Archives de catégorie : Poésie

Mise au vert

Mathy Pencher le coeur

Pencher le cœur

Auteur : Philippe Mathy

Mai­son d’édition : L’ail des ours

Col­lec­tion : Grand ours

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 64

Prix : 8 €

Livre numérique : /

EAN : 9782491457525

Pencher le cœur est le titre du dernier recueil de prose poé­tique de Philippe Mathy aux édi­tions de L’ail des ours dans la col­lec­tion « Grand ours ».

Pencher le cœur ou se pencher tout court, s’asseoir dans l’herbe et ralen­tir, retrou­ver le gout de la sim­plic­ité, de la lenteur, de la nature. Pencher le cœur est comme une invi­ta­tion à souf­fler, à se met­tre au vert. Vert comme la couleur dom­i­nante des pein­tures abstraites qui illus­trent le recueil et ren­for­cent le sen­ti­ment de quié­tude qu’il pro­cure à celui ou celle qui le lit. Con­tin­uer la lec­ture

Écrire pour les oreilles et par l’oreille et pour les yeux

Leclercq Booker Little

Booker Little

Auteur : Pas­cal Lecler­cq

Mai­son d’édition : Angle mort

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 52

Prix : 12 €

Livre numérique : /

ISBN : 979–10-982925–0‑7

Que ce soit pour un réc­it ou pour une série de poèmes, Pas­cal Lecler­cq aime, comme les oulip­i­ens, écrire sous con­traintes, s’inventant des con­signes per­son­nelles, des pièges à rêves ou à mots conçus spé­ciale­ment pour et par l’écriture en cours. Book­er Lit­tle et autres poèmes n’échappe pas à ce plaisir jubi­la­toire d’écrire. Con­tin­uer la lec­ture

Chemin faisant

Norac Brouillard J’ai un poème à te dire

J’ai un poème à te dire

Auteur (texte) : Carl Norac

Autrice (illus­tra­tions) : Anne Brouil­lard

Mai­son d’édition : Pas­tel

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 132

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782211343336

Par­fois, Carl Norac a un mot dans la main :

Par­fois, j’ai un mot dans la main qui bouge.
Il me cha­touille comme une paille,
s’allonge à la façon d’un cri­quet
prêt à sauter ou bien il se love
en bout de laine sur les lignes de ma paume.
Con­tin­uer la lec­ture

Elke de Rijcke ou l’art de vivre un jour qui vaut un jour

Un coup de cœur du Car­net

Elke de Rijcke Paradisiaca Un Lake-Opera

Paradisiaca. Un Lac-Opéra

Autrice : Elke de Rijcke

Mai­son d’édition : MF

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 128

Prix : 10 €

Livre numérique : /

EAN : 9782378041076

Lire Par­a­disi­a­ca, le dernier livre en date d’Elke de Rijcke, c’est plonger dans un voy­age sen­si­ble la menant de Brux­elles à Bodan, au bord d’un lac, celui de Con­stance. Voy­age métic­uleuse­ment dense, gorgé de sen­sa­tions et d’inventions lan­gag­ières. De for­mules qui font mouche. Impactent notre lec­ture. Touchent nos cœurs et nos cordes sen­si­bles. Voy­age apaisant. Ren­con­tre apaisante avec le lac et ses berges. Avec ses ciels aus­si. Ses lumières. Ren­con­tre apaisante avec l’une des beautés du monde. Parce que, oui, il existe des beautés dans le monde. Les dire, les couch­er sur papi­er, les don­ner à sen­tir dans des poèmes splen­dide­ment can­dides, faisant comme si l’angoisse et les ter­reurs qui nous sai­sis­sent devant l’enfer que ça peut être, des fois, de vivre ici, dans l’ici-bas, n’existaient pas ou ne fai­saient que peu le poids devant la joie intérieure, l’émerveillement que l’on ressent, comme Elke de Rijcke, à fendre l’air en voiture, à pal­piter en rai­son d’un ciel radieux, à n’avoir d’yeux que pour le bel élan et ce qui nous le pro­cure : les fric­tions avec le ciel (soleil, nuages et petite lune), les doigts de l’amoureux, sa présence joyeuse à nos côtés, etc. Con­tin­uer la lec­ture

Ravages : une maison d’édition
pour dire que les papillons dans nos ventres
sont des pâtes de supermarché

Drèze Pour mieux lécher les flammes

Pour mieux lécher les flammes

Auteur : Zéphyr Sey­naeve Drèze

Mai­son d’édition : Rav­ages

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 100

Prix : 14 €

Livre numérique : /

EAN : 9782960413700

Wasinski le couteau dans le geste

Le couteau dans le geste

Autrice : Alice Wasin­s­ki

Mai­son d’édition : Rav­ages

Col­lec­tion : Vacarme

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 64

Prix : 11 €

Livre numérique : /

ISBN : 9782960413717

Camille Coomans et Aurélien Dony aiment la poésie. Amoureuse­ment. Ne ménageant pas leur peine pour la défendre. En écrivant eux-mêmes. Mul­ti­pli­ant leurs pub­li­ca­tions. Pub­liant des fois dans la même mai­son, Abra­pal­abra. Par­tant des fois sur les routes, en rési­dence. Tra­ver­sant l’Atlantique pour porter leur voix ailleurs. Ani­mant partout des ate­liers d’écriture auprès de publics var­iés. Croisant joyeuse­ment le fer, sur scène, avec des artistes issus d’autres arts, la musique, notam­ment. Camille et Aurélien, ces infati­ga­bles, ont décidé, il y a plus ou moins un an, de pouss­er le bou­chon encore un peu plus loin, en créant, mais oui !, Rav­ages, une mai­son d’éditions entière­ment neuve, bien dans leur esprit, advi­enne que pour­ra. Une mai­son d’éditions aven­tureuse. Visant à combler plusieurs vides. Con­tin­uer la lec­ture

L’infini à portée de quatrains

Christophe GILOT, Ten­ta­tive d’épuisement d’un jeu de qua­trains, Cac­tus inébran­lable, coll. « Micro­cac­tus », 2026, 94 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–126‑2

gilot tentative d'épuisementChristophe Gilot, en pub­liant ce deux­ième opus chez Cac­tus inébran­lable, Ten­ta­tive d’épuisement d’un jeu de qua­trains, mar­que une fois encore son gout pour la poésie et les qua­trains, mais aus­si, en ren­dant hom­mage à Georges Perec, pour les con­traintes d’un OULIPO qu’il con­nait par­faite­ment… Perec a ouvert tant et tant de voix et de voies dans cette écri­t­ure à con­traintes où il a dévelop­pé avec un génie éblouis­sant de nou­velles ter­res d’asile et de con­quêtes dans la lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Un jouet sur la mappemonde

Carme­lo VIRONE, Pren­dre ses quartiers, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2026, 103 p., 16 €, ISBN : 978–2‑488–229173

Virone-Prendre-ses-quartiersCarme­lo Virone est un poète dis­cret, rare. Avec ce nou­veau recueil, Pren­dre ses quartiers, le troisième depuis 2002, Virone pose ses bagages de bourlingueur lit­téraire. Qu’ils soient d’hiver ou d’été, il prend ses quartiers dans les ter­ri­toires de l’enfance, là où la fron­tière entre mémoire et nos­tal­gie se fait plus poreuse. Au fil du mots, les sou­venirs éclosent par bribes. Éclats, pépites qui sur­gis­sent comme une sur­prise décou­verte, avec émer­veille­ment, dans le creux de l’œuf en choco­lat. Un peu de jus de gro­seille sur les mains, une marelle dess­inée sur le pavé ou la toupie que l’enfant rêve de voir tourn­er indéfin­i­ment, voilà sans doute les rem­parts con­tre le temps qui passe. Con­tin­uer la lec­ture

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

Des silhouettes qui vont, viennent et disparaissent…

Roland LADRIÈRE, La danse uni­verselle, Tail­lis Pré, 2026, 75 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–252‑1

ladriere la danse universelleLa danse uni­verselle, titre du nou­veau recueil de Roland Ladrière, pour­rait être un mou­ve­ment bal­ancé orig­i­naire d’Espagne ou d’Italie, une cha­conne peut-être. En tous cas, une danse à trois temps ryth­mée par les trois moments de l’existence, la nais­sance, la vie, la mort. Une danse, un mou­ve­ment per­pétuel qui s’illustre ici par la présence du même poème en tête et en fin de vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Souffles et lueurs de la nuit

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Véronique GOOSSENS, Avant que nos corps s’illuminent, Chat polaire, 2026, 60 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931028–42‑1

emmanuel avant que nos corps s'illuminentDans l’atelier de Véronique Goossens, dont il appré­cie depuis longtemps les gravures, François Emmanuel décou­vre un jour une série inti­t­ulée Errance et Aubade. Lui vient alors l’envie d’écrire à par­tir d’elle un réc­it poé­tique ; ayant choisi vingt-et-une planch­es, il les range dans un ordre pré­cis, pré­fig­u­rant ain­si le cours du texte dont il entre­prend la rédac­tion. Avec la vig­i­lante éditrice Marie Taffore­au, les images sont recadrées puis repro­duites, la mise en page ajustée, le for­mat accru, aboutis­sant aujourd’hui à ce livre mince et mag­nifique où la vie d’une femme aimante est saisie dans sa pure intéri­or­ité, de l’enfance jusqu’à l’approche de la fin… Les gravures ini­tiales, cepen­dant, n’ont rien de flat­teur ou de char­mant : en noir et blanc sur un fond légère­ment jaune-vert qui les réchauffe à peine, elles présen­tent une allure fan­toma­tique, par­fois même inquié­tante, telles des appari­tions dans la brume. Sauf une excep­tion, chaque image com­porte d’un à trois per­son­nages adultes ou enfants, ici immo­biles et là en mou­ve­ment, alter­na­tive­ment debout, assis ou couchés sur le sol. Par­fois nus, par­fois vêtus, le plus sou­vent mécon­naiss­ables, les corps peu sex­ués élu­dent toute forme de séduc­tion ou d’érotisme. Au con­traire, la fac­ture cré­pus­cu­laire, voire cauchemardesque, sem­blerait se prêter à un drame fan­tas­tique mieux qu’à une rêver­ie amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Les tremblements de la nomination

Un coup de cœur du Car­net

Yves NAMUR, Fig­ures de l’éphémère, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2026, 274 p., 12 €, ISBN : 9782875687388

namur figures de l'éphémèreL’œuvre d’Yves Namur se tient sous le signe de la poésie pen­sante au sens où l’espace du poème se con­stru­it comme un lieu de médi­ta­tion et de réflex­ion méta­physique. Fig­ures de l’éphémère, mag­nifique­ment post­facé par Daniel Laroche, abrite des frag­ments de trois recueils poé­tiques des années 1990, Frag­ments de l’inachevée (1992), Une parole dans les failles (1997), Fig­ures du très obscur (2000). La matière lan­gag­ière, l’acte de la nom­i­na­tion sont au cœur de l’imaginaire du poète, médecin des corps-âmes et médecin des mots, qui plante son inter­ro­ga­tion dans la ques­tion tout à la fois philosophique, poé­tique, exis­ten­tielle et spir­ituelle du dire, de la rela­tion (pos­si­ble et impos­si­ble) entre les mots et les choses. Liée à la con­ci­sion, à une ligne orac­u­laire, à un mou­ve­ment heuris­tique, la pré­va­lence de la forme ques­tion­nante est exigée par la rad­i­cal­ité du geste namurien : remon­ter aux sources du pas-de-deux entre le réel et la parole. L’oreille col­lée aux écrits d’Héraclite d’Éphèse, des Pré­socra­tiques, aux mys­tères du nom (sacré et pro­fane), Yves Namur aus­culte les promess­es, mais aus­si les failles, les lim­ites, l’impuissance du verbe, les para­dox­es dans lesquels le souf­fle de la parole nous entraine. Con­tin­uer la lec­ture

Saut hors de la surface du miroir

Tris­tan SAUTIER, Michel AUDOUARD, Miroy­ances, Coudri­er, Coll. « Sor­tilèges », 2025, 52 p., 20 €, ISBN : 9782390520795

sautier audouard miroyancesC’est à pas de loup ou de colombe, de colombe-loup qu’on entre dans Miroy­ances, dans son jeu de miroirs entre les poèmes de Tris­tan Sauti­er et les encres de Michel Audouard.  Le recueil se place sous le signe du miroir pul­vérisé, d’un ébran­le­ment de la sur­face miroi­tante de la page en vue d’une ren­con­tre avec soi-même. L’ombre de René Char se lève. On pense à son recueil Le poème pul­vérisé, on vibre à l’hommage-détournement dis­cret que Tris­tan Sauti­er opère au détour de vers épars rap­pelant ceux du poète. Con­tin­uer la lec­ture

Promenade au crépuscule

Héloïse HUSQUINET, Couler le ciel con­tre ma joue, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2026, 100 p., 15 €, ISBN : 9782930822426

husquinet couler le ciel contre ma joueHéloïse Husquinet, avec son recueil Couler le ciel con­tre ma joue pub­lié aux édi­tions L’arbre de Diane dans leur col­lec­tion « Les deux sœurs », nous prend douce­ment la main et nous emmène en balade dans des endroits qu’elle a con­nus ou seule­ment tra­ver­sés, dans une Amérique du Nord jamais nom­mée mais que la mai­son d’édition nous souf­fle à l’oreille. L’autrice nous offre des bribes de lieux, des bouts de nature, des frag­ments plus urbains qu’elle fait vivre à tra­vers de petits instants de vie y étant rat­tachés. Con­tin­uer la lec­ture

« Encore et encore »

Un coup de cœur du Car­net

Marie MEULEMAN (autrice) et Matthieu LITT (pho­tographe), Camille se réveille, Cot­Cot­Cot, 2026, 164 p., 19,90 €, ISBN : 9782930941806

meuleman camille se reveilleSe réveiller, sous ses paupières. Pren­dre con­science de l’au-dehors. Ouvrir les yeux, les rideaux bleus. Regarder par la fenêtre sans hori­zon. S’étirer. Allumer son télé­phone. Se ver­ti­calis­er, pieds au planch­er. Un pas, puis l’autre, mon­ter les march­es vers la cafetière. Saluer le chat. Pren­dre sa tasse, la rem­plir, se brûler la langue. S’habiller. Par­tir, courir. Chaque matin, un cycle immuable qui se répète autour d’infimes et infinies vari­a­tions. Celles-ci se nichent dans l’énergie à « quit­ter la nuit qui autorise tout et que rien n’interdit » ou le refus d’affronter le jour, le soleil dar­d­ant ou le ciel plom­bé, le choix de la tasse pour le breuvage noir. Et cepen­dant tou­jours les mêmes ten­tures, la même cui­sine, la même course, la même Brux­elles… Con­tin­uer la lec­ture

Devenir encore, obstinément

Un coup de cœur du Car­net

Éric CLEMENS, La mort existe pas, col­lages et pho­tos de Christoph Bruneel, Âne qui butine, 2026, 160 p., 22 €, ISBN : 9782919712397

clémens la mort existe pasDans La mort existe pas, Éric Clé­mens per­siste et reste fidèle à lui-même : abor­dant la vieil­lesse, le corps qui décrépit, les proches qui dis­parais­sent, Éric Clé­mens aurait pu som­br­er dans le pathos, le ressasse­ment nat­u­ral­iste, la nos­tal­gie, la mélan­col­ie, la con­fes­sion, la ten­ta­tion tes­ta­men­taire, l’autofiction, etc.

Rien de tout ça. Tant mieux. Con­tin­uer la lec­ture

Se réinventer collectivement

Lyly­beth MERLE, Échard­es, Arbre de Diane, coll. « Les deux Sœurs », 2026, 170 p., 15 €, ISBN : 9782930822419

merle echardesLes plumes de paon, l’arc-en-ciel qui relie les humains et les forêts, les échard­es, les vio­lences exer­cées par la société, la décon­struc­tion de l’identité gen­rée, du genre garçon et la décou­verte d’un autre corps, d’un iel, tra­ver­sé par les noces du féminin et du mas­culin… Dans ce con­te scan­dé en treize par­ties, ryth­mé par le « chant des oréades », Lyly­beth Mer­le délivre un texte queer qui par­court les cer­cles d’une exis­tence s’inventant d’autres pos­si­bles. Autrice, per­formeuse drag, met­teuse en scène, mil­i­tante, artiste de cabaret, Lyly­beth Mer­le dénoue, retisse les fils qui nouent l’intime et le social, la ques­tion du genre et celle de la langue, le regard posé sur soi et celui que la société pose sur les non-binaires, sur les anges du troisième sexe, les déracineurs de normes. Con­tin­uer la lec­ture