Roger Foulon, Cosmogonie

Sic transit…

Roger FOULONCos­mogo­nie, Mai­son de la poésie, 2002

foulon cosmogonieRoger Foulon a une longue expé­rience de l’écri­t­ure et, certes, une vie bien rem­plie. Cos­mogo­nie m’ap­pa­raît comme une forme de tes­ta­ment poé­tique qui use tan­tôt de l’alexan­drin, tan­tôt de la rime ou de la lib­erté du vers pour re­prendre des thèmes que la poésie a déjà tant de fois abor­dés. S’ag­it-il d’une admi­ra­tion des astres, d’une com­para­i­son entre le cycle des saisons sur le jardin et le déroule­ment d’une vie d’homme, d’une déci­sion de pro­fiter du jour ou de s’in­quiéter des mys­tères méta­physiques, d’abor­der la femme ou de com­par­er l’ex­is­tence humaine au désar­roi d’un papil­lon pris­on­nier cher­chant la lu­mière, Foulon bâtit ses poèmes en philoso­phant. Son ado­ra­tion pour le monde est to­tale, son ent­hou­si­asme est con­va­in­cant et l’amour qu’il proclame est agréable à rencon­trer mais son lyrisme l’en­traîne vers des che­mins con­nus, des thèmes rabâchés voire des égare­ments ado­les­cents ou des for­mu­la­tions déce­vantes. Et je n’aime pas cette atti­tude (Me voici puis­sant comme un roi / Grâce au poème que j’anime) ni cet impératif fait au lecteur (Avant le poème, lave-toi le regard). Il n’y a ici ni tra­vail sur la langue ni tenta­tive de renou­velle­ment des images mais un livre plutôt con­venu qui plaira à ceux qui pensent qu’il suf­fit que le poète s’a­vance pour se trou­ver enchan­tés par son dis­cours. L’an­nonce de l’in­vo­ca­tion ne fomente pas tou­jours l’émer­veille­ment. C’est dom­mage pour cette Cos­mogo­nie un peu plate. Sic tran­sit glo­ria mun­di.

Jack Keguenne


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°126 (2003)