Michel Carly, La Belgique de Magritte

Au pays de Magritte

Michel CARLY, La Bel­gique de Magritte, Weyrich, 2013

carly la belgique de magritteSpé­cial­iste de Simenon, Michel Car­ly a con­sacré deux de ses dernières pub­li­ca­tions à Magritte, une biogra­phie où il donne la parole au pein­tre, Moi, René Magritte, aux édi­tions Weyrich, suiv­ie aux mêmes édi­tions d’un bel album car­ton­né et riche­ment illus­tré, La Bel­gique de Magritte.

Basé sur des doc­u­ments sou­vent inédits et des sources var­iées, ce livre nous invite sur les pas de Magritte, revis­i­tant ces lieux qui ont forgé son imag­i­naire pic­tur­al, depuis le Hain­aut natal jusqu’à Brux­elles où il pas­sa ses dernières années, en pas­sant par quelques années français­es. Sur les traces du grand-père et père, nous décou­vrons Lessines, Gilly, Châtelet, Soignies, Charleroi… Autant d’étapes où s’est forgé ce sen­ti­ment de mys­tère qui tra­verse l’œuvre. Il s’agit aus­si de ces années de for­ma­tion, d’une enfance et d’une jeunesse que Car­ly retrace sans com­plai­sance. Au-delà de cette topogra­phie magrit­ti­enne, Michel Car­ly évoque aus­si des ren­con­tres déter­mi­nantes, ain­si que cer­taines influ­ences fortes comme les réc­its de Fan­tomas, ceux de la Série Noire ou encore des Mai­gret, ain­si que les faits divers liés à la bande à Bon­not. Impos­si­ble bien sûr de pass­er sous silence l’émergence du sur­réal­isme belge dans le sil­lage d’Achille Chavée, avec une célèbre con­férence à Charleroi, le groupe Rup­ture et l’exposition de La Lou­vière qui, décriée à l’époque, réu­nit néan­moins les grands noms de la pein­ture mod­erne.

Les années parisi­ennes et brux­el­lois­es revi­en­nent sur plusieurs célébrités de la vie cul­turelle et sur­réal­iste, dont Bre­ton et Scute­naire. Michel Car­ly suit Magritte dans ses nom­breux démé­nage­ments, mais aus­si dans les cab­er­douch­es qu’il aimait fréquenter avec ses amis, comme La Fleur en papi­er doré ou Le Dia­ble au corps.

Un ouvrage pas­sion­nant qui éclaire l’œuvre et l’homme, tout en don­nant l’envie de retourn­er dans ces lieux qui les ont vus évoluer.

Michel Tor­rekens


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°181 (2014)