Archives par étiquette : Ker

Quel avenir pour l’humanité ?

COLLECTIF, Les bâtisseurs, Ker, 2019, 158 p., 10 €, ISBN : 978-2-87586-260-0 

Les bâtisseurs est un recueil de onze nouvelles écrites pas onze auteurs jouissant d’une certaine renommée dans le monde de l’écriture. Il nous propose un florilège de ce qu’il peut advenir dans le monde face à la crise climatique. Tantôt optimistes, tantôt plus sombres, souvent avec une fin ouverte, les nouvelles nous font découvrir des imaginaires très variés… Continuer la lecture

Entre douceur et mélancolie

Jean JAUNIAUX, Belgiques, Ker, 2019, 124 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-254-9

Nouvelles, souvenirs, évocations : les textes de Jean Jauniaux, réunis sous le titre Belgiques, égrènent sentiments, impressions, humeurs, couleurs.

On participe à l’exaltante, foisonnante préparation d’une série d’émissions historiques consacrées à la Révolution de 1830 dont la télévision entendait commémorer, en septembre 1980, les cent cinquante ans. Épisode décisif dans la vie de Jean Jauniaux, fraîchement sorti de l’INSAS, que l’un de ses professeurs lance dans cette aventure. « C’est là que surgit dans ma vie le miracle de la Révolution de 1830. » L’horizon s’ouvre et, avec lui, la chance de pouvoir rencontrer – et collaborer avec – des personnalités tels Jacques Cogniaux, Jacques Brédael, Armand Bachelier… Un premier contrat d’emploi s’apparentait ici à un moment de grâce. (Une journée hors norme) Continuer la lecture

Le bleu et le noir de la vie

Virginie MOULIGNEAUX, Un trou dans la mémoire, Ker, 2019, 102 p., 12 €, ISBN : 9782875862501

Le texte qui ouvre le recueil de nouvelles de Virginie Mouligneaux et lui donne son titre, Un trou dans la mémoire (prix de la Fondation Laure Nobels 2018), est probablement le plus frappant.

Sur fond de guerre d’Espagne, un homme marche, au milieu de ses frères d’armes, vers le peloton d’exécution. En ce moment ultime, lui, Álvaro Garriga, qui « était mort un nombre incalculable de fois et il était né bien plus souvent encore », se souvient, au bout de tant d’années, du soir d’été « bleu et capiteux », qui tournerait à l’orage, où Inès l’avait emmené voir la mer. Sans oser dire un mot ni faire un geste, il l’avait regardée s’éloigner sous l’averse alors qu’il aurait tant aimé l’embrasser. « Ses lèvres auraient eu un goût de pluie. » Et si cette heure-ci n’était pas la dernière…? (Un trou dans la mémoire) Continuer la lecture

Noir d’Espagne

François FILLEUL, Poissons volants, Ker, 2019, 246 p., 18 €, ISBN : 978-2-87586-248-8

C’est le bout du bout du sud d’une Andalousie qui n’a que peu de rapports avec le « divin paradis que l’on dit frivole » chanté par Luis Mariano. C’est un ruban de ville qui s’étire sur l’isthme méditerranéen reliant la province de Cadix au territoire britannique de Gibraltar, séparé par une frontière devenue poreuse  (jusqu’à nouvel ordre, l’ombre du Brexit planant forcément sur le Rocher…). La ville a pour nom La Linea. On y vit assez pauvrement entre débrouille et magouilles et en faisant face plutôt mal que bien à l’invasion permanente de rats, si catastrophique qu’elle contraint même les hôpitaux publics à fermer boutique. Autre invasion plus saisonnière et mieux acceptée, celle des exocets qui fournissent une nourriture abondante mais de piètre qualité, après séchage de ces « poissons volants » accrochés comme des chaussettes aux réseaux de cordes à linge. C’est dans ce contexte andalou bien connu de lui pour y avoir vécu plusieurs années que François Filleul, Borain d’origine et professeur de français à Bruxelles, situe le polar qui lui a valu le deuxième Prix Fintro voué aux « Écritures noires ». Un cahier des charges qu’il n’a pas boudé en massacrant d’emblée au fusil d’assaut sept personnes : des couples d’amis apparemment sans histoire réunis dans une maison de week-end pour leur traditionnel rendez-vous des fêtes de fin d’année. Seuls rescapés de cette tuerie à priori inexplicable : un Belge, époux d’une fonctionnaire européenne et sa petite fille ainsi qu’une sommelière qui, retenue par son travail, est arrivée trop tard sur les lieux pour grossir le bilan macabre. Continuer la lecture

Pourquoi pas moi ?

Lola MANSOUR, Ceinture blanche, Ker, 2018, 103 p., 12€ / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-242-6

L’auteure est une judokate belge ayant reçu de nombreuses médailles, notamment la médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse 2010 et au championnat d’Europe des moins de vingt ans en 2012. Pourtant, ce n’est pas une autobiographie qu’elle nous donne à lire, mais une fiction qui dévoile le parcours d’Anya, douze ans. Celle-ci cherche un but à sa vie et en trouve un : elle veut devenir une championne, pendant que ses copines rêvent de devenir princesses. D’où lui vient cette idée ? Pas de ses parents artistes, en tout cas. Mais peu importe. Anya est habitée par cette idée fixe. Le hic, c’est qu’elle ne sait pas dans quel sport briller. Continuer la lecture

Vivre selon les règles ?

Giuseppe SANTOLIQUIDO, Belgiques – Rien ne vaut ce maintenant, Ker, 2018, 135 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-287586-234-1

Dans ses romans précédemment parus, Giuseppe Santoliquido montre des individus profondément marqués par leurs origines sociales, souvent modestes. Dans leur projet de construire leur vie, ils doivent essayer de dépasser ces conditions pour tenter de réaliser leurs rêves ou leurs ambitions.


Lire aussi : G. Santoliquido, le regard sur l’autre (C.I. n° 193)


C’est toujours cette problématique centrale qui se retrouve dans ce recueil de trois longues nouvelles, dont la première qualité est la cohérence. Les mêmes questions fondamentales se posent aux personnages, mais les réponses varient. Et donc chaque nouvelle doit être lue en fonction des autres. Continuer la lecture

Vous avez dit Belgique ?

Yves WELLENS, Belgiques. Zones classées, Ker, 2018, 148 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-238-9

Le recueil de nouvelles d’Yves Wellens Zones classées, qui s’inscrit dans la collection « Belgiques » des éditions Ker, s’ouvre par une troublante intrigue autour d’une photographie ancienne : un portrait de groupe, dont il se révèle qu’un personnage a été effacé. « Une absence. Une disparition. Quelqu’un. Quelqu’un était sorti du tableau ». Pourquoi ?… » (« Par la bande ») Continuer la lecture