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Dessine-moi une forêt

Un coup de cœur du Car­net

Marie COLOT et Noémie MARSILY, Mori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki, Cot­Cot­Cot, coll. « Les ran­don­nées graphiques », 2024, 204 p., 24 €, ISBN : 9782930941639

colot marsily moriMori, graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawa­ki est à la fois une fic­tion doc­u­men­taire et un roman d’apprentissage. Le réc­it débute quand Mikiko est âgée de 4 ans et se pour­suit jusqu’à son entrée dans l’âge adulte. On y suit d’abord la ren­con­tre entre l’héroïne et son voisin Aki­ra, un vieux mon­sieur pas­sion­né par les plantes. Un peu plus tard dans le réc­it appa­rait un troisième per­son­nage, Kaku­zo, qui est le neveu d’Akira. Les trois pro­tag­o­nistes se ren­con­trent et se rassem­blent autour d’une micro-forêt qu’Akira a plan­tée en plein cœur de Tokyo, en bas de l’immeuble où vit Mikiko. Con­tin­uer la lec­ture

On bouscule tout et on recommence

COLLECTIF L‑SLAM, On ne s’excuse de rien!, vol. 2, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2024, 296 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87505–493‑7

l slam on ne s excuse de rien 2On s’écrie qu’on écrit.
On frappe où ça fait mal.
On marche. On danse. On embrasse. On écrase ses angoiss­es.

« On », c’est le Col­lec­tif L‑SLAM. Poètes, poét­esses, slameureuses, badass­es, iels unis­sent leur plume une nou­velle fois, après un pre­mier recueil paru en 2019 et qui rassem­blait déjà cinquante-sept auteurices. Aujourd’hui, le chœur a grossi et la verve ne s’affaiblit pas. Haut et fort, iels don­nent de la voix. Il est ques­tion de racisme, de mater­nité, de rup­ture, de viol, de burn-out et de vio­lence con­ju­gale, mais aus­si de mar­rainage, de mat­ri­moine, de com­per­sion et d’intersection des luttes. Le vers a du poids. La rime ne décore pas. La poésie se poli­tise. Le mot sert le com­bat. Con­tin­uer la lec­ture

Les rêves pour écrire les chemins à (ne pas) suivre

Patrick LOWIE, Le totem d’Imyriacht, 252 por­traits oniriques (2016–2023), Mael­ström reEvo­lu­tion, 2023, 524 p., 22 €, ISBN : 9782875054630

lowie le totem d'imyriachtPatrick Lowie est un drôle d’écrivain (comme on dit un drôle d’oiseau). Il imag­ine des pro­jets lit­téraires pour l’emmener où seul Marceau Ivréa sait, Marceau Ivréa, cet écrivain énig­ma­tique qui lui a con­fir­mé l’existence rêvée de Mapuetos, « la ville qui n’existe pas dans un monde qui n’existe pas ». Des voy­ages oniriques pour se per­dre, se re-trou­ver au-delà du monde réel, cas­tra­teur d’imaginaire et de poésie. Il rêve et conçoit ces aven­tures au long cours pour génér­er une écri­t­ure hors-piste, poé­tique, automa­tique, par­fois ésotérique, tou­jours explo­ratrice d’inconscient. Mais pour que ces incur­sions en ter­res et mers incon­nues puis­sent con­tin­uer leur excur­sion, ne pas s’épuiser, il a besoin, nous sem­ble-t-il, de trois choses : un point d’attache, des balis­es, des gens pour lui emboîter le pas, pren­dre les devants et la tan­gente. Con­tin­uer la lec­ture

Les dragons aussi ont besoin de ronronner

Un coup de cœur du Car­net

Jérôme COLIN, Les drag­ons, Allary, 2023, 177 p., 18,90 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 97822370734709

colin les dragonsAprès dix ans de rela­tion de cou­ple, Jérôme, trente-cinq ans, se voit obligé de faire une pause car sa com­pagne souhaite avancer (enten­dez avoir un enfant) et l’invite à réfléchir, lassée par les dif­fi­cultés de son com­pagnon à envis­ager l’avenir. Dès qu’il porte son regard sur le monde, il éprou­ve effec­tive­ment un mélange sub­til d’anxiété, de colère et de lucid­ité inci­sive. Ce temps d’arrêt est l’occasion de jeter sur le papi­er une his­toire vécue vingt ans plus tôt et enfouie pro­fondé­ment en lui… Con­tin­uer la lec­ture

La quête du saint Graal

Un coup de cœur du Car­net

Gérard BEDORET, Olivi­er CORTEN et Pierre KLEIN, De Sala­manque à Guan­tanamo, une his­toire du droit inter­na­tion­al, Futur­opo­lis, 2022, 251 p., 27 € / ePub : 18,99 €, ISBN : 978–2‑7548–3353‑0

de salamanque a guantanamo une histoire du droit internationalChoc ! Une BD, un roman/essai graphique qui n’est ni un roman ni un essai, vient nous délivr­er le mes­sage de l’année, le con­tre­point idéal à nos temps maus­sades de pandémies, pop­ulismes et agres­sions socio­cidaires.    

Il était une fois, au sud de Brux­elles, un vil­lage blot­ti autour d’une place atem­porelle et mod­erne. Des dizaines d’artistes et d’intellectuels s’y étaient instal­lés, attirés par la per­cep­tion d’une âme fau­filée entre les venelles, les bosquets, la vieille église et les écoles. Il était une fois, par­mi ceux-là, deux pro­fesseurs d’université, Olivi­er Corten et Pierre Klein, et un archi­tecte, Gérard Bedoret. Les pre­miers, loin de se lim­iter aux arcanes de leur domaine (le droit inter­na­tion­al), nour­ris­saient des pro­jets citoyens. Faire descen­dre une notion essen­tielle au sein de publics moins aver­tis, ouvrir des lucarnes d’information et de réflex­ion. Le troisième, lui, désir­ait tourn­er la page d’une vie pro­fes­sion­nelle pour se con­sacr­er à un rêve en planch­es. Con­tin­uer la lec­ture

Frères de silence

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gal­li­mard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1

valassidis au moins nous aurons la nuitNous sommes dans une ban­lieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le nar­ra­teur, qui ne livre pas son nom, nous par­le de Dylan, dont il était si proche et qui a dis­paru au creux de la nuit. Il nous dit leur univers com­mun, celui qu’ils trou­vent en lisière de la cité, là où on peut respir­er une fois passée la voie fer­rée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de com­plic­ité tacite qui ne dit pas non plus son nom.

Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la pre­mière fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressen­ti quelque chose. Une sen­sa­tion très forte. Sur laque­lle je n’avais pas voulu met­tre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impres­sion. Qu’elle reste libre. Con­tin­uer la lec­ture

« Chante la vie, chante »

David GIANNONI, Il faut savoir choisir son chant, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2022, 314 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–429‑6

giannoni il faut savoir choisir son chant« Il avait levé les yeux pour con­trôler l’état de la toi­ture. / Six cents trous de lumière perçaient les tuiles. / Entre chaque ray­on / Son être entier / Riait. » Tel est le chant inau­gur­al par lequel David Gian­noni inau­gure son recueil de « poé­con­tes » (mot-valise à l’évidence poé­tique se pas­sant d’explication). Au moment-même où ces mots ont été posés, l’évidence a sur­gi : ils con­stitueraient le début d’un voy­age de « 108 poèmes, 108 chants, 108 vari­a­tions d’un même chant, 108 per­les d’un chapelet tout per­son­nel et qui à la fois devait pou­voir se faire uni­versel ». Gian­noni a alors com­mencé une expéri­ence tout en récep­tiv­ité qui dur­erait près de qua­tre ans. Accueil­lir le Verbe quand et comme il se présen­terait, lui don­ner temps et forme, et finale­ment le prodiguer ; une démarche d’art et de spir­i­tu­al­ité, pleine et généreuse. Con­tin­uer la lec­ture

Routes de la gémellité et puissances du livre

Jean Claude BOLOGNE, Le nou­v­el an can­ni­bale, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2021, 232 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–384‑8

bologne le nouvel an cannibaleLa vie des livres, la manière dont ils font vol­er en éclats la fron­tière entre réal­ité et imag­i­naire, les pou­voirs ontologiques, les sor­tilèges dont ils sont por­teurs sont au cœur du dernier roman de Jean Claude Bologne, Le nou­v­el an can­ni­bale. Auteur d’une œuvre mar­quante riche d’une quar­an­taine de titres, romanci­er, essay­iste, philo­logue de for­ma­tion, Jean Claude Bologne met en réc­it avec ambi­tion, éru­di­tion et humour le coup de dés de la créa­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Ces parents-là

Un coup de cœur du Car­net

Vir­ginie JORTAY, Ces enfants-là, Impres­sions nou­velles, 2021, 256 p., 20 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782874498855

jortay ces enfants-làElle se sou­vient, tout lui revient en détail, sa rage monte et, avec elle, le besoin d’écrire. Les mots se pré­cip­i­tent car tout est devenu clair à présent que l’étau de leur emprise s’est relâché. Dans cet élan, elle nous dit d’une traite son enfance dans une famille en vue, de celles qui attirent le regard et la con­voitise et à qui tout sem­ble réus­sir. Le père est ani­ma­teur-vedette, il enchaîne les suc­cès. La mère accom­pa­gne cette réus­site et en organ­ise la mise en scène. Elle saisit toutes les occa­sions d’affirmer l’ascension sociale de leur cou­ple au tra­vers de récep­tions au cours desquelles il se donne en spec­ta­cle, toute pudeur mise de côté. Une mai­son neuve est con­stru­ite pour affirmer ce statut, avec une piscine dans laque­lle il est de bon ton de se baign­er nu. Ces fes­tiv­ités large­ment arrosées rassem­blent des adultes libérés qui recherchent un plaisir sans lim­ite, et les hôtes sem­blent s’en réjouir tout y en prenant part. Con­tin­uer la lec­ture

Petit manuel pour procrastiner sa fugue

Un coup de cœur du Car­net

Char­ly DELWART et Ronan BADEL, Les aven­tures de moi-même. Jour­nal de ma fugue, Flam­mar­i­on Jeunesse, 2021, 144 p., 11,50 € / ePub : 8,49 €, ISBN : 9782080205957

delwart badel les aventures de moi meme journal de ma fugueC’est décidé : Gas­pard, (presque) dix ans, va fuguer. Parce qu’il a le temps, parce qu’il a l’âge, pour pren­dre son indépen­dance, pour voir le monde tout seul comme un grand, car oui, il est grand, main­tenant. Ah, et aus­si parce que ses par­ents et lui ne sont pas, mais alors pas du tout d’accord : ils ont décidé de l’inscrire dans un autre col­lège que celui où iront ses deux meilleurs copains. Une seule solu­tion : quit­ter la mai­son. Con­tin­uer la lec­ture

Les secrets du professeur de scénario

Luc DELLISSE, L’atelier du scé­nar­iste. Vingt secrets de fab­ri­ca­tion, Impres­sions nou­velles, 2021, 192 p., 16 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 9782874498510

dellisse l atelier du scénariste vingt secrets de fabricationNou­velles, essais, poésie…, l’écrivain Luc Del­lisse a pub­lié ces derniers mois plusieurs livres qui ont quelque peu éclip­sé l’autre (si ce n’est le pre­mier) ver­sant de son tra­vail : celui de spé­cial­iste du ciné­ma, et plus par­ti­c­ulière­ment du scé­nario. Pro­fesseur de scé­nario, Del­lisse a tiré de son méti­er le roman éponyme, mais aus­si des ouvrages qui tien­nent plus du guide pra­tique, tels que L’invention du scé­nario et  L’atelier du scé­nar­iste, que réédi­tent oppor­tuné­ment Les Impres­sions nou­velles après une pre­mière pub­li­ca­tion en 2009. Con­tin­uer la lec­ture

Laurence Boudart écrit sur Martine

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rence BOUDART, Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2021, 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–858‑9

boudart martine une aventuriere du quotidienSacré défi que d’écrire à pro­pos de Mar­tine, cette « éter­nelle petite fille sage, âgée pour tou­jours d’une dizaine d’années », entrée dans l’imaginaire col­lec­tif dès 1954 au tra­vers du dessin de Mar­cel Mar­li­er et de l’auteur Gilbert Dela­haye, tant elle évolue dans un monde sans aspérité aucune ni n’est dotée d’un quel­conque (super-)pouvoir. Lau­rence Boudart relève ce défi avec brio, dans son essai Mar­tine. Une aven­turière du quo­ti­di­en, pub­lié dans la col­lec­tion « La fab­rique des héros » des Impres­sions nou­velles. Mar­tine fréquente désor­mais les mythiques Bat­man, Bar­barel­la, Sher­lock Holmes ou Jack Spar­row. Con­tin­uer la lec­ture

Une sérénité incertaine

Un coup de cœur du Car­net

Daniel DE BRUYCKER, Neu­vaines 7 à 9, Mael­strÖm, coll. « Poésie », 2020, 239 p., 16 €, ISBN 978–2‑87505–365‑7

de bruycker neuvaines 7 à 9Troisième et dernier tome des Neu­vaines, le nou­veau livre de Daniel De Bruy­ck­er offre avec les deux précé­dents assez de simil­i­tudes pour ne pas décon­cert­er le lecteur, et assez de dif­férences pour éviter une impres­sion de monot­o­nie. On y redé­cou­vre à chaque page cette atti­tude mod­este­ment “philosophique” devant l’ex­is­tence, non l’énon­cé d’une doc­trine, mais une sagesse empirique mêlant fatal­isme et stoï­cisme. Y domi­nent les thèmes de la quo­ti­di­en­neté bien­v­enue, de la fru­gal­ité, du chem­ine­ment, de la soli­tude libre­ment con­sen­tie – on l’a dit, il y a quelque chose de monacal dans cette démarche. Revient sou­vent le motif du logis, du chez-soi, sug­gérant le désir de (re)trouver sa juste place dans la com­plex­ité du monde. « Vivre est si sim­ple ! », lit-on, affir­ma­tion rare dans la poésie con­tem­po­raine… Toute­fois, il ne s’ag­it nulle­ment d’as­sur­ance ou de con­fi­ance béate. À de nom­breuses repris­es pointent des sen­ti­ments de non-cer­ti­tude, d’ig­no­rance ou d’im­puis­sance, que sig­na­lent le recours à la forme inter­rog­a­tive, à la fig­ure du para­doxe, à l’hési­ta­tion, au « peut-être ». Tout ce style de vie et de ques­tion­nement trou­ve à la fois son expres­sion idoine et sa jus­ti­fi­ca­tion dans la pra­tique inlass­able, vitale, de l’écri­t­ure poé­tique, où sans fin se relance la dialec­tique entre le con­nu et l’in­con­nu, l’ac­cep­té et l’éludé. Ain­si le vécu ne se sou­tient-il pas de lui seul. Il est mis en bal­ance con­tin­uelle avec ce qui lui échappe et que pour­tant il nour­rit : la poésie en tra­vail. Neu­vaines tient à la fois de la quête du sens exis­ten­tiel, d’un jour­nal intime au “moi” introu­vable, de l’ex­er­ci­ce spir­ituel, des grandes manœu­vres ver­bales. Con­tin­uer la lec­ture

La course à la vie

Geneviève CASTERMAN, Cours Lola, cours !, Esper­luète, 2020, 32 p., 16,50 €, ISBN : 9782359841305

Une fille aux cheveux rouges, débardeur clair et bas­kets, courant comme une dératée dans la cap­i­tale berli­noise afin de sauver son ami Man­ni. C’est cette image-culte que le titre Cours Lola, cours ! évoque à ceux d’« un temps que les moins de vingt ans ne peu­vent pas con­naître ». À présent, il réfèr­era égale­ment, dans l’esprit des plus jeunes cette fois, à un album jeunesse pub­lié chez Esper­luète édi­tions, celui de Geneviève Cast­er­man qui pré­cise elle-même que « le titre du livre n’a rien en com­mun avec le film éponyme que le prénom de son héroïne ». Con­tin­uer la lec­ture

Voyage dans l’univers de Comès

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry BELLEFROID, Comès. D’Ombre et de Silence, Cast­er­man, 2020, 145 p., 29 € / ePub : 19.99 €, ISBN : 978–2‑203–18379‑7

thierry bellefroid comes d'ombre et de silence castermanCor­beaux, chou­ettes, chats, homme-cerf, paysages enneigés, per­son­nages mar­gin­aux anguleux, rites d’initiation, génie du silence graphique met­tant en scène la Bataille des Ardennes, les som­bres con­flits entre vil­la­geois, la mise à mort des êtres dif­férents… Quar­ante ans après la paru­tion de l’album Silence, le chef‑d’œuvre de Comès, à l’occasion de la sou­veraine expo­si­tion Comès au musée BELvue à Brux­elles dont il est le co-com­mis­saire avec Éric Dubois, Thier­ry Belle­froid con­sacre un essai magis­tral à ce créa­teur hors norme décédé en 2013. Con­tin­uer la lec­ture

La folle aventure de Marabout

Jacques HELLEMANS, Les édi­tions Marabout, Bob Morane et le Québec, pré­face d’Henri Vernes, Septen­tri­on, 2019, 200 p., 27 € / ePub : 18.99 €, ISBN : 9782897910617

Le livre de poche fran­coph­o­ne est né en Bel­gique, plus pré­cisé­ment à Verviers ! Durant une trentaine d’années, notre pays a été le foy­er d’une aven­ture édi­to­ri­ale excep­tion­nelle, celle des édi­tions Marabout, dont Jacques Helle­mans restitue avec soin le car­ac­tère pio­nnier dans Les édi­tions Marabout, Bob Morane et le Québec.

Jacques Helle­mans com­mence par bross­er l’histoire de ces livres de petit for­mat, que leur coût moins élevé rendait acces­si­bles à un large pub­lic. Cette his­toire, qui débute dans le monde anglo-sax­on, ressem­ble à une éton­nante volière lit­téraire dans laque­lle se croisent des pin­gouins, des péli­cans, des alba­tros, des coqs nains, puis le marabout des Belges. L’adaptation fran­coph­o­ne des Pen­guin books fut le fait de deux hommes : André Gérard et Jean-Jacques Schel­lens, dont la mai­son d’édition prit son envol en 1949, qua­tre ans avant qu’apparaisse la riposte de l’édition française, « Le livre de poche ». L’auteur mon­tre que le suc­cès ful­gu­rant de leur entre­prise est lié à une créa­tiv­ité con­stante, une intu­ition quant à l’évolution de la société et du lec­torat, un goût pour l’innovation tech­nique et un soin par­ti­c­uli­er apporté à la com­mu­ni­ca­tion pub­lic­i­taire. À l’aube des Trente Glo­rieuses, Marabout révo­lu­tion­na le marché de l’édition en langue française, non seule­ment par le choix du for­mat de poche et de cou­ver­tures illus­trées et plas­ti­fiées, mais aus­si par l’introduction de procédés mar­ket­ing, devenus depuis incon­tourn­ables, et par une atten­tion nou­velle aux rela­tions avec les libraires. Con­tin­uer la lec­ture