“Quand le peu importe” : photos et mots croisés

biennale molenbeek karreveld

La 2e édi­tion de la bien­nale de la pho­togra­phie de Molen­beek-Saint-Jean se tient du 18 mars au 23 avril. Sur le thème “Quand le peu importe”, qua­tre expo­si­tions, répar­ties sur qua­tre lieux, croisent les mots et les pho­tos, les pho­tographes et les écrivain-e‑s. 

Pour sa deux­ième édi­tion, la Bien­nale de pho­togra­phie de Molen­beek sera répar­tie sur qua­tre lieux autour de qua­tre expo­si­tions regroupant au total 44 artistes dévelop­pant entre pho­togra­phie et lit­téra­ture la propo­si­tion nar­ra­tive du thème «Quand le peu importe », soit une pos­si­bil­ité de regards et de lec­tures mul­ti­ples au car­refour de ces deux dis­ci­plines.

Le thème pro­posé aux artistes est une invi­ta­tion à se pencher sur ce peu qui importe aujourd’hui, demain et hier. Il s’est imposé à nous au fil du con­fine­ment dans un espace-temps où toute chose s’est trou­vée réduite aux usages pre­miers et essen­tiels, à l’observation du peu, de la lenteur tout en ques­tion­nant nos façons de vivre, d’observer, d’écouter soi et le monde. Cette péri­ode de l’avant et du pen­dant ques­tion­nait et promet­tait, trop tôt peut-être, un mer­veilleux monde d’après. Monde qui n’est prob­a­ble­ment pas advenu pour chacun.e d’entre nous de la même manière. Mais cette péri­ode où le rêve et la réal­ité de cer­taines lib­ertés venaient à se reclore était-elle le signe d’autres moyens, d’autres leviers pour abor­der l’inaperçu, le ténu, le sans bruit, la haute dis­cré­tion ?

Les organ­isa­teurs ont voulu ouvrir ces propo­si­tions aux pho­tographes tout en leur lais­sant carte blanche pour toute inter­pré­ta­tion. Les pho­togra­phies reçues ont été un ter­reau fer­tile pour pro­longer leurs regards en écri­t­ures comme voies par­al­lèles. L’idée était là dès l’origine. Offrir une exten­sion lit­téraire aux  pho­togra­phies, alli­er à l’image le monde des mots. À l’instar des pho­tographes, chaque écrivain.e a reçu une totale carte blanche pour dépos­er son monde sur les images reçues. Chaque expo­si­tion de la bien­nale décline cette dynamique de ren­con­tres et d’alternances entre pho­togra­phie et lit­téra­ture.

Au Château du Karreveld

La pre­mière expo­si­tion aura lieu au Château du Kar­rev­eld dans les anci­ennes cham­bres de l’hôtel com­mu­nal. Sous forme de duos com­posés d’un.e pho­tographe et d’un.e écrivain.e, chaque cham­bre pro­posera un univers unique sous la forme d’un dia­logue priv­ilégié et intimiste entre les deux artistes. La dynamique de l’exposition part d’images pro­posées aux écrivain.e.s par les pho­tographes. À par­tir de ce lot d’images, chaque écrivain.e a apporté sa voix d’accompagnement pour effleur­er et révéler l’univers du pho­tographe.

Annick Blavier, Anne-Sophie Costeno­ble, Brigitte D’Hainaut, Anne De Gelas, Jean-Paul Dessy, Ian Dyk­mans, Rozafa Elshan, François Emmanuel, Cristi­na Epure, Claire Gatineau, François Gof­fin, Aliette Griz, Carl Have­lange, Philippe Her­bet, Paul Her­mant, Anto­nio Jiménez Saiz, Fabi­en Lafontaine, Mar­guerite Lagage, Car­o­line Lamarche, Sébastien Mar­cq, Mari­na Piérard, Hélène Petite, Axel Pleeck, Rachel Sas­si, San­drine Tilman et Chan­tal Vey for­ment un ensem­ble de vues et de mots dont les fils rouges s’entrelacent autour du peu, de l’économie de moyens, du ténu, voire de la retenue ou de ce que l’on retient des essences passées.

Château du Kar­rev­eld
Avenue Jean de la Hoese, 3 — 1080 Molen­beek-Saint-Jean
Finis­sage le 23 avril
Expo­si­tion du 18 mars au 23 avril inclus
Mer­cre­di — dimanche de 13h à 18h — Noc­turnes les 07 et 21 avril jusqu’à 21h
Entrée libre

À l’Académie de dessin et des arts visuels de Molenbeek

La deux­ième expo­si­tion « D’écrire l’image » ver­ra les élèves de l’atelier de pho­togra­phie de l’Académie de dessin et des arts visuels de Molen­beek dévelop­per leurs approches du thème aus­si bien en images qu’en mots. Résul­tat d’un proces­sus de tra­vail super­visé par leur pro­fesseur Nico­las Clé­ment et par l’autrice Pieterke Mol, chaque élève a déposé un moment d’écriture sur son pro­pre tra­vail pho­tographique. La com­bi­nai­son de leurs regards et de leurs mots offre un panora­ma dont la mosaïque met en exer­gue la richesse de l’atelier. À la fois tra­vail indi­vidu­el et col­lec­tif, leurs travaux exposés rue de l’Avenir, dans l’espace pub­lic, don­neront nais­sance à des inter­ac­tions où les pas­sants et les vis­i­teurs seront req­uis dans un dia­logue com­plé­men­taire avec la vi(ll)e.

Avec Arielle Bieber, Julie Bod­son, Paul Buyse, Lau­rent Cabirol, Thomas Claus, Novel­la De Gior­gi, Véronique Han­sotte, Yves Hout­mann, Dominique Istaz, Nina Lom­bar­do, Philippe Nico­las, Lau­rence Rapail­lerie, Wiebke Stoldt, Géral­dine Thomas, Julien Tim­mer­mans, Nina Vlasso­va et Marie Wardy.

Académie de Dessin et des Arts visuels de Molen­beek
Expo­si­tion dans l’espace pub­lic, rue de l’Avenir — 1080 Molen­beek-Saint-Jean
Vernissage le 24 mars de 16h à 18h rue de l’Avenir
Expo­si­tion du 18 mars au 23 avril inclus
Ouvert tous les jours

À la Maison des cultures et de la cohésion sociale

La troisième expo­si­tion célèbr­era l’histoire du restau­rant social « Le Sni­j­boon­t­je, une galerie de por­traits » situé dans le quarti­er des Étangs Noirs à Molen­beek. À tra­vers le temps et au fil de plus de 45 années d’existence, ce sont plusieurs franges de la pop­u­la­tion qui sont passées par le restau­rant qui, au-delà du lieu, est surtout un endroit où l’être vient se ressourcer, échang­er et respir­er autant d’intériorités que d’extériorités.

Ian Dyk­mans et Arnaud Matagne seront respec­tive­ment à l’image et au texte de ces por­traits croisés d’histoires qui seront exposées à la Mai­son des cul­tures et de la cohé­sion sociale.

Mai­son des Cul­tures et de la Cohé­sion Sociale
Rue Mom­maerts, 4 — 1080 Molen­beek-Saint-Jean
Vernissage le 24 mars de 18h à 21h
Expo­si­tion du 18 mars au 23 avril inclus
Lun­di — same­di de 9h à 18h
Entrée libre

À la Tiny Gallery

La bien­nale ouvre sa dynamique en col­lab­o­rant avec la Tiny Gallery située à Ixelles. Lieu de pho­togra­phie ama­teur, d’exposition et de créa­tion, la Tiny exposera des pho­togra­phies ver­nac­u­laires issues des col­lec­tions anci­ennes du Musée Astra à Sibiu en Roumanie. Témoignages pho­tographiques d’une civil­i­sa­tion rurale, les images sont le miroir du rap­port de l’homme sou­vent seul face à son espace sou­vent immense. Les tirages con­tem­po­rains réal­isés par la tech­nique anci­enne du papi­er salé inscrivent les pho­togra­phies dans une per­ma­nence de la matière.

Au château du Kar­rev­eld, Cristi­na Epure, pho­tographe con­tem­po­raine en rési­dence à la Tiny, mon­tr­era ses « Strati­gra­phies », soit un con­cept des « lieux fan­tômes » qui invi­tent à réfléchir à l’interaction entre le tan­gi­ble et l’intangible, le vis­i­ble et l’invisible, et à la manière dont la mémoire innée façonne notre per­cep­tion du monde. Les pho­togra­phies de Cristi­na attes­tent de cette réma­nence. L’utilisation du sel et de l’eau de Tran­syl­vanie comme matéri­aux de base à l’impression des pho­togra­phies recon­necte aux ter­ri­toires effacés.

Tiny Gallery
Rue de la Cuve, 26 — 1050 Ixelles
Ren­con­tre le 31 mars de 17h30 à 20h
Expo­si­tion du 18 mars au 23 avril inclus
Mer­cre­di — dimanche de 15h à 18h
Entrée: 5 €