Petits et grands dieux

Un coup de coeur du Carnet

Sandrine WILLEMS, Les petits dieux, Postface de Jan Baetens, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2017, 207 p., 8,5 €  ISBN : 978-2-87568-152-2

willemsEn 2001 et 2002, Sandrine Willems a publié onze romans « miniatures », sous le titre général de « Les petits dieux ». L’idée, intéressante, d’une parution échelonnée a peut-être nui à la diffusion et au succès de ces romans, et cela même si les onze titres ont été réunis sous coffret.  Aujourd’hui, Espace Nord propose la réédition de cinq d’entre eux : Abraham et l’agneau ; Carmen et le taureau ; Chardin et le lièvre ; La Dame et la licorne ; Tchang et le yéti. Disons-le d’emblée : c’est une des bonnes nouvelles de cette rentrée d’hiver, tant ces textes séduisants méritent d’être à nouveau mis en évidence. Lire la suite

Prix des Découvreurs 2017 pour Laurence Vielle

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Le Prix des Découvreurs 2017 est attribuée à la Belge Laurence Vielle pour son livre assorti d’un CD OUF (MaelstrÖm). Ce prix de poésie, doté de 1.500 €, a été fondé par la ville de Boulogne-sur-Mer. C’est d’ailleurs là-bas que la lauréate recevra son prix le jeudi 6 avril 2017. Lire la suite

Une correspondance de travail et d’amitié

Marguerite YOURCENAR, En 1939, l’Amérique commence à Bordeaux. Lettres à Emmanuel Boudot-Lamotte (1938-1980), Édition d’Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Gallimard, 2016, 302 p., 21€/ePub : 14.99 €, ISBN : 9782070139781

yourcenar-lettresMarguerite Yourcenar était une épistolière prolixe. L’époque, ses nombreux voyages, sa vie d’exilée sur son île états-unienne étaient propices à la correspondance. Nombre de ses lettres ont déjà paru en volume[1], il en paraît encore et probablement qu’il en paraîtra davantage quand ses archives, tenues secrètes jusqu’en 2037, selon sa volonté de fer, seront enfin dévoilées. Volonté de fer : Yourcenar blindait sa correspondance comme son œuvre. Ses lettres à Emmanuel Boudot-Lamotte « n’ont pas été déposées par l’écrivaine dans les archives de la bibliothèque Houghton avec les correspondances destinées d’emblée à la postérité », comme le rappellent Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, dans l’avant-propos. D’ordinaire, Yourcenar doublait sa correspondance sur papier carbone ; dans ce cas, il semblerait que non. Les lettres originales ont été découvertes par le neveu d’Emmanuel Boudot-Lamotte alors qu’il mettait de l’ordre dans la succession de son oncle. Lire la suite

Une armée d’invisibles

Jean-Pierre DOPAGNE, J’ai faim, Lansman, 2017, 90 p., 12€, ISBN : 978-2-8071-0134-0

dopagneDans une ville – qui pourrait être n’importe quelle ville – une jeune femme – qui pourrait être n’importe quelle femme – est assise sur le trottoir. Toute la journée, Elle reste là, entre la banque et le salon de coiffure, à attendre que les passants daignent la regarder et lui laisser une petite pièce dans son chapeau rapiécé. Toute la journée défile sous ses yeux un cortège d’humains. Chacun y va de sa petite remarque ou de son petit geste. Il y a ceux qui sont excédés par sa présence. C’est le cas de la jeune coiffeuse envoyée par sa patronne pour la chasser. Il y a ceux qui voient en elle une héroïne : le romancier pour son nouveau livre (au grand dam de sa femme) et le présentateur du JT pour un blockbuster. Il y a ceux qui aimeraient l’aider, comme la commissaire de police et l’assistant social, mais qui ne parviennent pas à établir un dialogue. Il y a ceux qui sympathisent avec elle : l’étudiant qui aime bavarder et lui apporter du miel, la chapelière qui veut lui offrir un beau chapeau. Puis, il y a tous ceux qui voient ces clochards comme de la vermine, des déchets humains à nier et refouler le plus loin possible. Le bourgmestre et futur ministre ne s’apprête-t-il pas d’ailleurs à entreprendre une grande réforme dans sa ville ? Lire la suite

Naufrages au féminin

Marie-Ève STÉNUIT, Une femme à la mer! Aventures de femmes naufragées, Editions du Trésor, 2017, 192 p., 17 €, ISBN : 979-10-91534-28-4

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Prononcé pour la première fois en 1852 par un lieutenant-colonel britannique à bord du Birkenhead en perdition, le mythique «  Les femmes et les enfants d’abord ! » est loin d’avoir été la règle générale au cours de la longue histoire des naufrages. Quant à la tradition du « capitaine courageux », elle encaisse aussi quelques méchantes estocades sous la plume de Marie-Ève Sténuit, historienne de l’art et archéologue, dans un ouvrage consacré aux nombreuses femmes qui vécurent ces drames de la mer. Lire la suite

Prix Paroles urbaines 2017 : la finale

paroles urbainesLes Prix Paroles urbaines fêtent cette année leur quatrième édition. La finale se tiendra au Botanique le 23 avril 2017 à 18h. Lors de cette finale, les 8 artistes nominés proposeront tour à tour leurs performances scéniques a cappella ou accompagnés de musiciens, dans les 2 disciplines que sont le Slam et l’écriture Rap. Lire la suite

L’art de la nouvelle

Un coup de coeur du Carnet

Anne-Michèle HAMESSE, Ma voisine a hurlé toute la nuit, Cactus Inébranlable, 2016, 82 p., 9 €, ISBN: 978-2-930659-44-2

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La nouvelle, à côté des autres genres littéraires que sont le roman ou la poésie, n’a jamais occupé une position centrale dans l’histoire des lettres. Rares sont les maisons d’édition qui lui consacrent une place de choix dans leur catalogue, à l’exception notable d’une seule, en Belgique francophone.  Pourtant, le genre est fascinant et produit souvent d’excellents textes. Lire la suite

Il était deux fois…

Véronique BIEFNOT & Francis DANNEMARK, Place des Ombres, après la brume, 2017, Kyrielle, 508 p., 23,50 €, ISBN : 979-10-278-0397-2

Mise en page 1Place des Ombres, après la brume. Un diptyque romanesque qui joue du mystère, penche vers le fantastique, cultive les coïncidences troublantes, les signes énigmatiques, vagabonde d’une époque à l’autre.

On devine que Véronique Biefnot et Francis Dannemark, qui ont déjà composé en duo La route des coquelicots et Kyrielle Blues, ont pris grand plaisir à entrecroiser personnages et intrigues, à imaginer des passerelles d’un roman à l’autre, sous la forme d’un chien noir vigilant ou encore d’un exemplaire, au cuir patiné, des Fleurs du mal, à varier tonalités et atmosphères, quitte à nous égarer parfois. Lire la suite