Un coup de cœur du Carnet

Claude Monet
Auteur : Stéphane Lambert
Maison d’édition : Gallimard
Collection : Pop-Art
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 41
Prix : 8,90 €
Livre numérique : /
EAN : 9782073145574
Après son remarquable Vincent Van Gogh paru dans la nouvelle collection « Pop-Art » de Gallimard, Stéphane Lambert nous plonge dans un étincelant Monet, ce peintre auquel il a consacré deux livres majeurs, L’adieu au paysage et Monet, impressions de l’étang. La création choisie pour surgir après que le lecteur a replié les pages du livre transformé désormais en œuvre d’art est un tableau de la série des Nymphéas. Les jalons de l’existence d’un peintre qui transforma l’histoire de l’art, qui renouvela l’espace du regard en frayant la voie de l’impressionnisme sont éclairés de l’intérieur. Stéphane Lambert a un talent unique pour descendre dans l’imaginaire, la perception, les combats esthétiques d’un artiste. Continuer la lecture









Attention, âmes sensibles s’abstenir. On connaît la formule et elle s’applique bien à Meurs, mon ange, troisième roman de Clarence Pitz, qui vient d’être réédité en poche chez Folio Policier. Prix Club de l’auteur belge 2022 (catégorie thriller), il est sorti en première édition en 2021 aux éditions IFS*Phénix Noir, où Clarence Pitz a publié trois autres romans, La parole du chacal (2020), Ineffaçables (2021) et Les enfants du serpent (2023). D’emblée, le lecteur est happé par l’atmosphère du récit. Indéniablement, l’autrice belge a le sens de la narration, qu’elle déroule au fil d’un suspense haletant fait d’allers-retours entre Amsterdam et l’Indonésie.
1919. La grande guerre a laissé de profondes blessures et l’on n’a mis fin au conflit qu’avec l’aide des États-Unis dont le Président Wilson porte le projet de création de la Société des Nations censée notamment garantir le maintien de la paix sur terre. C’est ce momentum de l’histoire de l’humanité que saisit Grégoire Polet dans ce huitième roman qui semble bâti sur un défi littéraire un rien débridé. Il prend soin en prologue de nous mettre au parfum :
L’art réside peut-être moins dans sa fin, l’œuvre produite, accrochée aux cimaises, dite achevée, que dans la dynamique qu’il instaure. Stéphane Lambert aime s’immerger dans la trajectoire des artistes pour saisir ce qui met en tension leur vie, la détourne du quotidien ordinaire, la transfigure et la déchire jusqu’à, parfois, l’anéantir. De Rothko à Goya, de Spilliaert à Van Gogh en passant par Klee et Monet, ses essais et ses romans témoignent d’un dialogue constant entre l’écriture et la peinture pour dire le mystère de la création, son aspiration à une spiritualité, son élan, obscur et lumineux, vers une profondeur mythologique. L’écrivain parvient ainsi à saisir l’artiste dans ce bord de l’abîme dont il surgit, qui le nourrit, l’absente au monde et le menace du désastre – mais ce désastre n’est-il pas la possibilité nécessaire à son contrepoint, l’œuvre ?
Dernier volume de la série de correspondances D’Hadrien à Zénon, « Zénon, sombre Zénon » couvre les années 1968–1970 qui voient la parution de L’Œuvre au noir quand éclate Mai 68. Nombre de lettres éclairent le regard rétrospectif que Marguerite Yourcenar pose sur son œuvre, délivrent des analyses précieuses de son esthétique, de sa poétique romanesque. D’autres rendent compte des conflits avec le monde de l’édition, avec Plon, ou laissent entrevoir les prémisses d’un vaste projet autobiographique en germe qui deviendra Le labyrinthe du monde. Parmi les innombrables destinataires, des éditeurs, des auteurs, des critiques, des lecteurs, Claude Gallimard, Bruno Roy, Gabriel Marcel, Béatrix Beck, Patrick de Rosbo, Jean Guéhenno, Marcel Arland, Georges Sion, Carlo Bronne, Marcel Thiry…, auprès desquels elle approfondit des points nodaux de sa pensée de l’art, apporte des précisions quant à la manière d’interpréter ses œuvres.
Pour son huitième recueil, la poète Christine Guinard s’invite sous la couverture « Blanche » de Gallimard, dans un bref volume d’une cinquantaine de pages et d’autant de poèmes. L’exergue de Mahmoud Darwich éclaire la lecture dès l’entame :