Archives par étiquette : Francine Ghysen

Sur les traces d’une mère fantôme

Michel TORREKENS, L’hirondelle des Andes, Zellige, coll. « Vents du Nord », 2019, 204 p., 20 €, ISBN : 978-2-914773-91-1

L’hirondelle des Andes.
Un titre poétique, qui fait rêver.
Un roman qui entrelace les beautés fulgurantes, paysages, villes, d’un périple à travers le Pérou, et les sentiments mêlés de la jeune voyageuse qui s’y est lancée comme on relève un défi. Continuer la lecture

Entre douceur et mélancolie

Jean JAUNIAUX, Belgiques, Ker, 2019, 124 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-254-9

Nouvelles, souvenirs, évocations : les textes de Jean Jauniaux, réunis sous le titre Belgiques, égrènent sentiments, impressions, humeurs, couleurs.

On participe à l’exaltante, foisonnante préparation d’une série d’émissions historiques consacrées à la Révolution de 1830 dont la télévision entendait commémorer, en septembre 1980, les cent cinquante ans. Épisode décisif dans la vie de Jean Jauniaux, fraîchement sorti de l’INSAS, que l’un de ses professeurs lance dans cette aventure. « C’est là que surgit dans ma vie le miracle de la Révolution de 1830. » L’horizon s’ouvre et, avec lui, la chance de pouvoir rencontrer – et collaborer avec – des personnalités tels Jacques Cogniaux, Jacques Brédael, Armand Bachelier… Un premier contrat d’emploi s’apparentait ici à un moment de grâce. (Une journée hors norme) Continuer la lecture

Au plus près des arbres

Philippe FIÉVET, Le temps des arbres, Rouergue, 2019, 276 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978-2-8126-1857-4

Mon temps à moi s’était arrêté pour emprunter celui des arbres. J’allais peut-être pouvoir un jour me dissoudre dans le rouge de leurs frondaisons. »

« …je ne regardais plus les arbres autour de moi de la même manière : je recherchais leur compagnie, je me projetais en eux, je les voyais de l’intérieur. »

Avec ferveur, Philippe Fiévet nous raconte son histoire d’amour avec les arbres, depuis son installation à la campagne, voici bientôt vingt ans. Continuer la lecture

Retisser la vie déchirée

Isabelle FABLE, Ces trous dans ma vie, Préface de Gabriel Ringlet, M.E.O., 2019, 202 p., 17 €, ISBN : 978-2-8070-0216-6

Ces trous dans ma vie. Par ces mots frappants, poignants, Isabelle Fable évoque les êtres aimés disparus. Les fait revivre par la force de l’amour, leur rend chair et âme, voix et regard. S’émeut, s’émerveille de « cette proximité paradoxale que crée la mort d’un être aimé, qui nous quitte… et qui vient faire partie de notre profondeur intime. Nous nous chargeons de lui, en quelque sorte. Nous le prenons en nous pour une autre forme de vie, subtile. » Continuer la lecture

Que demander sinon l’intensité ?

Roland LADRIÈRE, Un refuge chez Vermeer précédé de Le détail pur dans l’indistinct, Taillis pré, 2019, 82 p., 14 €, ISBN : 978-2-87450-146-3

Que demander sinon l’intensité ?” Ces mots, rencontrés au détour des poèmes en prose de Roland Ladrière composant Un refuge chez Vermeer précédé de Le détail pur dans l’indistinct, pourraient être placés en exergue du recueil.

Impressions subtilement gravées, images incisives ou nuancées, éclairs de plénitude ou d’amertume dessinent une partition où la confidence ouvre sur le mystère. Continuer la lecture

Le voyage, « un alcool de vie »

André DOMS, Écrits du voyage, 3 vol., Herbe qui tremble, 2019 : Italiques, 208 p., 18 €, ISBN : 978-2-918220-83-1 ; Ibériques, 254 p., 18 €, ISBN : 978-2-918220-85-5 ; Balkaniques, 220 p., 18 €, ISBN : 978-2-918220-84-8 

Le poète André Doms nous livre, en trois denses volumes – Italiques, Ibériques, Balkaniques -, ses Écrits du voyage. Portés par une invocation vibrante : « en soi et par soi-même, le voyage m’emporte, m’ouvre, et je m’y adonne comme à un alcool de vie ».

Attirée par Italiques, je lisais avec plaisir : « l’Italie, première qui me donne à vivre les clartés méditerranéennes, physiques et métaphysiques ».

Son rapport majeur à l’Italie fut littéraire. De la rencontre avec l’écrivain et traducteur Franco Prete et quelques amis, initiateurs de la belle aventure d’Origine, pariant sur la reconnaissance mutuelle des poésies italienne et française, incarnée par de nombreuses publications alliant ferveur et rigueur, à la lecture inépuisable de poètes et romanciers, épinglant les Carnets de Dino Buzzati qui, « avec leurs réflexions, imaginations, apologues, angoisses et fantasmes, font un chant terrible de la solitude humaine ». Continuer la lecture

Entre ombre et clarté

Serge MEURANT, L’atelier de Philippe Desomberg. Carnets, Amis de l’École des Arts, 2019, n.p.

Art et poésie se rejoignent au creux des pages du petit livre de Serge Meurant L’atelier de Philippe Desomberg. Carnets.

Les mots épousent les sculptures, entrent en résonance avec elles, rendent leur présence sensible.

Somptuosité des dos / où respire / la vie vulnérable. 

La pierre te domine, / c’est un corps / qui se refuse et se donne. // Sa dureté t’éreinte. / Elle te guide / en une danse immobile. // Vos gestes se répondent, / dans l’obscurité. 

Les poèmes dialoguent avec des photographies extraites du film de Francine d’Hulst L’atelier de Philippe Desomberg et des dessins du sculpteur.

La nuit tombe dans l’atelier. / On croirait entendre / la respiration des statues / ou est-ce l’écho / de ton souffle / qui embue le miroir ? 

Francine Ghysen