Archives par étiquette : poésie

« Toujours dans les reflets du fleuve »

Philippe MATHY, ill. de Pascale NECTOUX, Veilleur d’instants, Paris, L’herbe qui tremble, 2017, 128 p., 16€, ISBN : 9782918220503

mathy.gifLes fleuves sont de redoutables pourvoyeurs de poèmes ! De Rimbaud qui en descendait les rives impassibles, aux poètes contemporains comme Jacques Darras ou Franck Venaille, ils auront charrié, dans les remous de leurs rimes ou dans la vase de leurs métaphores, de nombreux vers éternels et imparables. Mythique ou réel, le fleuve porte littéralement le poème à bout de bras. Avec ce nouveau recueil, Philippe Mathy rejoint cette lignée de poètes-nautoniers ! Partageant sa vie entre le Tournaisis et la Bourgogne, le poète balance son amarre de  l’Escaut à la Loire. Continuer la lecture

Chardons au menu !

Marc MENU, Murmures du chardon, Le Taillis Pré, 2016, 94 p., 12€, ISBN : 978-2-87450-11 2-8

menuEn donnant, dans ce premier recueil de poésie, la parole au chardon, Marc Menu acère encore un peu plus sa plume en jouant avec les caractéristiques de cette plante plus proche de l’ortie que de la tulipe. Bibliothécaire de formation, l’auteur nous avait enchantés avec ses Petites méchancetés sans grandes conséquences, quelques courtes nouvelles grinçantes réunies chez l’éditeur Quadrature. Ici, dès les premières lignes, le lecteur comprend que derrière cette mauvaise herbe anthropomorphe se cache l’homme, et donc le poète avec ses doutes, ses désenchantements et ses contradictions. Plus intimes, plus personnels aussi, ces poèmes font entendre une voix déçue, désabusée mais qui n’hésite pas, en murmurant, à adopter un ton sarcastique et ironique car, on le sait, l’attaque est souvent la meilleure défense. Continuer la lecture

Prix des Découvreurs 2017 pour Laurence Vielle

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Le Prix des Découvreurs 2017 est attribué à la Belge Laurence Vielle pour son livre assorti d’un CD OUF (MaelstrÖm). Ce prix de poésie, doté de 1.500 €, a été fondé par la ville de Boulogne-sur-Mer. C’est d’ailleurs là-bas que la lauréate recevra son prix le jeudi 6 avril 2017. Continuer la lecture

Une débâcle à quatre mains

Pierre DANCOT, Les revers de la nuit suivi de Une ombre à la pointe de mon crâne, dessins de Florence Mathieu, postface de Vincent Filteau, Éléments de langage, 2016. Non-pag. [39 p.], 12 €, ISBN 978-2-930710-11-2

dancotAvec une quarantaine de pages au format 14 x 14 cm, ce petit livre de Pierre Dancot fait au premier abord modeste figure. L’on y aperçoit vite, pourtant, une grande complexité interne. La première partie, Les revers de la nuit – noter la polysémie de « revers » – est écrite en vers libres ; elle est illustrée par Florence Mathieu de dessins sobres et impérieux, proches de l’esquisse. La seconde, Une ombre à la pointe de mon crâne, relève plutôt de la prose narrative, apportant à la première une sorte de complément, peut-être même d’élucidation. Vient ensuite une postface sensible du journaliste-poète québécois Vincent Filteau : Le cœur-décombre de la nuit. Plus discret, un quatrième auteur se joint aux précédents : Gaspard Dancot, 13 ans, a écrit quelques lignes étonnantes qui évoquent la fin de l’enfance, formant l’épigraphe du recueil. Continuer la lecture

Tendre et tendue, la mémoire …

Nicolas GRÉGOIRE, S’effondrer sans, illustrations Daphné Bitchatch, Aencrages & Co, 2017, 21€, ISBN : 978-2354390839

gregoire-seffondrer-sansÀ quoi sert d’écrire encore et encore, de noter ces tranches de mémoires, ces tendres tensions que le souvenir nous pousse à consigner dans un carnet ? À quoi rime la volonté du dire toujours quand on vit et travaille dans un pays ravagé par le génocide ? Telles sont en somme les questions difficiles et implacables que pose Nicolas Grégoire au fil de ses recueils et auxquelles, malgré sa connaissance du Rwanda, il se garde bien de répondre. Car le poète ne cherche pas à élucider l’inexprimable justement parce qu’il est indicible. Plutôt, il tente la douloureuse entreprise d’interroger les souvenirs en déliant les réseaux inextricables d’une mémoire déchirée, fragmentée. Une mémoire en lambeaux comme l’écrirait Charles Juliet et dont on sait d’avance qu’on ne pourra la rapiécer. Une mémoire fissurée à laquelle font écho des corps martyrisés, perdus, repliés sur leur détresse, pliés dans les cages d’escaliers que le poète souhaiterait explorer sachant très bien l’impudeur qu’il y aurait à en gravir les marches. Continuer la lecture

Ronde de nuit en hôpital psychiatrique

Vincent THOLOMÉ et Xavier DUBOIS, KAAPSHLJMURSLIS, Tétras Lyre, 2016, 56 p. + CD, 14 €   ISBN: 978-2-930685-26-7

tholome-tetras-lyreJe ne sais pas s’il est encore nécessaire de présenter Vincent Tholomé. Mais dans le doute, et parce que c’est chouette, le doute, on rappellera ici que le poète est aussi performeur, qu’il est l’auteur d’une quinzaine de livres et qu’Espace Nord vient d’ailleurs de publier deux de ses textes, Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences, ce qui veut dire quelque chose, d’autant plus, pourrait-on se dire, quand Jan Baetens en signe la postface – mais là on peut se demander s’il ne conviendrait pas également de présenter Jan Baetens, ce dont je ne suis pas certaine non plus, et on laissera planer le doute, après avoir levé un petit voile. (Par plaisir). Continuer la lecture

Prix Louis Guillaume pour Françoise Lison-Leroy

lison-leroyLe Prix du Poème en Prose Louis Guillaume 2017 est attribué à la Belge Françoise Lison-Leroy pour Le silence a grandi (édition Rougerie). Elle succède à Jacques Josse, récompensé en 2016 pour Hameau mort (Éd. Jacques Brémond).

Le jury du prix était composé de Max Alhau, Jeanine Baude, Gérard Bocholier, Sylvestre Clancier, Paul Farellier, Déborah Heissler, Jeanine Salesse, Katty Verny-Dugelay, Yekta et de Lazarine Bergeret (membre d’honneur).  Continuer la lecture

Jean-Claude Pirotte : un carnet et des instants

Jean-Claude PIROTTE, Traverses, Cherche-midi, 2017, 96 p.,14 €/ePub : 11.99 €   ISBN : 978-2-7491-5467-1 ; Jean-Claude PIROTTE, Jours obscurs, Cherche-midi, 2017, 188 p., 18€/ePub : 14.99 €   ISBN : 978-2-7491-5100-7

pirotte-jours-obscursParaissent conjointement Traverses et Jours obscurs, deux œuvres posthumes de Jean-Claude Pirotte, conçues en majeure partie en 2010 et 2011 entre Jura suisse et mer du Nord. Le « peintre-écrivain » connaît alors une période de dépression (au sens géologique, précise sa compagne, la romancière et essayiste Sylvie Doizelet à qui l’on doit la publication de ces deux textes étroitement solidaires). Continuer la lecture