Un coup de cœur du Carnet

Il y a eu les livres de celles et ceux qui ont vécu l’expérience de la déportation, des camps – entre autres, ceux de Robert Antelme, Edith Bruck, Charlotte Delbo, Primo Levi – avec leur écriture façonnée, modelée, souvent au cordeau, pour approcher (témoigner), au plus près, l’organisation implacable des camps, l’extrême dégradation vécue. Puis il y a eu, il y a encore, les livres de leurs enfants, cherchant « à rompre l’absolu d’un silence » (Lydia Flem) dans lequel se sont emmurés de nombreux parents revenus des camps de la mort, devenant les otages de leur secret, à leur corps et esprit défendant. Citons, parmi les autrices belges, Lydia Flem, Chantal Akerman (pour certains de ses films aussi), et plus récemment Myriam Spira et Marianne Lefebvre-Raepsaet, qui ont écrit pour « se délester du fardeau traumatique de [leurs] parents » (Myriam Spira), pour devenir les héritières actives de leur filiation (Lydia Flem). Pour transmettre également : « Aujourd’hui il ne reste plus que quelques déportées. La génération suivante, la mienne, va bientôt disparaître. Qu’allons-nous laisser à nos enfants, nos petits-enfants, les générations futures ? » (Marianne Lefebvre-Raepsaet). À cette question, on peut répondre que la transmission va continuer – et continue déjà – avec la troisième génération, elle aussi marquée. Continuer la lecture











