Andrée Sodenkamp : “J’ai cent ans” — 18 juin 2006

Andrée Sodenkamp

Andrée Sodenkamp

En l’an 2006, s’il reste encore un arbre quelque part j’i­rai le saluer.
Quand j’au­rai 100 ans, si je ren­con­tre un miroir, je ferai sem­blant de ne pas me recon­naître.
Je demande aux enfants qui auront 20 ans alors… de chercher dans mes livres le vis­age de ma jeunesse.
Ils enten­dront, peut-être, la musique que j’ai cru met­tre dans mes alexan­drins… s’ils les lisent encore ?…
Et s’ils ont le cœur plein d’oiseaux, alors, les paysages se dresseront pour eux entre mes pages, leurs feuilles reverdiront et, de temps en temps, une rose par­lera.
Ils sauront que l’Amour est beau.
Je leur souhaite l’aven­ture, le courage et la ten­dresse.
Peut-être m’é­couteront-ils quand je pleure ?…


Texte paru dans Le Car­net et les Instants n°100 (1997)