Archives par étiquette : Caroline Lamarche

Les prix de la SACD-Scam

Caroline Lamarche

Cette année encore, la SACD-Scam a remis ses différents prix, célébrant le talent des auteurs et autrices membres au cours d’une cérémonie festive au théâtre du Bouche à oreille. Les différents domaines couverts par la société de gestion des droits ont été mis à l’honneur, parmi lesquels la littérature.  Continuer la lecture

Érotiquement correct

Caroline LAMARCHE et Nathalie AMAND, Papier-collants, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2018, 64 p., 15 €, ISBN : 978-2-87429-107-4

Au nichon, pardon, au sein du politiquement incorrect, il y a l’érotisme. Un genre soi-disant désuet, à la fois confus et diffus, c’est-à-dire complexe et donc incompatible avec notre moderne époque des #MeToo et #BalanceTonPorc. Nous vivotons dans une période manichéenne où la pudibonderie et la pornographie échangent plus aisément sur les tournantes sodomites ou sur la théorie des genres plutôt que — trop simplement — sur les corps. Période de vaches maigres pour l’érotisme ? Mort aux vaches quand même !


Lire aussi : « Littérature & érotisme », numéro thématique du Carnet


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Le silence de la Poupée

Un coup de cœur du Carnet

Goele DEWANCKEL (images) et Caroline LAMARCHE (textes), La Poupée de Monsieur Silence, FRMK, 2018, 56 p., 19€, ISBN : 9782390220121

La Poupée de Monsieur Silence, c’est d’abord un objet que l’on découvre en l’examinant sous tous les angles. Le livre, superbement soigné, subjugue par sa conception. Sa jaquette est déjà une œuvre en soi : la palette intérieure se décline, de gauche à droite, à travers de gros nuages bordeaux, rouges, canard, marron, qui prennent peu à peu la teinte de différents bleus, électrique, clair et cyan. Ce mouvement d’éclaircissement et de refroidissement est en parfait accord avec la partie de la couverture en vis-à-vis : en première, des feuilles de chêne noires, verticales, sur fond violet ; en quatrième, ces mêmes feuilles, cette fois désordonnées, nervurées et ondulantes, oranges sur ocre. Et lorsque l’on revient en arrière – car pourquoi ne pas commencer par le commencement, lecteur empressé ? – c’est la jaquette extérieure densément colorée qui happe l’admiration. Elle recèle toute l’atmosphère du livre : de subtiles dissonances, alourdies par le poids d’une fausse gaité d’autant plus manifeste qu’elle s’inscrit dans une perspective ascensionnelle (soutenue par le format longiligne de la publication). L’on perçoit instinctivement un malaise, l’on est intrigué. Dire que l’on n’a même pas encore tourné la première page… Continuer la lecture

La chasse et l’amour

Caroline LAMARCHE, Dans la maison un grand cerf, Gallimard, 2017, 131 p., 12,50 €/ePub : 8.99 €, ISBN 978-2-07-270024-8

lamarcheIl est difficile de s’arracher au ton mineur qui prélude au dernier récit de Caroline Lamarche, Dans la maison un grand cerf. Dès le départ, le battement irrité du sang, le sifflement dans les oreilles vient oblitérer l’écoute. Pourtant elle a lieu l’écoute tout intime et si particulière du père qui, en contraste avec le bruit de la conversation à la table familiale, poursuit son marmonnement discret. Déjà cet environnement envahissant et le brouhaha général font comme une censure et évoquent la violence, que ce soit celle de la meute, des chasseurs, de l’amour même qui lui aussi peut forcer. Mais Lamarche dira tout de l’amour éternel des filles pour leur père, quoi qu’il en aille de ses aléas. Il aurait été et serait encore un antidote aux complications de l’amour. Le charme est donc bien réel. Continuer la lecture

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Boustro, revue plastique et poétique animée par Laurent DANLOY, Pascal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébullition revuistique dans la Cité ardente, et de quelle qualité ! En décembre 2015, le premier numéro de Boustro, « fruit de rassemblements autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y multipliait à 200 exemplaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureusement ménagé pour l’occasion les éditions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassemblait Véronique Janzyk, dont les proses calibrées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Corfou (là où les touristes allemands ignorent que « le silence est parfois une langue aussi ») ou dans la chambre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grignoté par « une cellule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lancinante se mêlent à une révolte éjaculée « debout / sous la voie lactée » ; Yolanda Castaño, poétesse espagnole dont son traducteur Frédéric Bourgeois a rendu la narquoise « beauté d’épi » de ses vers, qui circulent en ligne brisée jusqu’au rendu de la terrible sentence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de portraits subtilement biseautés, tracés d’un fusain sensible non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flottantes et anxiogènes, silhouettes intubées et autres loups ectoplasmiques dessinés par la Marolienne de Liège Sofie Vangor, et vous obtenez un carnet de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de traviole et de guingois, à l’envers comme à l’endroit. Continuer la lecture