Daniel CHARNEUX, I’m not M.M., Arléa, coll. “La rencontre”, 2026, 208 p., 19 €, ISBN : 9782363084309
On ne peut que revenir vers Marilyn lorsqu’elle nous a happés. L’écriture ne peut que se remettre en mouvement, questionner au finish le mythe Marilyn Monroe, ce qu’il révèle de nous, de nos sociétés, ce qu’il cache, la part intime, la personne de Norma Jeane Baker qu’il étouffe. Vingt ans après Norma, roman, Daniel Charneux livre un chant tout en clair-obscur qui s’enracine dans la phrase rédigée par la star en 1955 dans l’agenda italien, I’m not M.M. Cinq mots, dont un barré, raturé, qui condensent la tragédie de l’actrice, qui posent simultanément l’affirmation de son identité en tant que M. M. et la négation de ce rôle forgé par le système et l’industrie du septième art. Chronologiquement, nous descendons dans le vécu de l’idole planétaire déchirée entre la quête d’un père inconnu, d’une libération et l’enfermement dans le monde des images, dans la machinerie hollywoodienne des rêves. Le dialogue avec l’entité duelle Norma Jeane/Marilyn se voit étoffé par la mise en scène discrète de la voix de l’auteur, par l’analyse de son obsession, de sa passion Marilyn. Le motif du double, du miroir agit à tous les niveaux, entre Marilyn et Norma, entre le public et l’icône, entre l’écriture qui court vers M. M. et celle-ci qui danse dans l’impossible. Daniel Charneux passe en dessous de la ligne de flottaison des songes, en dessous des milliers de photos, de pellicules, de films qui exhalent la photogénie mythique de Marilyn. Continuer la lecture →