Enracinée entre Escaut et Mont-Saint-Aubert, elle a pris plaisir à communiquer l’incendie des mots aussi bien dans le cadre intime d’une classe qu’au vaste public ; elle a pris son envol pour proposer des textes sous d’autres cieux.
L’expérience charnelle de la mort a transfiguré le jour à jour, lui allouant une jubilation qui suscite la Célébration du quotidien. Dès La criée de l’aube, elle a illuminé le vitrail peuplé de visage de femmes Singulières et plurielles. Soumise aux cycles et aux saisons, elle n’en a pas moins exploré Le for intérieur ; remontée à la source de Haute enfance, elle s’est promis de ne jamais abandonner son Enfance portative, ravivée par la tribu familiale.
Poèmes, nouvelles, essais, théâtre ou chroniques, c’est toujours la vision poétique qui prévaut : le regard décapé, accueillant l’écart, l’ellipse, l’image violente, surprenante ou tendre et la musique des allitérations. Poète de La vie à foison, ses textes trahissent cependant une angoisse qui la rend poreuse à chaque autre croisé en chemin.
Elle rompt le silence
comme le pain
sans ébruiter le secret
ni éroder la chair nubile
Ne pas galvauder
l’or des rencontres
Attentive à la voix originale qui sourd de chacun, elle a été sensible aux fêtes des rencontres au cœur de l’atelier, qu’il soit de lecture ou d’écriture, et dans le jeu des écritures mêlées.
Colette Nys-Mazure
Texte publié dans Le Carnet et les Instants n° 100 (1997)
