Archives de catégorie : Livres numériques

Tous les livres disponibles au format numérique.

Dans les marges houleuses d’un traité de paix

Charles SENARD, Le pressoir du monde. L’avènement des barbares, tome 2, Le Passeur, 2020, 290 p., 20,50 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782368908150

senard le pressoir du mondeAprès Arles, théâtre de L’or, la paille, le feu, premier volume de L’avènement des barbares, la saga historique de Charles Senard, le tome 2, Le pressoir du monde, nous emmène, en cette même année 475 de notre ère, à Paris, à cette époque modeste ville de garnison.

C’est là que doit être conclu, dans quelques jours (le livre les enchaîne en quatre chapitres, du vendredi au lundi, où la tension monte), un traité de paix crucial entre deux rois ennemis, Childéric le Franc et Syagrius le Romain. À l’initiative de Geneviève, sainte femme qui dirige la curie et la cité de Paris, et veut ardemment préserver la paix. Continuer la lecture

Francis Delpérée l’éclaireur

Francis DELPÉRÉE, Les crises de gouvernement, Académie royale de Belgique, coll. « L’Académie en poche », 2020, 150 p., 7 € / ePub : 3.99 €, ISBN : 978-2-8031-0762-9

delperee les crises de gouvernementDans le paysage des études juridiques, le nom de Delpérée sonne comme une antonomase pour le terme « constitutionnaliste », tant son expertise dans ce domaine est chevillée à sa personnalité. À défaut d’être médiatique, l’homme est médiatisé : combien de fois n’est-il pas apparu au JT, afin d’évaluer un point de realpolitik à l’aune du texte fondateur de notre État ? Mais Francis Delpérée s’exprime davantage encore à l’écrit. La bibliographie qu’il a la modestie d’afficher ne reprend que ses principaux ouvrages, publiés ici dans la collection « Que sais-je ? » des Presses Universitaires de France, là chez Bruylant ou Racine. Prise dans son exhaustivité, elle est considérable. Continuer la lecture

Pour en commencer avec le devenir…

Laurent DE SUTTER, Pour en finir avec soi-même (Propositions, 1), Presses universitaires de France, coll. « Perspectives critiques », 2021, 214 p., 16 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782130827009

de sutter pour en finir avec soi-mêmeCe n’est peut-être pas tout le monde pareil, ou peut-être que si, mais nous avons souvent l’impression de vivre arrimés, assujettis, immobilisés, assignés à une identité. Obligés d’être soi. Impression ? Réalité ? Que faire ? Pour dépasser cet état, détecter, affronter les éventuelles chaînes, camisoles, injonctions, certain·e·s pensent que la force est en eux, dans les ouvrages de développement personnel ; d’autres, plus sagement et plus aventureusement, préfèrent se plonger dans des œuvres émancipatrices, comme celle de Laurent de Sutter, par exemple. Continuer la lecture

Histoire d’une œuvre en deux époques et quatre actes

Christiana MOREAU, La dame d’argile, Préludes, 2021, 315 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978-2-253-04050-7

moreau la dame d'argileAu décès de sa nonna Angela, Sabrina hérite de « La belle dame », un buste en argile qui se transmet aux femmes de la famille de génération en génération. Restauratrice d’art, elle comprend instantanément que la valeur de la sculpture n’est pas uniquement sentimentale. Datée de la Renaissance, étonnamment signée d’un nom de femme, elle représente Simonetta Vespucci dite « La Sans Pareille », muse de plusieurs artistes phares du Quattrocento tels que Botticelli. Continuer la lecture

Ombres et doubles-fonds

Un coup de cœur du Carnet

Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’été sans retour, Gallimard, 2021, 265 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978-2-07-291575-8

L’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Serrai, de sa famille, de la relation proche et riche de silence qu’il a avec Sandro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aussi l’histoire d’un drame dans le beau village de Ravina qui se blottit dans les collines du sud de l’Italie, la disparition d’une adolescente. C’est encore et surtout l’histoire du rapport des hommes avec leur terre, « les hommes sont indissociables de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le portrait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Giuseppe Santoliquido rend bien ce lien fort, quasi irrationnel, à la terre natale qui est pour plusieurs personnages le fondement de leur rapport au monde, leur raison de vivre, avant les relations sociales ou amoureuses. Ainsi, Pasquale Serrai a connu la misère de l’après-guerre et un bref exil pour raisons économiques en Belgique, mais il est revenu très vite chez lui préférant le travail de forçat d’arracher à la terre sa subsistance à la relative aisance d’un travail dans la sidérurgie. Sandro Lucano a vécu longtemps à Ravina, auquel il reste lui aussi viscéralement attaché. Des années plus tard, il raconte le drame qui a secoué le village et ses propres souffrances. Le roman offre de la vie villageoise un portrait complexe et nuancé. Bien sûr, il y a les rancœurs et les tensions entre personnes et familles, l’insatisfaction des jeunes qui pour la plupart n’aspirent qu’à partir, fascinés par la vie dans les villes que leur révèle la télévision. Et il y a ceux qui, victimes des anciennes fractures sociales les condamnant à la misère, ont lutté toute leur vie pour l’amélioration de leur sort et voient leurs efforts presque anéantis. Mais le village, c’est aussi une vie sociale riche et souvent heureuse, rythmée par les moments de fête. Et puis surtout il y a cette terre, difficile à cultiver, mais pas si ingrate puisqu’elle offre sa beauté particulière.  G. Santoliquido situe le roman en 2005, à une époque charnière. Celle où les rêves de mieux-être par un travail agricole acharné laissent place aux mirages que proposent la télévision et les moyens modernes de communication. Le drame que vit le village va d’ailleurs être profondément influencé par la couverture télévisuelle tout sauf anodine, les présentateurs de téléréalité dictant les attitudes et les propos des protagonistes décervelés par les mirages de réussite et de visibilité sociales. Fort de sa connaissance des médias italiens, l’auteur décrit à plusieurs reprises pour les dénoncer les procédés du « mécanisme du spectacle » qui n’illustre plus la réalité, mais s’est substitué à elle.  Les valeurs auxquelles s’accroche Pasquale peuvent ainsi paraître périmées. Dans le passé, elles ont été nécessaires à la survie des hommes et du village. Elles sont partagées par Sandro. Si le roman est construit autour de la disparition de l’adolescente, il s’agit d’abord de la mise en avant de l’importance des liens : les liens familiaux, ceux fondés sur la complicité et la proximité que donne la vie dans un même petit village, ceux qui fondent la solidarité lorsque frappe le deuil. Mais tous ne sont finalement que des variations de ce lien fondamental à la terre. Cette problématique apparaissait déjà dans les autres romans de l’auteur, mais elle est ici traitée dans toutes ses implications.  Entre autre, est abordée la difficulté pour la communauté villageoise de s’ouvrir à d’autres réalités. Comment est-il possible d’être vraiment soi-même là où tout le monde se fait une certaine image de l’autre ? Cela pousse Sandro dans une voie en miroir de celle de Serrai : tout le pousse à partir, mais il choisit de rester, jusqu’au jour où le départ devient inéluctable, suspendant ce lien vital. Et le paradoxe veut que ce soit la ville qui devienne la garante de sa liberté. Giuseppe Santoliquido revient souvent sur la notion de destin, surtout vers la fin du roman, quand Sandro, le narrateur, tire des enseignements de ce à quoi il a été confronté. Il a le sentiment que « le destin est une bête sournoise, il procède par touches légères, infinitésimales, vous laissant accumuler mauvais choix et petites erreurs… ». D’autant plus quand s’y mêle le sentiment d’une faute commise, faute peut-être non définie mais qui pollue le vécu d’un drame ; à l’image du garçon se reprochant la mort accidentelle de sa mère parce qu’il ne s’est pas levé assez tôt. Dans cette loterie du destin, Santoliquido montre sa sympathie pour deux de ses personnages, chez qui se marque le sentiment d’infériorité des laissés-pour-compte acceptant l’injustice « sans jamais se révolter ». Le roman est émaillé de l’adaptation de délicieuses expressions locales, comme « Vouloir discuter avec le gros Dino, cela revenait à creuser un puits avec un doigt ». Ou d’heureuses  formules, parfois graves : « Le danger avec les souvenirs, c’est qu’ils sont souvent l’antichambre des remords », parfois drôles : « Les confidences sont la propriété du vent, il vous suffit de tendre l’oreille où que vous soyez pour les entendre roucouler à la cantonade ». Perplexe devant la complexité des situations, Sandro a cette phrase qui peut résumer son récit : « Aucune pensée n’est jamais totalement juste. Totalement pure. Aucun sentiment ». C’est la conclusion que l’on peut tirer à la fin de L’été sans retour, qui laisse ouvertes les interprétations.  Joseph DuhamelL’été sans retour est d’abord l’histoire d’un homme, Pasquale Serrai, de sa famille, de la relation proche et riche de silence qu’il a avec Sandro, le fils d’un des ses amis décédé. C’est aussi l’histoire d’un drame dans le beau village de Ravina qui se blottit dans les collines du sud de l’Italie, la disparition d’une adolescente. C’est encore et surtout l’histoire du rapport des hommes avec leur terre, « les hommes sont indissociables de la nature qui les a vus naître et dont ils sont le portrait le plus fidèle, effrayante de beauté et d’âge ». Continuer la lecture

Le risque d’éclore

Grégory MATTHYS, Lettres muettes pour fille non-affranchie, Aube, coll. « Regards croisés », 2021, 296 p., 19,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978-2-8159-3851-8

matthys lettres muettes pour fille non affranchieLise Bellacroix a 27 ans. Elle travaille depuis 4 ans à l’accueil de l’entreprise d’outillage Toolex où ses journées sont rythmées par les frottements de la porte coulissante et les demandes incongrues (quand elles ne sont pas incompréhensibles ou insupportables) des clients. Continuer la lecture

Rites d’envol

Véronique GALLO, L’entropie des sentiments, Héloïse d’Ormesson, 2021, 240 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-35087-773-0

gallo l'entropie des sentimentsKate (ne l’appelez surtout pas Catherine, comme le fait sa mère), est en proie au doute. Étudiante en première année d’université, elle passe son dernier examen oral et n’en mène pas large face à un professeur qui affiche son mépris et la malmène. À la maison, la situation est désespérée : son père boit trop et dort sur le divan, sa mère s’assomme de somnifères et son jeune frère Thibaut est insupportable. La musique, dont elle s’abreuve et qui rythme le roman, est son refuge le plus sûr, qui construit un rempart sonore. Continuer la lecture

Nuit macabre au bivouac

Francis GROFF, Waterloo, mortelle plaine, Weyrich, coll. “Noir corbeau”, 2021, 264 p., 18 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978-2-87489-631-6

groff waterloo mortelle plaineQuatrième participation à la collection de polars «  Noir Corbeau », c’est sur Waterloo, après plusieurs autres sites de chez nous, que Francis Groff, journaliste, scénariste et romancier, a pointé sa plume dans Waterloo, mortelle plaine. On y retrouve Stanislas Barberian, bouquiniste belge installé à Paris, mais  fiancé à Martine, une consœur bruxelloise, complice des enquêtes policières que le jeune homme mène à titre officieux pour rendre service à ceux qui font appel à sa perspicacité. Continuer la lecture

De la fantasy qui questionne le présent

Un coup de cœur du Carnet

Anne-Sophie DEVRIESE, Biotanistes, ActuSF, 2021, 350 p., 19.90 / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-37686-349-6

devriese biotanistesDiscriminations liées au genre, écocide, manipulations du pouvoir et de l’information, importance de la mémoire et de la transmission : l’énumération des thèmes brassés dans ce premier roman peut faire peur. Pourtant, avec Biotanistes, Anne-Sophie Devriese évite l’écueil d’une littérature donneuse de leçons. Mieux : elle signe un roman-univers dont le lecteur met du temps à revenir même si, paradoxalement peut-être, il nous ramène sans cesse au présent. Continuer la lecture

Ni pour ni contre l’immigration (bien au contraire)

François GEMENNE, On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations, Fayard, 2020, 252 p., 17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-213-71277-2

gemenne on a tous un ami noirSpécialiste du climat et des migrations, qu’il enseigne à l’université, François Gemenne consacre son dernier livre On a tous un ami noir à démonter les idées reçues et autres « polémiques stériles » sur les migrations. Le titre est un pied-de-nez à l’« ami noir », brandi comme preuve de leur ouverture d’esprit par tous ceux qui réclament que les étrangers rentrent chez eux. Derrière ce titre légèrement provocateur, la démonstration est solide, documentée, mais aussi accessible. Continuer la lecture

Beauté volée

Sophie WOUTERS, Célestine, 180°, 2021, 123 p., 15 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782931008676

wouters celestineLe récit de Sophie Wouters débute sur un procès en cour d’assises : Célestine est accusée d’un crime grave et ne souhaite rien dire à ce sujet. C’est une belle occasion de découvrir l’enfance peu banale de l’héroïne. Et pour cause, elle est née le jour où ses parents sont décédés dans un accident de voiture. Élevée par Berthe (une tante éloignée) et son mari, la jeune fille vit une enfance douce bercée par les émissions de Denise Fabre et les épisodes de Ma sorcière bien aimée, dans un foyer où l’on prend soin d’elle sans lui donner une réelle affection. Continuer la lecture

De la littérature comme miroir

Un coup de cœur du Carnet

Daniel CHARNEUX, Claude DURAY, Léon FOURMANOIT, Pierre Hubermont (1903-1989) : écrivain prolétarien, de l’ascension à la chute, M.E.O., 2021, 232 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978-2-8070-0280-7

charneux et alii pierre hubermontLa littérature prolétarienne belge a peut-être été moins scrutée que celle des écrivains régionalistes. La question de la collaboration culturelle durant la Seconde guerre mondiale n’a que rarement fait l’objet d’une vulgarisation ; des études, des mémoires, des ouvrages universitaires lui ont été consacrée : les auteurs du présent volume en mentionnent quelques-uns. L’épuration des écrivains ayant collaboré avec l’occupant n’a pas donné lieu à un débat public retentissant et à des condamnations fracassantes comme ce fut le cas en France. Un certain nombre d’écrivains aujourd’hui connus passèrent entre les mailles d’un filet institutionnel et judiciaire somme toute assez complaisant. Certains s’exilèrent. D’autres furent condamnés à mort ou à des peines de prison. Continuer la lecture

Laurent de Sutter, lutteur de fond

Laurent DE SUTTER, Hors la loi, Théorie de l’anarchie juridique, Les liens qui libèrent, 2021, 112 p., 12 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9791020909657

de sutter hors la loiIl y a, au minimum, deux façons d’aborder le dernier essai de Laurent de Sutter. La première consisterait à situer Hors la loi (remarquer d’emblée l’absence de traits d’union…) dans le sillage de Magic, Théorie du kamikaze, L’âge de l’anesthésie, Après la loi, bref des nombreux titres qui jalonnent sa patiente réévaluation critique d’une « post-post-modernité » qui n’en finit pas. Mais on peut aussi l’approcher comme une réflexion tenant d’un bloc, dans sa dimension avouée dès les premières lignes de piège. On l’examine alors comme l’un de ces casse-tête, faits d’une cordelette à nœud marin, d’un écrou et de deux rivets de bois ; de cette simplicité élémentaire dont on sait que, à peine y aura-t-on porté les doigts, l’intrication complexe s’en révélera. Continuer la lecture

Au verso des cartes postales

Françoise HOUDART, Au revoir Lisa, M.E.O., 2021, 132 p., 15 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-8070-0264-7

houdart au revoir lisaFrançoise Houdart signe, avec Au revoir Lisa, son vingt-et-unième roman, le premier aux éditions M.E.O. À rebours de son titre tout chargé d’adieux, le roman propose une histoire de retrouvailles : celles d’une famille disloquée par l’absence et le mur du mensonge.

« Au revoir Lisa » sont les derniers mots laissés à la hâte par Auguste à sa petite fille de dix ans, sur le papier d’une enveloppe déchirée. C’était en 1966. Suivront pour Auguste de nombreuses années d’exil à travers l’Europe, et quelques mots : des lettres adressées à son épouse Eugénie, des cartes postales pour leur fille Lisa. Les unes et les autres resteront sans réponse, confrontées au silence d’une épouse blessée. Alignés sur la cheminée, les merveilleux paysages d’Espagne, d’Italie et de France n’affichent que leur face muette. Continuer la lecture

Sous le voile les cheveux fauves

Un coup de cœur du Carnet

Pascale TOUSSAINT, Une sœur, ONLIT, 2021, 144 p., 16 €, ISBN : 978-2-87560-139-1

toussaint une soeurAutrice belge née à Bruxelles, Pascale Toussaint habite à la luzerne, cette maison où vécut l’écrivain surréaliste belge Louis Scutenaire qui lui inspira son premier roman en 2013 J’habite la maison de Louis Scutenaire. C’est là, à Schaerbeek, qu’elle accueille avec son mari, l’écrivain Jacques Richard, les Rendez-vous de la Luzerne, rencontres fameuses autour de figures essentielles de la littérature et du livre belges. Continuer la lecture

Voyage au cœur des désirs contrariés

Isabelle FABLE, Les couleurs de la peur, M.E.O., 2021, 140 p., 15 / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-8070-0283-8

fable les couleurs de la peurDans chacun des dix récits qui composent son dernier recueil, l’autrice bruxelloise Isabelle Fable habille l’angoisse d’une teinte nouvelle. Publié aux éditions M.E.O., Les couleurs de la peur traverse les lieux et les époques à la recherche des plus sombres recoins de la psyché humaine, arpentant l’imaginaire dévoyé de rêves qui ont mal tourné. C’est une lecture de soirs lourds où frémit la frontière entre fiction et réalité. Une lecture de lieux déserts et mal éclairés, lorsque le silence laisse place au murmure désordonné de toutes les histoires glaçantes qui gisent au fond de la mémoire, n’attendant qu’un bruit un peu trop irrégulier pour se réanimer. Continuer la lecture