Archives par étiquette : Jean Jauniaux

Il est temps de réinviter la beauté

Rose-Marie FRANÇOIS, Temps sans faux, Arbre à paroles, 2020,135 .p, 13 €, ISBN : 978-2-87406 700-6

françois temps sans fauxLauréate de nombreux prix littéraires, Rose-Marie François aborde depuis Girouette sans clocher, son premier recueil de poèmes parus en 1971, la littérature sous différents angles. La poésie et le roman en constituent le socle. Elle accoste aussi aux rivages de la scène avec des textes, qu’elle aime à jouer elle-même. Spécialiste de littérature lettone, elle en a été l’ambassadrice en langue française par de nombreuses traductions et contributions à des anthologies plurilingues. Continuer la lecture

Les ailes d’une âme

Éric BRUCHER, Colombe, Sablon, 2020, 175 p., 13 €, ISBN : 978-2-931112-02-1

brucher colombeOn ne boudera pas ici un double plaisir.

Celui de saluer la naissance d’une nouvelle maison d’édition de littérature belge de langue française. Les Éditions du Sablon, créées par Olivier Weyrich démontrent, si besoin en était, le dynamisme de celui qui compte à son actif plusieurs collections littéraires (Plumes du Coq, Noir corbeau, La traversée) et est dorénavant lauréat de deux des plus éminents prix littéraires de la Fédération Wallonie Bruxelles : le Rossel vient d’être attribué au roman de Catherine Barreau La confiture de morts et le prix Joseph Hanse à la collection La traversée. Continuer la lecture

Du bonheur si proche de la misère envahissante…

Francis DANNEMARK, La misère se porte bien, Photographies Michel Castermans, Kyrielle, 2020, 328 p., 15 €, ISBN :  9782960265903

dannemark la misere se porte bienDès le titre,  le dernier roman en date de Francis Dannemark joue de la polysémie : « misère » s’inscrit dans le domaine de la botanique et non de l’état de pauvreté. Nom familier du Tradescantia zebrina, cette plante vivace, si elle n’est pas contenue, (…) peut devenir envahissante.

Dannemark est poète avant tout. Dès les premières lignes de La misère se porte bien, l’évocation d’un ciel d’avril qui « hésitait », nous immerge dans celui-ci, nous en enveloppe, nous hypnotise de ces « diverses combinaisons de bleu lumineux, d’ardoise, de blanc mousseux, de gris profond (…) jusqu’à ce qu’en quelques secondes, le ciel ne fut plus qu’une immense masse nuageuse attirée vers la terre pour y poser son ventre lourd ». Continuer la lecture

Bruges-la-Belle

Georges RODENBACH, Le carillonneur, Préface de Frédéric Saenen, Névrosée, 2020, 325 p., 16 €, ISBN : 978-2-931-048405

rodenbach le carillonneurSous les signatures respectives de Georges Rodenbach, Jean Muno, Jean-Baptiste Baronian, Horace Van Offel et Jacques Henrard, ce ne sont pas moins de cinq romans que la jeune éditrice Sara Dombret met à disposition des lecteurs attachés au patrimoine de la littérature belge de langue française. Sous le label « Les sousexposés », cette nouvelle collection constitue, au sein des Editions Névrosée, le « double masculin » de « Femmes de lettres oubliées », complétant ainsi l’offre patrimoniale littéraire constituée par Espace Nord, les éditions Samsa et, bien sûr, les publications de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique. Continuer la lecture

Le Top 3 de Jean Jauniaux

Chaque jour, Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la double sélection de Jean Jauniaux. Continuer la lecture

La furie des abandonnés

Pascaline DAVID, La colère des simples, Sans escale, 2020, 84 p., 13 €, ISBN : 978-2-4914380-1-2

david la colere des simplesLes éditions Sans escale publient cet automne le premier roman de Pascaline David.

Sous le titre polysémique de La colère des simples, la romancière crée un univers d’une force et d’une puissance dont l’envergure tellurique se révèle au fil des pages où se déploient les personnages, l’espace romanesque, le temps, l’action et la voix, cette voix que l’on nomme le style et qui fait d’un texte une œuvre littéraire ou un simple récit. Pascaline David nous fait pénétrer dans La colère des simples avec une rare et intense capacité d’évocation de la violence de ce sentiment qui sourd à chaque ligne du récit. Continuer la lecture

L’arche des livres

Un coup de cœur du Carnet

Jean JAUNIAUX, L’ivresse des livres, Préface de Jacques De Decker, Zellige, coll. “Vents du Nord”, 2020, 160 p., 16 €, ISBN : 978-2-9147-7394-2

jauniaux l'ivresse des livresParler du livre aujourd’hui semble  un passage obligé pour celles et ceux qui en ont été nourris à l’âge des grandes constructions, cela revient souvent à évoquer une biodiversité de l’esprit qui se traduit souvent en termes d’ « ensauvagement »… Cet acte de lire si simple apparemment mais si éminemment complexe et périlleux serait de l’ordre de la fureur (nous y sommes actuellement en Fédération Wallonie-Bruxelles), du plaisir permanent, du jouir à pleines pages. Continuer la lecture

Hainaut noir

Francis GROFF, Orange sanguine, Weyrich, coll. « Noir Corbeau », 2020, 200 p., 17 €, ISBN: 9782874896040

Avec six romans à l’enseigne du « Noir corbeau », la collection éponyme des éditions Weyrich prend son envol dans le paysage de la littérature  policière. La Belgique francophone s’est déjà illustrée – et de quelle façon ! – dans  la production de romans noirs.  S’il fallait nous en convaincre, ou simplement nous en informer, la Petite histoire du roman policier belge, un ouvrage de passion érudite signé Christian Libens, qui dirige la collection dont il est à l’origine, évoquera la lignée dont Francis Groff est issu. On y retrouve les noms des deux patriarches, Simenon et Stanislas-André Steeman, suivis des Nadine Monfils, Pascale Fonteneau, Barbara Abel, Baronian, Colize et autres Delperdange. Du côté flamand, les rayons des bibliothèques et librairies ne sont pas dépourvus non plus de ces romans qui appartiennent pleinement à la vraie littérature. Ils sont autant d’explorations de l’âme humaine, mais aussi de nos sociétés. Ce n’est pas le lieu ici de développer la capacité d’un roman policier à nous dévoiler un pays, une société, une ville, un mode de vie, une époque. Le roman policier, quel que soit le nom qu’on lui donnera (thriller, roman noir, detective story…), nous entraîne dans le sillage de sa lecture à la découverte de cet « homme nu » que Simenon n’a cessé de débusquer, mais aussi de cette « société nue » que des écrivains comme Peter May, Pierre Lemaître, Boris Akounine, Xiaolong Qiu, et tant d’autres explorent dans toutes les littératures du monde. Continuer la lecture

« La vie est trop courte pour être petite »

Marianne PIERSON-PIÉRARD, Dora , Névrosée, coll. « Femmes de lettres oubliées », 2019, 232 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-931048-14-6

Dora nous est une belle occasion d’évoquer la collection « Femmes de lettres oubliées » au catalogue de laquelle figure le roman que Marianne Pierson-Piérard publiait en 1951.

Pas moins de treize romans composent le catalogue de cette maison d’édition apparue de façon fulgurante dans le paysage éditorial belge. Juriste, romancière et passionnée de lettres, Sara Dombret avec une énergie infatigable, défend la démarche qui l’a amenée à rendre justice aux femmes de lettres belges francophones oubliées. Cette initiative saluée par la presse et les médias, trouvera bien vite un public de lecteurs  qui ont enfin accès à ces titres et à ces autrices oubliés.    Continuer la lecture

Le roman, cette fable du siècle

Pierre MERTENS, Les bons offices, Seuil, coll. « Points. Signatures », 2019, 564 p., 11.40 €, ISBN : 9-782757-881699

On ne soulignera jamais assez combien la littérature francophone de Belgique, lorsqu’elle est mise en valeur dans des éditions de prestige, retrouve la place qui lui revient, dont les effets de mode ou de réputation, et l’absence de vraie promotion l’éloignent trop souvent. Comme d’autres écrivains belges – les « référents » historiques, comme De Coster, Lemonnier , Plisnier, mais aussi les contemporains comme Harpman, De Decker, Jones, Ayguesparse pour n’en citer que quelques-uns parmi les romanciers et nouvellistes –, Pierre Mertens a pris place parmi les « classiques » de la littérature française.  À son œuvre, dont on voit aujourd’hui avec le recul des années, et au terme d’une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, l’importance et la cohérence, il manquait d’entrer dans une collection patrimoniale internationale de référence. C’est chose faite dorénavant, au moins pour un des romans, Les bons offices, les plus significatifs de la bibliographie mertensienne. Le Seuil a été particulièrement bien inspiré de l’insérer dans sa prestigieuse collection de poche « Signatures ». Elle réunit quelques figures de proue, dont les œuvres sont autant de balises incontournables lorsqu’il s’agit pour la littérature de prodiguer les indispensables instruments de compréhension du monde. Continuer la lecture

Un destin familial

Stéphanie TER MEEREN, Le souffle du temps, Histoire peu ordinaire d’une famille belge aux origines allemandes, 1830-2000, Memogrames, 2019, 236 p., 18 €, ISBN : 978-2-930698-64-9

Le récit s’ouvre sur un paysage d’été en Angleterre. Albert Brauner marche d’un bon pas vers Manchester. Il va y retrouver Germaine, sa femme, dont il a été séparé pendant les quatre années de la Grande Guerre. Au terme de ce court prologue, Albert s’effondre, frappé en plein front d’une balle. « À une centaine de mètres, un homme agenouillé dans les hautes herbes se lève, range son fusil dans son étui et s’en va sans jeter un regard vers l’homme abattu ».

Le récit s’achèvera sans qu’ait été résolue l’énigme de cette exécution d’un homme qui sera enterré avec les honneurs réservés aux combattants de l’armée anglaise. Continuer la lecture

Le top 3 de Jean Jauniaux

Le meilleur de l’année littéraire belge 2019 par les chroniqueurs du Carnet et les Instants. Aujourd’hui : le choix de Jean Jauniaux. Continuer la lecture

Marginales 300 au chevet de l’Europe

COLLECTIF, La dernière EUR?, Marginales n° 300-301, Printemps-Été 2019, 170 p., 10 €  

La revue Marginales célèbre aujourd’hui sa 300e livraison. Créée en 1945 par l’écrivain belge Albert Ayguesparse, elle a connu une interruption de 1991 à 1998. Date à laquelle Jacques de Decker, en prit la direction, lui donnant un nouveau départ, mais aussi une nouvelle spécificité en orientant, à chaque parution, les textes littéraires inédits et venus de tous horizons, vers un thème central. Continuer la lecture

Entre douceur et mélancolie

Jean JAUNIAUX, Belgiques, Ker, 2019, 124 p., 12 € / ePub : 5.99 €, ISBN : 978-2-87586-254-9

Nouvelles, souvenirs, évocations : les textes de Jean Jauniaux, réunis sous le titre Belgiques, égrènent sentiments, impressions, humeurs, couleurs.

On participe à l’exaltante, foisonnante préparation d’une série d’émissions historiques consacrées à la Révolution de 1830 dont la télévision entendait commémorer, en septembre 1980, les cent cinquante ans. Épisode décisif dans la vie de Jean Jauniaux, fraîchement sorti de l’INSAS, que l’un de ses professeurs lance dans cette aventure. « C’est là que surgit dans ma vie le miracle de la Révolution de 1830. » L’horizon s’ouvre et, avec lui, la chance de pouvoir rencontrer – et collaborer avec – des personnalités tels Jacques Cogniaux, Jacques Brédael, Armand Bachelier… Un premier contrat d’emploi s’apparentait ici à un moment de grâce. (Une journée hors norme) Continuer la lecture