Archives par étiquette : Taillis pré

Des silhouettes qui vont, viennent et disparaissent…

Roland LADRIÈRE, La danse uni­verselle, Tail­lis Pré, 2026, 75 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87450–252‑1

ladriere la danse universelleLa danse uni­verselle, titre du nou­veau recueil de Roland Ladrière, pour­rait être un mou­ve­ment bal­ancé orig­i­naire d’Espagne ou d’Italie, une cha­conne peut-être. En tous cas, une danse à trois temps ryth­mée par les trois moments de l’existence, la nais­sance, la vie, la mort. Une danse, un mou­ve­ment per­pétuel qui s’illustre ici par la présence du même poème en tête et en fin de vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Littérature retrouvée 1 : “Poésies complètes” d’Hilda Bertrand

litterature retrouvee bertrand

En fin d’année, l’activité édi­to­ri­ale se met en pause, les nou­veautés ne revien­dront en librairie que début jan­vi­er. Le moment est idéal pour sor­tir de l’actualité et décou­vrir d’autres livres. Notre série Lit­téra­ture retrou­vée vous pro­pose des pépites que l’histoire lit­téraire n’a pas retenues, mais que des maisons d’édition ont récem­ment retrou­vées et mis­es en lumière par une nou­velle édi­tion de qual­ité.

Auteurs – et plus sou­vent encore autri­ces – injuste­ment mécon­nus, ou œuvres sup­posées mineures d’écrivains réputés : du 22 décem­bre au 2 jan­vi­er, du lun­di au ven­dre­di, Le Car­net et les Instants vous emmène à la ren­con­tre de 10 livres qu’une réédi­tion récente a judi­cieuse­ment sor­tis de l’oubli. Con­tin­uer la lec­ture

Une grande voix

Madeleine LEY, Poésies, Pré­face de Jacques Van­den­schrick, Édi­tion de Gérald Pur­nelle, Tail­lis Pré, coll. “Ha !”, 2025, 240 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–248‑4

ley poésiesLa car­rière lit­téraire de Madeleine Ley (1901–1981) est brève. En 1930, elle pub­lie un pre­mier recueil de poésie, Petites voix, suivi de deux romans pour enfants (1931 et 1935). En 1936, parait son roman Olivia. Suiv­ent, en 1941, les poèmes de La mai­son du ciel. Puis, c’est le silence, à l’exception de la pub­li­ca­tion en 1942 de Le grand feu, couron­né sur man­u­scrit par le Prix Rossel en 1939. Con­tin­uer la lec­ture

Marcel Lecomte ou le vif renouvellement d’un sentiment ancien

Mar­cel LECOMTE, Le sus­pens, suivi de Autres scènes et per­son­nages, Pré­face d’Éric Brog­ni­et, lec­ture cri­tique de Philippe Dewolf, Tail­lis Pré, coll. « Erotik », 2025, 224 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑1

lecomte le suspensLe nar­ra­teur, et son lecteur avec lui, observe la scène. Il la regardera se dérouler en la décom­posant men­tale­ment, ten­tera de décel­er la part de mys­tère qu’elle con­tient et qui vient lente­ment de faire réap­pa­raitre –  bien mieux qu’un sou­venir per­son­nel –, une présence, celle « d’un moi passé, d’un moi des loin­tains ». La scène en ques­tion se répète, en de mul­ti­ples et frag­iles vari­a­tions, d’un court chapitre à l’autre. Les per­son­nages de ce théâtre intime ne sont sou­vent que deux. Con­tin­uer la lec­ture

La poésie comme voix et comme voie

Un coup de cœur du Car­net

Éric BROGNIET, Le nuage et la riv­ière, Tail­lis Pré, 2025, 168 p., 18 €, ISBN : 9782874502477

brogniet le nuage et la riviereQue l’aventure poé­tique ne se donne aucun hori­zon qui l’excède mais que, dans un même mou­ve­ment, elle ait l’ambition d’ouvrir un autre régime du vivre et du penser, l’œuvre exigeante, nova­trice d’Éric Brog­ni­et l’affirme tant sous son ver­sant poé­tique que dans l’ordre des essais. S’ouvrant sur une médi­ta­tion de maître Dogen en exer­gue, Le nuage et la riv­ière res­saisit les mots et les choses ain­si que leurs noces com­plex­es sous l’angle de leur genèse, de leur mou­ve­ment d’engendrement. Con­tin­uer la lec­ture

Les quatre saisons d’Harry Szpilmann

Har­ry SZPILMANN, La vie frag­ile, Tail­lis Pré, 2025, 122 p., 18 €, ISBN :  9782874502422

szpilmann la vie fragileDes fois, les gens qui écrivent, ça peut être rad­i­cal. Très rad­i­cal. Déci­dant, par­fois con­sciem­ment, par­fois pas, de jouer avec les codes du genre. Repous­sant, ou met­tant en ques­tion, les lim­ites, par exem­ple, de la poésie, de ce qu’on pense générale­ment être la poésie. C’est sou­vent impres­sion­nant. Spec­tac­u­laire. Har­ry Szpil­mann est rad­i­cal mais ne joue pas du tout dans ces eaux-là. Sa rad­i­cal­ité, je la trou­ve, per­son­nelle­ment, dans ses par­tis-pris exis­ten­tiels. Har­ry Szpil­mann ne se préoc­cu­pant pas du tout de “révo­lu­tion­ner son art”. Ne cher­chant pas du tout à “séduire”. Pas d’allusion, chez lui, dans sa Vie frag­ile, aux grandes thé­ma­tiques du moment, poli­tiques, envi­ron­nemen­tales, etc. Pas de retour, non plus, aux sen­sa­tions du corps. Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’atelier de François Jacqmin

François JACQMIN, Un ciel unique, suivi de Le livre du moi, Édi­tion et pré­face de Gérald Pur­nelle, Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2025, 146 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–239‑2

jacqmin un ciel uniqueLes édi­tions du Tail­lis Pré pour­suiv­ent avec régu­lar­ité et sous la direc­tion de Gérald Pur­nelle, leur con­tri­bu­tion à la pub­li­ca­tion des œuvres poé­tiques de François Jacqmin (1929–1992). Réédi­tions et inédits (L’œuvre du regard, 2012 ; Le Domi­no gris, 2017 ; Stèles, 2019) vien­nent com­pléter les paru­tions aux Archives et Musée de la Lit­téra­ture d’un pre­mier vol­ume d’œuvres com­plètes (L’amour la terre, 1946–1956, 2022) et d’un deux­ième con­sacré aux artistes (Écrits sur l’art et les artistes, 1954–1991, 2023). Si l’on y ajoute les réédi­tions en Espace Nord de Les saisons et Le livre de la neige (tous deux en 2016), on peut con­sid­ér­er que l’accès à la pro­duc­tion écrite de l’ancien mem­bre du groupe Phan­tomas est aujourd’hui large­ment facil­itée, d’autant que d’autres recueils posthumes sont égale­ment sor­tis de l’imprimerie ces dernières années (à La Pierre d’alun, au Tétras-Lyre). Con­tin­uer la lec­ture

“Peuplé de dés sans pente”

Un coup de cœur du Car­net

Yves COLLEY, Sig­na­ture infinie précédé de Peu­ples, Tail­lis Pré, 2025, 114 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑8

colley signature infinieLors de notre ren­con­tre Place Saint-Antoine à Brux­elles, Yves Col­ley a bien insisté : il ne se sent ni auteur ni poète, d’aucun statut ou éti­quette d’écrivain. À l’entendre, il subit les mots plus qu’il ne le voudrait. Ceux-ci envahissent son esprit, s’imposent à lui depuis l’adolescence. Cepen­dant, il a très peu pub­lié. Sig­na­ture infinie précédé de Peu­ples est le fruit de cinq ans au moins de rumi­na­tions inquiètes. Comme si les mots le tor­turent autant qu’il les tri­t­ure pour obtenir ici une con­ti­nu­ité de poèmes courts, présen­tant un réc­it à lire à la suite de pages très aérées. Ceci à des­sein, notam­ment pour l’espace supérieur d’un tiers lais­sé blanc comme un ciel à (ne pas) attein­dre et pe(n)sant. Con­tin­uer la lec­ture

Lumineuse Hilda Bertrand

Un coup de cœur du Car­net

Hil­da BERTRAND, Poésies com­plètes, Édi­tion et pré­face par Gérald Pur­nelle, Tail­lis Pré, 2024, 120 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–235‑4

bertrand poesies completes« Je suis nue autour de moi, sub­tile, loin­taine, intime. »

Il faut saluer le tra­vail de Gérald Pur­nelle et du Tail­lis Pré d’avoir remis au jour la poésie d’Hil­da Bertrand au tra­vers de cette édi­tion de ses Poésies com­plètes cohérente et sen­si­ble. La poésie d’Hilda Bertrand (1898 – 1979) reste encore mécon­nue. Gérald Pur­nelle, après une mise en con­texte de la vie et l’éducation de la poétesse, se penche sur quelques jalons et évo­lu­tions de son écri­t­ure. « Décidé­ment, c’est la lec­ture mosaïque d’une œuvre faite de frag­ments sans unité qui peut seule con­venir à notre lec­ture », écrit le pré­faci­er, en ajoutant : « Je gage qu’elle nous révèle une Hil­da Bertrand au moins aus­si matéri­al­iste que mys­tique. » De fait, après la lec­ture de cette édi­tion de poèmes d’une prodigieuse autrice, nous ne pou­vons qu’y souscrire. Con­tin­uer la lec­ture

Un écrin, une page, un appel…

Jean-Marie CORBUSIER (textes), Dominique NEUFORGE (encres), Print­emps pour un autre rivage, Tail­lis Pré, 2024, n.p., 25 €, ISBN : 978–2‑87450–228‑6

La col­lec­tion « Livres d’artistes » des édi­tions Le Tail­lis Pré est peut-être la moins con­nue de cet édi­teur incon­tourn­able dans le paysage poé­tique en Bel­gique fran­coph­o­ne. C’est d’ailleurs le pro­pre de ce type de pub­li­ca­tion, de nature con­fi­den­tielle. Non broché, le livre se présente sous la forme d’un car­ton­nage car­ré ren­fer­mant les pages volantes imprimées sur papi­er épais légère­ment tein­té (papi­er Stein­bach). De sorte qu’il est pos­si­ble de déploy­er l’ouvrage afin d’appréhender le texte à la manière d’une lec­ture-puz­zle. La belle typogra­phie aérée de chaque page, le jeu sur la let­trine en gras et italique ain­si que les encres délavées de Dominique Neu­forge qui rehaussent les poèmes, don­nent à l’ensemble un car­ac­tère extrême­ment soigné. Con­tin­uer la lec­ture

… avant que s’épande la mélancolie des fins

Pierre DANCOT, L’apparition, Tail­lis Pré, 2024, 66 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87450–226‑2

dancot l'apparitionNou­veau venu dans le cat­a­logue de la pres­tigieuse enseigne Le Tail­lis Pré, le poète lié­geois Pierre Dan­cot y pub­lie L’apparition, un livre de rup­ture amoureuse, vécue comme un deuil dont les strates déploient, dans l’imaginaire de lec­tures suc­ces­sives, les étapes suc­ces­sives, inquiètes, con­tra­dic­toires. Où faut-il chercher les caus­es de la fin d’un amour ? Dans l’enfance ? Dans les secrets ? Dans les meur­tris­sures muettes ? Dans l’envahissement du silence ? Con­tin­uer la lec­ture

« Tout être vivant porte en lui une part d’étoile et de mer… »

Anne ROTHSCHILD, Tourne et tourne le vent, Tail­lis pré, 2024, 63 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87450–224‑8

rotschild tourne et tourne le ventEn exer­gue du recueil d’Anne Roth­schild, trois vers de l’Ecclésiaste (Quo­helet, I, 6) évo­quent l’irrémédiable mou­ve­ment cir­cu­laire du vent et, à l’instar du fron­tispice dess­iné par la poète, annon­cent une forme de ver­tige que les poèmes vien­dront nour­rir. Le vent fou, seul témoin du naufrage qu’il sur­v­ole sur les eaux bleues du désas­tre, donne le ton dès le pre­mier texte. S’y inscrit d’emblée la référence aux textes dont Anne Roth­schild s’est imprégnée pour con­stru­ire le recueil comme l’histoire de Noé (Genèse VIII, 6–13), le Can­tique des can­tiques, Rute­beuf et Vil­lon, des midrashim (exégès­es bibliques) et le Coran. Con­tin­uer la lec­ture

Contemplation au bord du vacillement

Serge NUÑEZ TOLIN, Sur le fil de la présence, Tail­lis pré, 2024, 75 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87450–227‑9

nunez tolin sur le fil de la presenceTail­lé dans une langue toute en déli­catesse, ce nou­v­el opus de Serge Núñez Tolin, Sur le fil de la présence, déplie plusieurs de ses thé­ma­tiques de prédilec­tion, déjà présentes notam­ment dans ses derniers recueils L’exercice du silence (Le Cad­ran Ligné) et Les mots sont une foudre lente (Edi­tions Rougerie, 2023, titre qui lui a par ailleurs valu le Grand prix de poésie 2023 de l’Académie royale de Langue et de Lit­téra­ture français­es de Bel­gique). Celles-ci ne sont autres que l’éveil et le silence, face à l’obstacle que con­stituent les mots, le lan­gage. Con­tin­uer la lec­ture

Le mystère Miguel

Béa­trice LIBERT, Cécile Miguel et L’âge d’or, là je dors. Regard sur un tableau, Tail­lis Pré, 2024, 86 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87450–222‑4

libert cecile miguelTan­dis que l’on redé­cou­vre, à la faveur de deux expo­si­tions, la puis­sance de l’œuvre plas­tique de Cécile Miguel (1921–2001), l’actualité édi­to­ri­ale remet elle aus­si cette artiste dis­crète au cen­tre de l’actualité. L’anthologie Où jamais per­son­ne n’arrive, façon­née par Yves Namur, dévoile la quin­tes­sence du tra­vail lit­téraire de Cécile Miguel. Avec Cécile Miguel et L’âge d’or, là je dors, c’est à la pein­tre que Béa­trice Lib­ert rend hom­mage. Con­tin­uer la lec­ture

Appel d’air…

Un coup de cœur du Car­net

Cécile MIGUEL, Où jamais per­son­ne n’arrive (antholo­gie), fron­tispice de Wolf­gang Oster­held, choix et pré­face d’Yves Namur, Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2024, 184 p., 19 €, ISBN : 978–2‑87450–221‑7

miguel où jamais personne n'arriveLe Pre­mier man­i­feste du sur­réal­isme a cent ans (1924). L’exposition His­toire de ne pas rire, à Bozar, offre un riche aperçu de ce mou­ve­ment lit­téraire. Il en est une fig­ure « oubliée », qui s’est volon­taire­ment tenue à dis­tance à par­tir du milieu des années soix­ante : une œuvre pic­turale et poé­tique, dont Yves Namur, son légataire et con­nais­seur le plus aver­ti, fidèle à son ami­tié pour l’artiste, a pris divers­es ini­tia­tives pour la faire mieux décou­vrir. En atten­dant le cat­a­logue de l’exposition Cécile Miguel : au creux des apparences, au Musée de la Bover­ie à Liège, le lecteur se reportera aus­si au Tail­lis Pré pour la mono­gra­phie Cécile Miguel, une vie oubliée et à Cécile Miguel et L’âge d’or, là je dors : regard sur un tableau de Béa­trice Lib­ert. Con­tin­uer la lec­ture

Le terreau arable des mots

Jean-Marie CORBUSIER, À ras, Tail­lis Pré, 2023, 137 p., 17€, ISBN : 978–2‑8745–216‑3

« …il faut beau­coup par­ler pour cacher
un mutisme authen­tique… »
Georges PERROS

corbusier a rasAvec ce nou­veau recueil, À ras, pub­lié comme les précé­dents au Tail­lis Pré, Jean-Marie Cor­busier pour­suit encore plus loin son duel avec les mots du poème. Un com­bat tou­jours renou­velé pour le poète dis­cret et « en retrait » (nulle­ment « retranché » pour autant) qu’il est, pas­sion­né par les paysages qui ont le silence en partage, les Ardennes, la Bre­tagne. Un com­bat sans cesse renou­velé au moment de cou­vrir la page blanche et dont l’âpreté naît juste­ment de cette économie des mots scan­dés, répétés. Con­tin­uer la lec­ture