Archives par étiquette : Daniel Simon

Un poème en filet à papillons

Carl VANWELDE, À mots comptés, Éranthis, 2019, 88 p., 18 €, ISBN : 139782874830181

Il serait facile de dire d’une maladie qu’elle est avant tout une absence de poésie dans le corps et une forme d’absence momentanée de l’homme au monde. Mais la nomination du corps, sa compréhension minimale semblent être entraînée dans les mêmes mouvements d’infox que les autres. Le poète nomme, « invente les mots de la tribu » (Valéry), sépare et relie.

Les écrivains-médecins (la littérature en est constellée), depuis Rabelais, sont légion dans la littérature. Les douleurs, les humeurs de l’homme (et de l’animal) sont la première matière des praticien de l’Art, ce dont a besoin un écrivain pour échapper au piège des idées… Continuer la lecture

Robinson enfermé

Stanislas COTTON, Le complexe de Robinson, Lansman, 2019, 63 p., 11 €, ISBN : 9782807102316

Stanislas Cotton est un marin au long cours de la littérature et de la littérature dramatique en particulier. Il a bourlingué entre de nombreuses résidences théâtrales et lieu de création en Europe et au Québec. Lauréat de plusieurs prix, il n’a cessé de mener une observation minutieuse de la société dans laquelle il développe, sur de nombreuses scènes, sa vision des paradoxes et du délitement des relations humaines et sociales. Continuer la lecture

La vie à contre-emploi

Alex LORETTE, Dream Job(s), Lansman et CED-WB, 2019, 80 p., 12 €, ISBN : 978-2-8071-0224-8

Le théâtre contemporain cherche, à chaque génération, à ébranler les conventions sociales de la violence commune, invisible, banale. Alex Lorette est de ces auteurs et sa dernière pièce Dream job(s), enfonce le clou dans l’univers de l’apparence raisonnable du management et des profits implacables qu’elle doit générer. La pièce a reçu le prix des metteurs en scène « hors » et « en » Belgique 2017-2018. Continuer la lecture

Vers la fraternité

Daniel SIMON, Au prochain arrêt je descends, Carnets du Dessert de Lune, 2019, 96 p., 14€, ISBN : 978-2-930607-51-1

Daniel Simon a de nouveau frappé. Le directeur des Éditions Traverse et l’auteur de nombreux livres de poésie, de théâtre et d’essais livre ici son nouvel opus poétique, Au prochain arrêt je descends, aux Éditions Les Carnets du Dessert de Lune.

L’illustration de couverture de Pierre Duys et l’exergue de Paul Celan semblent annoncer la couleur : l’intention du poète ne sera pas de livrer une poésie mièvre ou aseptisée. En effet, le ton de Daniel Simon est celui de la révolte. La quatrième de couverture, un texte de Daniel Fano, avertissait déjà : ce livre s’adresse à ceux qui portent ce « refus de servir ceux qui veulent effacer la part d’humanité qui habite encore en nous ». Continuer la lecture

Au bord de la falaise

Daniel FANO (textes), Jean-François OCTAVE (illustrations), Bientôt la Convention des cannibales, 2019, 76 p., 13 €, ISBN : 978-2-930607-55-9

Daniel Fano est un écrivain de l’apocalypse tranquille. Au fil des années, dans des récits aux titres improbables, des poèmes narratifs et subtils, des fables et des romans de la mélancolie lucide, l’auteur a inventorié, grâce à son sens aigu de la fiction, la modernité et ses avatars, qu’on pourrait appeler aujourd’hui tout simplement le temps d’après. Continuer la lecture

Crée–moi à mon image

Carino BUCCIARELLI, Mon hôte s’appelait Mal Waldron, M.E.O., 2019, 128 p., 15 €, ISBN : 978-2-8070-0182-4

Un triangle mystérieux règne au centre de la littérature : la relation entre le lecteur l’auteur et le narrateur.  Les personnages sont les médiateurs de cette complicité triangulaire. Et souvent, la question qui se pose est « D’où viennent–ils ces sacrés personnages ? » Sont-ils issus de ce que nous nommons familièrement le réel (le vrai ?) ou pures fictions, ce qui en soi est aussi contestable. D’où surgissent ces fictions sinon de vraies constructions humaines passées par le filtre de l’expérience intime de l’auteur? Continuer la lecture

Les masques tombent

Lorenzo CECCHIPaul, je m’appelle Paul, Lilys, 2018, 195 p., 18 €, ISBN : 978-2-9308-4857-0 

Lorenzo Cecchi, dans son dernier roman, Paul, je m’appelle Paul, traite des questions les plus intimes qui soient : la fratrie, l’identité perdue et retrouvée, les secrets de famille, la fiction qui occupe toute vie et la transforme au fil du récit que nous en faisons…

Dans ce livre sous forme d’enquête, l’auteur est marqué, comme dans tous ses livres, par le besoin de rencontrer des hommes là où ils sont les plus vrais, dans de fines constellations de situations troubles et lumineuses à la fois. Continuer la lecture