Archives par étiquette : Texte et image

… D’une branche cassée, refaire tout un monde

Un coup de cœur du Car­net

”Colmant

Arbrissime

Auteur : Philippe Col­mant

Illus­tra­teur : Philippe Col­mant

Mai­son d’édi­tion : Le Coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 75

Prix : 20 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–083‑2

Orné d’aquarelles du poète, le recueil Arbris­sime, dédié à son père « qui fut un grand arbre », décline à la fois les saisons de la vie et celles de l’arbre. La poésie, telle une quête de l’Arbris­sime, l’arbre ultime / arbre de tous les jeux / Et de tous les aveux, explore la grâce ini­tiale, celle du pre­mier arbre, celui de l’enfance, lui qui mar­qua très tôt / dans mes paumes si nues / les lignes de la vie (…). Con­tin­uer la lec­ture

Chaque siège a sa place

collectif Etats de siège

États de sièges

Auteur : Mas­si­mo Bor­toli­ni

Autres auteurs/autrices : Anna Ayanoglou, Karo­line Buch­n­er, Loren­zo Cec­chi, Fidé­line Dujeu, Kenan Görgün, Aliette Griz, Ver­e­na Hanf, Corine Jamar, Françoise Lalande, Françoise Lison-Leroy, Karel Logist, Veroni­ka Mabar­di, Stéphane Maton-Vann, Alexan­dre Mil­lion, Jean-Pierre Piset­ta, Francesco Pit­tau, Pilar Pujadas, Daniel Soil, Annemarie Trekker

Mai­son d’édi­tion : Couleur livres

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 116

Prix : 16 €

Livre numérique : /

EAN : 9782870039755

Objet a pri­ori banal s’il en est, mais qui a toute sa place dans dif­férents reg­istres de notre vie quo­ti­di­enne, la chaise fait par­tie de la famille éten­due des sièges, trônes, tabourets, et autres fau­teuils : une pièce de mobili­er des­tinée pri­or­i­taire­ment à s’asseoir. Cette évi­dence que l’IA vien­dra com­pléter sans nul doute par d’autres, a pour­tant régulière­ment incité à la lit­téra­ture, à la rêver­ie, à la chan­son­nette, au dis­cours poli­tique ou médi­cal, et de manière imagée, con­crète, ludique ou joyeuse­ment absurde. Dans le cadre lit­téraire qui nous occupe, on peut not­er, au hasard du 20e siè­cle, que le poète et boxeur excen­trique pré-dadaïste Arthur Cra­van (1887–1918) s’était fendu d’un apho­risme à portée philosophique, basé sur une seule vérité anatomique, préam­bule néces­saire à l’existence d’un siège : « La supéri­or­ité de l’homme est d’avoir un cul ». Achille Chavée, poète sur­réal­iste de La Lou­vière, lui avait emboité le pas avec cette sen­tence irréfutable, du moins en apparence : « La chaise est tou­jours assise ». André Balt­haz­ar, cofon­da­teur du Dai­ly-Bul a pub­lié, il y a plus d’un quart de siè­cle, avec le dessi­na­teur Roland Breuck­er, un petit recueil de pros­es ironiques entière­ment dédié à La Chaise (1999). Plus récem­ment, en 2019 et sous le même titre, Jean-Philippe Tou­s­saint a écrit un texte dans le cadre d’une expo­si­tion où il inter­ve­nait, au Musée des Arts déco­rat­ifs et du design de Bor­deaux. Con­tin­uer la lec­ture

La scène des ventres

”Bruneel

Les aventures de Bleu Blanc Belge & Rouge Rubis Roubignole

Auteurs : Christoph Bruneel et Thier­ry Rat

Mai­son d’édi­tion : L’âne qui butine

Col­lec­tion : Amphis­bène

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 163

Prix : 22 €

Livre numérique : /

EAN : 9782919712410

Mendel über Alles! Des petits pois, rien que des petits pois font tout le poids d’une résur­gence sai­son en enfer plein de légumes pleine d’écume sur l’en­clume préchauf­fée.
Au chaud le dard au plat de résis­tance s’y man­i­feste en inces­te dans le fal­bala man­da.
Mut­ter Courage et Mère Nature s’y met­tent à la progéni­ture sans cen­sure, leur der des ders sinécure…
 

Dans Les aven­tures de Bleu Blanc Belge & Rouge Rubis Roubig­nol, Thier­ry Rat et Christoph Bruneel,  font jail­lir, sur­gir la matière qui ren­tre en nous, matière à boire et à manger, fes­tin culi­naire et orgie de bouffe, tout est bon pour les deux auteurs et illus­tra­teurs de ce livre hors norme, pour faire enten­dre cette fameuse langue du corps dont Jean-Pierre Ver­heggen aurait dit le plus grand bien et rap­pelé que le Belge ne sait par­ler et que, pour cette rai­son, nous avons créé cette lit­téra­ture du corps et des entrailles. Con­tin­uer la lec­ture

Amour, toujours

”Huppen

Sous ce même ciel

Autrice : Iocas­ta Hup­pen

Illus­tra­trice : Chan­tal Bouthe­gourd

Mai­son d’édition : Unic­ité

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 102

Prix : 14 €

Livre numérique : /

EAN : 9782386383182

Dans son recueil Sous ce même ciel divisé en cinq par­ties illus­trées par les pein­tures de l’artiste Chan­tal Bouthe­gourd, Iocas­ta Hup­pen pro­pose au lecteur trois formes poé­tiques bien dis­tinctes : des qua­trains rimés, des acros­tich­es et des poèmes sans rime. C’est en usant de ces trois gen­res poé­tiques que Iocas­ta Hup­pen décline les thèmes uni­versels et inépuis­ables que sont l’amour et désir, le temps qui passe, la nature et les saisons. Con­tin­uer la lec­ture

La grande respiration du monde

”Leuckx

Un peu d’air

Auteur : Philippe Leuckx

Illus­tra­tion : Philippe Col­mant

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 58

Prix : 18 €

Livre numérique : /

ISBN :978–2‑39052–087‑0

Pour Bachelard, l’imagination est mobile. Et dans son ouvrage L’air et les songes, il démon­tre que l’air n’est pas une sub­stance inerte : cet élé­ment représente la matière en mou­ve­ment, le flux et le dynamisme. Rêver de l’air, c’est s’af­franchir de la pesan­teur ter­restre. Invis­i­ble et impal­pa­ble, l’air est le sym­bole de la pen­sée et de la com­mu­ni­ca­tion. Il est lié à la lib­erté, à la légèreté, à l’in­spi­ra­tion et à l’ou­ver­ture d’esprit mais aus­si à l’in­tel­lect et à la sagesse. Philippe Col­mant, dont les illus­tra­tions bleues et blanch­es comme le ciel et ses tour­bil­lons de nuages ou de lumière dia­loguent avec les poèmes de Philippe Leuckx, souligne à juste titre dans la pré­face d’Un peu d’air que la poésie est affaire de souf­fle. Con­tin­uer la lec­ture

Pour voguer jusqu’au zénith !

”Libert

Poèmes à la coque. Fables pour notre temps

Autrice : Béa­trice Lib­ert

Illus­tra­trice : Clau­dine Goux

Mai­son d’édition : Le Tail­lis Pré

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 108

Prix : 16 €

Livre numérique : /

EAN : 9782874502583

En ornant les Poèmes à la coque de dessins de Clau­dine Goux, les édi­tions Le Tail­lis Pré (où Béa­trice Lib­ert a pub­lié déjà qua­tre recueils remar­qués) ont don­né à la lec­ture de neuf d’entre eux (L’angle obtus, Le bol, Le cade­nas, La cruche, La hache, L’œuf, La porte, Le vélo, Le x) une espiè­g­lerie de bon aloi pour accom­pa­g­n­er, sourire aux lèvres, la lec­ture de l’ouvrage. Quelques poèmes du recueil avaient déjà paru, illus­trés par Pierre Laroche (sous le titre Fables de notre temps aux édi­tions du Ravin en 2017 et aux édi­tions des Deux Frères en 2025 sous le titre Poèmes à la coque – Abcd’r inso­lite). Con­tin­uer la lec­ture

L’acuité du trouble

”Purnelle

Congruités

Auteur : Gérald Pur­nelle

Illus­tra­teur : Mar­tin Mai­gret

Mai­son d’édition : Le Tail­lis Pré

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 68

Prix : 12 €

Livre numérique : /

EAN : 9782874502590

1. L’aphorisme peut souf­frir le calem­bour.
2. Le calem­bour peut dénier l’aphorisme.
3. Leur mariage relève de l’union libre.
4. Le monde est fait pour aboutir à un jeu de mots.
5. Mais l’aphorisme est-il tou­jours évitable ?
(aver­tisse­ment en qua­trième de cou­ver­ture)

Con­gruités, voilà un joli titre mys­térieux que Gérald Pur­nelle donne à son recueil d’apho­rismes et de calem­bours en mêlant, dans sa phar­ma­copée d’ironie et d’hu­mour, autant d’observations pour potach­es masqués que d’inventions où la poésie lève la tête en quelques mots. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les routes bleues

Un coup de cœur du Car­net

”Lison-Leroy

Haute transhumance

Autrice : Françoise Lison-Leroy

Illus­tra­trice : Francesca Scar­i­to

Mai­son d’édition : Esper­luète

Col­lec­tion : L’es­tran

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 72

Prix : 15 €

Livre numérique : /

EAN : 9782359842081

Né, selon Françoise Lison-Leroy, d’une ren­con­tre furtive avec une famille menée par une petite fille qui chan­tait, ce recueil trans­forme cette vision en une médi­ta­tion sur le déplace­ment, l’exil, la migra­tion, mais aus­si sur ce mou­ve­ment intérieur qui pousse les êtres à chercher plus loin que l’horizon vis­i­ble.

Le titre mérite d’emblée qu’on s’y arrête. La tran­shu­mance désigne le déplace­ment saison­nier des trou­peaux entre dif­férentes ter­res de pâturage. En y ajoutant l’adjectif haute, Françoise Lison-Leroy lui con­fère une dimen­sion plus vaste, presque spir­ituelle. Dans cette « haute tran­shu­mance », il ne s’agit plus de pass­er d’un lieu à un autre, mais de tra­vers­er des paysages humains, mémoriels et sym­bol­iques. Con­tin­uer la lec­ture

« À taaaaaaaaable ! »

”Caillaux

Vous n’allez quand même pas finir la bouteille ?

Autri­ces : Françoise Cail­laux & Anne Letoré

Mai­son d’édition : L’âne qui butine

Col­lec­tion : Amphis­bène

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 274

Prix : 22 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑919712–40‑3

Françoise Cail­laux et Anne Letoré se mon­trent pro­lix­es et jubi­la­toires dans ce roman-chorale, illus­tro­col­lagé en fin de vol­ume. Elles inva­sion­nent un Coin de Terre qui fig­ure un petit monde entier. Fidèles à la ligne rabelaisi­enne de leur étable d’édition, les autri­ces buti­nent les idées-pis­tils et les mots-éta­mines de la car­nava­lesque tru­cu­lence, cette déli­cieuse mau­vaise herbe de toutes les utopies. Con­tin­uer la lec­ture

Mettre sous pli la poésie

Un coup de cœur du Car­net

”Mathy

Une enveloppe

Auteur : Philippe Mathy

Illus­tra­teur : Willy Wanggen

Mai­son d’édition : L’ail des ours

Col­lec­tion : Graines d’ours

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 48

Prix : 12 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑491457–51‑8

Depuis 2022, la col­lec­tion « Graines d’ours » se con­sacre à la poésie pour la jeunesse. Jamais enfer­mée dans une caté­gorie d’âge, elle pro­pose des livres pour grandir en sen­si­bil­ité. Chaque vol­ume asso­cie un poète à un illus­tra­teur, dans un dia­logue dis­cret où le texte et l’im­age se répon­dent. Ses thèmes priv­ilégiés sont l’in­téri­or­ité et le lien au vivant. Cette col­lec­tion, ouverte aux poètes belges, nous a déjà don­né à lire Ludi­vine Join­not et nous annonce un texte de Carl Norac. Une enveloppe réu­nit le poète Philippe Mathy, dont c’est le troisième livre pour la jeunesse, et l’il­lus­tra­teur français Willy Wanggen. Con­tin­uer la lec­ture

Marchetti ou les affinités du papier, de l’art, et des mots

Jean Marchetti coiffeur galeriste

Jean Marchetti, coiffeur galeriste éditeur. 50 ans d’images & mots

Auteur : Col­lec­tif

Pré­face : Christophe Veys

Entre­tien : Carine Fol

Mai­son d’édition : La Pierre d’Alun

Mai­son d’édition : Cen­tre de la gravure et de l’image imprimée

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 258

Prix : 30 €

Livre numérique : /

EAN : 978–2‑87429–149‑4

Que serait-il advenu de Jean Mar­che­t­ti, natif de Bous­su, fils et petit-fils de mineurs immi­grés ital­iens, s’il n’avait, tôt dans l’enfance, décou­vert l’amour du papi­er à dessin ? Les cahiers de la mar­que Le Semeur avaient alors sa préférence, pour leur qual­ité. Et si sa grand-mère n’avait eu chez elle des repro­duc­tions de tableaux dont on fai­sait autre­fois cadeau aux nou­veaux mar­iés, le petit Jean aurait-il asso­cié le papi­er et l’œuvre d’art qui ont fait de lui, en cinquante ans, l’un des plus sin­guliers galeristes, et un édi­teur des plus exigeants de notre pays ? Car, auto­di­dacte en art, Jean Mar­che­t­ti a d’abord com­mencé sa vie pro­fes­sion­nelle en tant que coif­feur, comme appren­ti, puis très vite, à vingt et un an, avec son pro­pre salon. Un méti­er qu’il n’a pas cessé d’exercer depuis pour autant, rue Hôtel des Mon­naies à Saint-Gilles. Coif­feur, galeriste, édi­teur : une asso­ci­a­tion tricéphale, inso­lite de prime abord, atyp­ique cer­taine­ment, mais dont le par­cours sur un demi-siè­cle démon­tre notam­ment les qual­ités d’indépendance, d’intuition, d’audace, et de per­sévérance, qui ont fait la renom­mée du salon de coif­fure et de la galerie Le Salon d’Art, dès 1976, et des édi­tions de La Pierre d’Alun, à par­tir de 1982. Con­tin­uer la lec­ture

Une géométrie poétique de l’oxymore

Feyaerts Le carré de l’ovale

Le carré de l’ovale

Textes : Pas­cal Feyaerts

Illus­tra­tions : Amélie Lep­age

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 45

Prix : 16 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–084‑9

Dans sa lumineuse pré­face au Car­ré de l’ovale, le poète Yves Namur s’exerce à iden­ti­fi­er la forme géométrique qu’évoque le titre de l’ouvrage de Pas­cal Freyaerts. Pour y arriv­er, il inves­tigue le recueil d’un autre poète, Guille­vic, espérant trou­ver dans Eucli­di­ennes (Gal­li­mard, 1967) de quoi sat­is­faire sa curiosité. Renonçant à la stérile objec­tiv­ité d’une déf­i­ni­tion, Yves Namur pro­pose une clé : « (…) un doute per­ma­nent et le besoin d’aller vers les con­traires (…) », per­me­t­tant d’« arpen­ter ce qui est juste un souf­fle entre deux mon­des ». Con­tin­uer la lec­ture

(…) le périple d’un signe…

Un coup de cœur du Car­net

Jauzion-Graverolles Ciné-Tram

Ciné-Tram

Textes : David Jauzion-Graverolles

Gravures : Nadia Kup­ri­na

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 71

Prix : 20 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–080‑1

Cern­er – dans un lieu, un temps ou un mou­ve­ment – l’écriture poé­tique con­stitue une de ces con­traintes qui, au lieu d’entraver l’inspiration, stim­ule l’invention, l’audace, l’exploration. Ciné-Tram nous en donne une écla­tante démon­stra­tion, annon­cée dès l’entrée par une affir­ma­tion, (ce que nous sommes, ce tram nous en pré­pare la somme) dont l’apparence péremp­toire est instan­ta­né­ment nuancée par la gravure représen­tant la sil­hou­ette d’un pas­sager en équili­bre insta­ble, accroché à la poignée qui le retient de tomber dans le virage du tramway. Con­tin­uer la lec­ture

Chemin faisant

Norac Brouillard J’ai un poème à te dire

J’ai un poème à te dire

Auteur (texte) : Carl Norac

Autrice (illus­tra­tions) : Anne Brouil­lard

Mai­son d’édition : Pas­tel

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 132

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782211343336

Par­fois, Carl Norac a un mot dans la main :

Par­fois, j’ai un mot dans la main qui bouge.
Il me cha­touille comme une paille,
s’allonge à la façon d’un cri­quet
prêt à sauter ou bien il se love
en bout de laine sur les lignes de ma paume.
Con­tin­uer la lec­ture

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

Souffles et lueurs de la nuit

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Véronique GOOSSENS, Avant que nos corps s’illuminent, Chat polaire, 2026, 60 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931028–42‑1

emmanuel avant que nos corps s'illuminentDans l’atelier de Véronique Goossens, dont il appré­cie depuis longtemps les gravures, François Emmanuel décou­vre un jour une série inti­t­ulée Errance et Aubade. Lui vient alors l’envie d’écrire à par­tir d’elle un réc­it poé­tique ; ayant choisi vingt-et-une planch­es, il les range dans un ordre pré­cis, pré­fig­u­rant ain­si le cours du texte dont il entre­prend la rédac­tion. Avec la vig­i­lante éditrice Marie Taffore­au, les images sont recadrées puis repro­duites, la mise en page ajustée, le for­mat accru, aboutis­sant aujourd’hui à ce livre mince et mag­nifique où la vie d’une femme aimante est saisie dans sa pure intéri­or­ité, de l’enfance jusqu’à l’approche de la fin… Les gravures ini­tiales, cepen­dant, n’ont rien de flat­teur ou de char­mant : en noir et blanc sur un fond légère­ment jaune-vert qui les réchauffe à peine, elles présen­tent une allure fan­toma­tique, par­fois même inquié­tante, telles des appari­tions dans la brume. Sauf une excep­tion, chaque image com­porte d’un à trois per­son­nages adultes ou enfants, ici immo­biles et là en mou­ve­ment, alter­na­tive­ment debout, assis ou couchés sur le sol. Par­fois nus, par­fois vêtus, le plus sou­vent mécon­naiss­ables, les corps peu sex­ués élu­dent toute forme de séduc­tion ou d’érotisme. Au con­traire, la fac­ture cré­pus­cu­laire, voire cauchemardesque, sem­blerait se prêter à un drame fan­tas­tique mieux qu’à une rêver­ie amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture