Jacques NICOLAS, Inventaires, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2026, 132 p. 16 €, ISBN : 9782390770053
À la faveur d’un séjour à l’hôpital, au temps du confinement, Jacques Nicolas s’est pris au jeu de la nostalgie « qui engendre à la fois la jouissance et l’amertume ». Loin de son Bouillon natal, dans ce cube en béton où il regarde s’égoutter une perfusion, il arpente les couloirs, scrutant un monde si loin du sien, prend des notes et nous informe de l’évolution de son état. Pour lui et pour nous, il se remémore le temps jadis et feuillette son album mental, faisant défiler les visages et les anecdotes. Une figure s’impose, celle de l’Hypocras dont il a visité la demeure abandonnée quelques années après son décès. Dans ce sanctuaire où le fil du temps est demeuré suspendu, il scrute les objets, les traces de vie et les mots que son ami laissait un peu partout, au gré de ses observations et pensées, sur tous les papiers qu’il avait sous la main. Il procède à un relevé minutieux des scories du passé, témoins d’une existence singulière. Au pays de la Semois, c’est la rivière qui donne le ton, elle qui préfère les méandres aux lignes droites. Elle dicte son rythme nonchalant et invite à la rêverie et à la promenade. Au fil des chemins, on salue les hommes et les femmes qui prennent le soleil ou taquinent le goujon, on engage la conversation mêlée de patois : Continuer la lecture →