Les Lettres et le livre : les chiffres

Comme chaque année, les instances d’avis qui con­seil­lent la Min­istre dans ses poli­tiques rel­a­tives au livre et à la lec­ture présen­tent ce mer­cre­di 22 juin le bilan de leurs activ­ités. A cette occa­sion, le Ser­vice général des Let­tres et du Livre présente les dernières sta­tis­tiques du livre et de la lec­ture en Bel­gique fran­coph­o­ne. 

Les chiffres clés du secteur du livre  (année 2015) : l’édition en souffrance dans un marché enfin stabilisé 
Marché et production du livre imprimé

Le revenu glob­al des édi­teurs belges de langue française est en baisse depuis plusieurs années. Il est passé de 141,86 mil­lions € en 2013 à 132,02 mil­lions en 2015.

Par con­tre, le marché du livre imprimé en langue française en Bel­gique (245,7 mil­lions d’euros) a arrêté sa décrois­sance, con­statée depuis 2010,  et présente en 2015 une légère hausse de 0,6 %.

Cette dif­férence s’explique par le fait que le marché intérieur belge du livre fran­coph­o­ne repose à 72,5 % sur l’importation d’ouvrages étrangers (essen­tielle­ment français). Les édi­teurs belges occu­pent la part restante du marché. Cette impor­ta­tion a ten­dance à légère­ment croître d’année en année : elle était en 2010 de 69,1 %.

Ces impor­ta­tions, mas­sive­ment français­es, sont à plus de 50% mar­quées par ce qui est appelé « le mark up » ou encore de manière inap­pro­priée « la tabelle », soit une pra­tique organ­isée par cer­taines fil­iales des dis­trib­u­teurs français et con­traig­nant les librairies belges à ven­dre une part non nég­lige­able des livres importés de France env­i­ron 12 à 15 % plus cher que sur le marché français. Cette sit­u­a­tion désa­van­tageuse pour le marché du livre fran­coph­o­ne en Bel­gique devrait être régulée par un décret de la Com­mu­nauté française, décret qui fix­erait les lim­ites des vari­a­tions de prix (à la hausse comme à la baisse) en pour­cent­age.

Quant à elles, les expor­ta­tions de livres en langue française de maisons d’éditions belges fran­coph­o­nes représen­tent près de 59 % (ces­sions de droits com­pris­es) des 132 mil­lions € de chiffre d’affaires réal­isés par ces édi­teurs.

Ces chiffres impor­tants à l’export s’expliquent, entre autres, par l’activité des édi­teurs de BD qui représente 56,79% de notre pro­duc­tion imprimée dont 85,82% sont des­tinés aux marchés étrangers.

Sur le marché intérieur, 3 canaux de com­mer­cial­i­sa­tion voient leurs chiffres aug­menter :

  • le réseau de librairies de 1er niveau (48,4 % du marché) et plus spé­ci­fique­ment les librairies générales ou spé­cial­isées et non suc­cur­sal­istes qui atteignent  27,4 % des parts de marché;
  • les grandes sur­faces non spé­cial­isées : + 0,9 % ;
  • les ventes directes, de l’éditeur à l’acheteur final : + 0,6 %.

Les librairies de pre­mier niveau sont donc de loin le canal de vente le plus impor­tant (pour rap­pel 48,4%). Par­mi ces librairies, sig­nalons que les librairies générales et spé­cial­isées indépen­dantes enreg­istrent une crois­sance notable de 3,2 % alors que les librairies suc­cur­sal­istes enreg­istrent une baisse de 1,1 % (cf. fer­me­ture d’un cer­tain nom­bre de librairies Lib­ris Ago­ra).

Le prix du panier moyen pour l’achat de livres imprimés en librairie était de 28,4 € en 2015,  soit une aug­men­ta­tion de 1,5 € par rap­port à 2014.

Le marché du livre numérique

Le bud­get annuel moyen pour l’achat de livres numériques a forte­ment aug­men­té : il passe de 67,1 € en 2015 à 82,5 € en 2016 soit une aug­men­ta­tion de 22 %.

En 2015, la part du numérique représente 9,66 % du total du chiffre d’affaires en langue française des édi­teurs belges (con­tre 8.62 % en 2014). Ce pour­cent­age élevé par rap­port à la moyenne européenne s’explique par la spé­ci­ficité de notre pro­duc­tion édi­to­ri­ale dont une part impor­tante relève du domaine des sci­ences et tech­niques en ce com­pris les sci­ences humaines (base de don­nées juridique, fis­cale, compt­able…).

La pro­duc­tion annuelle de livres numériques en langue française par nos édi­teurs est passée  de 1.195 unités en 2014 à 3.694 unités en 2015, soit une aug­men­ta­tion de plus de 200 %. Ce chiffre cou­vre entre autres la rétron­uméri­sa­tion de livres présents jusque-là unique­ment en ver­sion papi­er dans les cat­a­logues des édi­teurs fran­coph­o­nes belges. Cette aug­men­ta­tion est à met­tre en par­al­lèle avec les aides à la numéri­sa­tion des édi­teurs en Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles (FWB), aides effec­tives à par­tir de 2014.

Les bibliothèques publiques au cœur de l’action territoriale (statistiques 2014)

Avec leurs 11.572.205 doc­u­ments disponibles, les 500 bib­lio­thèques en réseau desser­vent les publics wal­lon et brux­el­lois.

Le pub­lic du réseau des bib­lio­thèques est en crois­sance : plus de 451.000 usagers indi­vidu­els con­tre 445.000 en 2013 et une fréquen­ta­tion de plus de 17.000 col­lec­tiv­ités con­tre 15.982 en 2013. Ce qui mène à un total d’usagers de plus de 814.000 lecteurs pour une pop­u­la­tion glob­ale en FWB estimée à 4,5 mil­lions d’habitants.

Le nom­bre de prêts est en diminu­tion (9.848.743 con­tre 10.419.718). Ce chiffre est à met­tre en per­spec­tive avec le nom­bre crois­sant d’heures d’accès à Inter­net, offertes au pub­lic chaque  semaine par l’ensemble du réseau, et qui passe de 10.349 à 12.376 heures.

Si le nom­bre de prêts est en baisse, le nom­bre d’animations en bib­lio­thèque est lui en nette crois­sance (+ 12 %). Ce sont en effet 50.764 ani­ma­tions qui ont été menées dans le réseau de lec­ture publique en 2014 avec une fréquen­ta­tion totale de ces activ­ités de 816.011 per­son­nes.

L’emploi

En 2014, le per­son­nel des réseaux locaux de la Lec­ture publique représen­tait 1.217 équiv­a­lents temps plein (con­tre 1.252 en 2013).

L’édition pro­fes­sion­nelle (43 maisons d’édition ont répon­du au ques­tion­naire) occu­pait au min­i­mum 1.479 emplois directs.

 

Instances d’avis : bilan des activités 2015

Les instances d’avis du Ser­vice général des let­tres et du livre ont remis en 2015  des avis à la Min­istre de la Cul­ture sur les poli­tiques à men­er ou sur des sub­ven­tions à accorder à des opéra­teurs (auteurs, édi­teurs, librairies, bib­lio­thé­caires).

Le Con­seil du livre a par­ticipé à la rédac­tion d’un avis (n°49) com­mun au Con­seil de la langue française et de la poli­tique lin­guis­tique, au Con­seil du livre et au Con­seil des bib­lio­thèques publiques. Cet avis (disponible en ligne) traite des com­pé­tences en lec­ture et des appren­tis­sages y relat­ifs en FWB.  Le Con­seil  a égale­ment tra­vail­lé entre autres sur les thé­ma­tiques suiv­antes : le plan « Lec­ture », Lirtuel et le prêt en bib­lio­thèque, le prix fixe du livre, la présence du livre dans le con­trat de ges­tion de la RTBF, le Foire du livre de Brux­elles, l’Inter­na­tion­al Stan­dard Name Iden­ti­fi­er (ISNI) qui per­met d’identifier chaque auteur, indi­vidu­el, ou col­lec­tif d’ouvrage.

La Com­mis­sion des let­tres a remis des avis posi­tifs quant à l’octroi de 30 bours­es lit­téraires à des auteurs (pour 58 deman­des) et l’achat de 104  titres d’auteurs belge (sur 316 ouvrages exam­inés) pour dif­fu­sion à l’étranger.

La Com­mis­sion d’aide à la BD a remis des avis sur l’octroi de 18 bours­es d’auteurs (sur 35 deman­des) et de 11 sou­tiens à des édi­teurs de BD de créa­tion (pour 15  deman­des).

La Com­mis­sion d’aide à l’édition a remis 15 avis posi­tifs sur 14 deman­des d’aide pour des pro­jets numériques por­teurs de con­tenus édi­to­ri­aux et 1 demande de prêt pour de l’édition imprimée. Le mon­tant total de ces aides s’élève à 102.521 €

La Com­mis­sion d’aide à la librairie a remis 3 avis sur des deman­des de label­li­sa­tion (dont 1 avis négatif). Elle a égale­ment remis des avis posi­tifs sur le sou­tien financier de 318 ani­ma­tions lit­téraires menées dans des librairies label­lisées (con­tre 246 en 2014) et pour un total de sub­ven­tions de 99.000 € (con­tre 86.570 en 2014).

Le Con­seil des bib­lio­thèques publiques a remis 16 avis posi­tifs sur 16 deman­des de recon­nais­sances de bib­lio­thèques.  Il a égale­ment mené des réflex­ions sur la sit­u­a­tion budgé­taire et sur l’évaluation du décret qui a fait l’objet d’une pub­li­ca­tion (Les cahiers des bib­lio­thèques, analyse, n° 26).


 

Pour aller plus loin :

  • Les bilans 2015 des instances d’avis :

Com­mis­sion des Let­tres

Con­seil du livre

Com­mis­sion d’aide à l’édi­tion

Com­mis­sion d’aide à la librairie

  • Les sta­tis­tiques :

Les chiffres clés de 2015

Le marché du livre de langue française en Bel­gique

Sta­tis­tiques de pro­duc­tion du livre belge de langue française

Obser­va­tion des marchés numériques du livre