Giuseppe SANTOLIQUIDO, Lettres à l’Autre, Ker, 2026, 108 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87586–532‑8
Lettres à l’Autre, de Giuseppe Santoliquido est constitué de deux récits qui alternent rigoureusement. D’une part, celui d’un homme en prison qui écrit à quelqu’un, dans une narration en « je ». Et d’autre part, la description en « il » de la vie de Pierre Augier ; il vit avec sa femme Mireille et ses deux enfants dans le domaine agricole de ses beaux-parents. Il est infirmier à l’hôpital et essaye d’aider à la ferme le reste du temps. Lui aussi écrit, des lettres à « l’Autre », autant à l’hôpital qu’à la ferme, en se cachant. Ce n’est que progressivement et par petits indices (par exemple, un pronom personnel inattendu) que l’on devine l’identité de la personne à laquelle ces lettres, de chacun des récits, sont destinées. Et la révélation de cette identité crée une surprise à la fin du roman. Le titre Lettres à l’Autre indique autant le nombre élevé de lettres que la double origine de celles-ci, la prison et le domaine. Continuer la lecture












Keith Douglas meurt le 9 juin 1944, trois jours après le débarquement de Normandie, à côté du char qu’il commande, à l’âge de 24 ans. Son œuvre poétique est encore peu abondante ; elle hante cependant Le feu des lucioles de Xavier Hanotte.
Un prisonnier est libéré. Pourtant, ce n’est pas la joie qui l’habite. Il se sent dans un étonnant état de détachement par rapport aux choses. Et quand il sort, tout vacille. Ce n’est pourtant pas dû à son incarcération de sept ans qui l’aurait coupé de la vraie vie et aurait causé des problèmes d’adaptation. C’est plutôt la réalité qui vacille. Tous les gens qu’il rencontre se ressemblent. Les lieux perdent leur identité ; une maison peut être transférée à l’identique d’une ville à une autre. Louvier va donc faire l’expérience de l’étrangeté.
Quelques mois avant sa mort en février 2012, Guy Vaes confia à deux proches, Adolfo Barbera del Rosal et Bart Vonck, le manuscrit de la première partie d’un diptyque dont le deuxième volet n’était pas encore écrit. « Je ne trouve pas la fin et je ne veux pas inventer », leur confia-t-il. Le roman est même deux fois inachevé, la première partie se concluant, volontairement, sur une phrase incomplète. En outre, le texte n’avait pas de titre ; les deux dépositaires du manuscrit lui en ont donné un, Sigur, ou presque, titre particulièrement judicieux tant le récit repose sur ce mot presque.