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Décès de Philippe Roberts-Jones

JonesPhilippe Roberts-Jones, né le 8 novembre 1924, est décédé ce 9 août 2016. Historien de l’art, il a été conservateur en chef des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Il laisse aussi une oeuvre littéraire riche de nombreux recueils de poèmes et de nouvelles, publiés sous le nom de Philippe Jones. Il était membre de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.  Lire la suite

Lire ou relire Jean Ray ? Oui et oui

Un coup de coeur du Carnet

Jean RAY, Les contes du whisky, Paris, Alma, 2016, 283 p., 18 €
Jean RAY, La cité de l’indicible peur, Paris, Alma, 2016, 253 p., 18 €

ray whiskyLa question de la disponibilité des droits ayant trouvé une solution, les éditions Alma se lancent aujourd’hui dans un nécessaire et ambitieux programme de rééditions de Jean Ray. Comme le dit Arnaud Huftier, maître d’œuvre de ce travail, on a malheureusement perdu une génération de lecteurs. Il faut maintenant tenter de réimposer le nom de Jean Ray dans l’univers francophone dont il était presque totalement absent depuis la fin des années 80 et les publications chez NéO, si l’on excepte les trois titres disponibles dans la collection Espace Nord. Par contre, il n’a jamais cessé d’être édité dans d’autres langues et est encore considéré aujourd’hui, en dehors du domaine francophone, comme un auteur majeur de la littérature et pas seulement de la littérature de l’étrange. Lire la suite

Les ravissements d’une rêveuse

Un coup de coeur du Carnet

Corinne HOEX, Valets de nuit, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2015, 160 p., 14 €:ePub : 9.99 € ; Corinne HOEX et Véronique GOOSSENS, Les Mots arrachés, Liège, Tétras Lyre, 2015, s.p., 15 €

hoex-valetsDites 33 et vous rencontrerez autant de personnages dans Valets de nuit, le dernier livre en prose de Corinne Hoex, lesquels vous seront tout dévoués comme l’indique leur titre. Peut-être pas tout le temps, mais en tout cas la nuit, quand vous rêvez. Est-on responsable de ses rêves ? Bien sûr que oui. Inconsciemment sans doute, à ceci près qu’ils correspondent probablement plus à un désir informulé ou informulable qu’au hasard de la position du dormeur ou à la qualité de son matelas. Ce sont ces rencontres furtives, totalement fantasmées ou secrètement souhaitées que nous racontent les trente-trois textes courts, économes, incisifs du volume. Lire la suite

« Une Belgique sentimentale et buissonnière »

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Baptiste BARONIAN, Dictionnaire amoureux de la Belgique, Paris, Plon, 780 p., 25 €/ePub : 15.99€

Le principe de la collection « Dictionnaire amoureux » chez Plon est bien connu : il est demandé à un spécialiste, un passionné, un connaisseur patenté de constituer, à propos de son sujet de prédilection, un abécédaire où la sensibilité le disputerait à l’érudition et où, au souci de l’exhaustivité scientifique, se verrait préférée la cartographie personnelle. Lire la suite

Auteur en quête de personnages

Aliette GRIZ, Les Fantômes sont des piétons comme les autres, ONLiT, 2015, 224 p., 14€/ ePub : 6.99 €

À la recherche d’une forme qui lui redonnerait de l’inspiration, Griz trouvait la solution pour combiner les éléments. Le contextuel et le suivi. Le papier et le blog. Une histoire et des fragments. Des personnages et une ville. Un feuilleton, ça s’appelait. Un roman, c’était trop dix-neuvième. Une nouvelle, trop court et planifié. Pétri, étalé, composé, comme une pâte vite sortie du four qu’on découpe en parts inégales, avant d’y mettre les doigts, quatre fromages ou napolitaine. Ça nourrit et c’est un peu régressif. Il suffit ensuite d’avaler les épisodes. Que ça se digère vite, avec ou sans gluten. Un feuilleton. Voilà la pizza littéraire. […] Alors que les pizzas frisent souvent la perfection, il n’y a que la surgélation qui peut les desservir.

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Entre ‘Kanun’ et ballets roses

Patrick DELPERDANGE, Comme des chiens, Bruxelles, ONLiT, 2015,275 p., 18 € / ePub : 8.99 €

Comme des chiensSon livre précédent chez ONLiT éditions nous apprenait que Patrick Delperdange est un sale type. Son dernier roman, Comme des chiens, paru chez le même éditeur, vient confirmer que Delperdange n’est pas un ange. Dans un registre différent : celui du pur polar. Lire la suite

Le juste dosage de la parole

Un coup de coeur du Carnet

Daniel DE BRUYCKER, Neuvaines 1 à 3. Bruxelles, maelstrÖm, 2015, 230 p.

Sous le titre Neuvaines 1 à 3, Daniel De Bruycker signe non pas un simple « recueil » de poèmes, mais le premier volume d’une trilogie à l’architecture très élaborée. Chacune de ces trois premières « neuvaines », en effet, comporte neuf groupes, chaque groupe neuf poèmes, chaque poème neuf vers. Ici s’arrête la contrainte numérique, car la répartition en versets ou en strophes, quant à elle, est extrêmement variable : 4-1-4, 5-3-1, 4-4-1, 3-3-3, 1-7-1, 3-2-2-2, etc. : toutes les combinaisons possibles, semble-t-il, ont été utilisées. De plus, les vers de chaque poème présentent une longueur variable, tandis que rimes et assonances fonctionnent de manière aléatoire…  Bref, une discipline de fer règne du sommet de l’édifice jusqu’à un niveau structurel précis – mais, en-deçà, s’ouvre un espace de créativité verbale paradoxalement infini. À l’instar des jeux règlementés, tout le livre s’arc-boute sur cette tension entre Norme et Liberté, qui lui donne à la fois sa charpente et son unité, tout en préfigurant les propos qui vont s’y tenir. Lire la suite

Une joie pour la vie

Éric-Emmanuel SCHMITT, La nuit de feu, Paris, Albin Michel, 2015, 188 p., 16 € / epub : 10.99 €

La Nuit de Feu par SchmittAlors âgé de vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt vit, dans le sud algérien, ce que l’on appelle communément « l’expérience du désert ». Une expérience réputée changer, parfois durablement, le regard sur le monde et sur la vie. C’est peu dire dans le cas de Schmitt qui, parti foncièrement athée dans le Hoggar, en est revenu croyant convaincu. (Sans toutefois – Dieu merci ? – chercher à affubler d’une identité particulière la force divine qu’il dit l’avoir emporté et marqué à jamais de son empreinte). C’est cette « nuit de feu » qui lui a inspiré le titre de son livre, en référence à l’illumination vécue par Pascal et à ces mots brûlants inscrits dans la doublure de veste du « Monsieur de Port-Royal ». Mais pourquoi Éric-Emmanuel Schmitt, auteur de quantité d’ouvrages, a-t-il attendu vingt-cinq ans avant de se décider à rendre publique cette expérience d’une nature par ailleurs profondément intime et, comme il le suggère, proche de l’indicible ? Il s’en explique en évoquant sa rencontre avec une journaliste protestante très étonnée que l’auteur d’une œuvre souvent marquée par la tragédie humaine puisse manifester au quotidien une telle équanimité et un tel amour de la vie. D’où la réponse dans ce livre où le vécu singulier de l’homme éclaire aussi l’œuvre de l’écrivain. Mais que s’était-il passé il y a un quart de siècle ?

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