­ant tout à la fois d’arts poé­tiques, de boites à out­ils prati­co-pra­tiques, de recueils de poèmes ciselés à mort mais bâtis aus­si pour la scène, de poèmes per­cu­tants rap­por­tant, mine de rien, le fait de vivre au quo­ti­di­en dans un monde dont l’état déplorable et dép­ri­mant nous aspir­erait vers le bas s’il n’y avait la grâce. Les instants de grâce. Le doux plaisir de résis­ter aux eaux noires et marécageuses. Le doux plaisir de dire et d’écrire. De faire de son corps un instru­ment de musique. Un instru­ment de résis­tance. Con­tin­uer la lec­ture

De la scène de théâtre au carnet de chant

Thomas De l'aurore au crépuscule

De l’Aurore au crépuscule :
70 ans d’ powézèyes èt d’ tchansons

Auteur : Ray­mond Thomas

Mai­son d’édition : Mémoires arden­nais­es

Année d’édition : 2025

Nom­bre de pages : 142

Prix : 18 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑9601989–4‑2

Langues : wal­lon ori­en­tal, français

Avec De l’Aurore au cré­pus­cule, les édi­tions Mémoires arden­nais­es pro­posent un por­trait qui s’ajoute à la galerie de per­son­nages wal­lons qu’elles ont déjà bril­lam­ment évo­qués : celui de Ray­mond Thomas.

Ray­mond Thomas est une per­son­nal­ité incon­tourn­able à Ster, l’un des prin­ci­paux ani­ma­teurs de la troupe dra­ma­tique locale : L’Aurore. À ce titre, l’homme a con­nu un suc­cès durable qui le maintint plusieurs décen­nies à la tête de la com­pag­nie, en qual­ité de met­teur en scène, et qui le pous­sa à écrire pas moins de dix pièces en trois actes, toutes représen­tées entre 1991 et 2014. Con­tin­uer la lec­ture

Mise au vert

Mathy Pencher le coeur

Pencher le cœur

Auteur : Philippe Mathy

Mai­son d’édition : L’ail des ours

Col­lec­tion : Grand ours

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 64

Prix : 8 €

Livre numérique : /

EAN : 9782491457525

Pencher le cœur est le titre du dernier recueil de prose poé­tique de Philippe Mathy aux édi­tions de L’ail des ours dans la col­lec­tion « Grand ours ».

Pencher le cœur ou se pencher tout court, s’asseoir dans l’herbe et ralen­tir, retrou­ver le gout de la sim­plic­ité, de la lenteur, de la nature. Pencher le cœur est comme une invi­ta­tion à souf­fler, à se met­tre au vert. Vert comme la couleur dom­i­nante des pein­tures abstraites qui illus­trent le recueil et ren­for­cent le sen­ti­ment de quié­tude qu’il pro­cure à celui ou celle qui le lit. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire pour les oreilles et par l’oreille et pour les yeux

Leclercq Booker Little

Booker Little

Auteur : Pas­cal Lecler­cq

Mai­son d’édition : Angle mort

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 52

Prix : 12 €

Livre numérique : /

ISBN : 979–10-982925–0‑7

Que ce soit pour un réc­it ou pour une série de poèmes, Pas­cal Lecler­cq aime, comme les oulip­i­ens, écrire sous con­traintes, s’inventant des con­signes per­son­nelles, des pièges à rêves ou à mots conçus spé­ciale­ment pour et par l’écriture en cours. Book­er Lit­tle et autres poèmes n’échappe pas à ce plaisir jubi­la­toire d’écrire. Con­tin­uer la lec­ture

Chemin faisant

Norac Brouillard J’ai un poème à te dire

J’ai un poème à te dire

Auteur (texte) : Carl Norac

Autrice (illus­tra­tions) : Anne Brouil­lard

Mai­son d’édition : Pas­tel

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 132

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782211343336

Par­fois, Carl Norac a un mot dans la main :

Par­fois, j’ai un mot dans la main qui bouge.
Il me cha­touille comme une paille,
s’allonge à la façon d’un cri­quet
prêt à sauter ou bien il se love
en bout de laine sur les lignes de ma paume.
Con­tin­uer la lec­ture

Elke de Rijcke ou l’art de vivre un jour qui vaut un jour

Un coup de cœur du Car­net

Elke de Rijcke Paradisiaca Un Lake-Opera

Paradisiaca. Un Lac-Opéra

Autrice : Elke de Rijcke

Mai­son d’édition : MF

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 128

Prix : 10 €

Livre numérique : /

EAN : 9782378041076

Lire Par­a­disi­a­ca, le dernier livre en date d’Elke de Rijcke, c’est plonger dans un voy­age sen­si­ble la menant de Brux­elles à Bodan, au bord d’un lac, celui de Con­stance. Voy­age métic­uleuse­ment dense, gorgé de sen­sa­tions et d’inventions lan­gag­ières. De for­mules qui font mouche. Impactent notre lec­ture. Touchent nos cœurs et nos cordes sen­si­bles. Voy­age apaisant. Ren­con­tre apaisante avec le lac et ses berges. Avec ses ciels aus­si. Ses lumières. Ren­con­tre apaisante avec l’une des beautés du monde. Parce que, oui, il existe des beautés dans le monde. Les dire, les couch­er sur papi­er, les don­ner à sen­tir dans des poèmes splen­dide­ment can­dides, faisant comme si l’angoisse et les ter­reurs qui nous sai­sis­sent devant l’enfer que ça peut être, des fois, de vivre ici, dans l’ici-bas, n’existaient pas ou ne fai­saient que peu le poids devant la joie intérieure, l’émerveillement que l’on ressent, comme Elke de Rijcke, à fendre l’air en voiture, à pal­piter en rai­son d’un ciel radieux, à n’avoir d’yeux que pour le bel élan et ce qui nous le pro­cure : les fric­tions avec le ciel (soleil, nuages et petite lune), les doigts de l’amoureux, sa présence joyeuse à nos côtés, etc. Con­tin­uer la lec­ture

Ravages : une maison d’édition
pour dire que les papillons dans nos ventres
sont des pâtes de supermarché

Drèze Pour mieux lécher les flammes

Pour mieux lécher les flammes

Auteur : Zéphyr Sey­naeve Drèze

Mai­son d’édition : Rav­ages

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 100

Prix : 14 €

Livre numérique : /

EAN : 9782960413700

Wasinski le couteau dans le geste

Le couteau dans le geste

Autrice : Alice Wasin­s­ki

Mai­son d’édition : Rav­ages

Col­lec­tion : Vacarme

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 64

Prix : 11 €

Livre numérique : /

ISBN : 9782960413717

Camille Coomans et Aurélien Dony aiment la poésie. Amoureuse­ment. Ne ménageant pas leur peine pour la défendre. En écrivant eux-mêmes. Mul­ti­pli­ant leurs pub­li­ca­tions. Pub­liant des fois dans la même mai­son, Abra­pal­abra. Par­tant des fois sur les routes, en rési­dence. Tra­ver­sant l’Atlantique pour porter leur voix ailleurs. Ani­mant partout des ate­liers d’écriture auprès de publics var­iés. Croisant joyeuse­ment le fer, sur scène, avec des artistes issus d’autres arts, la musique, notam­ment. Camille et Aurélien, ces infati­ga­bles, ont décidé, il y a plus ou moins un an, de pouss­er le bou­chon encore un peu plus loin, en créant, mais oui !, Rav­ages, une mai­son d’éditions entière­ment neuve, bien dans leur esprit, advi­enne que pour­ra. Une mai­son d’éditions aven­tureuse. Visant à combler plusieurs vides. Con­tin­uer la lec­ture

L’infini à portée de quatrains

Christophe GILOT, Ten­ta­tive d’épuisement d’un jeu de qua­trains, Cac­tus inébran­lable, coll. « Micro­cac­tus », 2026, 94 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–126‑2

gilot tentative d'épuisementChristophe Gilot, en pub­liant ce deux­ième opus chez Cac­tus inébran­lable, Ten­ta­tive d’épuisement d’un jeu de qua­trains, mar­que une fois encore son gout pour la poésie et les qua­trains, mais aus­si, en ren­dant hom­mage à Georges Perec, pour les con­traintes d’un OULIPO qu’il con­nait par­faite­ment… Perec a ouvert tant et tant de voix et de voies dans cette écri­t­ure à con­traintes où il a dévelop­pé avec un génie éblouis­sant de nou­velles ter­res d’asile et de con­quêtes dans la lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Un jouet sur la mappemonde

Carme­lo VIRONE, Pren­dre ses quartiers, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2026, 103 p., 16 €, ISBN : 978–2‑488–229173

Virone-Prendre-ses-quartiersCarme­lo Virone est un poète dis­cret, rare. Avec ce nou­veau recueil, Pren­dre ses quartiers, le troisième depuis 2002, Virone pose ses bagages de bourlingueur lit­téraire. Qu’ils soient d’hiver ou d’été, il prend ses quartiers dans les ter­ri­toires de l’enfance, là où la fron­tière entre mémoire et nos­tal­gie se fait plus poreuse. Au fil du mots, les sou­venirs éclosent par bribes. Éclats, pépites qui sur­gis­sent comme une sur­prise décou­verte, avec émer­veille­ment, dans le creux de l’œuf en choco­lat. Un peu de jus de gro­seille sur les mains, une marelle dess­inée sur le pavé ou la toupie que l’enfant rêve de voir tourn­er indéfin­i­ment, voilà sans doute les rem­parts con­tre le temps qui passe. Con­tin­uer la lec­ture

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

Des silhouettes qui vont, viennent et disparaissent…

Roland LADRIÈRE, La danse uni­verselle, Tail­lis Pré, 2026, 75 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–252‑1

ladriere la danse universelleLa danse uni­verselle, titre du nou­veau recueil de Roland Ladrière, pour­rait être un mou­ve­ment bal­ancé orig­i­naire d’Espagne ou d’Italie, une cha­conne peut-être. En tous cas, une danse à trois temps ryth­mée par les trois moments de l’existence, la nais­sance, la vie, la mort. Une danse, un mou­ve­ment per­pétuel qui s’illustre ici par la présence du même poème en tête et en fin de vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Souffles et lueurs de la nuit

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Véronique GOOSSENS, Avant que nos corps s’illuminent, Chat polaire, 2026, 60 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931028–42‑1

emmanuel avant que nos corps s'illuminentDans l’atelier de Véronique Goossens, dont il appré­cie depuis longtemps les gravures, François Emmanuel décou­vre un jour une série inti­t­ulée Errance et Aubade. Lui vient alors l’envie d’écrire à par­tir d’elle un réc­it poé­tique ; ayant choisi vingt-et-une planch­es, il les range dans un ordre pré­cis, pré­fig­u­rant ain­si le cours du texte dont il entre­prend la rédac­tion. Avec la vig­i­lante éditrice Marie Taffore­au, les images sont recadrées puis repro­duites, la mise en page ajustée, le for­mat accru, aboutis­sant aujourd’hui à ce livre mince et mag­nifique où la vie d’une femme aimante est saisie dans sa pure intéri­or­ité, de l’enfance jusqu’à l’approche de la fin… Les gravures ini­tiales, cepen­dant, n’ont rien de flat­teur ou de char­mant : en noir et blanc sur un fond légère­ment jaune-vert qui les réchauffe à peine, elles présen­tent une allure fan­toma­tique, par­fois même inquié­tante, telles des appari­tions dans la brume. Sauf une excep­tion, chaque image com­porte d’un à trois per­son­nages adultes ou enfants, ici immo­biles et là en mou­ve­ment, alter­na­tive­ment debout, assis ou couchés sur le sol. Par­fois nus, par­fois vêtus, le plus sou­vent mécon­naiss­ables, les corps peu sex­ués élu­dent toute forme de séduc­tion ou d’érotisme. Au con­traire, la fac­ture cré­pus­cu­laire, voire cauchemardesque, sem­blerait se prêter à un drame fan­tas­tique mieux qu’à une rêver­ie amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture