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Poker menteur

Stanis­las-André STEEMAN, Légitime défense (Quai des Orfèvres), post­face de Jean-Marie Klinken­berg, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2018, 249 p., 8,50 €, ISBN : 978–2‑87568–425‑7

On ne l’a pas assez souligné, le roman Légitime défense est truf­fé de men­tions rel­a­tives au jeu et au théâtre, en par­ti­c­uli­er aux jeux de cartes. Ces men­tions sont pure­ment inci­dentes et très dis­parates, de sorte qu’elles peu­vent aisé­ment pass­er inaperçues. Qu’on en juge. Les deux héros, l’artiste-pein­tre Noël et son épouse Belle habitent à l’ar­rière d’un mag­a­sin de jou­ets, dont la réserve se trou­ve au rez de leur loge­ment. Les fenêtres de celui-ci don­nent sur un jardin où jouent et chantent de jeunes pen­sion­naires. Le riche col­lec­tion­neur Weyl, qui réside avenue Sémi­ramis – titre d’un opéra de Rossi­ni – les reçoit deux fois par semaine pour une par­tie de cartes. Si Mme Weyl est absente le soir du crime, c’est pour cause de bridge chez des amis. Ayant organ­isé son ali­bi, Noël pense avoir mis « tous les atouts dans son jeu », mais éprou­ve « la cer­ti­tude d’avoir été joué » par la mys­térieuse fuyarde. À la pre­mière vis­ite du com­mis­saire Maria, il a juste le temps « d’escamot­er son jeu de cartes ». L’ar­resta­tion erronée du pau­vre Klein « brouille les cartes, fausse les règles du jeu ». En pleine enquête, le polici­er est sur­pris achetant un petit polichinelle. L’al­i­bi de Noël s’af­faib­lit à cause d’un dessin ani­mé. Tout près d’être arrêté, il éprou­ve « l’ir­ré­sistible et absurde envie de faire une patience »…

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