En l’an 2006, s’il reste encore un arbre quelque part j’irai le saluer.
Quand j’aurai 100 ans, si je rencontre un miroir, je ferai semblant de ne pas me reconnaître.
Je demande aux enfants qui auront 20 ans alors… de chercher dans mes livres le visage de ma jeunesse.
Ils entendront, peut-être, la musique que j’ai cru mettre dans mes alexandrins… s’ils les lisent encore ?…
Et s’ils ont le cœur plein d’oiseaux, alors, les paysages se dresseront pour eux entre mes pages, leurs feuilles reverdiront et, de temps en temps, une rose parlera.
Ils sauront que l’Amour est beau.
Je leur souhaite l’aventure, le courage et la tendresse.
Peut-être m’écouteront-ils quand je pleure ?…
Texte paru dans Le Carnet et les Instants n°100 (1997)
