Élisa Brune, Le salon des confidences

Le corps de l’homme déshabillé par le désir des femmes

Élisa BRUNE, Le salon des con­fi­dences, Le désir des femmes et le corps de l’homme, Odile Jacob, 2013

Essay­iste, roman­cière et jour­nal­iste sci­en­tifique, Elisa Brune jon­gle aus­si bien avec l’astronomie, la physique quan­tique, les vol­cans ou… la sex­u­al­ité, sans qu’il y ait de rap­port de cause à effet entre l’une et les autres.

Après avoir don­né la parole à des sex­o­logues, gyné­co­logues, chirurgiens, psy­cho­logues, kinés spé­cial­istes de la réé­d­u­ca­tion du périnée… mais aus­si des femmes et des hommes dans un précé­dent essai, La révo­lu­tion du plaisir féminin. Sex­u­al­ité et orgasme, déjà paru chez Odile Jacob en 2012, Élisa Brune a cette fois ten­du l’oreille aux con­fi­dences de femmes de tous âges et de toutes orig­ines sur le désir que peut sus­citer l’admiration du corps mas­culin dans ses moin­dres par­ties. Alors que le corps de la femme est exposé depuis des lus­tres, celui de l’homme est resté et reste encore trop sou­vent dis­simulé au désir de la femme. Après Le secret des femmes et La révo­lu­tion du plaisir féminin, Le salon des con­fi­dences com­plète la trilo­gie bruni­enne con­sacrée au plaisir féminin. Cet essai de sexo-poésie con­tem­po­raine égrène une bonne cen­taine de témoignages, fan­tasmes, let­tres, scé­nar­ios éro­tiques, chroniques divers­es, bil­lets d’humeur ou humoris­tiques, de valeur par­fois iné­gale, à tra­vers lesquels le lecteur décou­vre une manne de sen­sa­tions autour du corps et du sexe des hommes, pleine­ment désir­ables et désirés, sans tabou ni car­cans religieux, moraux, idéologiques, com­mer­ci­aux et cul­turels. Même les hommes ne se regarderont plus de la même façon après avoir décou­vert ces réc­its éro­tique­ment éner­gisés. Comme l’annonce per­tinem­ment Élisa Brune, « à tra­vers le désir des femmes, c’est la révo­lu­tion du corps mas­culin qui se met en marche. » Chou­ette pro­gramme !

Michel Tor­rekens


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n° 181 (2014)