1000 raisons d’aimer l’Atelier Mille

Monsieur Iou, Jérémie Royer, Nicolas Pitz, Léonie Bischoff, Thomas Gilbert, Flore Balthazar, Emilie Plateau et Tiff (dessin de Monsieur Iou)

Une grande pièce confortable et éclairée, quelques tables remplies de crayons et de feutres, beaucoup de papier, tout autant de dessins, une machine à café et un ballon de basket… Avec ce petit studio situé en plein cœur de Saint-Gilles (en région bruxelloise), les membres de l’Atelier Mille se sont créé un véritable petit cocon. Un endroit idéal pour laisser libre cours à leur créativité et travailler ensemble sur leurs différents projets collectifs et individuels. Ils nous ouvrent leur porte le temps d’un entretien à leur image : enthousiasmant ! 

Code Postal : 1000, Bruxelles

C’est dans la section bande dessinée de l’institut Saint-Luc, au début des années 20oo que Jérémie Royer, Léonie Bischoff, Thomas Gilbert, Monsieur Iou et Nicolas Pitz se rencontrent et sympathisent. Très vite, les cinq dessinateurs manifestent le désir de collaborer et rêvent d’un lieu qui leur serait propre et qui se prêterait à la création. «On avait envie de travailler ensemble depuis un long moment, raconte Léonie Bischoff, pas forcément sur des projets communs, mais on avait envie d’avoir un lieu de travail qui nous permettrait d’être hors de chez-nous ».

Une fois leur scolarité terminée, les cinq auteurs partent chacun de leur côté pour se réaliser. « Thomas et Léo partent à Paris, Jérémie aussi, se souvient Nicolas Pitz, Iou et moi, on reste tous les deux à Bruxelles. Mais on n’a jamais vraiment perdu contact les uns avec les autres ». Quand Thomas et Léonie, lassés d’une vie parisienne un peu trop onéreuse à leur goût, reviennent à Bruxelles, ils retrouvent, bien évidemment, leurs camarades de promotion. Le retour de Jérémie en Belgique, quelques temps plus tard, marque officiellement la reformation du petit groupe de Saint-Luc et l’envie de fonder un atelier se fait de plus en plus présente.

Après avoir passé en revue plusieurs annonces, les jeunes dessinateurs trouvent l’endroit parfait pour poser leur matériel, un petit studio situé dans les environs du Parvis de Saint-Gilles, point de rendez-vous immanquable pour tout artiste Bruxellois. « On a vu cet endroit, c’était dans nos prix, et avec Jérémie on est directement allé voir le propriétaire et ça s’est fait comme ça. Un peu par hasard, et hyper rapidement, se souvient Thomas ». Et si l’endroit se prête si bien à accueillir une activité artistique, c’est parce qu’il a longtemps servi de quartier général à Novak Prod, une société de production cinématographique et publicitaire.

L’atelier voit le jour en 2011. Se pose alors un premier problème : comment le nommer ? « Il y a eu énormément de débats et de brainstormings pour trouver le nom, se souvient Léonie. On avait quelques noms absolument fabuleux ! ». Tricérabot, Erreur414, l’Arrière-Train Fantôme ou encore l’Amibe…tant de dénominations potentielles que les membres de l’atelier couchent frénétiquement sur papier. C’est finalement Monsieur Iou qui proposera le nom d’Atelier Mille, en référence au code postal de la capitale. « On s’est tous rencontrés puis retrouvés à Bruxelles, raconte Monsieur Iou. Le fait d’appeler notre atelier de cette façon, c’était comme pour marquer le coup. On clôturait une sorte de boucle».

Petit à petit, l’Atelier Mille se construit, prend ses marques et surtout… s’agrandit. En effet, les cinq auteurs fondateurs vont rapidement être rejoints par trois nouvelles recrues : Émilie Plateau, Flore Balthazar et Tiff. 

L’Atelier dans le détail

Difficile de parler de l’Atelier Mille sans aborder les parcours respectifs des auteurs qui le composent. Des destins croisés à la fois similaires et variés mais ayant toujours un solide point commun : un véritable amour de la bande dessinée.

Jérémie Royer : Né à Paris, Jérémie grandit à Nice avant de venir faire ses études de bande dessinée à Bruxelles. Une fois celles-ci terminées, il retourne à Paris pour y tenter sa chance. Il sort deux albums, La traversée et Yesterday (sur un scénario de David Blot), aux éditions  Manolosanctis[1]». De retour sur Bruxelles, Jérémie monte des projets qu’il propose à différents éditeurs avant de réaliser, avec Fabien Grolleau au scénario, l’album Sur les ailes du monde, Audubon (Dargaud, 2016). S’il ne vit pas encore pleinement de son travail d’auteur, il ne manque certainement pas de ressources et, comme la plupart de ses collègues de l’Atelier Mille, vit de divers contrats. Par exemple, Émilie Plateau et lui accompagnent actuellement les élèves du lycée français de Bruxelles dans la création d’une bande dessinée.

Léonie Bischoff vient de Genève. Elle étudie le dessin à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles et tombe sous le charme de la ville et de ses habitants. C’est durant ses études qu’elle rencontre Jérémie, Monsieur Iou, Nicolas et Thomas – qui deviendra son compagnon. Après Saint-Luc, le couple part vivre en France, d’abord à Angers puis sur Paris. « On habitait dans le même quartier que Jérémie, se remémore Léonie. C’était une très chouette période mais assez difficile financièrement ». C’est chez Manolosanctis qu’elle publie elle aussi ses premières œuvres, d’abord en participant à des collectifs, puis en sortant son premier mini-album, Princesse Suplex (2010). De retour à Bruxelles, elle parvient à concrétiser son second album : Hoodoo Darlin (Casterman, 2013). Elle est ensuite amenée à travailler à l’adaptation en bande dessinée des romans policiers de l’autrice suédoise Camilla Läckberg. La princesse des glaces et Le prédicateur (scénarisés par Olivier Bocquet) sortent respectivement en 2014 et en 2015 aux éditions Casterman.

Originaire d’Angers, Thomas Gilbert tente les Beaux-Arts d’Angers à la fin de ses secondaires avant de mettre, lui aussi, le cap sur l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Après trois ans d’études, Léonie et lui déménagent en France. Il est repéré en mai 2007 par Didier Borg, directeur de la collection KSTR (Casterman). C’est grâce à ce dernier que Thomas travaille sur sa première grande série jeunesse, Bjorn le Morphir, adaptée du roman éponyme de l’auteur Thomas Lavachery.  En parallèle, il sort, chez Manolosanctis,  les deux premiers tomes de sa série Oklahoma Boy. Un projet radicalement différent qui sera réédité en 2013 et agrémenté d’un troisième tome aux éditions Vide Cocagne après la faillite de Manolosanctis. « J’aime alterner des projets mainstream avec des projets plus personnels et adapter mon trait, confesse Thomas Gilbert ». Par la suite, il a, entre autres, travaillé sur le projet collectif Les autres gens (Dupuis) et a sorti en 2016, le très beau Sauvage ou la sagesse des pierres aux éditions Vide Cocagne.

Monsieur Iou (Hieu Nguyen de son vrai nom)  est né à Charleroi, mais grandit à Bruxelles. Pas certain de se destiner à la bande dessinée, il suit des études de graphisme après Saint-Luc. « Quand tu sors d’une école de bd, tu as pas mal d’incertitudes, estime-t-il. Ça te demande un gros apprentissage de découvrir comment surmonter tes doutes, puis comment bien préparer un dossier de bande dessinée, démarcher des éditeurs, etc… ». C’est pourquoi, parallèlement à son travail d’auteur, Monsieur Iou cumule à la fois des petits boulots en graphisme et en illustration et travaille dans l’HORECA un jour par semaine. « Ça me fait respirer d’avoir des contraintes pour des projets de graphiste et d’illustration, confie-t-il, parce que quand c’est fini, c’est fini ! J’aime le travail de fond que représente la bande dessinée mais j’aime aussi avoir ces bulles d’oxygènes que m’apportent mes autres boulots ».

Nicolas Pitz est, lui aussi, un des membres fondateurs de l’Atelier Mille. « Une fois mes études terminées, je suis resté à Bruxelles et je me suis mis à chercher un vrai travail comme le voulait maman, plaisante-il». Il débute une formation d’un mois en création de site web, chez Bruxelles Formation. Il est très vite amené à remplacer son professeur lorsque celui-ci s’absente et, de fil en aiguille, est engagé comme formateur en webdesign au sein de l’organisme. En parallèle, il effectue de petits boulots de graphismes. Cela ne l’empêche pas de se sentir bédéiste au fond du cœur. En 2010, il lance sa première série, Luluabourg (Manolosanctis), série qu’il repense, retravaille et redessine entièrement pour sortir, en 2013, le one shot Les jardins du Congo (La Boîte à Bulles). Il lui faut attendre 2017 pour que naisse son troisième album, Montana 1948 (Sarbacane), adapté du roman éponyme de l’auteur américain Larry Watson. « C’est tout cool, c’est un roman policier sans flingues, résume Nicolas. Je me suis vraiment bien amusé sur cette histoire. »

Émilie Plateau étudie aux Beaux-Arts de Montpellier. « Mais pas la bande dessinée parce que là-bas c’était très mal vu par les profs, avoue-t-elle avec humour. La bd, ce n’est pas de l’art contemporain ! » Cela ne l’empêche pas, en marge de ses études, de participer à de nombreux projets dessinés et de lancer son premier fanzine[2], Comme un Plateau. Elle s’installe à Bruxelles en  2010, dans un appartement avec plusieurs autres personnes. Inspirée par ce qu’elle vit dans cette colocation, elle débute la rédaction d’un nouveau fanzine : Comme un Plateau – Spécial Belgique. « J’étais un peu timide en arrivant, continue-t-elle, du coup, je laissais mes fanzines dans le salon en espérant que mes colocataires les voient et les lisent ». Cette nouvelle mouture de Comme un Plateau fonctionne tellement bien que les éditions  6 Pieds Sous Terre lui proposent de les éditer en un seul album qui parait en 2012. En 2015, et après un voyage de six mois à Montréal, Émilie se rapproche de Thomas et Léonie qui lui proposent de rejoindre l’Atelier Mille. C’est cette année qu’elle sort l’excellente bande dessinée Moi Non Plus aux éditions Misma.

Louvièroise d’origine, Flore Balthazar a suivi des cours à l’Académie des Beaux-Arts de Binche durant son enfance. Elle rejoint, quelques années plus tard, la formation en bande dessinée et illustration de l’Académie d’Etterbeek que dispense l’auteur Philippe Wurm (Les Rochester, Casterman puis Dupuis). C’est durant les années 2000 que Flore a véritablement l’occasion de faire ses armes en animant les pages du Journal de Spirou. Sa première bande dessinée, Miss Annie (sur un scénario de Frank Le Gall), parait en 2009, suivie par un second tome en 2013. L’année 2015 voit aboutir Frida Kahlo (avec Jean-Luc Cornette au scénario), un album consacré au parcours de l’artiste mexicaine. Sur ce projet de longue haleine, Flore Balthazar laisse s’exprimer toute sa créativité et offre au public un récit poétique et coloré. Elle rejoint les rangs de l’Atelier Mille durant la réalisation de ce projet.

Dernière arrivée au sein de l’Atelier Mille, Tiff  (Tiffanie Vande Ghinste) est, elle aussi, passée par Saint-Luc, mais en est sortie quelques années après ses camarades. Après avoir beaucoup voyagé, elle dégote un poste de libraire à Bruxelles et est amenée à côtoyer de nombreux auteurs… dont les membres de l’Atelier Mille, avec qui le contact passe si rapidement que ces derniers l’invitent à se joindre à eux. Si Tiff tente de percer dans la bande dessinée, elle a pris le parti de ne pas passer par une maison d’édition pour publier son premier projet. « Ça fait quatre ans que je suis dessus, explique-t-elle, et j’ai envie d’aller jusqu’au bout, de voir ce que ça peut donner. C’est un choix qui ne va pas avec l’idée de vivre de la bande dessinée, mais je n’ai pas envie d’abandonner un projet sous prétexte que des éditeurs n’en veulent pas !». Une détermination qui s’avère payante car ce projet aura permis à Tiff de rencontrer énormément de monde, de faire progresser son trait, sa narration et surtout de gagner une véritable confiance en son statut d’autrice. 

De l’art de sortir de chez soi

Ce qui motive surtout les membres de l’Atelier Mille à se retrouver chaque semaine, c’est principalement le fait de ne pas travailler chez soi. La bande dessinée peut, en effet, être un métier assez solitaire et, si d’aucuns s’en accommodent facilement, d’autres ont besoin de trouver un rythme de travail, de laisser leur environnement familier derrière eux et de partager avec leurs collègues. « Quand on vient à l’Atelier, explique Monsieur Iou, on sort de notre routine. On se lève, on se prépare, on quitte notre chez-nous… et puis, être entouré de gens qui, comme nous, font le même travail, ça nous tire vers le haut, ça nous motive ». Le travail en atelier a également un autre avantage non négligeable : il permet aux auteurs de se fédérer en mettant leurs contacts éditoriaux en commun et en partageant leurs expériences. « Ça nous pousse à nous entraider lorsque l’un d’entre nous est en galère, continue Monsieur Iou, il y a un véritable échange d’expérience qui va plus loin que dans le dessin même. »

Si certains font de la bande dessinée à plein temps, d’autres doivent trouver un équilibre entre leurs emplois stables et leur casquette de dessinateur/trice. C’est la raison principale pour laquelle l’Atelier Mille met un point d’honneur à ce que ses membres n’aient pas la moindre obligation. Chacun a ses habitudes (Jérémie est généralement le premier à arriver, vers 8h du matin) et travaille comme il l’entend (le siège de Léonie est, en vérité, un gros ballon de gymnastique jaune…). Les bureaux des uns peuvent être occupés par les autres. Tout le monde dispose d’une clé et, dans la mesure où il n’y a pas d’horaire, chacun peut venir et repartir à sa guise. Le tout dans une atmosphère studieuse et bon enfant, « même s’il peut parfois y avoir quelques petites tensions, confie Nicolas Pitz, par exemple quand quelqu’un dont c’était le tour oublie d’acheter du papier toilette ! ».

Cerise sur le gâteau, toute cette activité génère une émulation non négligeable, car véritable source d’inspiration dont se nourrissent les artistes de l’Atelier Mille. « C’est marrant mais à l’atelier, parfois, il y a des sortes de modes complètement inconscientes, ajoute Thomas. Si par exemple l’un de nous travaille tout à coup au crayon, les autres, voyant ça, se mettent soudainement à l’imiter et cela peut influencer leur dessin. Mais, encore une fois, de façon totalement inconsciente. » 

Du commun au collectif

Si les différents membres de l’Atelier Mille travaillent chacun et chacune à leurs propres projets, cela ne les empêche pas de réfléchir et de peaufiner leurs collaborations. Celles-ci s’expriment, entre autres, au travers de fanzines et d’expositions. Lors de ces expositions, les auteurs ont la possibilité de montrer leurs travaux à une partie de leur public et à leur cercle de connaissance, en punaisant et accrochant leurs œuvres sur les murs de l’atelier. L’endroit n’est, évidemment, pas une salle d’exposition classique et le nombre de participants dépend de l’espace disponible et des nuisances que cela pourrait engendrer pour le voisinage.  « On fait une nouvelle exposition chaque fois qu’on a envie de changer la décoration de nos murs, plaisante Flore Balthazar ».

Chaque jour, l’Atelier Mille grandit et se forge une solide réputation. Il est de plus en plus reconnu par les éditeurs et le public. Le fait d’appartenir à l’Atelier Mille assoit en tant qu’auteur et confère une certaine légitimité. « Il arrive que l’un ou l’autre d’entre nous reçoive des propositions pour des petits jobs d’illustrations, explique Léonie, précisément parce que les gens savent que si la personne n’est pas disponible ou moyennement intéressée par le projet, elle n’hésitera pas à faire tourner l’offre auprès des autres membres de l’Atelier ».

Lorsque l’on demande à l’Atelier Mille s’il envisage d’évoluer en une plus grosse structure (à l’image de L’employé du Moi, une maison d’édition indépendante Bruxelloise au parcours assez similaire, cf. C.I. n° 188) les auteurs avouent y avoir déjà pensé. « On en parle, confesse Monsieur Iou, mais c’est vraiment un truc assez difficile à mettre en place. Individuellement, il y a tout un tas de choses à faire et se fédérer en groupe ça demande un niveau de boulot au-dessus…je pense qu’il faut vraiment qu’on soit tous très sereins pour s’occuper de ça

Cela dit, si l’idée de se développer en maison d’édition parait encore un peu lointaine, se transformer en asbl semble être, à court terme, la solution la plus intéressante pour l’Atelier. « Ça nous permettrait de nous asseoir encore un peu plus au niveau des institutions, ajoute Thomas Gilbert, et prouverait, si besoin en est, qu’à Bruxelles, des auteurs peuvent se fédérer et travailler ensemble. » 

Huit auteurs, presque le double de projets !

La fin de l’année 2017 et le début de l’année 2018 s’annoncent particulièrement chargés pour les auteurs de l’Atelier Mille. Tous sont, en effet, très pris par leurs futurs projets et il est intéressant de constater à quel point chaque auteur suit une voie qui lui est propre.

Jérémie Royer s’est attelé à la réalisation d’une biographie de Charles Darwin qui sortira aux éditions Dargaud, avec de nouveau, Fabien Grolleau au scénario.

Léonie Bischoff attend la sortie de sa troisième adaptation de Camilla Läckberg et travaille, dans le même temps, avec la scénariste Anais Hallard (Sacha et Tomcrouz, éditions Soleil) qui lui a proposé un projet jeunesse.

Thomas Gilbert vient de terminer un album pour enfants aux éditions Sarbacane (également scénarisée par Fabien Grolleau). À côté de cela, il peaufine une histoire intitulée Salem qui, contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, ne contiendra aucune sorcière mais parlera des luttes intestines et de la paranoïa puritaine qui secoua les États-Unis du XVIIe siècle.

De son côté, Monsieur Iou s’apprête à sortir sa première bande dessinée Le tour de Belgique de Monsieur Iou. Un album décalé qui racontera les nombreuses balades à vélo de l’auteur à travers le pays. Une vision arbitraire de la Belgique par un Bruxellois !  

Nicolas Pitz, lui, travaille désormais sur un album jeunesse pour les éditions Rue de Sèvres. L’album, qui s’appellera La Bobine d’Alfred, est scénarisé par Malika Ferdjoukh et sortira en 2018. Il travaille aussi pour La revue dessinée (une revue trimestrielle d’actualité dessinée) et s’est attelé à la rédaction d’une histoire courte sur la Mafia Corse.

Émilie Plateau a participé au dernier numéro de Médor, un magazine trimestriel belge et coopératif d’enquêtes et de récits. Elle travaille également sur un projet de bande dessinée… « Mais c’est encore trop frais, dit-elle, donc je préfère qu’on n’en parle pas tout de suite ! »

C’est sur Les louves, une bande dessinée à paraitre en 2018 aux éditions Dupuis que travaille actuellement Flore Balthazar. En s’inspirant du parcours de sa grand-tante, elle dresse, au cours de cet album, le quotidien des femmes durant la Seconde Guerre mondiale.

Tiff, enfin, est toujours bien décidée à sortir son premier album. Intitulé Les dryades, ce projet de longue durée touche tout doucement à sa fin (il ne lui reste que quelques pages pour le terminer). Comme beaucoup d’auteurs de nos jours, elle a opté pour le financement participatif, via la plateforme Ulule. « C’est très flippant de demander de l’aide autour de soi, nous dit-elle, mais en même temps je pense que ça va être encore plus valorisant lorsque l’album sortira ».

Une chose est en tout cas certaine : le monde de la bande dessinée est loin d’en avoir fini avec l’Atelier Mille…et c’est tout le bonheur qu’on lui souhaite !

Salvatore Di Bennardo


[1] Ancienne maison d’édition et plateforme de mise en ligne de bande dessinée française. Créée en 2009, la structure permettait aux lecteurs de voter pour les bandes dessinées qu’ils désiraient voir publier en version papier via le site manolosanctis.com. La maison d’édition tombera en faillite en 2012.  

[2] Un fanzine est un magazine de bande dessinée autoédité.


Article publié dans Le Carnet et les Instants n° 195 (juillet 2017)