Archives par étiquette : photographie

Jean Paul Gaultier et Vivienne Westwood pour l’histoire

Véronique BERGEN, Jean Paul Gaulti­er, EPA, 2025, 207 p., 35 €, ISBN : 978–2‑37671–737‑9
Véronique BERGEN, Vivi­enne West­wood, EPA, 2025, 207 p., 35 €, ISBN : 978–2‑37671–680‑8

bergen vivienne westwoodAprès la paru­tion en 2024 des vol­umes con­sacrés à Karl Lager­feld et Alexan­der McQueen, Véronique Bergen pour­suit son explo­ration du tra­vail des grands cou­turi­ers. En cette fin d’an­née, elle a étudié deux autres grands créa­teurs : Jean Paul Gaulti­er et Vivi­enne West­wood. Con­tin­uer la lec­ture

« …jusqu’à l’ombre zéro… »

Philippe COLMANT, Ver­so de l’ombre, Pho­togra­phies de l’auteur, Coudri­er, 2025, 89 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–077‑1

colmant verso de l'ombreOuvrant le recueil du poète-pho­tographe Philippe Col­mant, l’épigraphe de Jules Renard nous donne d’emblée la clé (d’une) des lec­tures pos­si­bles du texte et des images réu­nis ici : L’ombre ne vit qu’à la lumière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en matière de poésie : l’exploration sans cesse renou­velée des zones où la lumière pro­jette ces images (apparem­ment) abstraites et mono­chromes faites de tach­es d’ombre mou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

La vie sur le vif

Éric LAMIROY, À la volée, Lamiroy, 2025, 170 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–028‑5             

lamiroy a la voléeÀ la volée et tout est dit car Éric Lamiroy a saisi les instants fur­tifs liés aux hasards des ren­con­tres des déam­bu­la­tions, des prom­e­nades, des ren­dez-vous pour nous faire partager ses textes et pho­togra­phies sai­sis dans l’ar­pen­t­age du temps. Éric Lamiroy, on le sait, ne se pré­tend pas auteur et ce n’est pas une coquet­terie, c’est prob­a­ble­ment une vraie mod­estie chez celui qui sait cro­quer les instants sus­pendus que son regard déplie sur le vif, à l’in­stant, dans l’in­stant. Ces textes, il le rap­pelle, ne sont pas des fic­tions mais des formes d’éblouisse­ments partagés où la poésie, qui ne s’an­nonce pas, affleure sou­vent tant ces formes brèves sont mar­quées d’é­mo­tion, d’ami­tié et quelque­fois d’une forme de mélan­col­ie joyeuse. Con­tin­uer la lec­ture

Des mots derrière la pellicule

Jan BAETENS, Hiv­er à Rome, Tétras Lyre, 2025, 62 p., 16 €, ISBN : 9782930685731

Dans son dernier recueil, Hiv­er à Rome, pub­lié aux édi­tions Tétras Lyre, Jan Baetens pro­pose au lecteur une quar­an­taine de textes courts (dix lignes, jamais une de plus, jamais une de moins) et poé­tiques écrits – comme l’indiquent la qua­trième de cou­ver­ture et le préam­bule – devant des pho­togra­phies archéologiques issues de l’Academia bel­gi­ca à Rome. Les clichés se décou­vrent avec plaisir à la fin de l’ouvrage. Con­tin­uer la lec­ture

Une valse à trois temps

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE, Le Bel Obscur, Seuil, 2025, 240 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782021603439

lamarche le bel obscurIl existe des livres que l’on ne peut lâch­er, des livres qui, une fois com­mencés, con­duisent à délaiss­er toute autre activ­ité.

La nar­ra­trice du Bel Obscur s’adonne avec pas­sion à la lec­ture des Alchimistes grecs, ouvrage ancien con­sacré aux arts et métiers qu’elle a trou­vé en bro­cante. Con­tin­uer la lec­ture

Véronique Bergen et Zoë Lund : « Tu cherches l’infini »

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Voy­age avec Zoë Lund, Lan­sk­ine, 2025, 48 p., 14 €, ISBN : 978–2‑35963–162‑3

bergen voyage avec zoe lundGar­rotée d’existence, Zoë Lund est un être flam­boy­ant. Elle est née en 1962 et morte en 1999 – ceci pour ren­seign­er les fanas de Chronos. Zoë Lund est aus­si immortelle – ceci pour les fanas d’Aïon. Et pour les fanas de Kaïros : saluez la sor­tie de cet opus de Véronique Bergen, qui opère un saut magis­tral, et sans filet, dans la Lit­téra­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Des images, des mots, et vice-versa

Yves NAMUR (sous la direc­tion de), Lit­téra­ture et Pho­togra­phie. Académie royale de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8032–0088‑7

collectif litterature et photographieImman­quable dès le pre­mier abord : la diver­sité même de cet ouvrage où dix auteurs/autrices s’intéressent aux rela­tions entretenues avec la pho­togra­phie par une série d’autres l’ayant, depuis le début des années 1980, pra­tiquée, ou observée, ou com­men­tée, ou mise en retrait. Ce petit livre réu­nit les inter­ven­tions pronon­cées en novem­bre 2024, lors d’un col­loque organ­isé à Brux­elles par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture française. Dix inter­ven­tions : celles de Jan Baetens, Danielle Bajomée, Muriel Claude, Luc Del­lisse, Hélène Gian­nec­chi­ni, Philippe Lekeuche, Yves Namur et Mar­tine Renouprez. Autant dire qu’il en ressort des approches sig­ni­fica­tive­ment dif­férentes sur la thé­ma­tique abor­dée, témoignant de l’impact incroy­able­ment fécond qu’a procuré l’image pho­tographique depuis son inven­tion par Niépce, vers 1825, et ce qu’il en advint par la suite. Impos­si­ble ici de ren­dre compte en détail des apports par­ti­c­uliers de ces dix chapitres en noir et blanc. Mais à tra­vers ces pages vien­nent s’inscrire des élé­ments qui, dans leur dis­par­ité, sem­blent autant de pointeaux mar­quants au sein du ter­ri­toire délim­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Enquête sur un double et sur soi-même

San­dra DE VIVIES, La femme du lac, Cam­bourakis, 2025, 144 p., 18 €, ISBN : 978–2‑36624–967‑5

de vivies la femme du lacLa femme du lac est le pre­mier roman de San­dra de Vivies, une autrice ambitieuse, n’ayant pas froid aux yeux. L’histoire en est sim­ple : une nar­ra­trice acquiert à Berlin, pour 12 €, une boîte de négat­ifs pho­tos datant des années 1960–1970. Puis tout part à la dérive, tant au niveau nar­ratif qu’au niveau de la langue, San­dra de Vivies nous invi­tant à une plongée sen­si­ble et his­torique hors-norme. La nar­ra­trice, mal­gré la dif­férence d’âge et d’époque, s’identifiant à cette femme du lac qui appa­rait ici et là dans les pho­tos. La nar­ra­trice ne pou­vant s’empêcher de voir dans cette femme du lac un dou­ble d’elle-même. Con­tin­uer la lec­ture

Un amour en diagonale

Frédéric ROELS, Ren­dez-vous, Lans­man, 2024, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807104204

roels rendez-vousLéa et Ted se retrou­vent sur la Ram­bla, à Barcelone. Un ren­dez-vous qui sem­ble ne pas avoir été con­venu, mais qui est une évi­dence pour tous les deux. Qui sont-ils l’un pour l’autre ? Der­rière les for­mules de politesse, des mots laconiques et une cer­taine gêne, on sent une forte atti­rance. Ils sont comme hors du temps. Leur dia­logue est étrange, quelque peu philosophique. Leurs pas les mènent vers la mer. On remonte le temps au rythme de leurs foulées. Dix ans plus tôt, ils se sont ren­con­trés lors du tour­nage de Ren­dez-vous à Barcelone de Guy Long­prez. Léa Goldoni, actrice vedette française, y tient le pre­mier rôle. Ted, quant à lui, un Bri­tan­nique solaire et soli­taire, com­pose la musique du film. Pho­tographe ama­teur, il aime assis­ter au tour­nage, pour s’imprégner au mieux de l’am­biance et faire rejail­lir toutes ces émo­tions dans sa musique. Il prend quelques clichés de Léa qui font sen­sa­tion. Jamais per­son­ne ne l’avait regardée de cette manière, avec ce regard si atyp­ique, en diag­o­nale. Une rela­tion inédite et pla­tonique voit le jour entre eux, leurs rap­ports restant toute­fois pro­fes­sion­nels. Les vies de famille, les besoins du méti­er les acca­parent. Les années passent. Mais cha­cun con­tin­ue à chercher des signes de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Surréalisme, pour ainsi dire…

Xavier CANONNE, Char­lotte DOYEN, Thier­ry MASSIN, Ade­line ROSSION et Chris­telle ROUSSEAU, Image(s) d’une col­lec­tion, tome 2, Musée de la Pho­togra­phie de Charleroi, 2024, 352 p., 45 €, ISBN : 978‑2871 830 863

surrealisme pour ainsi dire

Le cen­te­naire de la paru­tion du Man­i­feste du sur­réal­isme d’André Bre­ton – et, en Bel­gique, du groupe Cor­re­spon­dance for­mé de Paul Nougé, Camille Goe­mans, Mar­cel Lecomte – est mar­qué par de très nom­breuses man­i­fes­ta­tions et expo­si­tions, dans notre pays et à tra­vers le monde. Le Musée de la Pho­togra­phie à Charleroi saisit l’occasion pour présen­ter l’apport essen­tiel des par­tic­i­pants du mou­ve­ment à la pho­togra­phie, qui con­stitue l’un des axes majeurs de ses col­lec­tions. Le sur­réal­isme au prisme de la pho­togra­phie, ou la pho­togra­phie au prisme du sur­réal­isme ? Les deux ori­en­ta­tions tien­nent la route et se com­plè­tent, car par­mi les avant-gardes du 20e siè­cle, peu ont autant mar­qué l’avancée du medi­um pho­tographique dans l’histoire (vivante) de l’art que le sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Littérature et photographie : 2 colloques à l’Académie

Les 22 et 23 novem­bre, l’A­cadémie accueillera deux col­lo­ques autour de la thé­ma­tique “Lit­téra­ture et pho­togra­phie”. Le pre­mier est organ­isé par l’AICL (Asso­ci­a­tion inter­na­tionale de la cri­tique lit­téraire), le sec­ond par l’A­cadémie elle-même.  Con­tin­uer la lec­ture

Décès du photographe Marc Trivier

Jean-Claide Pirotte par Marc Trivier

Jean-Claude Pirotte pho­tographié par Marc Triv­i­er – AML 00253/0182.

Les Archives & Musée de la lit­téra­ture ont annon­cé le décès du pho­tographe Marc Triv­i­er. Né en 1960 à Brux­elles, il est décédé le 27 sep­tem­bre. Il a con­sacré une par­tie de son tra­vail à la pho­togra­phie d’écrivains belges. Con­tin­uer la lec­ture

Effet-miroir

Un coup de cœur du Car­net

Jan BAETENS et Marie-Françoise PLISSART, Mon jardin des plantes : poèmes et pho­togra­phies, Impres­sions nou­velles, 2024, 136 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN :978–2‑39070–145‑3

baetens plissart mon jardin des plantesJan Baetens (1957) est l’auteur de vingt recueils de poésie, dont récem­ment Après, depuis (2021, prix Mau­rice Carême de poésie 2023) et Tant et tant (2022). Styles et thèmes de ses livres vari­ent mais leur point de départ est tou­jours le même : la vie quo­ti­di­enne repen­sée par l’art et la lit­téra­ture. Auteur de nom­breuses études sur les rap­ports entre textes et images, dont Le roman-pho­to (avec Clé­men­tine Mélois) ou Adap­ta­tion et bande dess­inée : éloge de la fidél­ité, dans son essai Illus­tr­er Proust, il présen­tait et dis­cu­tait les répons­es suc­ces­sives don­nées depuis plus d’un siè­cle par les artistes et leurs édi­teurs au désir et à la dif­fi­culté d’illustrer Proust. Il a pub­lié le remix d’une col­lec­tion privée de ciné-romans-pho­tos, Une fille comme toi (2020) et un essai con­tre l’oralisation de la poésie : À voix haute. Poésie et lec­ture publique (2016). Marie-Françoise Plis­sart (1954) est l’une des fig­ures majeures de la pho­togra­phie belge. Comme Baetens, elle s’est intéressée très tôt aux rap­ports entre un texte et une image, réal­isant avec Benoît Peeters le livre Cor­re­spon­dance (Yel­low Now, 1981), début d’une bib­li­ogra­phie abon­dante. Pho­tographe free-lance depuis 1987, elle a réal­isé de nom­breux travaux dans de mul­ti­ples domaines tels que l’architecture, le théâtre, le por­trait et l’illustration. Ses pho­togra­phies ont été notam­ment exposées à Brux­elles, Liège, Paris, Genève, Ams­ter­dam, La Haye, Rot­ter­dam, Berlin et Vienne. Elle est aus­si une vidéaste cap­tivée par l’exploration du tis­su urbain et par ses trans­for­ma­tions. Con­tin­uer la lec­ture

« Le jardin, le séisme »

Daniel DE BRUYCKER, Chan­tal DELTENRE, Pour vio­lon seul, Chat polaire, 2024, 75 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–30‑8

de bruycker deltenre pour violon seulLa perte de l’être cher et l’absence qui en résulte provo­quent tou­jours un séisme. Tout dès lors sem­ble tourn­er au ralen­ti, les sec­on­des qu’égrène l’horloge accrochée au mur, la lumière mati­nale, les sons même de la nature sem­blent se retenir en chu­chotant. Sous la plume de Daniel De Bruy­ck­er, les qua­trains se suc­cè­dent, les uns découlant des autres, s’enchâssant dans les lézardes des murs d’un jardin de mémoire où, petit à petit, les plantes, les saisons et les vents cherchent à réac­corder leur vio­lon. Dans le silence de la perte, les rôles de cha­cun se réin­ven­tent, sans cesse, Con­tin­uer la lec­ture

Au premier regard

Chan­tal DELTENRE, Le regard retrou­vé, Esper­luète, 2024, 103 p., 18 €, ISBN : 9782359841817

deltenre le regard retrouvéEn dépit de la météo, la nar­ra­trice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux com­muns, « trou­ve tou­jours quelque chose à voir ». Scène inau­gu­rale du réc­it, cet élan per­cep­tif fait jail­lir un regard, qui par­court, se dérobe, inter­roge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléi­do­scope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment col­lec­tif, l’écrivaine, eth­no­logue et pas­sion­née de pho­togra­phie, Chan­tal Del­tenre se met en quête de celui qui per­met de voir, de se voir, de se redé­cou­vrir quand il s’était oublié ou avait été cen­suré, cet œil réson­nant qui trans­met une rumeur qui ranime. Con­tin­uer la lec­ture

« Un peu comme le vent et le sable, l’eau et l’algue »

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE et Philippe HERBET (auteurs & pho­tographes), Le sable. Le vent, Altura, 2023, 172 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931190–09‑8

delaive herbet le sable le vent

C’est un objet à la cou­ver­ture rigide, en papi­er qui paraît recy­clé (mais qui peut-être ne l’est pas), d’une couleur kaki verdâtre et d’un touch­er présent, avec une carte routière qui paraît être col­lée (mais qui peut-être ne l’est pas) d’où se détache un tracé, le fil rouge : « Une ligne capricieuse ana­logue aux veines céphaliques ou médi­anes par­courant les mem­bres supérieurs, un ser­pent déplié dans sa course lente sur une rocaille au soleil à la recherche d’un refuge. » Un titre, Le sable. Le vent, et une orig­ine dou­bles, Serge Delaive et Philippe Her­bet.

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