Archives par étiquette : Gallimard

Prix littéraires : des Belges finalistes

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Alors que les sélections pour les prix littéraires d’automne ne cessent de tomber, plusieurs Belges figurent à ces places d’honneur, avant – qui sait? – de rafler l’un ou l’autre prix. Plusieurs jeunes auteurs ont ainsi été reconnus par le jury du Prix littéraire de la vocation et par celui du Prix Senghor du premier roman francophone.  Continuer la lecture

De qu(o)i Patricia est-elle le (pré)nom ?

Geneviève DAMAS, Patricia, Gallimard, 2017, 136 p., 12 €/ePub : 13.99 €, ISBN : 9782072731792

damas patriciaPatricia est : le titre du troisième roman de Geneviève Damas, après le justement primé Si tu passes la rivière (Luce Wilquin, 2011) et Histoire d’un bonheur (Arléa, 2014). Son premier aux éditions Gallimard.

Patricia est : un roman polyphonique, choral, avec en son centre, une femme :

Madame Couturier, parisienne, bibliothécaire, amante d’un homme marié, vivant seule. Ou plutôt : ayant vécu seule jusqu’à. La rencontre, dans un drôle d’endroit, romanesque au possible :

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Où l’on déclare bien haut la guerre à la guerre

Coup de coeur du Carnet

Jean-Pierre VERHEGGEN, Ma petite poésie ne connaît pas la crise, Gallimard, 2017, 120 p., 14.50 €/ePub : 10.99 €, ISBN : 9782072729232

verheggenBon. Il suffit d’ouvrir la radio. D’écouter le journal. De lire un quotidien. Et cela nous tombe dessus : la rhétorique de l’époque, la rhétorique médiatique, est à la guerre. Avec son cortège de rodomontades. Et ses discours, a contrario, pacifistes et sirupeux. Comment l’ignorer ? C’est partout autour de nous. Partout. Comment lutter contre ? En tant que poète, je veux dire ? En tant qu’amoureux fou de la langue ? Comment ? En fourbissant ses armes de poète, pardi ! En fourbissant sa langue. Ses façons de faire bien à soi. Ses façons de faire incisives et bien pendues. N’hésitant pas à rentrer dans le lard franco. Ne tournant pas autour du pot. Jamais. Ses façons de dire qui moquent ou qui démontent, tournent en dérision tout esprit de sérieux – qui n’est, sans doute, tout au fond, qu’une façon de se poser là, qu’une façon d’occuper le terrain, de prendre le pouvoir. Continuer la lecture

Morts et vifs

Coup de coeur du Carnet

Jean-Luc OUTERS, Le dernier jour, avant-propos de JMG Le Clézio, Gallimard, 2017, 152 p., 14,50 €/ePub : 10,99 €, ISBN : 9782072732775

outersL’écriture et l’art en général ont au moins en commun avec la mort de comporter une part importante de mystère. Se fondant sur la connaissance intime qu’il en avait, complétée par les souvenirs des proches, Jean-Luc Outers a composé six tableaux relatant les derniers jours de six personnalités belges d’exception. Un défi singulier qu’il relève avec brio et finesse, s’inscrivant ainsi dans les traces de Mallarmé et de ses Tombeaux, comme le souligne JMG Le Clézio dans son avant-propos chaleureux. Continuer la lecture

Prix Murat 2017 pour Jean-Marc Ceci

ceci-origamiMonsieur Origami, premier roman de Jean-Marc Ceci (Gallimard), décroche le Prix Murat. Ce prix biennal organisé par le Groupe de Recherche sur l’Extrême Contemporain (GREC) du Département de Lettres, Langues et Arts de l’Université de Bari récompense « un roman français pour l’Italie ».

À lire : notre recension de Monsieur Origami

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La chasse et l’amour

Caroline LAMARCHE, Dans la maison un grand cerf, Gallimard, 2017, 131 p., 12,50 €/ePub : 8.99 €, ISBN 978-2-07-270024-8

lamarcheIl est difficile de s’arracher au ton mineur qui prélude au dernier récit de Caroline Lamarche, Dans la maison un grand cerf. Dès le départ, le battement irrité du sang, le sifflement dans les oreilles vient oblitérer l’écoute. Pourtant elle a lieu l’écoute tout intime et si particulière du père qui, en contraste avec le bruit de la conversation à la table familiale, poursuit son marmonnement discret. Déjà cet environnement envahissant et le brouhaha général font comme une censure et évoquent la violence, que ce soit celle de la meute, des chasseurs, de l’amour même qui lui aussi peut forcer. Mais Lamarche dira tout de l’amour éternel des filles pour leur père, quoi qu’il en aille de ses aléas. Il aurait été et serait encore un antidote aux complications de l’amour. Le charme est donc bien réel. Continuer la lecture