
Quand j’étais enfant, que ma vie était made in Japan, les Français ont inventé l’expression « japoniaiserie ». Trente ans plus tard, maintenant que la vie parisienne semble déréglée, un autre bruit circule, l’idée que les Japonais ont compris quelque chose à côté de quoi on est passés. C’est peut-être faux, c’est peut-être un stéréotype, c’est peut-être même une idée de droite. Mais quand on est en plein meltdown dans un métro bloqué à Barbès, c’est une pensée-refuge. Alors on est prêt à prendre un vol de quatorze heures pour vérifier.
Bernie Leibovitz, trente-trois ans, est las de sa vie parisienne cadencée par les impératifs d’une boîte de comm’, épuisé d’une existence dans laquelle il peine à trouver un sens, il quitte tout pour Tokyo, le « seul endroit où la vie […] semblait encore attirante ». Sans plan, sans certitude, sans but, il largue les amarres pour ce lieu « où la vie d’adulte parait excitante à nouveau ». Son seul viatique est un appareil photo qu’il dégaine chaque fois que le monde lui échappe. Continuer la lecture











