Veronika MABARDI, Sous le regard des statues de Camille Claudel, Esperluète, 2026, 260 p., 20 €, ISBN : 9782359842067
Comment aborder Camille Claudel après les visions romanesques, dramaturgiques, cinématographiques, chorégraphiques offertes par Anne Delbée, Michèle Desbordes, Laurence Creton, Bruno Nuytten, Bruno Dumont, Marie-Claude Pietragalla et d’autres ? C’est à partir d’un double geste que Veronika Mabardi interroge l’œuvre et la vie de l’artiste. D’une part, comme le titre l’énonce, le récit se tient au plus près du geste créateur de Camille Claudel. Veronika Mabardi écrit depuis un lieu, sous un angle défini : sous le regard des statues, depuis la mise en abyme de l’œil de Camille Claudel dans ses sculptures. D’autre part, taillé à coups de burin, le bloc textuel décrit le chemin d’une rencontre élective qui s’inscrit dans une temporalité longue. On suit Veronika Mabardi sur les traces géographiques, esthétiques de Camille Claudel, sur les lieux où elle vécut ; elle nous fait entrer dans le ventre des musées qui abritent ses œuvres. Continuer la lecture






En dépit de la météo, la narratrice décide d’aller « marcher quelque part », elle qui, dans ses lieux communs, « trouve toujours quelque chose à voir ». Scène inaugurale du récit, cet élan perceptif fait jaillir un regard, qui parcourt, se dérobe, interroge, explore, embrasse, fixe, se suit. Dans un kaléidoscope aux prismes intimes et aux clartés touchant le philosophique et l’imminemment collectif, l’écrivaine, ethnologue et passionnée de photographie, Chantal Deltenre se met en quête de celui qui permet de voir, de se voir, de se redécouvrir quand il s’était oublié ou avait été censuré, cet œil résonnant qui transmet une rumeur qui ranime.
« Mais de quoi vivent nos pensées ? ». Cette question liminaire anime le premier récit d’un ouvrage qui explore les méandres de la création artistique et qui donne le ton. Tout d’abord dans les souvenirs d’enfance d’un jeune garçon, ceux des premières images : couleurs, lumières, mouvements de poissons bondissant dans les bassins du zoo abandonné de Spa. Puis celles, au même endroit mais plus tard, des casques colorés des jeunes qui utilisent le même espace pour faire du skateboard. Puis la découverte de Pélléas et Mélisande dans un festival de théâtre et, après le spectacle, celle du verso de la scène, des décors que l’on démonte et des croix blanches marquant les repères au sol pour les acteurs. Fascination pour les rituels et les objets tandis que se dessine une carte du monde où l’on pointe des noms de lieux aux consonances exotiques.
Les récits de parents sur leur enfant atteint d’un spectre autistique ne manquent pas. Ceux qui atteignent une dimension littéraire sont plus rares. En Belgique, il y a eu 




