Archives par étiquette : Michel Torrekens

Un tas de pierres comme un défi à la vie

Aurélie William LEVAUX et Christophe LEVAUX, Le tas de pierres, Cambourakis, Coll. « Littérature », 2018, 128 p., 15 €, ISBN : 978-2-36624-332-1

Levaux_Le tas de pierresLui, Christophe, a publié, il y a un an seulement, La disparition de la chasse, aux éditions Quidam, une comédie sociale satirique et acide dans le monde entrepreneurial.  Elle, Aurélie William,  multiplie les activités artistiques autour notamment du dessin sur tissu, de la broderie et de l’écriture. Elle a sorti une quinzaine d’ouvrages chez différents éditeurs comme Prédictions, Sisyphe, les joies du couple ou encore Le verre à moitié vide, chez Atrabile où paraît prochainement La vie intelligente. Citons également Le festin des morts, au Tétras Lyre, avec Caroline Lamarche [1]. Continuer la lecture

Tuer le temps avec Engel à Maramisa

Vincent ENGELMaramisa, Escales, coll. « Domaine français », 2018, 521 p., 21.90 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782365693592

engel maramisaL’œuvre de Vincent Engel s’élabore selon une architecture audacieuse et ambitieuse, à l’exemple de la cité mystérieuse au cœur de ce roman ample : Maramisa. Ses livres s’emboîtent telles des matriochkas, les unes en contenant d’autres, pour aller s’amplifiant. Les lecteurs assidus d’Engel se souviendront que le roman Maramisa se trouvait en germe dans une nouvelle lauréate du Concours de Nouvelles de Radio France Internationale (RFI), publiée en 1993 (!) dans son premier recueil : Légendes en attente. Longue genèse que le lecteur peut découvrir sur le site du roman, où Vincent Engel propose des prolongements à son livre, en mode réalité augmentée : vidéos, musique, iconographies, textes divers, FAQ, forum, rencontres, etc. Continuer la lecture

Millon petit périple dans le périmètre de la vie

Alexandre MILLON, Le périmètre de vie, Murmure des soirs, 2018, 132 p., 15 €, ISBN : 978-2-930657-42-4

millon le perimetre de vie.pngDouze ans. La littérature est souvent histoire de patience : il aura fallu attendre douze ans pour pouvoir lire un nouveau roman d’Alexandre Millon qu’on avait découvert avec, notamment, Mer calme à peu agitée, paru au Dilettante ou Sumo sur brin d’herbe, paru au Grand Miroir. Mais le temps éditorial coïncide rarement avec le temps de l’écriture et, si Alexandre Millon n’a plus publié durant plus d’une décennie, il n’en écrivait pas moins. La preuve noir sur blanc avec la sortie de son dernier roman, Le périmètre de vie, aux éditions Murmure des soirs. Continuer la lecture

Se battre, toujours se battre

Isabelle BIELECKI, Les tulipes du Japon, M.E.O., 2018, 238 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-8070-0143-5

bielecki les tulipes du japon.jpgAprès un premier roman Les mots de Russie (éd. E.M.E.), remarqué par le prix des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles, plusieurs recueils de poésie ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles, Isabelle Bielecki propose un deuxième roman, Les tulipes du Japon, aux éditions M.E.O. Le roman d’une femme au parcours étonnant à travers lequel le lecteur est en droit de lire des accents autobiographiques, à partir des éléments que lui fournit la quatrième de couverture. Continuer la lecture

Ring Est, prix Fintro Écritures noires

Isabelle CORLIER, Ring Est, Ker, 2018, 277 p., 18 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-87586-225-9

corlier ring estC’est sur manuscrit et à l’occasion de la Foire du Livre de Bruxelles 2018 qu’Isabelle Corlier a remporté le premier prix Fintro Écritures noires 2017. Un prix tout à fait mérité pour Ring Est, que les éditions Ker ont publié dans la foulée. Un premier roman d’une grande maturité, tant dans la manière de mener une intrigue hors norme que de décrire le quotidien d’un jeune veuf, père d’une gamine en bas âge, juge d’instruction de profession : Aubry Dabancourt. Continuer la lecture

Le souffle de l’insolite

Un coup de cœur du Carnet

Carino BUCCIARELLI, Dispersion, Encre Rouge, 2018, 178 p., 18 €, ISBN : 978-2-37789-094-1

bucciarelli dispersion.jpgVoilà plus de quinze ans que ses lecteurs attendaient un nouveau livre de Carino Bucciarelli. Leur patience a été payante puisque 2018 voit la sortie d’un recueil de nouvelles, Dispersion, de très bonne tenue.

Carino Bucciarelli commence son recueil avec le texte qui lui donne son titre, une histoire incroyable dans le plein sens du terme puisque, dans un cadre anodin, il nous présente un homme qui se liquéfie membre après membre au contact de saletés. Le récit est vécu comme un cauchemar et l’auteur interpelle au final son lecteur, l’impliquant dans le frisson qu’il provoque. La suite est du même tonneau avec des nouvelles relativement courtes d’une rare efficacité. Le réel implose de partout dans ces histoires où tout est possible : un rapace qui parle, une relation quasi œdipienne avec un… cactus, une armoire qui… respire, un fils qui retrouve son père sous la forme d’une belette, un personnage qui observe le monde par son nombril, une résurrection par un certain Jizi Cri ! Continuer la lecture

Le fil de l’adolescence

Myriam LEROY, Ariane, Don Quichotte, 2018, 208 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-235949-675-8

leroy_ariane.jpgL’adolescence est un labyrinthe. On y entre au sortir de l’enfance et on en cherche l’itinéraire et la sortie pour entrer dans l’âge adulte. À la suite de deux amies qui sont au cœur de son premier roman, Ariane, Myriam Leroy nous déroule quelques fils pour traverser cette période qualifiée d’ingrate.

La narratrice est née au cœur du Brabant wallon, déjà tout un programme à ses yeux, dans une famille catholique, conventionnelle, ennuyeuse à mourir (et notre héroïne a de fréquentes velléités de suicide), qui mène une vie de privations, mais qui se gargarise d’appartenir à la bourgeoisie nantie. À tel point que leur fille s’est mise à haïr les riches du BW, « Haïr les riches, qu’ils soient ou non gentils, haïr davantage les gentils, les riches philanthropes, ceux qui donnent aux pauvres, qui leur ouvrent leurs bras et leur porte ». Ce foyer passablement névrosé s’est établi à Nivelles, « une machine à crever d’ennui ». Et pourtant, ceux qui y naissent y reviennent toujours. Mais l’appartenance sociale vous colle à la peau, ce que la narratrice constate des années après sa jeunesse : « non seulement tu ne seras jamais aussi riche qu’eux, mais surtout tu ne seras jamais comme eux (…) Tu appartiendras toujours à une autre race, gauche, empruntée, constamment à la lisière du burlesque. » Continuer la lecture