Archives par étiquette : Bruxelles

On ne peut pas tout acheter

Un coup de cœur du Car­net

Pitz D’où personne ne revient

D’où personne ne revient

Autrice : Clarence Pitz

Mai­son d’édition : Bel­fond

Col­lec­tion : Bel­fond noir

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 400

Prix : 21,50 €

Livre numérique : 14,99 €

EAN : 9782714405579

Pondich­ery, 2005. Un homme aux aguets se dirige vers la mer, le corps d’un enfant mort con­tre lui. À l’abri des regards, il va le brûler avant de le livr­er à la mer. Il sourit et pense déjà à sa prochaine petite vic­time. Tout de suite : 2025, ile de la Sen­tinelle (à l’extrême sud de l’Inde). Marie Seghers a entrainé son fiancé Enguer­rand et son frère Louis dans une équipée folle, bra­vant l’interdiction absolue d’accéder à un ter­ri­toire stricte­ment réservé aux Jarawas, une peu­plade restée coupée du monde mod­erne qui se défend farouche­ment con­tre toute intru­sion. Leurs flèch­es vien­nent de tuer les deux jeunes hommes, Marie est blessée et elle ne doit sa survie qu’à l’intervention d’un héli­cop­tère des autorités indi­ennes. À son réveil sur un lit d’hôpital, on l’informe qu’elle risque 20 ans de prison ferme. Elle a beau expli­quer qu’elle est venue faire pro­vi­sion d’une algue rare qui peut la soulager du mal qui la ronge depuis son enfance, rien n’y fait. Des douleurs atro­ces s’emparent régulière­ment d’elle qui la lais­sent épuisée et aucun remède ne per­met de les prévenir. Et pour ne rien arranger, on lui annonce dans la foulée que ses par­ents, que la police a voulu prévenir, ont été retrou­vés morts à l’autre bout du monde, dans la piscine de leur belle demeure du Zoute. Con­tin­uer la lec­ture

La vie devant soi 

Nathalie STALMANS, Le retour des oies sauvages, Lamiroy, coll. “Opus”, 76 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39081–075‑9

stalmans le retour des oies sauvagesLa men­tion « 1830Belgique2030 », au bas de la cou­ver­ture, inter­pelle. « Un label, qui pour­ra être apposé quelles que soient les col­lec­tions où se trou­ve le livre », pré­cise l’éditeur Lamiroy, qui songe déjà au bicen­te­naire nation­al. Si led­it ouvrage entre­tient une con­nex­ion avec l’histoire du pays. Quant à la col­lec­tion… Le retour des oies sauvages s’intègre dans les « Opus », des novel­las dont la longueur se situe entre la nou­velle et le roman. De belles plumes s’y sont déjà essayées, comme Alain Magerotte, Luc Del­lisse, Ziska Larouge… Con­tin­uer la lec­ture

Idées à listes

Philippe BLASBAND, La nuit est encore longue, Impres­sions nou­velles, 2026, 304 p., 20 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑39070–279‑5

blasband la nuit est encore longueSoheila Pirouz­far, Irani­enne émi­grée en Bel­gique et nar­ra­trice de ce roman inclass­able, nous met au par­fum dès la pre­mière page sur la façon dont elle organ­ise sa per­cep­tion du monde :

Des listes, dans ma tête, dans mes rêves, sur des bouts de papi­er, dans des cahiers, sur des tableaux Velle­da, sur mon télé­phone portable. Quand je suis dans une salle d’attente, ou dans une file, ou quand je marche, ou quand je m’endors, j’imagine et je peaufine des listes, et dès que je le peux, je les note.  Con­tin­uer la lec­ture

Upstairs, Downstairs 

Marc MEGANCK, Van Kroetsch 5 : La fille du rooftop 58, Lamiroy, 2025, 224 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–015‑5

meganck la fille du rooftop 58Marc Meganck a étudié l’histoire et la ges­tion cul­turelle. Une trentaine de livres après ses débuts ès let­tres, la cinquième aven­ture de son détec­tive brux­el­lois Van Kroetsch (ce nom !), La fille du rooftop 58, ne se lim­it­era pas aux péripéties du genre polici­er mais les arcboutera sub­tile­ment con­tre des infor­ma­tions et des réflex­ions sur le devenir des décors et des êtres. Con­tin­uer la lec­ture

L’éclat de mille soleils dans la brèche du monde

Un coup de cœur du Car­net

Raïs­sa YOWALI, Les mille soleils de Busu Jano, Arbre de Diane, 2026, 114 p., 15 €, ISBN : 978–2‑93082240–2

yowali les mille soleils de busu janoIl est des livres qui ne se con­tentent pas d’être lus, mais qui vous per­cu­tent et oblig­ent à regarder en face les angles morts de notre human­ité, les éclats de la société dans leurs fra­cas, les sur­vivances lumineuses qui irra­di­ent et nour­ris­sent les feux de la résis­tance. Ce pre­mier recueil de Raïs­sa Yowali, Les mille soleils de Busu Jano, paru chez L’Arbre de Diane est de ceux-là. Con­tin­uer la lec­ture

Iran : le combat des diasporas

Michel CLAISE, Ali AMERIAN, Le par­fum du safran, Genèse édi­tion, 2025, 209 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–71

claise amerian le gout du safranExpert pour les médias en matière de crim­i­nal­ité, de cor­rup­tion et de blanchi­ment, l’ancien juge d’instruction brux­el­lois Michel Claise a dévelop­pé par­al­lèle­ment une œuvre romanesque. À tra­vers ses qua­torze romans, il a pu présen­ter ses inves­ti­ga­tions sous un autre jour, celui d’une fic­tion ancrée néan­moins dans la réal­ité. Cette fois, il s’est asso­cié à Ali Amer­ian, réfugié iranien en Bel­gique, devenu avo­cat. Ils évo­quent dans Le par­fum du safran l’assassinat de Mah­sa Ami­ni en sep­tem­bre 2022 et ses réper­cus­sions vues par la dias­po­ra irani­enne en Europe. Con­tin­uer la lec­ture

À l’encre de nos peurs

Un coup de cœur du Car­net

Bar­bara ABEL, Ici s’arrête le monde, Récami­er, 2025, 368 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782385772130

abel ici s'arrête le mondeBrux­elles, un same­di comme les autres. La famille recom­posée d’Hélène et de Raphaël est autour de la table pour fêter un anniver­saire quand éclate un bruit sourd, rapi­de­ment suivi d’autres, et que la ville se trou­ve soudaine­ment plongée dans le noir, lais­sant ses habi­tants inter­dits. Par les fenêtres, on aperçoit de grandes flammes tan­dis que des explo­sions se mul­ti­plient. Un bom­barde­ment ! Très vite s’impose le réflexe de descen­dre dans les caves de l’immeuble, muni du strict néces­saire, où l’on retrou­ve d’autres habi­tants. Il n’y a plus d’électricité, les réseaux de télé­phonie sont inac­t­ifs, les bat­ter­ies se vident. Il faut atten­dre l’aurore et une trêve dans les tirs pour par­tir aux nou­velles, con­stater les dégâts à l’entour et l’absence de toute infor­ma­tion sur la nature des faits. La nuit suiv­ante, les bom­barde­ments repren­nent avec vio­lence, nour­ris­sant la con­vic­tion qu’il faut fuir la ville. Mais les prob­lèmes à résoudre pour y par­venir sont nom­breux et les imprévus plus encore …. Con­tin­uer la lec­ture

De London à Bruxelles, une fiction lumineuse

Un coup de cœur du Car­net

Gérald WITTOCK Le dernier roi, The Mel­mac Cat, 2025, 192 p., 16 €, ISBN : 978–2492759277

wittock le dernier roiDans ce pop roman, Le dernier roi, Gérald Wit­tock, par ailleurs auteur et com­pos­i­teur belge, parsème dans le réc­it une suite de QR codes qui ren­voient aux musiques pop­u­laires qui l’ont accom­pa­g­né dans l’écri­t­ure du livre. Le dernier roi est aus­si un hom­mage à Jack Lon­don et à un de ses chefs-d’œu­vres, L’ap­pel de la forêt.  Qui a lu ce livre dans sa jeunesse ne peut s’empêcher de sourire et de faire remon­ter à la mémoire un plaisir de lec­ture qui fut intense et fon­da­teur. Dans ce roman, Jack Lon­don met en scène un jeune héros et son chien Buck. Gérald Wit­tock a eu l’ex­cel­lente idée de repren­dre ce rap­port de d’homme à ani­mal aujour­d’hui dans un réc­it qui ne se passe pas en Alas­ka dans le Grand Nord mais bien en mai 1968, à Brux­elles et à Paris. Con­tin­uer la lec­ture

Belgiques à Bruxelles

Pas­cale FONTENEAU, Bel­giques. Brux­elles (faits divers), Ker, coll. « Bel­giques », 2025, 113 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87586–504‑5

fonteneau belgiquesPas­cale Fonte­neau rejoint la col­lec­tion « Bel­giques », qui atteint les trente-trois titres cet automne. Trente-trois titres, cela con­stitue un sacré cor­pus pour ten­ter de cern­er ce pays étrange qui est le nôtre. Née Française, Pas­cale Fonte­neau a choisi d’y assumer son ancrage brux­el­lois avec treize nou­velles qui tien­nent du fait divers, comme l’indique le sous-titre en qua­trième de cou­ver­ture. Elles se déroulent toutes dans la cap­i­tale européenne. Une unité de lieu qui aurait pu rem­plac­er le désor­mais clas­sique titre Bel­giques par Brux­elles ! Con­tin­uer la lec­ture

Entrer dans…

Carl NORAC (auteur) et Éléonore SCARDONI (illus­tra­trice), Avant toute chose, Cot­Cot­Cot, 2025, 44 p., 22 €, ISBN : 9782930941523

norac scardoni avant toute chose« Chaque couche d’impression reflète une vari­a­tion dans la tex­ture, la couleur ou la pro­fondeur, évo­quant les mod­u­la­tions d’un son à tra­vers le temps et l’espace. Cette approche crée une analo­gie visuelle et sen­si­ble entre l’invisible du son et sa tran­scrip­tion graphique tan­gi­ble. Ain­si, je trans­forme les sons, habituelle­ment perçus comme immatériels et fugaces, en élé­ments con­crets et per­cep­ti­bles, traduisant l’évolution et les nuances d’un paysage sonore par un tra­vail d’impression et de gravure. » Telle est la démarche adop­tée par Éléonore Scar­doni pour ses Frag­ments d’écoute offerts aux regards. Con­tin­uer la lec­ture

BD Comic Strip Festival 2025

bd comic strip festival 2025 bandeau

C’est un événe­ment lit­téraire incon­tourn­able en sep­tem­bre : le BD Com­ic Strip Fes­ti­val revient à la Gare mar­itime du 26 au 28 sep­tem­bre. Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience du lieu

Geneviève DE BUEGER, Jusqu’à l’arbre, Abra­pal­abra, coll. « iF », 2025, 106 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931324–07‑3

de bueger jusqu'à l'arbreDans la col­lec­tion « iF » des édi­tions Abra­pal­abra, Geneviève de Bueger signe avec Jusqu’à l’arbre un pre­mier réc­it poé­tique qui s’inscrit dans la foulée du mantra de la mai­son (“Que s’ouvre la parole comme une incan­ta­tion”) en révélant des chemins de tra­verse dans le paysage. Diplômée du mas­ter de let­tres Ecopé­tique & Créa­tion (uni­ver­sité d’Aix-Marseille) fondé par Chris­tine Mar­can­di­er et Jean-Christophe Cav­allin, Geneviève de Bueger déploie un regard ancré dans le hors-champ, la marge et les pas de côté. Con­tin­uer la lec­ture

Écrivain de l’océan et non écrivain de piscine

Maxime LAMIROY, Le Cuirassé Pouchkine, Lamiroy, 2025, 78 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87595–975‑1

lamiroy le cuirassé pouchkineLa pas­sion de la lit­téra­ture, de la cul­ture russe, l’existence aiman­tée par la magie des Let­tres sous-ten­dent le réc­it Le Cuirassé Pouchkine, qui fig­ure au nom­bre des nom­breux inédits lais­sés par Maxime Lamiroy, un jeune écrivain, philosophe, tra­duc­teur et édi­teur qui nous a quit­tés en juil­let 2024. Nous retrou­vons les par­fums qui com­posent ses autres textes (Deux sœurs, Les juges péni­tents…) et dessi­nent un univers à la lisière de l’onirisme et du réel. Vir­tu­ose de la mise en abyme, Maxime Lamiroy livre des frag­ments auto­bi­ographiques éloignés du courant hégé­monique de la lit­téra­ture du « je », décan­tés dans un au-delà de l’auto-fiction. Aigu­il­lé par Math­ieu, un ami slavophile qu’il con­nut durant ses études de langue et de lit­téra­ture russ­es, le nar­ra­teur s’adonne à une quête qui a pour décor le cen­tre-ville de Brux­elles et pour but la librairie « Le Cuirassé Pouchkine », un lieu dédié aux Let­tres russ­es. Le pié­ton de Paris de Léon-Paul Far­gue devient un pié­ton brux­el­lois infati­ga­ble qui sil­lonne la rue de Flan­dre, la place Sainte-Cather­ine, la galerie des Princes avec la soif d’un bib­lio­phile qui pose une équiv­a­lence secrète entre déam­bu­la­tions géo­graphiques et péré­gri­na­tions men­tales et romanesques. Con­tin­uer la lec­ture

4 As et Années folles

Kate MILIE, L’assassin aime l’Art déco, 180°, 2025, 163 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑9407–2172‑6

milie l'assassin aime l'art décoL’assassin aime l’Art déco, « troisième édi­tion, revue et améliorée » d’un polar pub­lié une pre­mière fois en 2012, jouit d’un bel écho médi­a­tique en cette année anniver­saire d’un mou­ve­ment né il y a cent ans.

L’autrice ? Kate Milie nous a déjà plus d’une fois régalés, avec ses romans, ses guides de balades, ses plongées dans des vies d’artistes (Spilli­aert, Toulouse-Lautrec). Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles, je t’aime moi non plus

Daph­né TAMAGE, Brux­elles, Arbre qui marche, coll. « Pre­mier voy­age », 2025, 160 p., 13,90 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9789998772496

tamage bruxellesAprès avoir quit­té Brux­elles depuis plusieurs années, la nar­ra­trice, Daph­né, revient dans sa ville natale pour l’enterrement d’un ami cher, Stanis­las Can­drix. Un homme qui a changé sa vie, du moins son regard sur le monde et surtout sur le jazz. Elle a été son assis­tante jusqu’à ce qu’elle décide de quit­ter son pays, sa ville et son nom. On recon­naitra à tra­vers les traits du défunt le jour­nal­iste Marc Dan­val à qui le livre est dédié. Après l’enterrement, alors que Daph­né veut repar­tir au plus vite et pren­dre son train, on lui con­fie une mis­sion : don­ner le petit chat de Stan à l’une de ses amies. Pré­texte pour que Daph­né Tam­age nous entraine dans les rues de Brux­elles, de la place Sainte-Croix à la Basilique de Koekel­berg, en pas­sant par les Marolles, la place des Mar­tyrs ou encore KANAL. Chargée de sa mis­sion et accom­pa­g­née par une amie de longue date, Salomé, la nar­ra­trice explore la cité sous toutes ses cou­tures, nous con­te son his­toire, sa cul­ture, ses événe­ments et lieux majeurs. Au con­traire de Daph­né, Salomé adore Brux­elles et sait ô com­bi­en son amie aime jouer aux grandes tragé­di­ennes. Con­tin­uer la lec­ture

L’arpenteur ébloui

Christophe VAN STAEN, L’at­tri­bu­tion des marchés publics, Aux Palais Out­re-Ponts, 2024, 103 p., 15 €, ISBN : 978–9‑0903–9288‑2

van staen l'attribution des marchés publics(…) Un jour m’é­tait venue l’idée d’une prom­e­nade dans la val­lée. Par­ti seul, sans prévenir qui que ce soit, comme un mem­bre des brigades par­ti­sanes gag­nant le maquis pour met­tre à exé­cu­tion son plan d’at­ten­tat – j’é­tais sûr de mon fait, sûr de revenir avant l’heure du déje­uner – je m’en­fonçais par le sen­tier dans les pro­fondeurs végé­tales. Je ne sais pourquoi, il me fal­lait une errance, un égare­ment, un aban­don – mais heureux cette fois, souhaité –, une déser­tion? J’a­vançais par­mi les bran­chages de plus en plus touf­fus, qui finirent par me dépass­er en taille. Du haut du sen­tier que je suiv­ais du regard, j’en vis une autre en con­tre­bas, à une dizaine de mètres. J’av­i­sai la paroi, qui était parsemée de ren­forts et de racines pro­liférantes qui me sem­blèrent dignes de con­fi­ance. (…) Con­tin­uer la lec­ture