Patrick Delperdange, Patrick Delperdange est un sale type

Delperdange n’est pas un ange

Patrick DELPERDANGE, Patrick Delper­dan­ge est un sale type, Onlit, 2014

delperdange patrick delperdange est un sale typePatrick Delper­dan­ge joue un dou­ble jeu dans… Patrick Delper­dan­ge est un sale type, roman pub­lié chez Onlit Books. Édi­teur 100% numérique jusqu’ici, Onlit Books,  avait inau­guré son cat­a­logue avec un cer­tain… Patrick Delper­dan­ge et son roman Mirador, suivi de Toi­son d’or et Appari­tions, écrit avec Michel Clair. Cette mai­son pro­pose désor­mais ses titres égale­ment en ver­sion papi­er.

Dou­ble jeu, disions-nous, car son héros est son homonyme, qu’il n’hésite pas à plac­er en fâcheuse pos­ture. Et va même jusqu’à met­tre sa femme à con­tri­bu­tion, au point de l’imaginer, la pau­vre, en zom­bie. Face à lui, un per­son­nage de Dick­ens, Barn­abé Rudge, au rire comme un bruisse­ment de papi­er, avec lequel il va nouer une étrange rela­tion. Pour le meilleur, selon Rudge, qui lui offre Porsche, carte de crédit et revolver, ou pour le pire, se demande Delper­dan­ge. Le lecteur est com­plète­ment pris dans une suc­ces­sion de rebondisse­ments où l’auteur souf­fle joyeuse­ment le chaud et le froid. Le sus­pens capte notre atten­tion et l’on sent bien que quelqu’un tire les ficelles de ce labyrinthe de miroirs et faux sem­blants placés dans l’univers fam­i­li­er de Delper­dan­ge. Sa car­rière lit­téraire est évo­quée. Quelques quartiers bien typ­iques de Brux­elles sont vis­ités, comme le Parvis de Saint-Gilles ou la place du Châte­lain, au gré d’une course pour­suite digne du meilleur polar. Et si le nar­ra­teur a l’impression que tous les gens qu’il ren­con­tre se paient sa tête, on n’est pas loin de penser que l’auteur fait de même avec nous, d’où peut-être le titre du roman qui est une bien belle provo­ca­tion. Man­i­feste­ment, Patrick Delper­dan­ge s’est bien amusé à écrire cette his­toire où l’humour se mêle à l’autodérision et son plaisir est com­mu­ni­catif. En 38 chapitres courts, ryth­més, il nous prend au piège de cette fausse intrigue poli­cière et de cette désopi­lante mys­ti­fi­ca­tion nar­ra­tive.

Michel Tor­rekens


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°181 (2014)