Archives par étiquette : Jean Jauniaux

Pour voguer jusqu’au zénith !

”Libert

Poèmes à la coque. Fables pour notre temps

Autrice : Béa­trice Lib­ert

Illus­tra­trice : Clau­dine Goux

Mai­son d’édition : Le Tail­lis Pré

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 108

Prix : 16 €

Livre numérique : /

EAN : 9782874502583

En ornant les Poèmes à la coque de dessins de Clau­dine Goux, les édi­tions Le Tail­lis Pré (où Béa­trice Lib­ert a pub­lié déjà qua­tre recueils remar­qués) ont don­né à la lec­ture de neuf d’entre eux (L’angle obtus, Le bol, Le cade­nas, La cruche, La hache, L’œuf, La porte, Le vélo, Le x) une espiè­g­lerie de bon aloi pour accom­pa­g­n­er, sourire aux lèvres, la lec­ture de l’ouvrage. Quelques poèmes du recueil avaient déjà paru, illus­trés par Pierre Laroche (sous le titre Fables de notre temps aux édi­tions du Ravin en 2017 et aux édi­tions des Deux Frères en 2025 sous le titre Poèmes à la coque – Abcd’r inso­lite). Con­tin­uer la lec­ture

À voix basse / je réchauffe le mot / ce qu’il va devenir/ une première étreinte / peut-être

Un coup de cœur du Car­net

”Corbusier

La parole précaire

Auteur : Jean-Marie Cor­busier

Mai­son d’édition : Le Tail­lis Pré

Col­lec­tion : Les con­tem­po­rains

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 115

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782874502552

Au fil des recen­sions de recueils de poésie qui nous sont con­fiées, une ques­tion appa­rait de façon récur­rente en fil­igrane de ceux-ci : com­ment relever le défi de la for­mu­la­tion poé­tique du réel ? On observe un opiniâtre acharne­ment à iden­ti­fi­er – par le poème lui-même – le chem­ine­ment inqui­et de l’écriture. Le recueil de Jean-Marie Cor­busier exprime, dès son titre, La parole pré­caire, la fragilité, l’incertitude, une sorte de trem­ble­ment de la voix à don­ner à l’exploration sans cesse renou­velée de la voie poé­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Une feuille tremblante / de n’être plus le vent /et pas encore la terre

Warrant Calligraphie du silence

Calligraphie du silence

Auteur : Pierre War­rant

Mai­son d’édition : Abra­pal­abra

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 85

Prix : 15 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑931324–14‑1

Dira-t-on assez com­bi­en le titre d’un ouvrage – et sin­gulière­ment d’un recueil poé­tique – en fait pleine­ment par­tie ? Il con­stitue à la fois une énigme et une invi­ta­tion à son dévoile­ment, un mys­tère et sa clé.  Il est rare qu’il soit aus­si puis­sant et juste, adap­té à l’œuvre qu’il annonce que celui-ci : Cal­ligra­phie du silence. Celui qui, en vain, aurait cher­ché longtemps la déf­i­ni­tion de ce qu’est la poésie, en trou­verait avec le titre du dernier recueil de Pierre War­rant une for­mu­la­tion idéale. Con­tin­uer la lec­ture

Une géométrie poétique de l’oxymore

Feyaerts Le carré de l’ovale

Le carré de l’ovale

Textes : Pas­cal Feyaerts

Illus­tra­tions : Amélie Lep­age

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 45

Prix : 16 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–084‑9

Dans sa lumineuse pré­face au Car­ré de l’ovale, le poète Yves Namur s’exerce à iden­ti­fi­er la forme géométrique qu’évoque le titre de l’ouvrage de Pas­cal Freyaerts. Pour y arriv­er, il inves­tigue le recueil d’un autre poète, Guille­vic, espérant trou­ver dans Eucli­di­ennes (Gal­li­mard, 1967) de quoi sat­is­faire sa curiosité. Renonçant à la stérile objec­tiv­ité d’une déf­i­ni­tion, Yves Namur pro­pose une clé : « (…) un doute per­ma­nent et le besoin d’aller vers les con­traires (…) », per­me­t­tant d’« arpen­ter ce qui est juste un souf­fle entre deux mon­des ». Con­tin­uer la lec­ture

(…) le périple d’un signe…

Un coup de cœur du Car­net

Jauzion-Graverolles Ciné-Tram

Ciné-Tram

Textes : David Jauzion-Graverolles

Gravures : Nadia Kup­ri­na

Mai­son d’édition : Le coudri­er

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 71

Prix : 20 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39052–080‑1

Cern­er – dans un lieu, un temps ou un mou­ve­ment – l’écriture poé­tique con­stitue une de ces con­traintes qui, au lieu d’entraver l’inspiration, stim­ule l’invention, l’audace, l’exploration. Ciné-Tram nous en donne une écla­tante démon­stra­tion, annon­cée dès l’entrée par une affir­ma­tion, (ce que nous sommes, ce tram nous en pré­pare la somme) dont l’apparence péremp­toire est instan­ta­né­ment nuancée par la gravure représen­tant la sil­hou­ette d’un pas­sager en équili­bre insta­ble, accroché à la poignée qui le retient de tomber dans le virage du tramway. Con­tin­uer la lec­ture

Six personnages en quête d’auditeurs

Jauniaux Le livre volé

Le livre volé et autres monologues

Auteur : Jean Jau­ni­aux

Mai­son d’édition : Le lion z’ailé

Année d’édition : 2025

Nom­bre de pages : 104

Prix : 15 €

Livre numérique : /

ISBN : 978–2‑39066–096‑5

Le fil de la parole suit celui de la vie, se noue dans ses frac­tures, se tend dans ses abîmes, chem­ine dans les plaines cal­cinées du silence. Il se perd et reprend – cherche des voix dans l’écheveau desquels il pour­rait s’enlacer. Que se passe-t-il quand la parole est empêchée, que la société la dénoue, que le pou­voir la tord, men­ace de la rompre ? Dans les six pièces qui com­posent Le livre volé et autres mono­logues, Jean Jau­ni­aux met en scène des per­son­nages dont les mots gran­dis­sent dans la men­ace, frag­iles et forts, brisés et espérants. Ces êtres sont con­fron­tés, à la fois, à la néces­sité vitale et à l’impossibilité du dia­logue. Le pub­lic fait alors office de dernier recours vers lequel se tend leur mono­logue for­cé. Con­tin­uer la lec­ture

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

… sa maitrise de poète…

Un coup de cœur du Car­net

Colette NYS-MAZURE (textes) et Philippe CHAUDAT (aquarelles), Sin­guliers et pluriels, Ate­lier des noy­ers, 2025, 50 p., 15 €, ISBN : 978–2‑494676–49‑7

nys mazure singuliers et plurielsEn réu­nis­sant la poétesse Colette Nys-Mazure et l’aquarelliste Philippe Chau­dat dans Sin­guliers pluriels, les édi­tons L’atelier des noy­ers se font l’écho, trente ans plus tard, d’un ouvrage réu­nis­sant « une cinquan­taine de sil­hou­ettes de femmes com­posées en prose poé­tique » par l’autrice tour­naisi­enne (Sin­gulières et plurielles, Desclée de Brouw­er, 2002). Tout chez Nys-Mazure se tran­scende par l’écriture et la poésie, depuis l’enfance mar­quée par la mort pré­coce du père, jusqu’à l’observation bien­veil­lante et infati­ga­ble des émer­veille­ments que prodiguent les cir­con­stances de la vie, mais aus­si l’indispensable via­tique que con­stitue l’empathie. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Aux courbes de vos corps d’hippocampes

Suzy COHEN, Nous sommes l’algorithme du vent, Bleu d’encre, 2025, 66 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–87‑1

cohen nous sommes l'algorithme du ventÀ la fois plas­ti­ci­enne et poétesse (celui-ci est son troisième recueil), Suzy Cohen réu­nit ici, comme dans un col­lage, les évo­ca­tions poé­tiques des sen­sa­tions inspirées par des lieux, des instants, des frag­ments de son his­toire per­son­nelle. La lec­ture suit ain­si un chemin sin­ueux, borné d’illustrations (dont l’écrit et la gra­phie ne sont jamais absents), allant de l’enfance (Kenya), l’âge de la jeune adulte qui évoque un père décédé lorsqu’elle a dix-huit ans : Paris n’était plus la carte postale rêvée / (…) Nous avions l’impression / De vac­iller sur une passerelle étroite / Piét­inés par des chevaux à œil­lères écrit la poétesse dans le poème d’ouverture de l’ouvrage sous le titre Fez, ma ville. Con­tin­uer la lec­ture

“afin que résonne encore et toujours , la clarté du mystère”

Béa­trice LIBERT, Dans le dos de la nuit, Ate­lier du Grand Tétras, coll. « Glyphes », 2025, 88 p., 14 €, ISBN : 978–2‑37531–138– 7

libert dans le dos de la nuitOrné d’un « avant-dire » du poète et académi­cien Philippe Lekeuche, l’ouvrage de Béa­trice Lib­ert, paru dans la belle col­lec­tion « Glyphes » réu­nit des textes poé­tiques « parus à divers­es épo­ques, sou­vent dans le cadre de livres d’artistes, ou inspirés par des pein­tres » comme le pré­cise d’emblée le pré­faci­er.

La réu­nion a pos­te­ri­ori de textes de cir­con­stance aurait pu en affaib­lir la force par un effet d’éparpillement et d’éloignement de la référence qui les a inspirés. Il n’en est rien ici. Hormis Pierre Cay­ol, dont une lino­gravure illus­tre la cou­ver­ture du livre, les textes sem­blent exaltés par l’absence de la représen­ta­tion des œuvres qui les ont ini­tiale­ment inspirés, qu’il s’agisse d’œuvres d’Edward Hop­per, Angel Beat­ove, Pierre Cay­ol, Van Don­gen, Giu­liana Gironi, ou d’André Romus. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 de Jean Jauniaux

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Jean Jau­ni­aux.  Con­tin­uer la lec­ture

« …Le silence n’existe que dans les livres… »

Pas­cal FEYAERTS, Venir à soi suivi de 11 :11, Illus­tra­tions de Philippe Col­mant, Pré­face de Marie-Clotilde Roose, Coudri­er, 2025, 86 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–078– 8

feyaerts venir a soiOrné d’une pré­face de Marie-Clotilde Roose et d’illustrations de Philippe Col­mant, le recueil Venir à soi du poète hain­uy­er Pas­cal Feyaerts se décline en mul­ti­ples inter­ro­ga­tions. Leur ligne de crête se découpe dans l’affrontement inces­sant de l’artiste avec la for­mu­la­tion poé­tique du monde. De lec­ture en lec­ture, – le vol­ume est suff­isam­ment aéré pour per­me­t­tre (inviter à) des apprivoise­ments suc­ces­sifs –, appa­rais­sent d’éphémères per­cep­tions que nous sug­gère le poète. Il y a, sur­gis­sant ça et là, une ten­ta­tion insis­tante de la désil­lu­sion – Tant de rêves / si peu à vivre – tem­pérée bien vite, comme dans un éclat de lumière Con­tin­uer la lec­ture

« …jusqu’à l’ombre zéro… »

Philippe COLMANT, Ver­so de l’ombre, Pho­togra­phies de l’auteur, Coudri­er, 2025, 89 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–077‑1

colmant verso de l'ombreOuvrant le recueil du poète-pho­tographe Philippe Col­mant, l’épigraphe de Jules Renard nous donne d’emblée la clé (d’une) des lec­tures pos­si­bles du texte et des images réu­nis ici : L’ombre ne vit qu’à la lumière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en matière de poésie : l’exploration sans cesse renou­velée des zones où la lumière pro­jette ces images (apparem­ment) abstraites et mono­chromes faites de tach­es d’ombre mou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

Wallons, nous ?

Michèle BARON, Éric BROGNIET, Daniel CHARNEUX, José FONTAINE, Jean JAUNIAUX, Marc LAMBORAY, Richard MILLER et Jacques VANDENBROUCKE, Écrivains de Wal­lonie, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2025, 204 p., 19 €, ISBN : 9782803200948

collectif ecrivains de wallonieOn n’a pas tous les jours l’opportunité de para­phras­er Win­ston Churchill, mais là, l’occasion est trop belle. Les actes du col­loque sur les écrivains de Wal­lonie, qui s’est tenu le 5 avril 2025 à l’Académie royale, le con­fir­ment : cette entité géo­graphique est bien « une énigme envelop­pée de mys­tère au cœur d’un para­doxe ». Tout y pose ques­tion : le tracé de sa fron­tière, là nationale et lim­itro­phe, ici interne et lin­guis­tique ; sa fusion dans l’ensemble Bel­gique ; ses con­trastes paysagers, tirail­lés entre fumées d’usines, fer­mes doma­niales, falais­es régi­cides et forêts pro­fondes ; la par bon­heur introu­vable homogénéité eth­nique du « peu­ple » qui l’habite ; son improb­a­ble des­tinée man­i­feste enfin, entre Flan­dre indépen­dan­tiste et France indif­férente. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) Mes tableaux sont diaphanes/ Ils sont faits d’eau… »

Maarten EMBRECHTS, Le non avenu, Bleu d’encre, 2025, 42 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930725–89‑5

embrechts le non avenuCréées et dirigées par le poète et romanci­er Claude Don­nay, les Édi­tions Bleu d’encre démon­trent à cha­cune des paru­tions qu’elles met­tent en œuvre l’originalité et la per­ti­nence d’un cat­a­logue nour­ri par des textes sin­gulière­ment inspirés. En voici une nou­velle con­fir­ma­tion avec Le non avenu. Con­tin­uer la lec­ture