Archives par étiquette : deuil

« Le hors-champ reste infini »

Un coup de cœur du Car­net

Émil­ia STÉFANI-LAW, S’en sou­venir, CFC, 2026, 136 p., 18 €, ISBN : 9782875721235

stefani law s'en souvenirAvec S’en sou­venir, Émil­ia Sté­fani-Law part du sin­guli­er pour dégager l’universel, une poé­tique de la mémoire active. Son enquête débute par l’ouverture de la con­ces­sion de son père, décédé trente-cinq ans plus tôt, le 4 décem­bre 1984, d’un infarc­tus, à trente-sept ans. Détenir cette urne con­cré­tise cette dis­pari­tion et pointe du doigt les mor­celle­ments mémoriels qu’il va s’agir de venir combler à coups d’images, fix­es ou mou­vantes, ou d’histoires, fouil­lées avec un regard neuf, dans l’espoir de « trou­ver la pièce man­quante ». Con­tin­uer la lec­ture

Apprendre peu à peu à vivre sans

Karel LOGIST, Le jour où maman n’est pas venue nous chercher à l’école, Oskar, 2025, 62 p., 8,95 €, ISBN : 979–1‑02140–882‑1

logist le jour ou maman n est pas venue nous chercher a l ecoleBasile et Isabel sont des faux jumeaux de presque 12 ans qui appren­nent à vivre avec leur papa et leur tante Amélie depuis la dis­pari­tion de leur mère. Mal­gré leur gémel­lité et les mêmes let­tres qui com­posent leur prénom, les frère et sœur sont très dif­férents : l’une est en fusion avec son GSM, à l’affût de l’actualité de sa star préférée et peut par­fois être plongée dans un mutisme de plusieurs jours, tan­dis que l’autre est un soli­taire qui aime l’école et est tou­jours four­ré avec son seul et unique ami Ludo. Con­tin­uer la lec­ture

Tout peut encore y surgir

Un coup de cœur du Car­net

Françoise LISON-LEROY et Geof­frey DELINTE, Terre meu­ble, Ail des ours, coll. « Coqueli­cots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464

lisonleroy delinte terre meubleAvec Terre meu­ble, Françoise Lison-Leroy remue la représen­ta­tion sin­istre de la mort pour en brandir une nou­velle, lumineuse, joyeuse et mélan­col­ique. Par déf­i­ni­tion, une terre meu­ble est légère, tra­vail­lée, presque vivante, tout peut encore y sur­gir ; elle peut se déplac­er, laiss­er se mou­voir ceux qu’elle recou­vre. Et s’il était pos­si­ble de con­tin­uer à vivre des aven­tures avec ceux qui ne sont plus là ? À con­di­tion de garder leurs expédi­tions – détri­cotant la fron­tière du vivant et de la mort – secrètes, la nar­ra­trice et son petit frère décédé peu­vent établir une rela­tion éter­nelle, s’offrant la joie d’une échap­pée plurielle, d’un efface­ment des événe­ments irrévo­ca­bles : celui qui n’est plus revit, celle qui a per­du un être cher le retrou­ve. Le couperet de la mort est émi­et­té par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les con­tours d’une nou­velle réal­ité : Con­tin­uer la lec­ture

Généalogie des mensonges paternels

Un coup de cœur du Car­net

Dominique COSTERMANS, Un con­teur hors père, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2025, 136 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑87489–985‑0

costermans un conteur hors pèreDominique Coster­mans aime agré­menter ses titres de jeux de mots, qu’il s’agisse de ceux de ses recueils de nou­velles comme Petites coupures (2014) ou En love mineur (2017), pub­liés chez Quad­ra­ture ou de ses romans, Out­re-Mère, réédité chez son nou­v­el édi­teur Weyrich (après des débuts chez Luce Wilquin), et le tout dernier Un con­teur hors père. Après avoir déjà abor­dé le mutisme des adultes et les secrets qui les entourent à tra­vers la fig­ure mater­nelle dans son pre­mier roman, Dominique Coster­mans y revient dans celui-ci en abor­dant cette fois le ver­sant pater­nel. Cela donne une enquête intime, comme les aime la jour­nal­iste qu’elle est, et une descente ver­tig­ineuse dans les faux-sem­blants d’un passé famil­ial, tout en se jouant du lecteur quant à la vérac­ité aut­ofic­tion­nelle du réc­it. Con­tin­uer la lec­ture

Au cœur de la crise

Julien LÉONARD, Thomas J. Will­son, ses filles, son fils et la fin des temps, M.E.O., 2025, 225 p., 22 €, ISBN : 978–2‑80700–531‑0

léonard thomas J. willsonTom est un jeune quadragé­naire qui élève seul ses trois enfants, Agnès, Axel et Aude, qui ont respec­tive­ment 15, 9 et 6 ans. Même s’il exerce un méti­er qui le pas­sionne – auteur pour la jeunesse –, le quo­ti­di­en est une épreuve pour lui depuis le décès de sa femme. Il s’efforce de garder le cap un jour après l’autre pour aller de l’avant mal­gré sa tristesse. Heureuse­ment, ses enfants sont là, avec leur car­ac­tère bien trem­pé, pour ani­mer ses journées et combler le silence de la soli­tude. Il faut dire qu’avec une ado en guerre con­tre le patri­ar­cat con­stam­ment gref­fée à son portable, un garçon hyper­ac­t­if qui pose beau­coup de ques­tions et une petite fille par­ti­c­ulière­ment intel­li­gente, il n’a pas de quoi s’ennuyer. Grâce à eux, Tom se laisse porter par ce joyeux bor­del, qu’il doit tout de même recadr­er de temps à autre pour éviter les débor­de­ments. Con­tin­uer la lec­ture

Il s’appelait Jean

Pauline ALLIÉ (autrice) et Car­lot­ta BAILLY-BORG (illus­tra­trice), Là où se for­ment les mon­tagnes, Chemin de fer, 2025, 112 p., 14,50 €, ISBN : 9782490356560

allié là où se forment les montagnesIl s’appelait Jean. Il n’avait pas de cheveu blanc. Il por­tait des lunettes tout le temps, et des cra­vates quand il tra­vail­lait encore. Il a exer­cé comme secré­taire de direc­tion dans une clin­ique (où les femmes l’appréciaient), puis a été for­cé de devenir homme au foy­er. Il aimait John­ny Hal­l­i­day et le ukulélé, et rêvait de par­ler plusieurs langues. Il s’était coupé du monde, par pudeur. Il gar­dait les objets, les pho­tos, les vête­ments, les papiers. Il était en cou­ple depuis quar­ante-six ans, avait trois filles et un frère jumeau adorés. Il ne par­ve­nait pas à porter les pommes de terre dans sa bouche sans en faire rejoin­dre le sol. Il peinait à chaque mou­ve­ment, requérait sans cesse l’aide de son épouse. Il souf­frait. Inten­sé­ment : « Il dit. Est un rhu­ma­tisme inflam­ma­toire. Auto-immune. De cause incon­nue. Chronique. Atteint surtout les pieds. Les mains. Pou­vant aboutir à des défor­ma­tions impor­tantes. » Puis il est mort, entre Noël et Nou­v­el An, sans avoir gouté au homard qu’il avait réclamé. Con­tin­uer la lec­ture

Josef ou la montée des mots

Un coup de cœur du Car­net

Antoine WAUTERS, Haute-Folie, Gal­li­mard, 2025, 176 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782073101556

wauters haute-folieTout com­mence par un éclair. Une strie de lumière qui embrase un arbre, court dans un champ et gagne la ferme de la Haute Folie, toute proche. Gas­pard ne peut rien con­tre le feu qui fait rage alors que sa femme, Blanche, monte sur la colline et accouche de leur pre­mier enfant, Josef. Le mal­heur s’égrène en chapelet, une par­tie du bétail a péri, la mai­son est inhab­it­able, le bien n’était pas assuré. Con­tin­uer la lec­ture

« On est bien peu de chose, et mon amie la rose… »

Philippe FIÉVET, Le jardin aux luci­oles, M.E.O., 2025, 204 p., 20 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782807005167

fievet le jardin aux lucioles

Vic­time de l’accident : un retraité, jar­dinier de cœur. Moment de la mort : un jour de print­emps. Lieu du drame : un parterre de rhodo­den­drons, com­posé de « trois solides arbustes de la famille des éri­cacées […] adop­tant les mêmes tons que l’azalée mauve toute proche, elle aus­si en pleine flo­rai­son », dans un jardin de la com­mune du Saule (en Hes­baye lié­geoise). Insti­ga­teur : un lis­eron, « adven­tice qui a le don de s’entortiller tel un ser­pent autour de sa proie qu’elle trans­forme en caducée », enne­mi juré du dis­paru. Cause du décès : piste du séca­teur écartée ; hypothèse d’une crise car­diaque liée à la chute et à l’emprisonnement d’une cheville. Pre­mière témoin : Jacques, le voisin maraich­er à la voix de sten­tor, quelques jours plus tard. Vic­times col­latérales : Alex­is, Anaïs et Julien, enfants du défunt à la pater­nité tar­dive et heureuse. Endroit de l’inhumation : au pied du Par­ro­tia per­si­ca, avec les cen­dres mater­nelles. Con­tin­uer la lec­ture

Réparer le vivant

Cécile BARTHOLOMEEUSEN, À nos ardeurs, Les avrils, 2025, 176 p., 19,10 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782383110378

bartholomeeusen a nos ardeursBoulever­sée par la mort de son amie d’enfance, Cécile Bartholomeeusen, autrice et nar­ra­trice « se sur­prend à ter­gi­vers­er, à écrire au sujet de [sa] grand-mère ». Elle hésite à ouvrir le livre des sou­venirs, à remon­ter seule au som­met de la val­lée d’où son amie et elle s’élançaient en roulant lorsqu’elles avaient onze ans. Con­tin­uer la lec­ture

Sans repère

Mar­tin RYELANDT, Riga le con­nec­té, F dev­ille, 2025, 202 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87599–190‑4

ryelandt riga le connectéFab­rice est un jeune homme de 16 ans qui vient de per­dre sa mère. Il vit désor­mais avec son père, un homme coupé du monde par son tem­péra­ment et son méti­er, qui s’exprime qua­si exclu­sive­ment avec des cita­tions lit­téraires et des proverbes. Face à ce deuil, Fab­rice et son père sont plongés dans la soli­tude et dans l’obscurité. Con­tin­uer la lec­ture

Les éclats de conscience

Chris­tine DELMOTTE-WEBER, Je voudrais mourir par curiosité, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2025, 94 p., 10 €, ISBN : 9782931101742

delmotte weber je voudrais mourir par curiositéNous décou­vrons Myr­i­am, seule chez elle. Elle par­le d’un effet par­ti­c­uli­er pro­duit au réveil, comme si sa con­science, à cet instant-là, ne fai­sait plus par­tie d’elle-même. Baba, sa com­pagne, arrive et la réveille. Mais est-elle bien réelle ? Nous com­prenons petit à petit que Myr­i­am est vis­itée par le fan­tôme de Baba. Quelques temps plus tôt, elles ont vécu un ter­ri­ble acci­dent de voiture. Baba est morte sur le coup, Myr­i­am s’en est sor­tie. Elle y a toute­fois vécu un phénomène assez sin­guli­er : une Expéri­ence de Mort Immi­nente (EMI). Depuis, elle essaie de com­pren­dre ce qui lui est arrivé, ain­si qu’à Baba, et s’intéresse beau­coup à la con­science délo­cal­is­able. Baba lui manque énor­mé­ment. Elle aimerait qu’elle vienne plus sou­vent la vis­iter. Con­tin­uer la lec­ture

Le verbe comme tombeau de vie

Un coup de cœur du Car­net

Pierre MERTENS, Paysage sans Véronique, Pré­face de Bernard Main­gain, Post­face de Pietro Piz­zu­ti, Impres­sions nou­velles, 2025, 216 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782390701859

mertens paysage sans veroniqueIl est don­né à peu d’écrivains de créer un chef‑d’œuvre avec la mort, de ten­dre un chant qui replace une morte dans la danse de la vie. Avec son somptueux réc­it, Paysage sans Véronique, Pierre Mertens se place au-delà du thrène dédié à Véronique Pirot­ton, l’amie dis­parue dans des cir­con­stances opaques. Dans ce dia­logue avec Véronique Pirot­ton, retrou­vée sans vie dans une cham­bre d’hôtel à Ostende le 31 octo­bre 2013, dans cet hom­mage tail­lé dans une inap­pé­tence à l’endroit de la Camarde, Pierre Mertens creuse l’espace de la lit­téra­ture comme con­tre­point à la vérité judi­ci­aire. Non seule­ment afin de libér­er l’épaisseur, la com­plex­ité d’une amie qui lui était chère, afin de ren­dre pal­pa­ble le « monde Véronique » que le procès a invis­i­bil­isé, mais aus­si afin de s’interroger sur la perte incon­solable qu’il éprou­ve depuis que Véronique Pirot­ton n’est plus. Con­tin­uer la lec­ture

Deux ou trois considérations sur Pieterke Mol

Un coup de cœur du Car­net

Pieterke MOL, Com­ment dire au revoir à un père absent ?, Édi­tions Bleu dans vert, coll. « Peau com­mune », 2024, 82 p., 9 €, ISBN : 9782960269383

mol comment dire aurevoir à un pere absentConsidération # 1 : où il est dit qu’on crée pour ne pas n’être qu’un bout de viande déjà morte

Com­ment dire au revoir à un père déjà mort ? Com­ment tourn­er la page ? Qu’est-ce que lut­ter ? Pourquoi lut­ter ? Êtes-vous issu ou issue d’une famille tox­ique ? Assu­jet­tie à l’al­cool ? Échappe-t-on jamais aux ven­tres de nos mères ? Des lieux de nos nais­sances ? Hérite-t-on pour tou­jours des assué­tudes de nos père et mère ? Pieterke Mol est jeune, pho­tographe, autrice et réal­isatrice de pod­casts. Dès ses études, elle décide : ses créa­tions, pho­tos, textes, sons, seront auto­bi­ographiques. Non parce que Pieterke Mol con­sid­ér­erait son par­cours de vie comme exem­plaire : il n’y a rien de “gourouesque” dans la démarche de Pieterke Mol. Il y a du feu. Une langue splen­dide. Incan­des­cente. En 2020, Ça va n’aller, son pre­mier roman, avait ébloui, par­venant même, une pre­mière pour un livre auto-édité, à con­courir loin pour le Prix Rossel, tant le style de Pieterke Mol empor­tait ses lec­tri­ces et lecteurs dans un déluge de phras­es brèves et de mots puis­sants faisant bas­culer le réc­it de sa vie du côté de la lit­téra­ture plutôt que dans la “sim­ple” rela­tion d’une expéri­ence douloureuse, d’une enfance triste et mor­tifère et de sa pro­pre lutte dans l’en­fer de la coke et de l’al­cool. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on dit qu’on vit dans un monde fait d’ombres et de lumières

Lau­ra SCHLICHTER, Recoudre la nuit, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2024, 72 p., 8 €, ISBN : 9782875055002

schlichter recoudre la nuitRecoudre la nuit, ça peut se lire comme un jour­nal intime. Jour­nal de deuil. Ou tra­ver­sée de l’ab­sence. D’abord il y a le vide, la place vide et froide à côté de soi dans le lit. Le fait que rien, pas même les mots, le plaisir qu’il y avait à en jouer, ni per­son­ne, aucun des autres êtres qui comptent, ne con­sole. Le fait que, face au deuil et au grand saut, on est seul.e. Rien qu’avec soi. Sociale­ment sommé.e de trou­ver en soi la force de tra­vers­er l’ab­sence. Parce que, sociale­ment par­lant, on le sait, tous et toutes, on ferait pareil : on ne tourne le dos, on ne sait pas quoi nous dire, il y a comme une gêne. Parce qu’on vit à une époque où les mal­heurs intimes, surtout ceux des autres, on ne sait pas quoi en faire, on ne sait pas con­sol­er. A‑t-on jamais appris à le faire ? Comme si on ne voulait surtout pas que quelque chose, un mal­heur d’autrui, nous rap­pelle cette évi­dence : LIFE IS A KILLER. LA VIE TUE. LA VIE DÉTRUIT. Et d’abord nous-mêmes. Nous fra­cas­sant en 10 000 morceaux. 10 000 pièces de puz­zle. À rassem­bler. À rec­oller. Seule façon de recoudre la nuit, si l’on désire con­tin­uer. Si quelque chose, un élan, nous incite à pour­suiv­re. Con­tin­uer la lec­ture

Le deuil et le livre au long cours

Lydia FLEM, Que ce soit doux pour les vivants, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siè­cle », 2024, 192 p., 19,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782021568516

flem que ce soit doux pour les vivantsOn a tourné la page, on dit sou­vent cela, ou il faut dire cela, on a tourné la page, après la dis­pari­tion d’un être cher, quand la vie a repris ses fonc­tions, plus ou moins comme avant. On a tourné la page peut-être, ou plutôt une page, plusieurs, plusieurs sûre­ment, mais jamais on n’a refer­mé le livre. On a con­tin­ué, on con­tin­ue et on con­tin­uera à vivre avec nos disparu·es. À s’en sou­venir. À les aimer. À inven­ter « des liens féconds » avec eux. Au point d’en être métamorphosé·e. Le don des morts, avait titré un de ses livres Danièle Sal­lenave. Con­tin­uer la lec­ture

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Ilyas METTIOUI, Knokke-le-Zoute, Lans­man / Le Rideau, coll. « En direct de la scène », 2024, 56 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0414‑3

mettioui knokke le zouteLe rythme du tram, c’est le rythme du réc­it pen­dant lequel Déb­o­rah réflé­chit. À Knokke, après avoir longé toute la côte belge, elle sait qu’elle ouvri­ra l’urne funéraire dans laque­lle se trou­vent les cen­dres du père qu’elle n’a jamais ren­con­tré. Durant une journée, elle dis­cute avec les six per­son­nages aux­quels elle pense, se deman­dant si c’est elle qui écrit son his­toire et com­ment se débat­tre avec ce qui a été fait avant même sa nais­sance, con­ver­sant avec celles qui sont encom­brantes mais qui ont tou­jours été là, avec les ver­sions pos­si­bles de celui qui n’a jamais été présent, avec ceux qui pour­raient à leur tour dis­paraitre. La pièce s’ouvre sur un poème qui par­le d’eau. Il sera dit autant de fois qu’il y a de femmes dans le réc­it. Eau de la mère, eau dans la mer, dis­per­sion du père dans les flots. Sur la route, Déb­o­rah s’adresse à Cécil­ia et à Annette. Elle pense à qui elles sont pour elle et l’une pour l’autre. Elle invente Benoît et Mustapha, elle écoute Habib et David. Con­tin­uer la lec­ture