Gabrielle VINCENT, Au bonheur des chats, CFC éditions, 2025, 40 p., 14 €, ISBN : 9782875721099
Gabrielle VINCENT (dessins) et Fanny HUSSON-OLLAGNIER (textes postérieurs), Le voyage de Pic-Nic, CFC éditions, 2025, 64 p., 14 €, ISBN : 9782875721105
Découvrir une réédition de Gabrielle Vincent (1928–2000), c’est comme ouvrir une manne au fond d’un grenier et en sortir le vêtement d’un aïeul au gout sûr en pensant avec bonheur à la première occasion qui s’offrira de l’enfiler : l’élégance possède un je-ne-sais-quoi d’intemporel. De la même façon, l’œuvre de Gabrielle Vincent flotte au-dessus des décennies, sans que le temps n’ait de prise sur elle ; le charme singulier de ses illustrations demeure absolument intact. On ne peut donc que saluer l’initiative des éditions CFC de republier certains de ses ouvrages en deux albums distincts. Continuer la lecture









Publié dans le cadre de la Fureur de Lire en 2021, Abel & Nour connaît une seconde vie, amplifiée et sublimée, au sein du catalogue de Versant Sud Jeunesse. C’est une joie de redécouvrir cet album, trois ans plus tard, avec des planches supplémentaires et un réagencement textuel, et surtout sans perte de la densité et du rythme de la version initiale. Comme si l’histoire rencontrait son format mérité, sa forme attendue. Et ce n’est que bonheur car Mathilde Brosset a façonné de ses doigts un livre très réussi.
On le connaît tous, il existe dans nos imaginaires. Il habite loin, très loin, sur un autre continent, ce qui l’auréole de mystère. On ne le voit jamais, parfois pas même une fois dans sa vie. Il doit être libre d’entraves, sans enfant, et il mène une vie aisée. Peut-être qu’il ne nage pas dans ses pièces d’or comme Picsou, mais il possède certainement beaucoup de biens. Son existence est remplie de voyages, de fêtes, d’aventures, de conquêtes. Il est fantasque et original de tempérament, généreux et libre de caractère, détonnant et charmant de personnalité. On rêve de le croiser, un jour, et parfois on s’imagine une adoption transatlantique. Eh bien, Carl Norac, lui, a eu la souriante chance de le rencontrer, son oncle d’Amérique ! Et cet événement a planté en lui une graine de création, qui déploie feuillage et fleur dans L’Oncle Panda.
« Toupie se dit boulboul en syrien, ce qui signifie “rossignol” en arabe littéraire et “zizi” en égyptien ! Toupie se dit nahla en égyptien, ce qui signifie “abeille” en arabe littéraire ainsi que dans la plupart des langues arabes parlées. Toupie se dit trombia en marocain, qui vient probablement de l’espagnol, nous rappelle la tromba – la “trompette” en italien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe littéraire, un mot relié à d’autres mots qui évoquent le bois, les jeux d’enfants et le mouvement. Bref ! La traduction du mot toupie en arabe nous donne le tournis ! Golan Haji a choisi le mot boulboul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de questions et de positionnements chez le traducteur qui a la tâche-vertige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétrer les sens et explorer les sous-entendus, et de les rendre uniques dans leur pluralité. Un mot, un seul, et nous voilà conquise par l’entreprise, admirative devant le travail, baba face au talent.
Est-ce un livre ? Est-ce jeu ? Est-ce un concentré de poésie ? Oui, oui, et oui ! Miettes, moineau, ribouldingue, la dernière publication d’aNNe herbauts aux éditions Esperluète, est tout ça à la fois, mais est avant tout le prolongement d’une exposition-jeu conçue par l’autrice-illustratrice et son éditrice, Anne Leloup, à l’initiative du Service général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles
En mots et en dessins, Mathieu Pierloot et Giulia Vetri ont convoqué la douceur et la magie pour créer un héros des plus attachants : Seymour. Depuis qu’il est louveteau, ce dernier évolue en marge de la meute. Rêveur, paisible, contemplatif, il observe, sous l’œil critique de ses parents, les beautés du monde enneigé qui l’entoure là où ses frères de poils apprennent à se battre : « Pauvre Seymour, se moquent-ils, tu es trop fragile, tu aurais dû naître écureuil ou papillon. » Leurs paroles trouvent écho en lui alors, un matin, sans se retourner, il quitte la grotte familiale et parcourt plaines et forêts à la recherche de son lieu. Son audace se voit récompensée quand, au sommet d’une falaise aux couleurs enrobantes, surplombant une plage tranquille, il aperçoit « une petite chaumière, battue par les vents ». La maison, à l’intérieur douillet, « est un endroit étrange, peuplé de livres, de pièces silencieuses et d’objets bavards ».
Hideki Oki s’exprime en lignes : au feutre, colorées, verticales et horizontales. Ses dessins, essentiellement des portraits, transpirent ses mouvements. Ses œuvres inversent les positions : elles nous regardent, fixement, sans ciller, à travers les yeux des animaux représentés. Ils nous sondent, nous questionnent, nous tiennent en respect. Dans Le sourire du singe, ce sont des chimpanzés, des mandrills, des nasiques, des macaques, des capucins, des bonobos, des gibbons, des gorilles, des orangs-outangs et autres primates qui occupent de pleines pages.