Archives par étiquette : L’arbre à paroles

Norge, poète de la diversité du monde

Daniel LAROCHE, Modernité de Norge, l’Arbre à paroles, coll. « Essais des Midis de la Poésie », 2017, 48 p., 9 €, ISBN :

larocheÀ l’image traditionnelle d’un Norge (Georges Mogin, 1898-1990) poète humaniste, partagé entre la spiritualité et l’épicurisme, Daniel Laroche, dans sa conférence du trente et un janvier dernier aux Midis de la Poésie, éditée aujourd’hui par l’Arbre à paroles, Modernité de Norge, apporte une dimension, un souffle nouveaux.

Il se fonde, plutôt que sur les recueils souvent commentés Le sourire d’Icare (1936) ou Joie aux âmes (1941), sur sa poésie d’après-guerre, où se forge son originalité : Les râpes (1949), Famines (1950), Les oignons et Le gros gibier (1953). Continuer la lecture

En un soigneux désordre

Un coup de cœur du Carnet

Belgium Bordelio 2, L’arbre à paroles et PoëzieCentrum, 2017, 560 p., 24.50 €, ISBN : 978-2-87406-648-1

belgium bordelio.jpgLe 8 juin 2015, Francine Ghysen rendait compte, dans Le Carnet et les Instants, de l’anthologie bilingue Belgium Bordelio récemment co-éditée par le PoëzieCentrum et L’arbre à paroles ; les maitres d’œuvre Antoine Wauters et Jan H. Mysjkin y présentaient en 454 pages trente poètes contemporains – la plupart étaient nés après 1955 –, dont 15 flamands et 15 francophones. Voici que, le 25 mars dernier, vient de paraitre un deuxième volume basé sur les mêmes principes, mais comptant cent pages de plus et mettant à l’honneur vingt-deux autres poètes. L’artisan principal reste J.H. Mysjkin, qui a effectué le choix des textes, leur traduction et la présentation des auteurs, épaulé par Pierre Gallissaires pour les onze flamands, David Giannoni et A. Wauters pour les onze francophones. Les textes originaux figurent systématiquement sur la page de gauche et leur traduction sur la page de droite, ce qui permet au lecteur pointilleux d’effectuer des comparaisons intéressantes, par exemple quand « hun stippen » devient « leur tiqueture », ou « inter minable » (sic) « einde en loos ». Continuer la lecture

L’équilibre d’un regard « dansé »

Pierre SCHROVEN, Hermann AMANN (ill.), Haute voltige d’une présence sans nom, L’Arbre à paroles, 2017, 53 p., 10 €, ISBN : 978-2-87406-652-8

schroven.jpgC’est qu’il faut être un peu funambule, donc un peu poète soi-même, pour s’aventurer dans les altitudes où nous entraîne le dernier recueil de Pierre Schroven qui poursuit, avec persévérance, sa quête, intime et universelle, du mystère du vivant. Un même questionnement qui traverse la dizaine de recueils publiés à ce jour et qui confirme la cohérence d’une œuvre tout entière tournée vers la luminosité du sensible à explorer. Continuer la lecture

Fondation Maurice Carême : les Prix

La Fondation Maurice Carême a remis ses Prix le 19 mai à l’hôtel de ville de Wavre. Pierre Warrant a reçu le Prix de poésie pour son recueil Confidences de l’eau (L’Arbre à paroles) et Nicolas Chevereau a obtenu le Prix Fondation Maurice Carême pour sa mise en musique de poèmes de Maurice Carême. Continuer la lecture

Où l’on balbutie comme on peut la langue des nuages

Pierre WARRANT, Confidences de l’eau, L’Arbre à paroles, 2016, 70 p., 12 €   ISBN : 978-2-87406-642-9

warrantPierre Warrant ? Qui est Pierre Warrant ? Un lascar qui aime les fuites, je dirais. Les échappées belles hors des villes. Loin du tumulte. Du bruit de fond lancinant que sont, généralement, nos langues quotidiennes. Si racoleuses. Pétillantes. Séduisantes parfois. Si légères. Bondissant sans cesse d’un sujet à l’autre. Altitudes, son premier recueil, nous avait déjà mis la puce à l’oreille comme on dit : Pierre Warrant y tentait de saisir une expérience quasi indicible, celle qui, littéralement, nous prend aux tripes quand on se frotte aux neiges, aux vents, au froid, à 8000 mètres d’altitude, dans les montagnes de l’Himalaya. Continuer la lecture

On a tous dans l’cœur une petite fille oubliée

Laurent GRENIER, Dix disques de traverse (qui n’ont pas changé ma vie), L’Arbre à Paroles, collection « IF », 2016

Parfois, il suffit de deux ou trois notes, un riff de guitare, un beat de batterie immédiatement reconnaissables, et, zou !, nous voilà transportés ailleurs. Dans d’autres lieux, d’autres époques, pas forcément lointaines. Et c’est toute une vie passée qui nous revient en tête, des fantômes d’amis et d’amies, des rêves fumeux évaporés, qui ne nous lâchent plus de la journée.

Qui n’a jamais connu de telles bouffées de nostalgie ? Personne, je suppose. Continuer la lecture

Où l’on se dit qu’écrire, c’est juste laisser, de temps à temps, des empreintes dans du blanc

Pierre POSNO, Juste pour un instant, Amay, l’Arbre à paroles, 2015

Qu’on ne s’y trompe pas : Juste pour un instant n’a rien d’un journal de voyage. Rien non plus d’un livre où un homme, Pierre Posno, nous inviterait à suivre en troupeau sa « voie », celle de « la-vraie-vie-bien-sûr-comme-il-conviendrait-qu’elle-aille ». Juste pour un instant n’est qu’un recueil de poèmes. Tout simple. Sans chichis. Où un homme, un poète, tente une expérience de langage : arriver en quelques mots – vraiment peu – à nous faire sentir, à nous, lecteurs, lectrices, tous les effets d’une expérience bien réelle celle-là. Continuer la lecture