Archives par étiquette : Michel Torrekens

Deux mille signes par jour avec Lily

Un coup de cœur du Carnet

Aliénor DEBROCQ, Cent jours sans Lily, ONLiT, 2020, 181 p., 17 €, ISBN : 9782875601216

Cent jours sans Lily : dès le titre, Aliénor Debrocq annonce la couleur. Elle ne cessera de le faire au cours de son nouveau roman, hors normes, qui séduira les lecteurs et lectrices, dont je suis, qu’interpellent les démarches littéraires aux constructions narratives inédites. Journaliste et professeure de littérature contemporaine, l’autrice y établit un pacte d’écriture – et donc de lecture – avec son lectorat. Continuer la lecture

Un Armel Job à la Simenon

Armel JOB, La disparue de l’île Monsin, Robert Laffont, 2020, 291 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782221246580

Plus encore que dans ses nombreux romans précédents, Armel Job a apporté des accents simenoniens à son dernier livre, La disparue de l’île Monsin. La preuve par le titre bien évidemment qui évoque Liège, la ville natale du père de Maigret, mais également une intrigue policière pur jus et surtout cette propension des deux écrivains à mettre en scène des petites gens. Continuer la lecture

La famille sur l’estomac

Patrick ROEGIERS, La vie de famille, Grasset, 2020, 173 p., 16,50 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782246816195

Après quantité d’essais et de romans, sur l’art sous toutes ses formes et sur les mythologies, grandes et petites histoires du Plat pays, le nouveau roman de Patrick Roegiers, La vie de famille, marque une rupture (et on verra que le mot n’est pas vain). Ce livre est probablement le plus personnel, le plus intime (comme on le dit d’un journal), le plus engagé de l’écrivain aux plus de cinquante titres. Un roman autobiographique sur « la trame inaliénable de l’enfance ». Continuer la lecture

Brasiers : prix Fintro Écritures noires

Marie-Pierre JADIN, Brasiers, Ker, 2020, 153 p., 18 €, ISBN : 9782875862686

Lauréate du prix Fintro Écritures noires remis dans le cadre de la Foire du livre de Bruxelles pour son premier roman, Brasiers, Marie-Pierre Jadin propose un récit à hauteur d’hommes et de femmes aux frontières de leurs histoires personnelles et de la grande Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide. Continuer la lecture

Une grand-mère de poids

Caroline TAPERNOUX, Une femme d’extérieur, Academia, coll. « Littératures », 2019, 80 p., 11,50€ / ePub : 8.49 €, ISBN : 9782806104748

Voilà un personnage, un vrai, qui suscite une multitude de sentiments mêlés. Personnage réel ou amplifié, personnage revisité par la mémoire qui n’est pas toujours fidèle, surtout quand la littérature la revisite (d’où le terme « roman » sur la couverture). Une grand-mère portraiturée par une petite-fille, devenue adulte, qui porte sur elle un regard contrasté. Car cette grand-mère est un phénomène, il n’y a pas d’autre mot, et c’est tout le charme de ce livre. Continuer la lecture

Benzine : le livre de sa mère

Rachid BENZINE, Ainsi parlait ma mère, Seuil, 2020, 91 p., 13 € / ePub : 9.49 €, ISBN : 9782021435092

Ainsi parlait ma mère, de Rachid Benzine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déclaration d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hommage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quotidien, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en terres étrangères. Ainsi parlait ma mère, de Rachid Benzine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déclaration d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hommage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quotidien, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en terres étrangères. Continuer la lecture

Hammershøi, Gould, Bernhard, sous l’œil fraternel de Patrick Roegiers

Patrick ROEGIERS, Éloge du génie – Vilhelm Hammershøi, Glenn Gould, Thomas Bernhard, Arléa éditions, coll. « La rencontre », 2019, 109 p., 17 €, ISBN : 9782363082077

Dès les premières pages de son Éloge du génie, Patrick Roegiers nous livre une définition très personnelle des génies (en tout cas dans le domaine artistique car ne sont pas abordé.e.s ceux ou celles issu.e.s du monde scientifique par exemple). À ses yeux, ils « ne sont pas de doux dingues, des individus anormaux, bizarres ou délirants (…) », mais « des êtres singuliers dans leur façon d’exister, de voir ou de raconter le monde, et de créer (ou de crier ?). » Continuer la lecture