Archives par étiquette : Bruxelles

Si Bruxelles m’était conté

Marc MEGANCK, Bruxelles en cheminant sur la ligne du temps, 180°éditions, 2020, 268 p., 19 €, ISBN : 978-2-931008-34-8

marc meganck bruxelles en cheminant sur la ligne du tempsL’histoire de Bruxelles déroulée en chapitres courts, depuis 4000 avant notre ère, sous la forme d’un site néolithique en forêt de Soignes, jusqu’à nos jours.

Un voyage au long cours, signé Marc Meganck, qui, tour à tour nous ouvrant des horizons, nous révélant des pans cachés, ravivant des souvenirs, nous fait habiter la ville plus intensément. Continuer la lecture

Pour l’amour de B

Marc VAN STAEN, Le bourgmestre de Bruxelles, Scalde, 2020, 206 p., 20 €, ISBN : ISBN : 978-2-930988-14-6

marc van staen le bourgmestre de bruxellesLes capitales ont perdu une part de leur pouvoir d’attraction ces dernières années. Malmenées par les attentats et les virus, trop souvent associées à l’insécurité, à la pollution, au rythme trépidant et aux solitudes de la vie moderne, elles méritent que l’on se porte à leur chevet. Aussi un recueil de nouvelles reliées qui font de Bruxelles un personnage à part entière est-il le bienvenu. Telle est l’initiative de Marc Van Staen, qui s’est appliqué à nous en tirer un portrait impressionniste, multipliant les approches et puisant dans des registres divers. Continuer la lecture

Le visage changeant des émotions

Jean-Philippe TOUSSAINT, Les émotions, Minuit, 2020, 238 p., 18,50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978-2-7073-4643-8

jean-philippe toussaint les émotionsSi l’on s’en tient aux fondamentales et primaires, telles que répertoriées par de nombreuses études scientifiques à la suite du psychologue américain Paul Ekman, les émotions seraient au départ, chez tout individu masculin et féminin, et quelle que soit sa culture, au nombre de six. Six émotions qui vont de la plus positive, la joie, à la plus négative, le dégoût, et quatre autres qui tendent souvent vers la négativité : la peur, la surprise (quoiqu’il puisse y avoir de joyeuses surprises), la tristesse, la colère. Le dégoût reste la plus destructrice des émotions, et elle cumule malheureusement d’autant plus de phases intensives et graduelles lorsqu’elle advient par surprise, sous l’emprise de la peur et de la tristesse. Continuer la lecture

La soirée des « Maudits »

Maurice MARTIN, La véritable affaire de Bruxelles, Postface de Jean-Baptiste Baronian, Bruxelles, 180° éditions, 2020, 380 p., 19,00 €, ISBN : 978-2-931008-32-4

Maurice Martin la véritable affaire de bruxellesL’auteur, Maurice Martin, s’ébroue dans des eaux familières en tant qu’ancien commissaire de police retraité de la brigade anticorruption, même grade, même service que ceux de Martin de Landsheer, personnage central de cette « affaire de Bruxelles » dont les prolégomènes nous ramènent au 19e siècle, à deux poètes dits « maudits » et à un fait-divers fameux qui vit (ou crut voir ?) Paul jouer du revolver contre son ami Arthur. Continuer la lecture

En exil dans l’exil

Omar BERGALLOU, Maroxellois, Couleur livres, 2020, 140 p., 14 €, ISBN : 978-2-87003-8841-9

Omar Bergallou est né au Maroc, dans un quartier pauvre de Tanger, au milieu des années soixante. Il y passe les tout premiers temps de sa vie, et plus tard, de brefs séjours de vacances ; il n’a guère vécu de ce côté-là de la Méditerranée. Quand il a six mois, la famille émigre en Belgique où le père travaillait déjà comme coffreur-ferrailleur. Et c’est là, en Belgique, sous le ciel gris de Bruxelles, qu’il a continué à vivre, et qu’il vit aujourd’hui encore. A-t-il ressenti l’excitation ou la douleur du départ, la brûlure tranchante de l’adieu à la terre ? Sa mère dira que sur le bateau reliant l’Afrique à l’Europe il hurlait de toute sa voix comme si son âme voulait sortir de son corps. Quoi qu’il en soit, quelle qu’ait été, nourrisson, sa perception de l’éloignement, il est devenu, malgré tout un : exilé. Continuer la lecture

Dounia, mon amour, mes larmes, mon sourire

Taha ADNAN, Dounia, Lansman, coll. « Théâtre à vif », 2020, 66 p., 10 €, ISBN : 978-2807102781

Le récit démarre dans une rame de métro. Une explosion retentit. Tout se fige. Après le bruit assourdissant, les cris et la peur font irruption. Au milieu des corps, celui de Dounia, en robe de mariée blanche. Que fait-elle là ? Hasard ? Malchance ? Elle rassemble ce qui lui reste d’énergie et nous raconte tout, depuis le début.

Dounia est la sixième et dernière enfant d’une famille marocaine immigrée à Bruxelles. Non désirée, elle encaisse durant toute son enfance les mots froids et durs de sa mère. Aucune photo d’elle ne recouvre les murs de la maison. On ne fête jamais ses anniversaires. Dounia n’est pas comme les autres membres de sa famille. Elle est de trop. Elle vit son exil dans son propre foyer, son propre corps. Elle s’entoure de silence. Elle envie ses copines qui partagent une certaine complicité avec leurs parents. De son côté, elle ne reçoit que sarcasmes et cris. Jamais un geste affectif. Jamais un mot positif. Chez elle, on ne parle pas. Dounia rêve d’indépendance et de liberté. Alors elle en fait voir de toutes les couleurs. La nuit, elle profite de l’accalmie pour se maquiller et essayer des vêtements aguicheurs. Une fois, son frère Milou la surprend. Il la roue de coups. Apeurée, acculée, elle saute par la fenêtre pour mettre fin à son calvaire. Son corps est brisé. S’ensuivent deux années d’hospitalisation, des opérations à la pelle et la découverte de la bestialité de l’homme. Continuer la lecture

De la « pEAUésie »

Poèmes de pluie. Une proposition de Mélanie Godin, CFC et Arbre de Diane, coll. « Regard sur la ville », 2019, 18 €, ISBN : 978-2-87572-046-7

Il est un cliché tenace, pourtant exact, à propos de la Belgique : il y pleut constamment. Mélanie Godin et son équipe en auront tiré parti, en proposant de la « pEAUésie » en plein cœur de Bruxelles.

De 2017 à 2019, Mélanie Godin a imaginé et coordonné des interventions artistiques dans Bruxelles, à la rencontre de ses habitants, invitant chacun à (ré)introduire de la poésie dans son quotidien.

Des poèmes, d’ici et d’ailleurs, écrits par des poètes reconnus ou lors d’ateliers d’écriture, ont été typographiés sur des pochoirs en carton et appliqués dans l’espace public, à l’aide d’une peinture uniquement visible au contact de l’eau. Indécelables jusqu’alors, les poèmes apparaissent comme par magie sous l’effet de la pluie ou de jets d’eau, à même un trottoir, sur une marche, un mur. Puis ils disparaissent à nouveau, dans l’attente d’un nouvel arroseur.  (Note de l’éditeur) Continuer la lecture