Archives par étiquette : Daniel Simon

Les réseaux de la Méduse

Éric BRO­GNIETRadi­cal Machines, Le Taillis Pré, 2017,  100 p., 14 €, ISBN : 978-2-87450-121-0 

brogniet radical machineL’Enchanteur pourrissant qu’Apollinaire dédiait à Merlin et aux légendes arthuriennes est un livre porté par le rayonnement des Merveilles et la fragile proximité de leurs extinctions. Plus d’un siècle plus tard, dans la complexité du Cybermonde, des flux d’informations, de pixels et de fantasmes sous formes d’anamorphoses, des dystopies où les hommes se noient dans l’immatérialité des corps et des émotions pensant se démultiplier et se régénérer dans les « machines molles » (W. Burroughs), Éric Brogniet a livré dans Radical Machines sa vision de l’homme et de ses sombres merveilles dans l’intersection de ses identités floutées et filandreuses. Fascinés par la Méduse cybernétique, ils sont transis et sidérés. Continuer la lecture

Le conte est blond

Jean-Marie PIEMME, Jours radieux, Lansman, 2017, 48 p., 11€, ISBN : 978-2-8071-0151-7

piemme.jpgUne farce, une bouffonnerie, un conte, une histoire d’un temps sans nuances, Jours radieux de Jean-Marie Piemme nous joue le tempo d’un temps sans espérance et empli de peur. Il reste alors la rage, l’illusion, l’exécration des autres, le désir d’un Père sévère et fort, un tyran, ou d’une Mère….

On ne badine pas avec l’amour : chez Piemme, la question, sous des allures de comédie grinçante est toujours au centre de son œuvre dramatique. Que faire pour que les hommes se supportent et tentent même de se tolérer, voire de se reconnaître et d’éviter le pire, la jouissance de la destruction de l’autre, du métèque, de l’encombrant ? Continuer la lecture

Où va le temps qui passe ?

Martine GENGOUX, Pas simple de s’appeler Violette avec un profil de baobab, Ed. De L’Aube, 2017, 236 p., 17, 90€/ePub : 14.99 €, ISBN : 978-2-8159-2163-3

gengouxIl y a des romans où la réponse à cette question se construit dans l’ombre des hommes effacés par la terrible gomme de l’Histoire, drame, tragédie, méditations. D’autres choisissent les voies plus aériennes du bonheur ou de ce qui tente de lui ressembler à force de répétitions et d’application. Les hommes sont si malhabiles dans le bonheur et si magnifiques dans la joie de sa reconstruction… Continuer la lecture

Le cercle féminin des intrigues et des charmes

Denys-Louis COLAUX, Ce que, s’il fallait croire, je croirais avoir été, Jacques Flament Éditeur, 2016, 15 €   ISBN : 978-2-36336-283-4

colaux« N’oublie jamais non plus d’être seul. Jamais. C’est dans la solitude seulement que le tunnel de ta vie se laisse trouer par la lumière ».

Le temps est la meilleure fabrique de littérature, ce temps qui se dépose sur le souvenir et l’efface peu à peu. Il s’agit alors de créer cette forme de vécu réinventé par l’écriture. On ne dira jamais assez le supplément de vie dont profitent les lecteurs en faisant ces éternels cent pas dans l’espace intime de la littérature. Denys-Louis Colaux, dans son dernier livre, Ce que, s’il fallait croire, je croirais avoir été, a particulièrement accompli cette transmutation par une langue puissante et subtile. Continuer la lecture

Cinquante-deux lettres de toutes formes

Luc TEMPLIER, L’Art de vivre, 52 lettres à une jeune artiste,  Dervy,  144 p., 14,50 €   ISBN : 979-10-242-0183-2

templierLa calligraphie est aussi ancienne que la main qui saisit un calame, un roseau, une plume pour tracer ces formes qui ont pris le nom de lettres, d’idéogrammes, de signes…Ce sont des gestes de volupté, des jouissances qui précèdent l’écrit et qui l’accompagnent dans la marge du sens ou de ce que nous appelons trivialement la communication.

L’écriture de Luc Templier accorde les exigences et les jouissances du calligraphe dans la création de la lettre dessinée, de l’enfance dans ses premiers liés et déliés de l’abécédaire. Continuer la lecture

L’humanitaire fait ses affaires

Fréderic ERNOTTE, Ne sautez pas !, Lajouanie, 304 p., 19 €/ePub : 12.99 €   ISBN : 978-2-37047-073-7

ernotte.jpgMathias van Rosten, le personnage central de Ne sautez pas !, est âgé d’une trentaine d’années, vit à Bruxelles avec sa compagne Elisa, infirmière, a un frère Raphaël. Celui-ci travaille pour Médecins Sans Frontières. Mathias, après quelques expériences ratées, est laveur de vitres sur les gratte-ciel bruxellois. Il rêve, rumine, tire des plans sur la comète pour « en sortir ». Continuer la lecture