Archives par étiquette : Liège

Celui qui a(n)imait le monde

Un coup de coeur du Carnet

André-Joseph DUBOIS, Quand j’étais mort, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2017, 236 p., 15 €, ISBN : 9782874894152

dubois AJDepuis L’œil de la mouche (1983), André-Joseph Dubois prend un malin plaisir à observer le monde qui l’entoure et à nous le restituer avec le regard posé et amusé de l’étranger qui rendrait compte d’une expédition en terres lointaines. Après une pause de 30 ans, il nous est revenu en 2013, sans rien renier de sa verve. Nourri sans aucun doute de travaux tels que ceux de Pierre Bourdieu, dont La Distinction, critique sociale du jugement, paru en 1979, il met en scène des personnages qui cultivent le don de la distance critique envers les autres et eux-mêmes, dans une forme de mise en spectacle ludique du réel qui frise sans les atteindre le cynisme et la misanthropie mais qui génère une ironie  mêlée de truculence. Continuer la lecture

Polars à la liégeoise

Guy DELHASSE, Les recettes du polar sauce Lapin, Éditions de la Province de Liège, 2016, 162 p., 14 €   ISBN : 9782390100461

delhasseComme Joseph Delmelle jadis ou Joël Goffin naguère, Guy Delhasse est un chasseur de fantômes d’écrivains, c’est-à-dire qu’il s’est donné pour mission de repérer les traces laissées dans leurs œuvres par les auteurs qui ont hanté telle ville ou telle région. En véritable Sherlock Holmes de notre littérature, il mène ainsi depuis deux décennies ses recherches et ses pas dans presque toute la Wallonie orientale, passant de Liège à Bastogne, de Huy à Spa et d’Andenne à Verviers. Continuer la lecture

Prix Thiry pour Görgün

gorgunKenan Görgün est le lauréat de l’édition 2016 du Prix Marcel Thiry pour son roman Delia on my mind (MaëlstrÖm). Le prix sera remis à l’auteur lors du salon Les Fugueurs du livre le samedi 3 décembre à Liège.

gorgun-deliaCréé en 2000 à l’initiative de la Ville de Liège, le Prix Marcel Thiry récompense une publication récente écrite en langue française. Il est décerné en alternance, une année à un écrit de poésie, une année à un roman ou un recueil de nouvelles. Le lauréat se voit attribuer un prix d’un montant de 2.500€.
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Le sensuel et le silentiaire

Gérald PURNELLE, L’écriture et la foudre. Jacques Izoard et François Jacqmin. Deux poètes entre les choses et les mots, Midis de la Poésie / L’arbre à paroles – Essais, 40 p.   ISBN : 978-2-87406-637-5

purnelleLa collection d’essais tirés des conférences prononcées lors de ces rencontres privilégiées que sont les Midis de la poésie comptait déjà, parmi les grands noms qui l’émaillent, Pasolini, Brecht, Bauchau, Duras, Aragon… Grâce à l’étude que livre Gérald Purnelle, professeur à l’Université de Liège, deux Liégeois viennent rejoindre cette cohorte d’éminences : Jacques Izoard et François Jacqmin. Continuer la lecture

Parbleu ! La constellation Izoard !

expo-izoardCe qui frappe le visiteur lorsqu’il accède au dernier étage du musée Grand Curtius à Liège, c’est une ribambelle d’images et de mots, et une suite de ricochets qui s’établissent entre ces mots et ces images, avec, pour ligne directrice, aux cimaises et dans les vitrines, non pas un fil rouge, mais un fil bleu. Continuer la lecture

En sa Cité ardente…

Un coup de cœur du Carnet

Jacques IZOARD, Langue de liège aveugle, Atelier de l’agneau, 2016, 60 p., 14 €, ISBN : 978-2-930440-97-2

izoardQuand un poète disparaît, il y a deux solutions : soit le matériau de son œuvre, publié ou inédit, se disperse aux quatre vents et sombre dans l’indifférence, cette deuxième mort ; soit ses fidèles perpétuent sa parole, en l’archivant (sans la cloisonner) et en la restituant dans sa palpitante présence. Car les mots des poètes, eux, ne vieillissent jamais. Continuer la lecture

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Boustro, revue plastique et poétique animée par Laurent DANLOY, Pascal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébullition revuistique dans la Cité ardente, et de quelle qualité ! En décembre 2015, le premier numéro de Boustro, « fruit de rassemblements autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y multipliait à 200 exemplaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureusement ménagé pour l’occasion les éditions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassemblait Véronique Janzyk, dont les proses calibrées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Corfou (là où les touristes allemands ignorent que « le silence est parfois une langue aussi ») ou dans la chambre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grignoté par « une cellule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lancinante se mêlent à une révolte éjaculée « debout / sous la voie lactée » ; Yolanda Castaño, poétesse espagnole dont son traducteur Frédéric Bourgeois a rendu la narquoise « beauté d’épi » de ses vers, qui circulent en ligne brisée jusqu’au rendu de la terrible sentence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de portraits subtilement biseautés, tracés d’un fusain sensible non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flottantes et anxiogènes, silhouettes intubées et autres loups ectoplasmiques dessinés par la Marolienne de Liège Sofie Vangor, et vous obtenez un carnet de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de traviole et de guingois, à l’envers comme à l’endroit. Continuer la lecture