Archives par étiquette : Polar

Démocraties en noir péril

Richard LORENT, Les éprouvés vol. 3 : Menaces, Basson, 2019, 400 p., 23 €, ISBN : 978-2-930582-69-6 

Richard Lorent a décidément pris le parti d’écrire des thrillers politiques et d’en situer le récit dans la proche actualité de notre pays, de préférence dans le décor carolo. Mais ses romans n’ont rien à envier aux plus sombres polars et la familiarité des faits et lieux évoqués ne fait qu’ajouter aux frissons. Continuer la lecture

Clapton a tué ma femme !, un polar sauce lapin

Guy DELHASSE, Clapton a tué ma femme !, Murmure des soirs, 2019, 205 p., 12 €, ISBN : 978-2-930657-52-3

Bien connu des lecteurs du Carnet et des amateurs de géographie littéraire, Guy Delhasse trempe aussi sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les journaux La Wallonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle facture, Du pont liégeois, avec la complicité de Jean-Paul Deleixhe et de Christian Libens.

Titre jaune élégant, bords de Meuse et perpectives sylvestres en couverture : les éditions Murmure des soirs présentent là un petit pavé soigné. Mais qu’on ne se méprenne pas, le roman qui se savoure ici a peu à voir avec une délicatesse. Continuer la lecture

Cours après moi que je t’attrape !

Gilles HORIAC, La peau de l’autre, 180° éditions, 2019, 195 p., 19 €, ISBN : 978-2-931008-11-9

Horiac la peau de l'autreLe premier chapitre est savoureux. Quelques pages, à peine, et le narrateur/héros, son microcosme (familial et professionnel) sont campés. Mieux : la crise (qui génère le fil centripète de tout thriller) est amorcée, intrigante. Cerise sur le gâteau : un deuxième fil narratif se dessine et démultiplie la tension, le suspense. Continuer la lecture

Pas de sauce lapin pour les doudounes

Christian O. LIBENS, Les seins des saintes, Weyrich, Coll. « Noir Corbeau », 2019, 170 p., 14 €, ISBN : 9782874895340

Peur sur Liège depuis qu’un gastronome d’une espèce particulière saigne des jeunes femmes, prostituées de préférence, en leur dévorant goulument les seins… Tout cru, à même le corps et sans autre accommodement. Continuer la lecture

Eau à la bouche et mise en bière !

Francis GROFF, Morts sur la Sambre, Weyrich, coll. « Noir Corbeau », 2019, 276 p., 19 €, ISBN : 978-2-87489-532-6

Comme toujours à cette heure matinale, les abords de l’écluse de Landelies étaient déserts. Dans leur haute maison dont deux fenêtres laissaient passer une lumière jaunâtre, chaudement tamisée par des filets de brume, l’éclusier et sa famille terminaient probablement leur petit déjeuner, mais nul bruit ne filtrait au-dehors. 

Dès l’entame, un récit bien écrit et atmosphérique. Un suspense efficacement campé. Qui nous installe dans la foulée de Jean-Régis de Chassart, un magistrat, quand il s’ébroue le long d’un chemin de halage des bords de Sambre, se lance dans son jogging bihebdomadaire, croise un traquenard aux limites du fantastique, lutte contre la noyade et d’énigmatiques agresseurs : Continuer la lecture

Et si le crime n’était qu’un prétexte

Ziska LAROUGE, La grande fugue, Weyrich, 2019, 219 p., 17 €, ISBN : 978-2-87489-533-3

Une violoniste étendue dans une mare de sang, son archet planté dans la carotide, sur scène. C’est sur cette image que commence La grande fugue. Enfin, c’est sur cette image que s’ouvre le roman mais l’intrigue, elle, commence quelques jours auparavant, voire encore plus tôt. Qui est la victime ? Qui lui a ôté la vie ? Pourquoi ? L’enquête policière proprement dite attendra un peu. Le temps de retracer les derniers instants de la défunte, et de son quatuor à cordes à l’avenir désormais plutôt compromis : les Barrées. Continuer la lecture

« Une heure de joie »… ou Conan Doyle mis en pratique !

Un coup de cœur du Carnet

Christian LIBENS, Une petite histoire du roman policier belge, Weyrich, coll. « Noir Corbeau », 2019, 99 p., 6,90 €, ISBN : 978-2-87489-541-8

Que voilà un ouvrage curieux ! De par son dynamisme. Qui se dépêtre d’un (faux) paradoxe : en dire beaucoup et, sans doute, vouloir exécuter un tour complet de la question tout en se révélant court, compact et… très comestible. À mille lieues d’un ennuyeux pensum. De par sa mise en page, aussi, ou sa mise en images : la moitié du livre consiste en couvertures de livres, des allures de Rosebud (nul doute qu’une larme perlera chez beaucoup au détour de l’une ou l’autre plongée vers nos lectures de jeunesse). Continuer la lecture