Archives par étiquette : Joseph Duhamel

L’Autre est-il un autre ?

Giuseppe SANTOLIQUIDO, Let­tres à l’Autre, Ker, 2026, 108 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87586–532‑8

santoliquido lettres a l'autreLet­tres à l’Autre, de Giuseppe San­toliq­ui­do est con­sti­tué de deux réc­its qui alter­nent rigoureuse­ment. D’une part, celui d’un homme en prison qui écrit à quelqu’un, dans une nar­ra­tion en « je ». Et d’autre part, la descrip­tion en « il » de la vie de Pierre Augi­er ; il vit avec sa femme Mireille et ses deux enfants dans le domaine agri­cole de ses beaux-par­ents. Il est infir­mi­er à l’hôpital et essaye d’aider à la ferme le reste du temps. Lui aus­si écrit, des let­tres à « l’Autre », autant à l’hôpital qu’à la ferme, en se cachant. Ce n’est que pro­gres­sive­ment et par petits indices (par exem­ple, un pronom per­son­nel inat­ten­du) que l’on devine l’identité de la per­son­ne à laque­lle ces let­tres, de cha­cun des réc­its, sont des­tinées. Et la révéla­tion de cette iden­tité crée une sur­prise à la fin du roman. Le titre Let­tres à l’Autre indique autant le nom­bre élevé de let­tres que la dou­ble orig­ine de celles-ci, la prison et le domaine. Con­tin­uer la lec­ture

Par-delà le temps

Emmanuelle PIROTTE, L’étreinte des siè­cles, Cherche Midi, 2026, 255 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7491–8226‑1

pirotte l'étreinte des sièclesBene­dict Buchanan, la cinquan­taine, est pro­fesseur en archéolo­gie à l’Université de Glas­gow. Il n’a plus de grandes ambi­tions, som­bre dans la rou­tine et s’ennuie. Jusqu’au jour où écoutant un morceau de Depeche Mode, sig­ni­fica­tive­ment appelé Ghosts Again, extrait tout aus­si sig­ni­fica­tive­ment de l’album Memen­to Mori, il « se sou­vient brusque­ment qu’il a été jeune ». Et ce morceau en déterre d’autres qui font sur­gir alors le sou­venir de Mar­la, dont il était amoureux et qui a brusque­ment dis­paru. Il décide d’aller pass­er quelque temps sur une ile des Hébrides, Arna. Quelque chose l’y retient et l’attire, un tertre. Il pressent qu’il va y trou­ver autant une trace de l’Histoire que de son passé. Et, de fait, les fouilles exhument les restes d’une femme d’il y a douze siè­cles, une Scan­di­nave venue avec les colonisa­teurs nordiques sur les Hébrides. Entre Bene­dict et cette femme, un lien fort se crée, par-delà le temps. Con­tin­uer la lec­ture

Une grande voix

Madeleine LEY, Poésies, Pré­face de Jacques Van­den­schrick, Édi­tion de Gérald Pur­nelle, Tail­lis Pré, coll. “Ha !”, 2025, 240 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–248‑4

ley poésiesLa car­rière lit­téraire de Madeleine Ley (1901–1981) est brève. En 1930, elle pub­lie un pre­mier recueil de poésie, Petites voix, suivi de deux romans pour enfants (1931 et 1935). En 1936, parait son roman Olivia. Suiv­ent, en 1941, les poèmes de La mai­son du ciel. Puis, c’est le silence, à l’exception de la pub­li­ca­tion en 1942 de Le grand feu, couron­né sur man­u­scrit par le Prix Rossel en 1939. Con­tin­uer la lec­ture

« Déceler la possibilité d’un régime avant qu’il n’advienne »

Kenan GÖRGÜN, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2025, 143 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–2‑87586–507‑6

görgün belgiques« Face à un ensem­ble de signes, être à même de puis­er dans l’Histoire pour com­pren­dre ce qui nous attend. Décel­er la pos­si­bil­ité d’un régime avant qu’il n’advienne. » Cette phrase de Kenan Görgün dans son recueil de nou­velles Bel­giques résume l’enjeu des dif­férentes nou­velles et plus générale­ment de l’ensemble de sa démarche lit­téraire. Car c’est bien cela qui inter­pelle chez l’écrivain, sa capac­ité de percevoir et de com­pren­dre des signes, apparem­ment ténus, qui pour­raient devenir l’amorce d’un boule­verse­ment socié­tal et cul­turel majeur. Sa démarche pour­rait être qual­i­fiée de socio-fic­tion. Com­ment les idéolo­gies et les struc­tures sociales peu­vent-elles mod­el­er les indi­vidus dans le futur, abolis­sant les valeurs qui fondent aujourd’hui le vivre ensem­ble ? Con­tin­uer la lec­ture

L’impérialisme comme vampirisme

Marie NIZET, Cap­i­taine vam­pire, Post­face de Lau­rent Ther­er, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 215 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–725‑8
Un dossier péd­a­gogique (pdf) com­plète le livre

nizet capitaine vampireVéri­ta­ble sur­prise que la décou­verte de ce livre ! En 1879, Marie Nizet pub­lie Cap­i­taine vam­pire. S’il ren­con­tre un cer­tain intérêt, le roman (qu’elle qual­i­fie en sous-titre de Une nou­velle roumaine) dis­parait ensuite com­plète­ment de l’histoire lit­téraire. Dans les études sur le thème du vam­pire, son livre n’est jamais men­tion­né. Ce n’est qu’en 2004 qu’un médiéviste roumain cite le roman et va même jusqu’à pré­ten­dre qu’il aurait exer­cé une influ­ence impor­tante sur le Drac­u­la de Bram Stok­er paru en 1897. Lau­rent Ther­er, le post­faci­er, mène une intéres­sante réflex­ion sur cette affir­ma­tion. Il mon­tre que la réponse est nuancée. La réédi­tion en Espace Nord est la pre­mière en Bel­gique depuis 1879 ! Con­tin­uer la lec­ture

Théorie du fantastique

Un coup de cœur du Car­net

Daniel LAROCHE, Le réc­it fan­tas­tique, Un algo­rithme com­plexe, Académie royale de Langue et Lit­téra­ture français­es, 2025, 241 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0090‑0

Laroche Le récit fantastiqueCom­ment car­ac­téris­er le réc­it fan­tas­tique? Cette ques­tion et les nom­breuses qui en dérivent ont fait couler beau­coup d’encre. Force est de con­stater qu’il n’y a pas eu de réponse opéra­toire per­me­t­tant de définir ce qu’est le « fan­tas­tique ».

Le livre de Daniel Laroche, Le réc­it fan­tas­tique, Un algo­rithme com­plexe, représente indé­ni­able­ment une étape majeure dans la réflex­ion. L’auteur com­mence par faire le bilan des ten­ta­tives précé­dentes qu’il classe en cinq grands groupes de thès­es. Pour cha­cune, il mène un exa­m­en nuancé, mon­trant autant l’intérêt de cer­taines propo­si­tions que leurs faib­less­es. Aucune cepen­dant « ne con­stitue une déf­i­ni­tion sat­is­faisante, c’est-à-dire à la fois pré­cise et total­isante ». Con­tin­uer la lec­ture

Comment l’absurde s’invite au quotidien

Bernard QUIRINY, Nou­velles noc­turnes, Rivages, 2025, 224 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑7436–6618‑7

quiriny nouvelles nocturnesDans les his­toires par­fois fort brèves qui con­stituent ces Nou­velles noc­turnes, Bernard Quiriny prend appui sur notre quo­ti­di­en le plus banal. Au départ, pas de sit­u­a­tions étranges, une banal­ité assumée. Mais par un détail presque insignifi­ant, il impose un change­ment apparem­ment tou­jours ténu. Pro­posant alors un développe­ment qui a toutes les apparences de la logique, l’auteur amène cepen­dant à une sit­u­a­tion où l’absurde règne en maitre. Les évi­dences vac­il­lent et l’on entre dans une sit­u­a­tion invraisem­blable, qui a pour­tant tou­jours l’air si cohérente. Une sit­u­a­tion à laque­lle les per­son­nages s’adaptent et dont ils tirent par­fois prof­it. Comme dans « Dén­i­gre­ment », où un voyageur décou­vre une ville dont le rap­port au monde est fait d’autodénigrement. Les plus belles réus­sites y sont les plus déval­orisées. Le voyageur com­prend vite que s’il veut être accep­té il doit adhér­er à cet état d’esprit ; il est alors grande­ment appré­cié. Et au plus il est cri­tique, au plus il a des chances de se voir offrir une bois­son qui sera excel­lente puisque tant dén­i­grée. Con­tin­uer la lec­ture

Ailleurs et autrement

J.-H. ROSNY AINE, Les nav­i­ga­teurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, Post­face de Nico­las Steten­feld, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 333 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–703‑6

rosny aine les navigateurs de l'infiniLa relec­ture des livres de Ros­ny est certes un plaisir mais révèle aus­si un intérêt cer­tain, les inter­ro­ga­tions qu’il se posait il y a plus de 100 ans prenant une réson­nance par­ti­c­ulière aujourd’hui. Il faut saluer l’initiative d’Espace Nord (qui par ailleurs repub­lie La mort de la Terre) de repren­dre en un vol­ume Les nav­i­ga­teurs de l’infini précédé de Les Xipéhuz, ces deux textes ayant été pub­liés à près de 40 ans d’intervalle. Cela per­met ain­si de percevoir l’évolution dans l’œuvre de J.-H. Ros­ny aîné. En out­re, les deux textes ressor­tis­sent à des gen­res dif­férents par­mi ceux qu’a pra­tiqué l’écrivain. Les Xipéhuz s’inscrit dans la veine de ses romans préhis­toriques. Mille ans avant la con­struc­tion des pre­mières cités, une tribu nomade est bru­tale­ment con­fron­tée à une forme de vie incon­nue qui se révèle vio­lente. Bakhoûn le sage va s’employer à con­jur­er le péril, car il sait l’Humanité nais­sante en dan­ger. Il regrette cepen­dant de ne pas pou­voir établir une coex­is­tence paci­fique avec ces êtres. Les nav­i­ga­teurs de l’infini relate des expédi­tions ter­ri­ennes sur Mars et la décou­verte des divers­es formes de vie qui y pro­lifèrent. Le livre relève de la sci­ence-fic­tion, dont on con­sid­ère Ros­ny comme le créa­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Comment écrire certains de mes livres

Jean ROUAUD, Nathalie SKOWRONEK, Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, Seghers, 2024, 318 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑232–14779‑1

rouaud skowronek necessaire d'écritureUn néces­saire de cou­ture com­porte de nom­breux objets : patron, ciseaux, aigu­illes, fil, etc.  Il en est pareil de ce Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, de Jean Rouaud et Nathalie Skowronek. On y trou­ve des recom­man­da­tions sur l’art d’écrire, des propo­si­tions d’exercices, des réflex­ions sur la lit­téra­ture, de l’histoire lit­téraire, et surtout l’expression de leurs pro­pres expéri­ences. Con­tin­uer la lec­ture

L’atelier de l’auteur

Un coup de cœur du Car­net

Paul EMOND, Une fab­rique de per­son­nages, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 264 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0083‑2

emond une fabrique de personnagesCom­ment s’écrit un texte pour le théâtre, des­tiné à être mis en scène et joué, com­ment se crée un per­son­nage, com­ment s’élabore un univers théâ­tral ? C’est pour nous faire décou­vrir ses inter­ro­ga­tions qu’avec Une fab­rique de per­son­nages, Paul Emond ouvre son ate­lier. Le livre est un recueil de textes pour une part déjà pub­liés et remaniés pour cette édi­tion, d’autres tout récents.  Ce n’est pas un essai rigoureuse­ment organ­isé, plutôt des chemins de tra­vers­es suiv­is çà et là, dans une pro­gres­sion en zig-zag qui ne perd jamais en cohérence. Con­tin­uer la lec­ture

Je et un(e) autre

Luc DELLISSE, Ce que je sais sur Lin­da, Lamiroy, 2024, 245 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–940‑9

dellisse ce que je sais sur lindaUn homme ne sup­porte plus sa vie « offi­cielle ». Il aspire à devenir invis­i­ble, à être libre, à vivre sans passé, dans l’anonymat. Ou du moins à se don­ner des moments de fuite. Il imag­ine un strat­a­gème pour dis­paraître régulière­ment, vivre une autre vie pour laque­lle il se fab­rique une autre per­son­nal­ité. Par hasard, dans cette exis­tence dis­simulée, il ren­con­tre Lin­da. Dans ce roman de Luc Del­lisse, Ce que je sais sur Lin­da, le nar­ra­teur tombe sous le charme de la jeune femme, dont il décou­vre très vite qu’elle est, elle aus­si, entourée de mys­tère. Comme lui, elle n’est pas ce qu’elle pré­tend être. La rela­tion qui s’ébauche entre eux est de l’ordre de l’amitié et d’une très grande com­plic­ité, d’une entente à demi-mots. Cette rela­tion n’est pas de nature amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Van Loo in Vlaanderen

Alain BERENBOOM, Le coucou de Malines. Une enquête de Michel Van Loo, détec­tive privé, Genèse, 2024, 256 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–02

berenboom le coucou de malinesEn 1957, la Sec­onde Guerre est encore proche et les blessures que le con­flit a provo­quées au sein de la société belge sont loin d’être cica­trisées, prin­ci­pale­ment en Flan­dre. Pour cette enquête Michel Van Loo va franchir cette lim­ite si impor­tante qu’est la fron­tière lin­guis­tique. Car c’est à Malines que Diego Bloemkool le charge de fil­er Gertrude De Vijver. Très vite celui-ci lui retire l’enquête (sans le pay­er). Van Loo va néan­moins ten­ter d’entrer en con­tact avec la jeune femme… qu’il trou­ve assas­s­inée.   

Dans Le coucou de Malines, sep­tième roman met­tant en scène Van Loo, Alain Beren­boom reprend le principe qui car­ac­térise la série : chaque livre est l’occasion d’illustrer une des prob­lé­ma­tiques de l’histoire de la Bel­gique de la fin des années 1940 et des années 1950. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman des frontières

Cather­ine BARREAU, La con­fi­ture de morts, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2024, 289 p., 9,5 €, ISBN :978–2‑87568–603‑9

barreau la confiture de morts espace nordVéra, ado­les­cente soli­taire, farouche même, vit à Namur une rela­tion forte avec son père Renaud. Der­rière cette vie sans aspérité appar­ente se pro­file le hameau gau­mais dont la famille – le clan – est orig­i­naire, Mortepire et ses mys­tères. Jusqu’à ses quinze ans, elle partageait son temps entre Namur et Mortepire, mais elle a brusque­ment cessé de s’y ren­dre, où elle est pour­tant atten­due. Elle a néan­moins fait la promesse à son père d’y retourn­er un jour, et à la mort inopinée de celui-ci, elle entre­prend ce voy­age. Ceux qui y vivent encore entre­ti­en­nent l’histoire légendaire d’une famille en rup­ture avec la société qui l’entoure, fidèle à des loy­autés anci­ennes qui la ren­dent dif­férente. À son arrivée, Véra com­pren­dra les secrets de la famille et accèdera à une forme de vérité. Elle pour­ra alors choisir de rester au hameau ou de franchir la « fron­tière ». Con­tin­uer la lec­ture

« Nous rencontrons en rêve nos propres fantômes échevelés »

Un coup de cœur du Car­net

Xavier HANOTTE, Le feu des luci­oles, post­face d’Eric Faye, Bel­fond, 2024, 102 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7144–0383‑4

hanotte le feu des luciolesKei­th Dou­glas meurt le 9 juin 1944, trois jours après le débar­que­ment de Nor­mandie, à côté du char qu’il com­mande, à l’âge de 24 ans. Son œuvre poé­tique est encore peu abon­dante ; elle hante cepen­dant Le feu des luci­oles de Xavier Han­otte.

Le roman com­mence d’ailleurs par un superbe por­trait humain et lit­téraire du poète, faisant la part belle à des extraits de ses poèmes. On y décou­vre un homme han­té par la mort dont il sait qu’elle survien­dra sans doute bien­tôt ; un homme qui porte un regard trans­fig­uré par la poésie sur les réal­ités les plus dures aux­quelles il doit faire face. (Pour qui veut décou­vrir le poète, ce pre­mier chapitre est une par­faite intro­duc­tion.) Con­tin­uer la lec­ture

Quel infini ?

Cari­no BUCCIARELLI, Le sym­bole de l’infini, M.E.O., 2024, 143 p., 17 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0434‑4

bucciarelli le symbole de l'infiniUn pris­on­nier est libéré. Pour­tant, ce n’est pas la joie qui l’habite. Il se sent dans un éton­nant état de détache­ment par rap­port aux choses. Et quand il sort, tout vac­ille. Ce n’est pour­tant pas dû à son incar­céra­tion de sept ans qui l’aurait coupé de la vraie vie et aurait causé des prob­lèmes d’adaptation. C’est plutôt la réal­ité qui vac­ille. Tous les gens qu’il ren­con­tre se ressem­blent. Les lieux per­dent leur iden­tité ; une mai­son peut être trans­férée à l’identique d’une ville à une autre. Lou­vi­er va donc faire l’expérience de l’étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman nécessairement inachevé…

Guy VAES, Sig­ur, ou presque, Post­face d’Adolpho Bar­bera del Ros­al et Bart Von­ck, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2023, 165 p., 17 €, ISBN : 978–2‑8032–0078‑8

vaes sigur ou presqueQuelques mois avant sa mort en févri­er 2012, Guy Vaes con­fia à deux proches, Adol­fo Bar­bera del Ros­al et Bart Von­ck, le man­u­scrit de la pre­mière par­tie d’un dip­tyque dont le deux­ième volet n’était pas encore écrit. « Je ne trou­ve pas la fin et je ne veux pas inven­ter », leur con­fia-t-il. Le roman est même deux fois inachevé, la pre­mière par­tie se con­clu­ant, volon­taire­ment, sur une phrase incom­plète. En out­re, le texte n’avait pas de titre ; les deux déposi­taires du man­u­scrit lui en ont don­né un, Sig­ur, ou presque, titre par­ti­c­ulière­ment judi­cieux tant le réc­it repose sur ce mot presque. Con­tin­uer la lec­ture