Philippe Remy-Wilkin, L’œuvre de Caïn

Les Caïn de l’Histoire

Philippe REMY-WILKIN, L’œuvre de Caïn, Le Cri, 2012
Mise à jour 01/07/2024 : une réédi­tion du roman parait à l’été 2024 aux édi­tions Sam­sa : Philippe REMY-WILKIN, L’œuvre de Caïn, Sam­sa, 2024, 242 p., 24 €, ISBN : 9782875935496

remy-wilkin l'oeuvre de cain samsaPhilippe Remy-Wilkin n’a pas peur des défis et aime entraîn­er son lecteur dans des épo­ques mécon­nues de l’histoire, aux croise­ments des mythes, idéolo­gies et philoso­phies. On se sou­vient ain­si de ses romans Le Jour du dernier pape ou La Cham­bre close. Avec L’œuvre de Caïn, Philippe Remy-Wilkin met en scène deux amis, le Belge Valentin Dul­lac et le Juif alle­mand Cas­par Mendelssohn, qui se sont con­nus dans les années 1910 en Ori­ent, lors de fouilles archéologiques sur la civil­i­sa­tion mésopotami­enne. Les car­nets d’Orient de Valentin entre­lar­dent le roman et nous ramè­nent aux sources de leur ami­tié en pas­sant par des sites exo­tiques comme Djarab­u­lus ou Karkem­ish.

Le roman se déroule prin­ci­pale­ment à une autre époque. Après que la Pre­mière guerre mon­di­ale les ait séparés, les deux amis se retrou­vent en 1925, avec le pro­jet de descen­dre la val­lée du Rhin. Mais Cas­par, qui se sent men­acé, dis­paraît mys­térieuse­ment. Valentin se lance sur ses traces et accom­plit seul le voy­age en Alle­magne. Mayence, Bin­gen, Ehren­fels, Wies­baden, Worms, Berlin… Autant d’étapes qui le mèneront finale­ment à Varso­vie. Car ses péré­gri­na­tions pour retrou­ver son ami l’amènent à crois­er des mem­bres dis­crets de sociétés secrètes comme le tri­bunal de la Sainte-Vehme, des par­ti­sans du nazisme et de l’antisémitisme, des idéo­logues inquié­tants comme le défenseur de la thèse de la Glace éter­nelle, Hans Hor­biger… Ain­si que trois femmes qui exer­cent sur lui une étrange fas­ci­na­tion. À la suite de Cas­par, Valentin va enquêter sur les parias, les  « Caïn de l’Histoire ».

L’œuvre de Caïn, nour­ri de faits his­toriques mécon­nus, pro­pose une his­toire ample, avec du sus­pense, de l’action, des rebondisse­ments, pas mal de mys­tères, des per­son­nages hauts en couleurs ou émou­vants, qui don­nent un relief inédit aux années trou­bles d’avant-guerre.

Michel Tor­rekens


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°174 (2012)