Archives par étiquette : L’arbre à paroles

Fondation Maurice Carême : les Prix

La Fondation Maurice Carême a remis ses Prix le 19 mai à l’hôtel de ville de Wavre. Pierre Warrant a reçu le Prix de poésie pour son recueil Confidences de l’eau (L’Arbre à paroles) et Nicolas Chevereau a obtenu le Prix Fondation Maurice Carême pour sa mise en musique de poèmes de Maurice Carême. Continuer la lecture

Où l’on balbutie comme on peut la langue des nuages

Pierre WARRANT, Confidences de l’eau, L’Arbre à paroles, 2016, 70 p., 12 €   ISBN : 978-2-87406-642-9

warrantPierre Warrant ? Qui est Pierre Warrant ? Un lascar qui aime les fuites, je dirais. Les échappées belles hors des villes. Loin du tumulte. Du bruit de fond lancinant que sont, généralement, nos langues quotidiennes. Si racoleuses. Pétillantes. Séduisantes parfois. Si légères. Bondissant sans cesse d’un sujet à l’autre. Altitudes, son premier recueil, nous avait déjà mis la puce à l’oreille comme on dit : Pierre Warrant y tentait de saisir une expérience quasi indicible, celle qui, littéralement, nous prend aux tripes quand on se frotte aux neiges, aux vents, au froid, à 8000 mètres d’altitude, dans les montagnes de l’Himalaya. Continuer la lecture

On a tous dans l’cœur une petite fille oubliée

Laurent GRENIER, Dix disques de traverse (qui n’ont pas changé ma vie), L’Arbre à Paroles, collection « IF », 2016

Parfois, il suffit de deux ou trois notes, un riff de guitare, un beat de batterie immédiatement reconnaissables, et, zou !, nous voilà transportés ailleurs. Dans d’autres lieux, d’autres époques, pas forcément lointaines. Et c’est toute une vie passée qui nous revient en tête, des fantômes d’amis et d’amies, des rêves fumeux évaporés, qui ne nous lâchent plus de la journée.

Qui n’a jamais connu de telles bouffées de nostalgie ? Personne, je suppose. Continuer la lecture

Où l’on se dit qu’écrire, c’est juste laisser, de temps à temps, des empreintes dans du blanc

Pierre POSNO, Juste pour un instant, Amay, l’Arbre à paroles, 2015

Qu’on ne s’y trompe pas : Juste pour un instant n’a rien d’un journal de voyage. Rien non plus d’un livre où un homme, Pierre Posno, nous inviterait à suivre en troupeau sa « voie », celle de « la-vraie-vie-bien-sûr-comme-il-conviendrait-qu’elle-aille ». Juste pour un instant n’est qu’un recueil de poèmes. Tout simple. Sans chichis. Où un homme, un poète, tente une expérience de langage : arriver en quelques mots – vraiment peu – à nous faire sentir, à nous, lecteurs, lectrices, tous les effets d’une expérience bien réelle celle-là. Continuer la lecture

Où l’on suit à la trace la traque du poète

Jean LOUBRY, Syntaxe d’après la perte, Amay, l’Arbre à paroles, 2015

            Ici je songe

            à ce que peut le mot

            à ce qu’il a

            d’unique et de gravé

 

Que peut la langue, la dérisoire activité d’écrire, face à la perte ? Que peut la langue devant ce qui manque ? Homme sans repos, esprit en alerte, Jean Loubry nous embarque, dans ses poèmes « grammairiens », dans un splendide tourbillon de questions. L’une appelant l’autre, de page en page. L’une ou l’autre suscitant même – belle réussite – d’autres questions, hors des pages, dans l’esprit de ses lecteurs. Continuer la lecture

Entre rebondissements et répétitions

Otto GANZ, Mille gouttes rebondissent sur une vitre. Chœurs, Amay, L’Arbre à Paroles, coll. « P.O.M », 2015.

C’est dans la très belle collection « P.O.M. », Poésie ouverte sur le monde, et son très reconnaissable format carré, qu’est paru le dernier texte d’Otto Ganz, Mille gouttes rebondissent sur une vitre. Continuer la lecture

Le vol du chaman

Olivier DOMBRET, Notre mère la montagne, Amay, L’Arbre à paroles, coll. « if », 2015, 81 p.

Le nouveau livre de l’excellent jeune auteur Olivier Dombret emprunte son titre à un album du musicien américain de country et folk Townes Van Zandt sorti en 1969, Notre mère la montagne. Tout commence par la description de son état, tremblant et fiévreux, dans l’attente d’un signe en provenance de la Montagne. Prisonnier, encerclé, oppressé dans la ville creuse tel « un animal vide, dans les profondeurs d’une planète vide » il appelle cette force naturelle, bien décidé à laisser derrière lui le monde moderne : Continuer la lecture