Archives par étiquette : Roman

De l’autre côté du miroir

Aliénor DEBROCQ, Maison miroir, Rouergue, coll. « La Brune », 2022, 304 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782812623509

debrocq maison miroir« Rose passe la plupart de ses journées chez elle. Avant, elle y recevait aussi ses clients, mais elle a modifié ses habitudes depuis que la maison voisine est devenue une boîte à décibels. Elle n’ose plus accueillir personne, se sent prise en otage du vacarme, guette avec crainte le retour de la marmaille, comme la nomme son mari. Dès que la petite troupe bariolée passe le portail et s’engouffre à côté, Rose sait que le tintamarre va traverser les murs. Finie, la tranquillité. » Tel est le quotidien sonore de cette quadra bourgeoisement installée au creux d’un quartier vert de la banlieue bruxelloise. Avant, le calme régnait. Avant, Rose ne se claquemurait pas non plus chez elle. Elle menait une carrière d’architecte consciencieuse, d’épouse établie, de mère attentive à sa Boucles d’Or. Elle avançait sans se poser (trop) de questions, suivant le mouvement, interagissant parfaitement. Certains troubles la traversaient bien entendu ; ils demeuraient juste assez inoffensifs quant à la stabilité des fondements de son existence. Mais avant, Rose n’avait pas perdu son bébé ni subi de curetage, et n’était pas encore cette présence d’éther détachée du monde et pourtant douloureusement consciente de ses privilèges. Avant, tout était moins délicat, et plus silencieux. Continuer la lecture

Magma solaire et nuits stambouliotes

Natol BISQ, Plein soleil, Le sabot, coll. « Du seum », 2022, 536 p., 17 €, ISBN : 9782492352072

bisq plein soleilDémesure narrative, lumière d’un soleil noir, calciné qui embrase l’écriture, les registres stylistiques, trame ambitieuse où se mêlent thriller de facture cinématographique, mise en abyme de la littérature et galerie de personnages en proie au vertige existentiel… Plein soleil, premier roman ambitieux d’un jeune auteur féru de pseudonymes (dont celui de Natol Bisq), nous entraîne dans un dédale d’actions, de quêtes qui interroge le principe de réalité.

Lancée sur les routes de l’Europe et d’Asie afin de retrouver un écrivain avec qui elle entend régler ses comptes, Léa fait l’expérience de mondes souterrains, parallèles dans un climat qui mêle Matrix et road movie à l’heure du virtuel. Éminemment sensorielle, l’écriture dresse une multitude de scènes d’opéra dont les personnages et le lecteur se doivent de rassembler les pièces du puzzle. La boîte de Pandore que nous ouvre Natol Bisq libère la folie d’un monde où règne Lacis, une organisation cybercriminelle établie en Italie, berceau de toutes les mafias. Les dédoublements, les dérives hallucinées de la fiction s’inscrivent dans une esthétique lynchienne qui dévoile l’envers du décor, les manœuvres complotistes, le tremblement du vrai et du faux, les sous-sols de la conscience, la production de variantes de clones. Continuer la lecture

Imaginer, raconter, méditer

Bernard CAPRASSE, La dérive des sentiments, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2022, 400 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874896910

caprasse la derive des sentiments« La mort de Barbara fut un écroulement. Elle enténébra le cœur du chevalier, ombra son esprit, fissura son âme. »

Le livre de Bernard Caprasse, La dérive des sentiments, s’ouvre tragiquement. L’épouse du chevalier Jean de Sterpigny meurt en mettant au monde l’enfant qu’ils attendaient avec une ferveur heureuse.

La petite Héloïse est d’abord rejetée par son père, muré dans sa douleur. Mais, au fil du temps, elle se rapproche de lui. Une affection complice se noue entre Jean de Sterpigny, qui se définit ironiquement comme « un hobereau rivé à ses terres », un vaste domaine ardennais entourant un manoir, et sa fille, née avec un pied bot qui ne l’empêche pas d’être agile et ne la tourmentera que plus tard, sous le regard des autres : à l’école où ses condisciples la surnomment « boitillon » ; au bal, où les danseurs se font rares. Continuer la lecture

Sur un fil, avancer toujours

Daniel CHARNEUX, Les oiseaux n’ont pas le vertige, Genèse édition, 2022, 207 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978-2-3820101-67

charneux les oiseaux n ont pas le vertigeDe l’enfance à l’âge mûr, les souvenirs de Jean Berthollet sont racontés à la première personne, entrelacs de faits marquants et de cartes postales du quotidien. Les images du petit village ardennais des premières années installent une ambiance bucolique : théâtre de pleine nature, tout en quiétude, qui ne se laisse pas troubler par les drames qui y bouleversent les habitants. Mais l’insouciance de Jean connaît une fin tragique lorsqu’un accident de vélo emporte son jumeau et son enfance.

Il paraît que les cellules de notre intestin se renouvellent en quelques jours, celles de notre cœur en quelques années. Que reste-t-il de l’enfant dans l’adulte ? Rien, sans doute, ou si peu. Aucune molécule du corps, en tout cas. Deux êtres totalement différents, le cerveau mis à part. Car il semble que les cellules de l’encéphale ne se régénèrent pas. Et que toute notre vie, tous nos souvenirs y dorment. À moins qu’ils ne se désagrègent, bus par la boue comme une chaussure perdue.  Continuer la lecture

La machination Bulldozer

Aliénor DEBROCQ (autrice) et Evelyne MARY (illustratrice), Bulldozer, CotCotCot, coll. « Combat », 2022, 76 p., 13,5 €, ISBN : 978-2-930941-39-4

debrocq mary bulldozerQuel beau projet que celui de la nouvelle collection « Combat » de CotCotCot éditions, qui entend proposer aux jeunes de 10 à 15 ans des romans engagés « dont la devise est combattre maintenant pour construire demain ». Avec Bulldozer, second roman de la collection, Aliénor Debrocq (au texte) nous fait arpenter l’univers de Detroit, la ville du Michigan (USA). Elle nous permet d’en découvrir les enjeux et combats grâce au regard de sa narratrice, jeune fille d’une quinzaine d’années qui, le temps du récit, s’éveille autant à la vie sentimentale qu’à la nécessité d’une action militante et de résistance. Continuer la lecture

Il était une fois entre Ladispoli et Cerveteri…

Thilde BARBONI, Les enfants de Cinecittà, Academia, coll. « Évasion », 2022, 226 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978-2-8061-0638-4

barboni les enfants de cinecitta

L’œuvre de Thilde Barboni a abordé avec bonheur différents genres littéraires : le roman, le théâtre, le scénario de bandes dessinées, le feuilleton radiophonique. La pratique de ces différents modes de narration a donné à la romancière un sens aigu de l’image, de l’espace du récit et de l’enchaînement fluide  des différentes séquences qui hypnotisent littéralement le lecteur jusqu’au dénouement.

On retrouve ces qualités dans ce dernier roman, dont une traduction italienne parut l’an dernier. Le récit, qui débute dans l’Italie de l’après-guerre, a trouvé sous la plume de la romancière cette singularité idéale que la fiction requiert lorsqu’elle est précisément située dans un lieu et une époque de l’Histoire. Pour Les enfants de Cinecittà, il s’agissait de situer les personnages et leur destinée dans ce quelque part dans la campagne italienne, entre Ladispoli et Cerveteri. Mais aussi, plus avant dans le récit, le livre raconte la découverte de la ville de Rome par Antonio, enfant, les travaux des champs, la vocation de cinéaste née au hasard  d’un tournage d’une équipe de Cinecittà, et le destin de celui qui « inventa » un genre cinématographique qu’un critique new-yorkais appela le « western-spaghetti » et qui fit date dans l’histoire du septième art. Continuer la lecture

Ô poids ! suspends ta courbe !

Claude FROIDMONT, Dommage qu’elle soit si grosse…, éditions F. Deville, coll. « Œuvres au rouge », 2022, 270 p., 20 €, ISBN : 9782875990556

froidmont dommage qu'elle soit si grosseBernard est obèse, adipeux, gorgé de graisse, « comme un énorme beignet trempant dans son huile avant d’être abondamment sucré dans l’assiette ». Cette caractéristique physique s’est imposée à lui dès son enfance, a été gonflée par les soins culinaires maternels, a nourri les moqueries de ses camarades de classe et les regards avides des inconnus, a englouti ses velléités de se frotter au monde. La réclusion s’est rapidement profilée comme le salut possible, entre les murs de sa chambre du vivant de ses parents d’abord, dans une maison au milieu des arbres (dont la boîte aux lettres se situe à un kilomètre, toujours parcouru en quad) ensuite. À l’abri, il s’adonne à ses péchés mignons : la nourriture, en chair et en lettres. Car le narrateur présente un second penchant insatiable, celui des mots. Il avale, dévore, se gave de livres : ceux-ci constituent « des remparts à [s]a difficulté d’être », et les écrivains, une famille. Ses parents, alliés de toujours, l’ont à dessein tôt dégagé de toute inquiétude bassement matérielle et ont veillé à ce que leur poussin se sente comme un coq en pâte. Continuer la lecture

Au rythme du cœur qui bat et se débat

Un coup de cœur du Carnet

Ariane LE FORT, Quand les gens dorment, ONLIT, 2022, 186 p., 18 €, ISBN : 9782875601513

le fort quand les gens dormentOn prend l’histoire en cours – l’histoire d’un amour. Janet retrouve Pierre chez lui, dans un immeuble bruxellois promis à la démolition – avec vue sur la cathédrale. Janet : 57 ans, « quelque chose de Barbara », travaille dans une clinique de la douleur, « avec pour mission de la réorganiser de A à Z ». Pierre : « Max von Sydow en plus chevelu », réalisateur en vue, jusqu’à ce que. Sa fille, renversée par un tram. Décédée. Lui, plus mort que vif, depuis. « Plus personne ne le reconnaissait, on ne le regardait plus, il n’avait pas fallu cinq ans ». Ils sont chacun d’un autre côté de la vie, de la mort, Janet et Pierre ; et ça, davantage que la différence d’âge (il est plus âgé de quinze ans), va entraver l’histoire. Le désir. Va faire qu’« ils ne vivraient sans doute jamais ensemble et mourraient chacun chez soi le soir venu ». Continuer la lecture

Cène de crime !

Patrizio FIORILLI, Au commencement, il y eut le mal, F. Deville, 2022, 234 p., 20 €, ISBN : 978-2-87599-054-9

fiorilli au commencement il y eut le malAu commencement… de la lecture, ou juste avant celle-ci, à la lisière d’un univers vierge, il y a l’étonnement. Devant des distorsions entre les première et quatrième de couverture. Mise en page tonique, illustration de Loustal et couleurs envoûtantes, mais aucun mot sur l’auteur Patrizio Fiorilli et faute d’accord dans le texte d’accroche. Croix dessinées en front d’ouvrage, Ponce Pilate et le Christ évoqués au dos du livre, mais un bandeau annonce une finale de prix polar (Foire du livre de Bruxelles 2021). Quid ? Un récit policier se faufilant dans un décor historique ? En l’occurrence dans la Jérusalem du Ier siècle, aux alentours de la Pâque juive, de la crucifixion de Jésus ? Continuer la lecture

Une curieuse illumination collective

Philippe BLASBAND, Quintessence, Maelström reEvolution, 2022, 226 p., 15 €, ISBN : 978-2-87505-417-3

Quintessence ne se contentait pas de créer un théâtre différent et en marge mais, de plus, le créait avec des méthodes différentes et en marge.

blasband quintessenceRien de plus adéquat, pour retracer l’épopée fantasque et stupéfiante d’une compagnie toute entière dédiée à la remise en question des conventions théâtrales, qu’un roman où s’entremêle le vrai au faux jusqu’à se fondre en une matière plastique, généreuse et surprenante, forgeant une réalité alternative que l’on devine pas moins jouissive et abondante que l’officielle. C’est chose faite dans un texte de Philippe Blasband écrit il y a de cela dix ans, et qui n’avait alors pas trouvé d’éditeur ; impair aujourd’hui triplement réparé par une publication chez Maelström, mais aussi une adaptation en pièce radiophonique au Rideau de Bruxelles suivie d’une version podcast.         Continuer la lecture

Dans les bras de morphine

Barbara ABEL, Les fêlures, Plon, 2022, 432 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782259307628

abel les feluresGarance et Roxane sont inséparables. La première, l’aînée, protège sa sœur depuis toujours, elles partagent les confidences, et, surtout, elles font ensemble front face à Judith, leur mère, que l’alcool rend souvent folle de rage. Depuis quelques temps, leurs liens se distendent : leur mère est décédée, et Roxane s’est éprise de Martin dont elle partage la vie. Pourtant, lorsqu’un appel au secours arrive sur son portable, Garance se précipite et elle trouve sa cadette étendue aux côtés de Martin. Les secours appelés constatent le décès du jeune homme, Roxane est emmenée en ambulance et revient à elle. Saisie de l’affaire, la police conclut à un décès du jeune homme par arrêt cardiaque suite à une injection de morphine et les soupçons se portent sur Roxane, qui est étudiante en médecine. Mais les analyses révéleront que la dose de morphine ne pouvait suffire à provoquer le décès. Le mystère reste donc entier et il va persister jusqu’à la fin de l’intrigue. Continuer la lecture

Dans les griffes du monde autour de nous

Jean-Luc RENARD, Testostérone, Murmure des Soirs, 2022, 216 p., 20 €, ISBN : 9782930657783

renard testostéroneLe mariage peut être une cage dorée. Tel est le constat d’Eva et Iris, les deux protagonistes de Testostérone, de Jean-Luc Renard, roman dont le titre reflète bien la domination, l’oppression, voire la violence qui animent certains mâles.

Le roman démarre sur une scène ô combien familiale. Deux adolescents, Charline et Gilles, ont poussé leur mère Eva Wagner, narratrice du livre, à passer la nuit à la belle étoile pour leur permettre d’envahir la maison avec des amis et de festoyer. La maman se retrouve face à un champ de batailles, tandis que son mari a déserté les lieux au chevet de sa mère Rosa, agonisante. Une belle-mère au foyer, pédante, moralisante, qui n’a jamais vu l’arrivée d’Eva au bras de son fils d’un bon œil. Jacques, le mari, se veut lui l’incarnation de la réussite, de l’ego consumens. Rien n’est assez beau à ses yeux pour visibiliser ses succès, y compris extraconjugaux. Lors de cette nuit inaugurale à la belle étoile, Eva est confrontée à l’heure des constats et bilans sur l’existence qu’elle a menée jusqu’à présent, coincée qu’elle est dans un monde de conventions, d’obligations maternelles et conjugales, de faire-valoir des autres, quitte à sacrifier ses valeurs et ses envies personnelles. Ces constats, elle les énumère sans complaisance à son égard : Continuer la lecture

Un seul arbre manque et tout est dépeuplé

Caroline LAMARCHE (autrice) et Aurélia DESCHAMPS (illustratrice), Mille arbres, CotCotCot, coll. « Combats », 2022, 80 p., 13,50 €, ISBN : 9782930941264

lamarche deschamps mille arbresPrésenter Caroline Lamarche serait vain. Ne pas souligner son étonnant talent, inexcusable. L’étoile Lamarche brille au sein d’une constellation qui n’a de cesse de s’étendre et de renforcer à chaque mouvement la cohérence de son noyau. Dans le ciel des mots, sa lumière n’aveugle pas ; elle éclaire ou filtre, souligne ou enrobe. Elle se suit, en prose ou poésie, récits denses ou narrations longues, solo ou collaborations, imaginaires d’enfants ou univers pour adultes. L’oralité tient également une place lumineuse dans la sphère littéraire lamarchienne : ses textes ont de nombreuses fois été mis en scène et elle a écrit plusieurs pièces radiophoniques. C’est d’ailleurs l’une de ces dernières qui se trouve à la base de ce roman pour jeunes adolescents, inaugurant ainsi la nouvelle proposition des réjouissantes éditions CotCotCot : « Combats, une collection de romans engagés dont la devise est “combattre maintenant pour construire demain” ». Continuer la lecture

Récupérer ses vaches

Nicolas HANOT, Les vaches de monsieur Burbur, Editions du Sablon, 2022, 304 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782931112250

hanot les vaches de monsieur burburC’est un projet de haute tenue que celui des éditions du Sablon. Quand Olivier Weyrich s’est lancé dans l’aventure, pour republier des ouvrages menacés de disparition et proposer de nouveaux titres qui lui semblaient cohérents, il prenait le genre de risques qu’on aime voir prendre aujourd’hui, à une époque où l’on consacre la toute-puissance de l’écran et de la vitesse : faire de livres pour lier les gens. Les éditions du Sablon ont cette ambition : mettre en avant des plumes belges originales et faire voyager les lecteurs en Europe à travers des textes forts. Après Sempoux, Deutsch, Basile et Wijckaert notamment, les éditions du Sablon publient un premier roman haut en couleurs : Les vaches de monsieur Burbur, de Nicolas Hanot. Continuer la lecture

By jove ! La Marque Jaune, roman

Un coup de cœur du Carnet

Edgard P. JACOBS, La Marque Jaune, 5e couche, coll. « Didascalies », 2022, 124 p., 10 €, ISBN : 978-2-39008-083-1

jacobs la marque jaune la 5e coucheAu rayon littérature française chez votre libraire, l’ouvrage n’attire pas vraiment plus l’attention qu’un autre. Une couverture blanche ornée d’un filet bleu, une typographie alternant le noir pour l’auteur et le bleu nuit pour le titre, tout semble indiquer qu’on a sous les yeux un ouvrage de cette maison bien connue qui publie Jean Echenoz, Pierre Bayard ou Eugène Savitzkaya. La couverture, cartonnée à dos carré, intrigue un peu, mais voilà, un zeste de coquetterie sans doute… Et puis… By jove ! Damned ! Bon sang ! Dès qu’on ouvre la première page, trois phrases bien senties propulsent le lecteur non endormi dans l’atmosphère nocturne du « fog » anglais : « Big Ben vient de sonner une heure du matin. Londres, la gigantesque capitale de l’empire britannique, s’étend, vaste comme une province, sous la pluie qui tombe obstinément depuis la veille. Sur le fond du ciel sombre, la tour de Londres, cœur de la ‘City’, découpe sa dure silhouette médiévale… » Ces quelques lignes, un peu désuètes (où en est aujourd’hui l’empire britannique ?) campent directement l’atmosphère d’un de ces romans qu’aurait pu écrire Agatha Christie, ou, avant elle, Jules Vernes… Continuer la lecture

Au vert pays d’Aubain

Jules BOULARD, La morsure du feu, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2022, 344 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874896842

boulard la morsure du feuPremières images de La morsure du feu : un matin de septembre 1929, où « la campagne ruisselle de soleil. Il y a plein de papillons et quantité de petites sauterelles, des chants d’oiseaux ; les hirondelles plongent vers l’eau pour en avaler une goutte au passage puis rebondissent en plein ciel, signant une arabesque fulgurante entre les ramures des aulnes et des saules. L’été jette toutes ses dernières forces en septembre ».

Première rencontre avec Aubain, bientôt quinze ans, « militant de l’école buissonnière » (il ferait volontiers aussi l’église buissonnière !), vagabondant par les prés, les bois et surtout les rives de la Lesse, « confidente de ses rêves et de ses peines », au grand dam de sa mère, Fine, qui le traite de vaurien, de graine de bandit. Avec son père, Mathieu, qui se montre plutôt bienveillant, il travaille au bois, bûcheronnant sans enthousiasme ! Continuer la lecture