Archives pour la catégorie Dossiers du Carnet

De quoi est faite l’amitié en littérature ?

Jean-Louis ÉTIENNE, Jean Ray / Thomas Owen. Correspondances littéraires, Préface d’Arnaud Huftier, Postface d’Anne Neuschäfer, Valenciennes, Presses Universitaires  de Valenciennes, 2016, 302 p., 19 €, ISBN : 13 9782364240513

etienneCommençons par la préface qui cadre bien les enjeux du livre. Arnaud Huftier y fait remarquer l’importance du « principe associatif » dont use la critique : un nouvel auteur est comparé à un auteur bien connu. Comparaison nécessairement réductrice car elle néglige des qualités de l’écrivain mais aussi d’autres aspects du champ littéraire. Mais, à terme, elle permet cependant  à ce nouvel auteur de jouer de cette référence, de se positionner et de se construire une personnalité littéraire propre, en accentuant ce qui le différencie de l’auteur à qui il est comparé : il peut devenir « autonome ». Avant éventuellement – mais après combien de temps ? – de devenir lui-même une référence. C’est ainsi que l’on a qualifié Jean Ray d’« Edgar Poe belge » ou de « Lovecraft flamand », avant qu’il ne devienne lui-même la référence pour Thomas Owen. Lire la suite

Le Jean Ray d’Henri Vernes

Henri VERNES, Thierry MORTIAUX, Jean Ray, 14 rue d’Or, préface de Jean-Baptiste Baronian, Bruxelles, La Pierre d’Alun, coll. « La Petite Pierre », 2016, 141 p., 36 €

vernesHenri Vernes s’honore d’une amitié de vingt ans avec Jean Ray. Après diverses préfaces et postfaces, il propose maintenant un texte de plus grande ampleur. Son livre oscille entre souvenirs personnels et réflexions sur l’art littéraire de Jean Ray.

Il rencontre le Gantois en 1943, alors que celui-ci publie beaucoup, des textes majeurs, qui sont aussi des succès de vente. L’après-guerre est cependant une période plus terne pour Ray qui croit son heure passée. Mais Vernes, qui devient un auteur de référence chez Marabout, conçoit un projet de réédition. Il apporte aujourd’hui des précisions sur les circonstances de ces rééditions, particulièrement celles des Harry Dickson, auxquels Ray ne semblait plus croire du tout. H. Vernes a également été impliqué dans les négociations avec Alain Resnais pour l’adaptation au cinéma d’Harry Dickson, et explique les raisons de l’abandon du projet. Lire la suite

Lire ou relire Jean Ray ? Oui et oui

Un coup de coeur du Carnet

Jean RAY, Les contes du whisky, Paris, Alma, 2016, 283 p., 18 €
Jean RAY, La cité de l’indicible peur, Paris, Alma, 2016, 253 p., 18 €

ray whiskyLa question de la disponibilité des droits ayant trouvé une solution, les éditions Alma se lancent aujourd’hui dans un nécessaire et ambitieux programme de rééditions de Jean Ray. Comme le dit Arnaud Huftier, maître d’œuvre de ce travail, on a malheureusement perdu une génération de lecteurs. Il faut maintenant tenter de réimposer le nom de Jean Ray dans l’univers francophone dont il était presque totalement absent depuis la fin des années 80 et les publications chez NéO, si l’on excepte les trois titres disponibles dans la collection Espace Nord. Par contre, il n’a jamais cessé d’être édité dans d’autres langues et est encore considéré aujourd’hui, en dehors du domaine francophone, comme un auteur majeur de la littérature et pas seulement de la littérature de l’étrange. Lire la suite

Henri Michaux « en appel de visages »

Il flotte à la Bibliotheca Wittockiana une atmosphère envoûtante de sérénité. À la fois en retrait du monde et en son cœur même, ce musée unique, consacré à la reliure d’art, nous rappelle le respect dû à la seconde invention capitale de l’humanité, après la maîtrise du feu : le Livre. Lire la suite

Michaux, l’à distance

Un coup de cœur du Carnet

Henri MICHAUX, Donc c’est non, lettres réunies, présentées et annotées par Jean-Luc Outers, NRF, Gallimard, 200 p., 19,50 €/ePub : 13,99 €

michauxAlors que d’aucuns devraient se faire inoculer quelque vaccin pour guérir de la rage d’apparaître qui semble les tenir, Henri Michaux incarne un contre-exemple absolu dans le refus de livrer son image, de laisser une trace autre qu’écrite, de brader sa présence au monde. Le barbare altier qu’il était partageait ainsi avec certaines peuplades fallacieusement taxées de « primitives » la conviction qu’être photographié revenait à se faire voler son âme ; et le seul film où on peut l’entrevoir, lors d’une conférence prononcée par Borges au Collège de France en 1983, montre un homme en passe de verser dans l’invisibilité, au regard dissimulé par d’épais verres fumés. Jamais d’interview, pas d’enregistrement. Pire : il était phobique du contact humain, en tout cas de celui que dictent les convenances sociales ou les ambitions littéraires. Alain Bosquet, dans La Mémoire et l’oubli, cernera très bien l’attitude de Michaux lorsqu’il se trouvait à proximité d’un congénère : « Je l’admire, de se montrer si hérissé, si hostile, si grinçant. Les vingt-cinq ou trente fois que je l’ai rencontré, j’ai surtout aimé le malaise superbement intelligent qui émanait de lui : aucune concession et aucune politesse extérieure. » Lire la suite

Exposition Henri Michaux

wittockiana

Vingt ans après la dernière grande exposition qui lui fut dédiée en Belgique, Henri Michaux est de retour, avec l’exposition que lui consacre la Bibliotheca Wittockiana, en partenariat avec le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.

L’exposition, intitulée « Face à Face », confronte l’œuvre littéraire et graphique de celui qui considère son œuvre écrite et peinte comme un immense autoportrait à celles de certains de ses illustres contemporains. Lire la suite

topIls ont lu et ils ont apprécié… Découvrez chaque jour le « Top 2015 » d’un chroniqueur du Carnet. Une occasion de (re)découvrir de manière ludique les temps forts de l’année littéraire belge. 

 

 

Aujourd’hui : la sélection de Pierre Malherbe

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