Amélie Nothomb : “J’ai cent ans” — 13 août 2067

En ce 13 août de l’an de dis­grâce 2067, seuls quelques chauves se sou­vi­en­nent encore d’Amélie Nothomb, scri­bouil­larde belge morte heureuse­ment il y a longtemps. Et c’est une bonne chose car il serait grotesque de se rap­pel­er l’existence de cette usurpatrice absolue – ou plutôt de cet usurpa­teur. En effet, Amélie Nothomb était un homme et, par voie de con­séquence, ne s’appelait pas Amélie Nothomb mais Eros­trate Van De Put – car l’infâme alla jusqu’à vol­er le nom admirable d’un politi­cien de l’époque. Eros­trate Van De Put ne se con­tenta d’ailleurs pas d’une opéra­tion (au demeu­rant très mal faite) de change­ment de sexe, il recou­rut aus­si à un lift­ing déli­rant, dans le but d’avoir l’air d’être né(e) le 13 août 1967, alors que s’il était bel et bien né un 13 août, c’était en 1937. Il s’inventa une enfance romanesque en Extrême-Ori­ent pour ne pas avouer que son père, Pisis­trate Van De Put, était éleveur de porcs à Erps-Kwerps. Quant à ses œuvrettes, il ne fut même pas fichu de les écrire, puisque c’était sa pau­vre mère, Leukonoé Van De Put, qui les rédi­geait à sa place sous la con­trainte, dans la porcherie.

Bref, plus vite nous cesserons de fêter le faux cen­te­naire de cet igno­ble impos­teur, mieux nous nous porterons.

Amélie Nothomb


Texte pub­lié dans Le Car­net et les Instants n° 100 (1997)