Ma mère à l’ouest

”Nathalie

Maman, ses hauts et ses bas

Autrice : Nathalie Not­tet

Mai­son d’édition : Oskar

Col­lec­tion : Je lis, je vis

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 88

Prix : 8,95 €

Livre numérique : /

EAN : 9791021409019

Stel­la est une jeune fille de 11 ans qui vit avec ses par­ents et sa petite sœur Juli­ette (6 ans). Son quo­ti­di­en bas­cule quand sa maman adopte des com­porte­ments étranges pen­dant plusieurs mois. Le diag­nos­tic tombe : elle a des trou­bles bipo­laires. Stel­la décide alors de racon­ter ses journées dans un car­net où elle s’adresse à sa mère, en espérant le lui trans­met­tre quand elle ira mieux. Cette déci­sion l’aide à se sen­tir moins per­due et moins angois­sée face à la sit­u­a­tion.

Le quo­ti­di­en de Stel­la, sa sœur, son père et sa Mamy con­siste désor­mais à s’adapter aux sautes d’humeur de sa maman, asso­ciée tan­tôt à une ourse d’hiver qui dort presque toute la journée, tan­tôt à Son­ic, le héris­son des con­soles, qui va à du 1000 à l’heure. Face à sa femme qui ne fait rien pour guérir et à son ainée triste et inquiète, le père décide d’acheter un chien pour estom­per la morosité ambiante. Le pari est réus­si : Achille vient bous­culer la famille dans un joyeux bor­del, il ne respecte aucune règle et les filles s’amusent à con­tourn­er les con­signes pater­nelles pour pren­dre du plaisir avec leur nou­veau com­pagnon.

Ah non, les filles, Achille doit rester dans le cof­fre. Pas ques­tion qu’il vienne sur les sièges. Au grand jamais. Et encore moins aujourd’hui, vu qu’il est puant de chez puant. Pire qu’un ours per­du. Et un vrai sac à puces. Fau­dra qu’il prenne un bain avec du sham­po­ing qui sent le pro­pre.

La vie avec Achille est plus douce pour les filles, mais leur père s’épuise, il se résout à hos­pi­talis­er sa femme pour pou­voir souf­fler un peu. À l’école, per­son­ne n’est au courant de la sit­u­a­tion de Stel­la, sauf sa meilleure amie. Elle peine à porter ce lourd fardeau, ses notes com­men­cent à dégringol­er…

L’intérêt de Maman, ses hauts et ses bas est d’aborder la déli­cate ques­tion de la san­té men­tale d’un par­ent. La col­lec­tion « Je vis, je lis » étant des­tinée à un pub­lic de 8 à 13 ans, elle pro­pose dans ce court roman le regard spon­tané et lucide d’une enfant sur la prob­lé­ma­tique avec sim­plic­ité et nuance à la fois. La prin­ci­pale préoc­cu­pa­tion de Stel­la est de savoir si sa maman est malade à cause d’elle et si elle va bien­tôt guérir. Avec un style flu­ide, Nathalie Not­tet a la finesse d’aborder les émo­tions ambiva­lentes qui tra­versent l’héroïne : out­re la peur et la tristesse, Stel­la éprou­ve par­fois aus­si de la colère, de la honte et un sen­ti­ment d’injustice face à la sit­u­a­tion.

Ton ourse d’hiver, c’est le vide. Jusqu’à ta mal­adie, je n’avais jamais été face au vide d’une tête. Et ça me fait flip­per. Comme ton regard qui nous fixe sans nous voir. […] Quand tu es Son­ic, tu es vrai­ment lourde. On dirait que tu t’abreuves de potions mag­iques qui te don­nent des ailes nuit et jour, tu cours partout et tu par­les tout le temps. Marcher cent mètres dans la rue peut te pren­dre une heure, car tu accostes tout le monde. Et tu leur racon­tes ta vie. Tu inventes à mort. J’avoue que ton imag­i­na­tion est épatante, mais effrayante. Tu as racon­té que tu étais enceinte de triplés à la voi­sine. Du n’importe quoi, maman !

La suradap­ta­tion des mem­bres de la famille les épuise tous. Heureuse­ment, l’amour et l’humour sont là pour apporter de la légèreté à un quo­ti­di­en par­fois pesant.

Séver­ine Radoux