Colette Nys-Mazure : « J’ai cent ans » — 14 mai 1936

colette nys-mazure

Colette Nys-Mazure

Enrac­inée entre Escaut et Mont-Saint-Aubert, elle a pris plaisir à com­mu­ni­quer l’incendie des mots aus­si bien dans le cadre intime d’une classe qu’au vaste pub­lic ; elle a pris son envol pour pro­pos­er des textes sous d’autres cieux.

L’expérience char­nelle de la mort a trans­fig­uré le jour à jour, lui allouant une jubi­la­tion qui sus­cite la Célébra­tion du quo­ti­di­en. Dès La criée de l’aube, elle a illu­miné le vit­rail peu­plé de vis­age de femmes Sin­gulières et plurielles. Soumise aux cycles et aux saisons, elle n’en a pas moins exploré Le for intérieur ; remon­tée à la source de Haute enfance, elle s’est promis de ne jamais aban­don­ner son Enfance por­ta­tive, ravivée par la tribu famil­iale.

Poèmes, nou­velles, essais, théâtre ou chroniques, c’est tou­jours la vision poé­tique qui pré­vaut : le regard décapé, accueil­lant l’écart, l’ellipse, l’image vio­lente, sur­prenante ou ten­dre et la musique des allitéra­tions. Poète de La vie à foi­son, ses textes trahissent cepen­dant une angoisse qui la rend poreuse à chaque autre croisé en chemin.

Elle rompt le silence
comme le pain
sans ébruiter le secret
ni éroder la chair nubile
Ne pas gal­vaud­er
l’or des ren­con­tres

Atten­tive à la voix orig­i­nale qui sourd de cha­cun, elle a été sen­si­ble aux fêtes des ren­con­tres au cœur de l’atelier, qu’il soit de lec­ture ou d’écriture, et dans le jeu des écri­t­ures mêlées.

Colette Nys-Mazure


Texte pub­lié dans Le Car­net et les Instants n° 100 (1997)