Pierre Mertens : « J’ai cent ans » — 9 octobre 2039

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Pierre Mertens

Né avec la guerre. Une enfance cachée où tout se déter­mine.

A évo­qué les cat­a­stro­phes de son pays, le désamour de soi qui le car­ac­térise mais aus­si ses charmes ambi­gus.

S’est atten­dri d’autres lieux divisés : Berlin, Jérusalem, Nicosie… A aimé pas­sion­né­ment la femme et la musique.

Noua de grandes ami­tiés par-delà les fron­tières (Cor­tazar, Sci­as­cia, del Castil­lo, Vas­si­likos, Debray, Ziegler, Kun­dera, Scar­pet­ta, entre autres).

Eut des détracteurs amu­sants ou sin­istres (leur nom ne dira rien à per­son­ne).

Ceux qui chez nous « vivent dans leur souli­er, y font le ménage » (comme eût dit Michaux…) le trou­vaient par­fois nar­cis­sique dans la mesure, sans doute, où – hormis l’amour – seules les affaires de la planète l’intéressaient vrai­ment. Aimait aimer, détes­tait haïr, ne s’ennuyait jamais. L’un ou l’autre scan­dale involon­taire. (Sci­ait volon­taire­ment la branche sur laque­lle il n’avait même pas pris la peine de s’asseoir). Pourquoi le gout de la com­plex­ité et le respect des nuances passent-ils sou­vent pour une provo­ca­tion ?

On pré­tend qu’il pas­sa l’an 2000 en Pales­tine et dis­parut peu de temps après.

Mort pré­maturé­ment (bien sûr).

Les bons offices (1974), Per­dre (1984), Les éblouisse­ments (1987), Une paix royale (1995), entre autres, racon­tent cela dans le détail – ou le pré­fig­urent.

Lecteurs pressés et friands de min­i­mal­isme s’abstenir.

Pierre Mertens


Texte pub­lié dans Le Car­net et les Instants n°100 (1997)