Archives par étiquette : Weyrich

Un tour de manège les cheveux au vent, le sourire aux lèvres

Un coup de cœur du Carnet

Ziska LAROUGE, Hôtel Paerels, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2019, 207 p., 15€, ISBN : 9782874895272

Antonin a la poisse… Ou peut-être de la chance dans son malheur… À moins que ce ne soit l’inverse… Disons que son quotidien est fait de hauts et de bas qui se succèdent à une cadence effrénée : de vraies montagnes russes ! C’est ça ! Ziska Larouge nous emmène faire un tour de montagnes russes ! Et on en voit de toutes les couleurs. Du rose quand l’histoire débute façon comédie romantique. Du gris pour évoquer le deuil d’Antonin et son frère, jeunes orphelins. Du vert dans l’espoir du héros de faire carrière sur scène. Du bleu à chaque embellie amenée par une nouvelle amitié. Du noir quand des malfrats viennent mettre leur grain de sel. Et du rouge dans l’éclatante vitalité des personnages. Continuer la lecture

Aimer d’amitié

Jean-François FÜEG, Notre été 82, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2019, 127 p., 13 €, ISBN : 978-2-87489-525-8

L’amitié est un sentiment universel. Elle élève l’âme, cette immatérialité à la fois solitaire et solidaire. Ainsi, l’amitié est peut-être la moitié de l’âme. Elle est un alter ego, un autre que soi, égal et juste, une possible libération de l’esprit et du corps. Elle est intangible et pure, comme l’amour. Elle est irrationnelle et non reproductible. Elle est donc immorale, car on ne peut aimer tout le monde de la même manière. Or la morale doit s’appliquer à tout être humain, dixit Kant. Rutebeuf s’en fout. Continuer la lecture

Jeux de maux, jeux de l’égo

Luc TEMPLIER, Les derniers jours du Moi, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2018, 211 p., 15 €, ISBN : 978-2-87489-497-8

Les derniers jours du Moi en sont confis. C’est une apothéose du je pour le non-nommé Personne. Celui-ci écrit son anamnèse, reconstituant sur le conseil de son psychiatre, l’histoire pathologique de sa maladie : « Mal dans ma peau ? C’est peu dire ! Surtout mal dans ma peau de mâle. Imbu de ma personne, j’avais la gueule de bois », la gueule de moi. Continuer la lecture

Balance ta mère !

Un coup de cœur du Carnet

Thierry ROBBERECHT, Onnuzel, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2018, 126 p., 13€, ISBN : 978-2-87489-499-2

Que voici un petit livre singulier ! Thierry Robberecht, nous plongeant dans les Golden Sixties, y épouse la perspective d’un garçon de huit ans, qui vit sans père, à l’ombre de sa mère et de sa sœur, exposé à la condescendance ou à l’hostilité des voisins, de la grande famille, sidéré/pétrifié par le non-dit et le trop-dit jusqu’à se muer en « empoté » (onnuzel) distrait et maladroit. Continuer la lecture

Portrait de femme

Christine Aventin, Portrait nu, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2018, 169 p. 14 €, ISBN : 978-2-87489-471-8

aventin portrait nuC’est une belle image de femme à découvert que nous propose Christine Aventin dans son roman Portrait nu. Non que l’intime soit vraiment dévoilé, il n’apparaît clair que dans ces textes en italiques et sous un régime narratif différent qui jalonnent le récit. C’est la contradiction fondamentale qui sous-tend l’ensemble : en dire beaucoup et se réserver. Continuer la lecture

Dans le ventre de la contrebasse

Léo BEECKMAN, Dos au public, Weyrich, 2018, 128 p., 13 €, ISBN : 9782874894701

beeckamn dos au publicLéo Beeckman était bien connu des auteurs et des professionnels du livre en Communauté française. Durant des années, il a œuvré au rayonnement de nos Lettres, et il s’est fait apprécier comme homme mais aussi comme auteur, principalement pour ses Poèmes quantiques parus en 2017. Il a aussi laissé un roman, publié aujourd’hui, quelques mois après son décès. Continuer la lecture

Dommage collatéral

Ziska LAROUGE, Les chaises musicales, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2018, 192 p., 14 €, ISBN : 9782874894725

larouge les chaises musicales.pngLe deuxième roman de la Bruxelloise Ziska Larouge, nouvelliste surtout et auteure déjà d’un premier roman en 2015, se présente comme un thriller. Sous ses airs de ne pas y toucher et ses climats de camaraderie entre quadras sur le retour oscillant entre amour et parfois détestation, se cache en réalité une mécanique machiavélique dont les enjeux ne se dévoilent naturellement qu’en bout de course. Pas de longues descriptions ni d’appesantissements sur les états d’âme, mais une histoire qui se déroule par dialogues, voire ellipses, partagés entre le point de vue des six protagonistes. Continuer la lecture